Second voyage au Pérou
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Je ne visiterai en fait pas grand chose à Lima au cours de ce voyage. Nous ne retournerons ni à la place d’Armes, ni à la cathédrale, ni au musée archéologique (le fameux musée de l’or du Pérou). Toutes choses que j’avais visitées en 1996, mais sans en prendre de photo.
Hotel Los Tambos Colonial (4*)
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Fœtus de lama vendu comme porte-bonheur (marché d’Arequipa, 4 août 2024)
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Faux billets vendus comme offrande à la Pachamama (marché d’Arequipa, 4 août 2024)
J’avais déjà goûté au cochon d’Inde au cours de mon premier voyage au Pérou en 1996.
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Mirador des volcans : 4 910 m d’après la pancarte (5 août 2024)
Je n’ai pas voulu recommencer quelques jours plus tard à Aguas Calientes au pied du Machu Picchu.
J’ai toujours beaucoup plus de mal à m’adapter quand je voyage vers l’ouest, a contrario de beaucoup de gens. De fait, j’avais sauté le dîner les deux premiers jours du voyage, à Lima puis à Arequipa.
Ma façon de procéder pour (tenter de) reconstituer le tracé de mes voyages passés les plus anciens, avant l’ère du GPS et de la photographie numérique (horodatée).
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Entre Juliaca et le lac Titicaca,
le 6 août 2024
Selon notre guide local David, il faudrait dire Titi Cracra (Titi pour le félin et cracra pour rocher). Ce dernier nous a raconté avoir un jour découvert, sur l’île du Soleil située dans la partie bolivienne du lac, un rocher en forme de puma. Sauf qu’il n’a plus jamais été en mesure de le retrouver par la suite !
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Barque utilisée pendant la balade (7 août 2024)
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Rangée de bateaux de tourisme amarrés à l’île de Taquile (7 août 2024)
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Extrait d’une carte dressée en 1983 et rapportée de voyage en 1996. La croix indique l’emplacement du mont Vinicunca (non dénommé à l’époque). Contrairement à certaines légendes urbaines, la zone n’est nullement recouverte par les glaciers.
J’ai renoncé à y retourner à la fin du voyage, notamment parce que l’entrée est payante… En 1996 je me souviens de l’avoir visitée (sa visite alors faisant partie du programme), c’était le premier jour du voyage et je m’y étais senti mal en raison de l’altitude.
Je me souviens à ce propos que la descente en train jusqu’à Cuzco, en lacets avec une succession de rebroussements, était interminable.
Il semblerait qu’à l’époque Chinchero prenait un s à la fin (Chincheros).
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Début de randonnée dans les environs de Chinchero (10 août 2024)
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Étalage de marchand de souvenirs à Chinchero (10 août 2024)
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Chantier de l’aéroport de Cuzco-Chinchero (10 août 2024)
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Briques d’adobe à Chinchero
(10 août 2024)
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Tunnel d’époque inca à Pisac (13 août 2024)
Aguas Calientes est maintenant dotée d’une véritable gare dans laquelle arrivent normalement tous les trains de touristes. Mais étonnamment, notre convoi à l’aller n’y a pas été dirigé, sans doute que tous les quais devaient être occupés. Nous nous sommes retrouvés sur l’ancienne voie, celle de l’Aguas Calientes que j’avais connu et qui se trouve au beau milieu de la ville entre deux rangées de maisons, ce qui nous a valu un débarquement dans une cohue indescriptible.
Il y a quelques années des centaines de touristes furent un jour bloqués au Machu Picchu par les intempéries, en saison des pluies. Ils durent être évacués par hélicoptère. La compagnie a mis plusieurs semaines pour réparer la voie (sa poule aux œufs d’or), le Machu Picchu étant fermé pendant cette période. Par contre, le site archéologique avait été épargné par la catastrophe.
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Vue depuis le Machu Picchu de l’ancienne gare de Puente Ruinas, par laquelle j’étais sans doute passé en 1996 (14 août 2024)
Pendant le Covid, le site était désert, au points que deux ours à lunettes (seule espèce d’ours vivant en Amérique du Sud) s’y sont un jour promenés et ont été filmés par le gardiens.
La périlleuse ascension du Huayna Picchu peut toujours se faire, mais elle fait partie d’un circuit à part. Il en est de même de la porte du Soleil, de la Montaña (belvédère sur le site) ou encore du Phutuq K’usi (un autre pain de sucre situé sur l’autre rive de l’Urubamba et faisant face au Machu Picchu, dont l’ascension est à ce qu’il semble particulièrement gratinée).
Une traduction de l’office québecois de la langue française…
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Encoches (sur le principe des légos) servant à faire tenir les pierres incas (15 août 2025)
Malgré ces superlatifs, on peut observer que le Huascarán est relativement médiocre en terme de hauteur de culminance : 2 776 m seulement, ce qui fait qu’il ne figure pas parmi les 125 premiers sommets mondiaux selon ce critère. La raison (vraisemblable) de cette contre-performance est la présence interrompue de hauts plateaux ne descendant jamais sous les 4 000 m, entre le Huascarán et l’Ojos del Salado (6 893 m), le plus haut volcan du monde situé dans le centre du Chili.
Nous avons même croisé un autre groupe Allibert, effectuant cette première balade dans l’autre sens et que nous allions ensuite revoir chaque jour sur les sentiers, quoique n’étant pas descendus dans le même hôtel. Ce groupe, de moyenne d’âge très inférieure au notre, avait précédemment effectué le tour de la cordillère de Vilcanota.
Contrairement à bien des voyages, le chauffeur de la voiture randonnait lui aussi en montagne ! Mais à un rythme bien plus rapide que le nôtre… Le second jour, nous l’avions croisé au lac Churup au moment où nous y arrivions (péniblement). Il ne montera pas avec nous au refuge, passant la nuit dans son véhicule ; par contre le lendemain, nous le croiserons un peu au-dessus du lac 69.
Pendant le trajet nous avons souvent été ralentis par des camions. Le chauffeur essayait de les doubler ce qui n’était pas facile. Mais le code de la route est beaucoup plus souple qu’en France, le chauffeur n’hésitant pas par exemple à doubler dans les villages. Il y a en général des ralentisseurs (gendarmes couchés) dans ces villages, mais cela n’empêchait pas notre chauffeur d’y tenter un dépassement, car le véhicule dépassé était lui aussi obligé de ralentir ! Néanmoins, il arrivait qu’il survienne un véhicule en face et qu’il faille interrompre le dépassement en catastrophe.
L’une des quatre personnes ayant participé à l’extension à Huaraz, nous avait finalement quittés à première gare routière afin de prendre un avion plus tôt.

Voyage touristique au Pérou

Vingt-huit ans après mon tout premier voyage intercontinental, dans la direction du Pérou et des montagnes des Andes où j’avais alors effectué mon tout premier trek en altitude, j’ai choisi en août 2024 de retourner dans ce pays magnifique. Un retour sur mes pas que je projetais déjà au retour de ce premier voyage en raison de quelques omissions qui m’avaient alors paru regrettables ; cette impression émanait en particulier de commentaires dithyrambiques que j’avais pu lire dans des guides touristiques, concernant plusieurs sites du pays qui n’étaient pas au menu de ce voyage : le cañon de Colca, les îles flottantes du lac Titicaca, mais aussi les lignes de Nazca, voire certains sites archéologiques du nord du pays. Je pouvais aussi mentionner la ville d’Arequipa, bâtie au pied de spectaculaires volcans mais dont je n’avais connu que la piste de l’aéroport, à l’occasion d’une escale improvisée, me laissant la frustration de n’avoir pu en visiter davantage. Je pensais également à la Cordillère Blanche, le toit des Andes péruviennes, dont j’avais maintes fois entendu parler dans ma jeunesse, notamment en m’imprégnant de la littérature de Lionel Terray ou en assistant à des conférences Connaissances du monde de René Desmaison ; à l’écart des principaux sites touristiques, éloignée de la région de Cuzco et du Machu Picchu, il est toutefois assez difficile de la visiter. Enfin, il y avait trois sites incas majeurs faisant partie de mon premier voyage mais dont j’avais raté la visite pour cause de tourista : Pisac, Chinchero, et Ollantaytambo.

Ce nouveau voyage, dont je suis rentré très satisfait, m’aura permis de combler en grande partie ces manques. Certes, les lignes de Nazca semblent passées de mode et ne figurent plus au programme des voyagistes. De même, il m’a fallu renoncer aux sites archéologiques du nord, très excentrés (il faut dire que le Pérou est un pays immense), laissés par des cultures dont dont j’avais juste noté le nom en 1996 sans guère m’y intéresser par la suite : Mochica, Chavin, Chimú. J’ai par contre pu voir tout le reste, y compris la cordillère Blanche. Le tout sous une météo presque toujours idéale, contrairement à ce que j’avais connu lors de mon premier voyage. Seul revers de la médaille (cordillère Blanche exceptée), l’affluence touristique qui a considérablement cru en trente ans, rendant éprouvante la visite de certains sites, à commencer par le plus célèbre d’entre eux, le Machu Picchu.

Ce voyage s’est déroulé au mois d’août, qui est la haute saison au Pérou, là-bas la saison hivernale mais aussi la saison sèche. J’avais perdu l’habitude ces dernières années de faire un grand voyage au mois d’août, mais j’avais cette année là une bonne raison pour y revenir : je tenais à tout pris à ne pas être à Paris au moment de la grande macronnade. Certes, je n’ai pas pu trouver de voyage dont les dates recouvrent entièrement la période, j’étais notamment encore à Paris au moment de la bacchanale cathodique initiale (et j’ai aussi dû quelques semaines plus tard subir, au moins en ce qui concerne mes déplacements, la réplique paralytique de la chose). Mais, c’était toujours quelques semaines pendant lesquelles j’ai pu me tenir éloigné de ce délire.

Contrairement à la première fois où Terdav nous avait concocté un parcours aérien en zigzag, j’ai pu bénéficier cette fois-ci (voyage Allibert) d’un vol Air France direct jusqu’à Lima. Il y a environ 12 heures de vol, ce qui laisse le temps de visionner quelques films et de très partiellement rattraper mon décrochage complet en matière cinématographique — en effet je ne vais plus au cinéma depuis le Covid. J’ai notamment pu voir une œuvre dont j’avais lu pléthore de critiques négatives ce qui m’a permis de confirmer qu’elles n’étaient pas déméritées : le Napoléon de Ridley Scott. Le vol aller s’est effectué entièrement de jour, nous avons atterri à 16h locales, sous un temps étonnamment dégagé alors que Lima est réputée pour être plongée toute la saison hivernale dans un perpétuel brouillard, la garúa. Direction ensuite notre hôtel situé non pas au centre, mais dans un quartier bobo et excentré (assez proche de la mer) : Miraflores. Ce qui au passage m’a permis d’apercevoir les vagues déferlantes et peu engageantes de l’océan Pacifique, comblant là une vieille frustration car je n’avais pu voir la côte péruvienne en 1996. J’en prendrai des photos à la fin de ce voyage. Lima est une ville tentaculaire : 12 millions d’habitants, un tiers de la population du pays. Elle croît rapidement en raison de l’exode rural. Les paysans arrivent en périphérie de la ville, construisant d’abord des bidonvilles ensuite remplacés par des constructions en brique. Ils vivent d’abord de petits boulots (genre vendre des fleurs au carrefour). Il y a aussi un million de réfugiés du Venezuela.

Nous ne nous sommes pas attardés à Lima : dès le lendemain nous avons pris un vol intérieur pour Arequipa. La cohue pour l’enregistrement et l’embarquement sur ce vol (avec un temps limité et des affichages déficients) ont été très stressants, à un moment j’ai perdu mes compagnons de voyage que je connaissais pas encore très bien, je me suis même demandé si je n’allais pas rater le vol. Les premières photos de ce voyage ont été prises pendant ce vol à travers le hublot. D’abord les faubourgs de Lima avec la côte en arrière-plan :

En quittant Lima en avion (vol en direction d’Arequipa), le 4 août 2024

Ensuite, nous avons survolé le désert puis la cordillère des Andes, particulièrement aride dans cette zone. J’ai réussi à retrouver a posteriori les lieux que j’avais photographiés : à gauche la laguna Parinacocchas ; à droite, le cañon d’Ocoña, rejoint en aval par celui de Cotahuasi, considéré comme le plus profond du monde. Ces deux cañons sont situés au nord-ouest du cañon de Colca (ce n’est donc pas lui que j’ai photographié, contrairement à ce que j’espérais sur le moment).

Vol en direction d’Arequipa : survol de la laguna Parinacocchas, le 4 août 2024Vol en direction d’Arequipa : vu sur le cañon d’Ocoña. NB : rejoint en aval par le cañon de Cotahuasi, considéré comme le plus profond du monde. Les deux sont situés au nord-ouest du cañon de Colca (4 août 2024)

Les deux photos suivantes, prises depuis l’aéroport d’Arequipa, sont volontairement similaires au premier cliché de mon voyage de 1996. Elles permettent de voir les deux grands volcans qui dominent la ville, le Nevado Chachani (6 057 m) et le Misti (5 822 m), en forme de cône parfait. La ville est quant à elle bâtie à une altitude raisonnable, parfaite pour l’acclimatation : 2 300 m (2 500 m pour l’aéroport). Elle est réputée pour son temps perpétuellement dégagé.

Atterrissage à Arequipa. Vue sur le Nevado Chachani (6057 m), le 4 août 2024Le volcan Misti (5825 m) photographié devant l’aéroport d’Arequipa, le 4 août 2024

Arequipa est une ville de 1,1 million d’habitants, ce qui en fait la seconde ville du Pérou. Elle est dotée d’un centre historique colonial remarquable, bâti en tuf volcanique blanc et classé à l’Unesco, à la visite duquel nous allions consacrer le restant de la journée. Le nom signifierait en quechua quelque chose comme « tu peux rester ici », réponse à une question mal comprise des premiers conquérants espagnols aux indiens quechua du lieu. La ville est reliée par voie ferrée à Puno (sur le lac Titicaca) ainsi qu’à la côte pacifique. La zone est très sujette aux séismes, le dernier datait du 16 juin précédent et avait fait quelques dégâts dans la région (quelques clochers du cañon de Colca s’étaient fissurés).

Nous avons eu quatre guides différents dans ce voyage, respectivement pour les zones d’Arequipa, du lac Titicaca, de Cuzco et d’Huaraz. Celle que j’ai préférée était la guide pour Arequipa, une jeune femme d’une quarantaine d’années prénommée Annabel. Mais malheureusement, elle ne nous a guidés que pendant trois jours. Arrivant en ville, nous avons d’abord déposés nos bagages dans notre hôtel, aménagé dans un édifice en pierre de taille du XVIᵉ siècle et donc voici le hall.

Hall d’hôtel à Arequipa (hotel Los Tambos Colonial), le 4 août 2024. Murs du XVIᵉ siècle

Ensuite, départ à pied pour la visite de l’église. Nous avons commencé par l’église Santo Domingo, dotée d’un seul clocher. Elle fut achevée au XVIIᵉ siècle.

Arequipa, église Santo Domingo, le 4 août 2024Arequipa, église Santo Domingo, le 4 août 2024

Ensuite direction le marché, le mercado San Camilo.

Arequipa, marché central (mercado San Camilo), le 4 août 2024. Assortiment de fruits tropicaux et tempérésArequipa, marché central (mercado San Camilo), le 4 août 2024. Choix de chapeaux

Le rayons fruits et légumes était assez imposant car il proposait de nombreux fruits tropicaux — originaires d’Amazonie, mais également un vaste assortiment de pommes de terre. Car on se rappelle que la pomme de terre est originaire de l’Altiplano.

On trouvait sur ce marché quelques objets bizarres vendus comme grigris : par exemple des fœtus de lamas (ici brandi par notre guide Annabel) ou encore de faux billets péruviens destinés à être offerts à la Pachamama (on vendait le même genre de chose sur les marchés au Viêt Nam, où je m’étais rendu six mois auparavant).

Passage par un ancien couvent jésuite (claustros de la Compañía) converti en galerie de boutiques de souvenirs. On y trouvait un atelier de confection de laine de camélidés (lamas, alpagas, vigognes et guanacos), mais je n’ai pas été très intéressé.

Arequipa, claustros de La Compañía, le 4 août 2024. Ancien couvent jésuite, d’architecture mauresque

Nous sommes ensuite arrivés sur la place d’Armes (NB : la cathédrale était fermée et je n’aurai pas l’occasion de la visiter, ni même de prendre une photo correcte de sa façade).

Arequipa, place d’armes, le 4 août 2024

Sur cette place se tenait quand nous y sommes passés, une sorte de fête folklorique (apparemment hebdomadaire). Ce jour là, elle était animée par des gens de Puno. On note d’ailleurs la présence d’un drapeau bolivien aux côtés du drapeau péruvien.

Arequipa, place d’armes, le 4 août 2024. Fête folklorique animée par des habitants de Puno sur le lac Titicaca

Quelques photos prises au cours de nos pérégrinations dans la ville (en direction du restaurant).

Arequipa, entrée de la Casona Tristan del Pozo. Succursale bancaire aménagée dans un bâtiment du XVIᵉ, le 4 août 2024Arequipa, jacaranda situé plazza San Francisco, le 4 août 2024
Arequipa, place San Francisco et église éponyme, le 4 août 2024Arequipa, église San Francisco, le 4 août 2024
Arequipa, rue Santa Catalina. Vue en arrière-plan sur le Nevado Chachani 6057 m, le 4 août 2024

(J’ai pris la dernière photo à cause du Nevado Chachani en arrière-plan. Le fait est qu’on voit assez peu les volcans depuis les rues de la ville, le Misti d’ailleurs encore moins).

Pour le déjeuner notre guide nous avait conseillé un restaurant très local. Nous avions quartier libre pour choisir notre plat, ce qui n’était pas très facile. Le cobaye choisi par mon voisin ne me tentant guère, j’ai préféré opter pour un plat d’écrevisses, même s’il s’agissait du plat le plus cher et en dépit du fait que je n’en avais jamais mangé auparavant.

Arequipa, restaurant typique. Plat de cochon d’Inde choisi par Simon, le 4 août 2024Arequipa, restaurant typique. Plat d’écrevisses choisi par moi-même, le 4 août 2024

La fin de l’après-midi a été consacrée à la visite du couvent S.Catalina, le bijou architectural d’Arequipa (une visite populeuse que j’ai trouvée assez pesante). La particularité de ce couvent est qu’il est toujours occupé par des religieuses. Mais ces dernières ont abandonné (aux visiteurs) la plus grande partie du site, se réfugiant dans un coin de celui-ci où des bâtiments plus modernes ont été aménagés dans les années 1960. La partie visitable, plus ancienne, est organisée en petites ruelles comme une ville dans la ville. Elle date du XVIᵉ siècle.

Arequipa, monastère de Santa Catalina, le 4 août 2024Arequipa, monastère de Santa Catalina, le 4 août 2024

Pour cette visite Annabel a cédé la place à une autre guide francophone dédiée au lieu. Cette dernière, plus âgée, présentait les chose d’une manière particulièrement rébarbative, accentuant l’impression désagréable laissée par cette visite.

Arequipa, monastère de Santa Catalina, le 4 août 2024

D’autres photos du couvent, en vrac. Je n’ai pas retenu grand chose des explications. Notamment je ne sais plus à quoi servaient les rigoles et les bassins.

Arequipa, monastère de Santa Catalina, le 4 août 2024Arequipa, monastère de Santa Catalina. Tabernacle exposé dans l’ancienne chapelle, le 4 août 2024
Arequipa, monastère de Santa Catalina. Vue sur le Nevado Chachani (6057 m) depuis une ruelle intérieure du monastère, le 4 août 2024Arequipa, monastère de Santa Catalina, le 4 août 2024

Arequipa, monastère de Santa Catalina. Ancienne cuisine du monastère, le 4 août 2024Arequipa, monastère de Santa Catalina, le 4 août 2024

La visite Allibert d’Arequipa n’incluait pas le musée où se trouve la Juanita, une célèbre momie découverte en 1995 sur le volcan Ampato. Il s’agit d’une fille de la noblesse inca qui avait été sacrifiée il y a environ 500 ans. Le nom a été donné par son inventeur, l’archéologue américain Johan Reinhard.

Nous sommes sortis du couvent à l’heure de la belle lumière. Nous avions quartier libre pour nous balader encore un peu dans la ville, mais je n’ai guère été inspiré pour trouver des endroits intéressants. J’aurais aimé accéder à une terrasse pour photographier les volcans, mais j’ai fait chou blanc (certains de mes compagnons ont eu plus de chance, du moins d’après leurs dires car ils ne m’ont pas envoyé leurs photos). La nuit est du reste venue assez vite.

Arequipa, près du monastère de Santa Catalina, le 4 août 2024. Vue sur le Nevado Chachani (6057 m) au crépusculeArequipa, cathédrale, le 4 août 2024

Le lendemain, nous avons quitté Arequipa en minibus afin de gagner le cañon de Colca en passant par l’Altiplano. Un itinéraire qui nous a fait passer par des altitudes très élevées, mais sans que nous n’en éprouvions de gêne excessive. Les paysages de ce parcours étaient magnifiques, avec notamment, pendant la première montée, une vue sur les principaux volcans des environs. Parmi ces volcans, on citera le Coropuna (6 377 m) et l’Ampato (6 288 m), où fut trouvée la Juanita ; également le Sabancaya (5 967 m) qui était en éruption et dont les panaches de fumée étaient visibles depuis la route (ainsi que sur l’une de mes photos). Il s’agit du septième volcan actif le plus élevé du monde. On trouve aussi le Hualca Hualca (6 025 m) ; enfin, on mentionnera le nevado Mismi (5 625 m) qui constitue la source de l’Amazone.

Route entre Arequipa et Chivay. À gauche les volcans Ampato (6288 m) et Hualca Hualca (6025 m). Le panache volcanique provient du Sabancaya (5967 m), le 5 août 2024Route entre Arequipa et Chivay. À gauche les volcans Ampato (6288 m) et Hualca Hualca (6025 m). Le panache volcanique provient du Sabancaya (5967 m), le 5 août 2024
Route entre Arequipa et Chivay. Panache volcanique provenant du Sabancaya (5967 m), le 5 août 2024Route entre Arequipa et Chivay. Vue sur le Nevado Chachani (6057 m), le 5 août 2024

Arrivée ensuite sur le plateau à un peu plus de 4 000 mètres d’altitude, derrière le volcan Chachani. Plusieurs troupeaux de vigognes arpentaient les vastes étendues pelées et étaient bien visibles depuis la route.

Route entre Arequipa et Chivay, le 5 août 2024. Troupeau de vigognes, et vue partielle sur le Nevado Chachani 6057 m

Halte dans le village de Cañahuas où se trouve une ancienne gare. Il s’agit peut-être d’une ville minière mais ce point n’est pas très clair. La voie sert encore pour le transport de marchandises. Le village se trouve au pied d’une falaise présentant des cheminées de fées.

Route entre Arequipa et Chivay, le 5 août 2024. Halte près de l’ancienne gare de Cañahuas (vue partielle sur le Chachani 6057 m)

Un peu plus loin sur la route, une nouvelle halte pour photographier un troupeau de lamas et d’alpagas. Il y avait aussi des Indiennes en costume, mais comme c’était photo roupie, je me suis abstenu. On note que les marigots près de la route étaient encore gelés.

Route entre Arequipa et Chivay, le 5 août 2024. Troupeau d’alpagas et de lamas

Un peu plus loin, un autre arrêt a permis d’apercevoir des viscaches ; mais je n’ai pas réussi à prendre de photos (nous ne sommes pas descendus du minibus, et j’étais assis du mauvais côté).

Halte ensuite (avec descente du bus) au plus au point de la route, le mirador des volcans. La pancarte indique 4 910 m, mais mon GPS mesurait un peu moins.

Vue sur le volcan Chachani 6057 m. Belvédère des volcans 4910 m (point culminant de la journée), le 5 août 2024Route entre Arequipa et Chivay. Belvédère des volcans 4910 m (point culminant de la journée), le 5 août 2024
Vue sur le volcan Chachani 6057 m. Belvédère des volcans 4910 m (point culminant de la journée), le 5 août 2024Vue sur les volcans Ampato 6288 m, Sabancaya 5967 m et Hualca Hualca 6025 m. Belvédère des volcans 4910 m (point culminant de la journée), le 5 août 2024
Vue sur le volcan Chachani 6057 m. Belvédère des volcans 4910 m (point culminant de la journée), le 5 août 2024

Bonne descente ensuite en direction du cañon de Colca : les freins du bus, quoique paraît-il récemment changés, chauffaient ce qui nous inquiétait quelque peu. Notre destination était la petite ville de Chivay, 3 800 m d’altitude, où nous prendrions le repas de midi et passerions également la nuit suivante.

Route entre Arequipa et Chivay, le 5 août 2024. Vue sur Chivay en contrebas

L’après-midi a été consacrée à une randonnée dans la partie haute du cañon de Colca, une « exclusivité Allibert ». On ne nous a toutefois pas demandé (comme par le passé) d’être discrets sur l’endroit exact (étonnamment, le ciel s’était couvert cet après-midi là : les nuages se sont pourtant, de manière générale, montrés plutôt rares dans ce voyage). La randonnée a démarré du village de Canocota et commence par une bonne montée qui fait souffrir une partie du groupe ; il faut dire que c’était notre premier jour en altitude.

Canocota, début de randonnée dans le cañon de Colca, le 5 août 2024

Ensuite, l’itinéraire s’est poursuivi en balcon au-dessus du cañon, puis en descente.

Randonnée dans le cañon de Colca, le 5 août 2024Randonnée dans le cañon de Colca, le 5 août 2024

Quelques cactus, un classique des randonnées en Amérique latine. L’un de ces cactus s’appelle le Sacayo et est utilisé pour produire une variété locale de pisco, le Colca Sour.

Randonnée dans le cañon de Colca, le 5 août 2024

À l’arrivée de la balade se trouvaient des sources chaudes (la Calera) où nous avons pu nous baigner ; c’est la seule fois du voyage où j’ai utilisé mon maillot de bain.

Randonnée dans le cañon de Colca, le 5 août 2024Randonnée dans le cañon de Colca. Arrivée aux sources chaudes d’Agua Verde, qui s’atteignent par le pont himalayen, le 5 août 2024

Nous avons ensuite gagné notre hôtel de Chivay, d’où nous avons ensuite gagné à pied le restaurant pour le dîner du soir, près de la petite placette au centre du village. Dans le restaurant (fréquenté uniquement par des touristes), des animations et des danses auxquelles les touristes étaient tenus de participer, le tout avec une sono extrêmement bruyante, à la limite du supportable. N’ayant pas très faim (tant du fait de l’altitude que du décalage horaire que n’avais toujours pas réussi à assimiler), j’ai rapidement pris congé de mes camarades, regagnant l’hôtel seul, non sans manquer de me perdre d’ailleurs.

Danses très bruyantes (à la limite du supportable) au restaurant à Chivay. Restaurant Las Quenas à Chivay, le 5 août 2024Danses très bruyantes (à la limite du supportable) au restaurant à Chivay. Restaurant Las Quenas à Chivay, le 5 août 2024

(Le jour suivant j’ai perdu une partie du tracé GPS : la journée avait été tellement longue que la mémoire de mon appareil était insuffisante ! Normalement j’effectue une sauvegarde à la fin de chaque journée. J’ai reconstitué manuellement le parcours de la matinée, et j’ai géolocalisé manuellement la plupart des photos en utilisant Google Earth).

La matinée allait être consacrée à l’observation des condors dans le cañon de Colca. Comme les condors doivent être observés tôt le matin, nous avons quitté l’hôtel dès 6h30. Dans le village de Yanque que nous avons traversé, des villageoises en costume traditionnel dansaient à l’attention des touristes.

Danses à l’attention des touristes devant l’église de Yanque, le 6 août 2024

J’ai aussi filmé la scène (avec un meilleur ombrage que sur la photo statique), c’est la seule vidéo que j’ai enregistrée au cours de ce voyage.

Quelques photos de l’église de Yanque, dont le clocher avait souffert du récent séisme.

Église de Yanque : son clocher a souffert d’un récent tremblement de terre, le 6 août 2024Intérieur de l’église de Yanque, le 6 août 2024
Intérieur de l’église de Yanque. Les drapeaux péruvien et du Vatican traduisent l’absence de séparation entre l’église et l’état au Pérou, le 6 août 2024

On note la présence d’un drapeau du Vatican aux côté du drapeau péruvien. Il n’y a pas de séparation de l’église et de l’État au Pérou.

Route dans le cañon de Colca. La vallée vit je pense principalement du tourisme mais également de l’agriculture, où d’anciennes terrasses d’époque inca sont toujours cultivées. Toutefois seuls 40 % des terrasses existantes — les plus accessibles — le sont. L’agriculture est très peu mécanisée, les terrasses étant inadaptées aux tracteurs. On utilise toujours des bœufs pour labourer.

Le cañon de Colca photographié depuis le mirador Antahuilque, le 6 août 2024

Je n’ai pas eu trop besoin de prendre des photos à travers la vitre du bus : de nombreux arrêts photos étaient prévus le long du parcours. Il y en a eu pour l’aller et pour le retour. À chaque fois, une nuée de marchands de souvenirs attendait le touriste.

Le cañon de Colca est réputé comme l’un des plus profonds du monde : 4 000 mètres, mais la manière de calculer est un peu de la triche (c’est la différence entre le sommet du volcan et le niveau de la rivière). Le volcan en question, qui domine le cañon, est le Hualca Hualca (6 025 m).

Le cañon de Colca photographié depuis le mirador Antahuilque, le 6 août 2024Le cañon de Colca photographié depuis le mirador Antahuilque, le 6 août 2024

Un tunnel que franchit la route donne lieu à un rite auquel doivent s’adonner les touristes : y retenir sa respiration en faisant un vœu. Mais l’exercice est irréalisable pour les occidentaux non suffisamment acclimatés à l’altitude. Ce n’est pas demain que Macron va partir.

Le cañon de Colca photographié depuis le mirador Antahuilque, le 6 août 2024

Fin de parcours au belvédère des condors, un lieu touristique s’il en est. On nous a laissé trois quarts d’heure pour nous balader et pour observer les condors, à cet endroit fort nombreux. Le condor était l’un des trois animaux sacrés des Incas, avec le serpent et le puma. Comme c’est un charognard, il faisait le lien entre le monde souterrain (celui des morts), le monde terrestre et le monde des airs.

Cañon de Colca, la croix du Condor, le 6 août 2024

Retour vers Chivay en empruntant quasiment la même route, mais avec des haltes en des points différents (tout est savamment organisé). L’une de mes photos montre le fameux volcan Hualca Hualca.

Cañon de Colca, la croix du Condor, le 6 août 2024Cañon de Colca, vue depuis le mirador Wayracpunku, le 6 août 2024
Cañon de Colca, vue depuis le mirador Wayracpunku. Au fond le nevado Hualca Hualca, le 6 août 2024

Halte au retour dans un autre village, Maca, doté d’une belle église.

Cañon de Colca, église de Maca, le 6 août 2024

Je me suis efforcé de prendre mes photos sans que les montreuses d’alpagas ne me voient et ne me réclament leur nuevo sol. Pour ce qui est de ces étranges figurines modernes qui ornent la place, j’ai oublié les explications.

Cañon de Colca, village de Maca, le 6 août 2024Cañon de Colca, village de Maca, le 6 août 2024

Cañon de Colca, village de Maca, le 6 août 2024

L’arrêt à Maca a été long, trop à mon goût. Certains ont acheté des souvenirs, en particulier le fameux Colca Sour à base de cactus dont c’est ici la spécialité.

Longue route ensuite à travers les hauts plateaux en direction du lac Titicaca. Nous sommes d’abord repassés par le belvédère des volcans sans de nouveau nous y arrêter, avant de faire halte pour déjeuner à proximité du village de Cañahuas, c’est-à-dire (quasiment) au même endroit que la pause café de la veille. J’ai repris des photos des concrétions volcaniques (la Cappadoce péruvienne pourrait-on dire).

Pause déjeuner près de l’ancienne gare de Cañahuas, le 6 août 2024

Ensuite longue route sur l’Altiplano, à une altitude oscillant entre 4 000 et 4 500 mètres. Pas d’arrêt, j’ai pris mes photos à travers la vitre. On peut voir un train de marchandises, une mine (paraît-il de zinc, j’ai posé la question mais nos accompagnateurs n’en étaient pas très sûrs), des troupeaux d’alpagas, des lacs d’altitude où nichent les flamants roses.

Train minier sur la route de Juliaca, le 6 août 2024Plaza Pillones (probablement un site minier), le 6 août 2024
Troupeau d’alpagas sur l’altiplano, le 6 août 2024Flamants roses (peut-être la laguna Sacacane), le 6 août 2024
Flamants roses (peut-être la laguna Sacacane), le 6 août 2024

Ces flamants roses m’ont ravivé des souvenirs (nous n’en reverrons pas au cours du présent voyage).

Passage par la ville sans charme de Juliaca, puis route en direction du lac Titicaca que nous n’avons atteint qu’à la nuit tombée. Je n’en verrai l’eau que le lendemain matin. L’arrivée a été épique car il y avait une fête au village et certains axes étaient barrés.

Nous avons dormi pour deux jours dans un logement rustique, situé sur la presqu’île de Llachón. Le gîte avait été aménagé pour les touristes (sur instruction du ministère du tourisme) par les villageois organisés en coopérative (reste de l’ayllu inca). Chaque famille s’occupait de l’accueil à tour de rôle. Le gîte était situé à une bonne cinquantaine de mètres en contrebas de la route (et à une vingtaine au-dessus du lac), il a fallu descendre dans l’obscurité (mais on nous a porté nos bagages). Nous avons dormi en chambres de deux, avec une douche froide (que je ne me suis pas pressé d’utiliser), et un réfectoire « panoramique » situé à l’étage (avec au menu l’inénarrable soupe de quinoa, nourriture bobo par excellence qui est en fait originaire de la région). Nous avons fait nos adieux à Annabel puis fait connaissance successivement avec deux nouveaux guides : d’abord un guide local francophone assez âgé et un peu rustre (qui se fera appeler David) qui nous accompagnera au lac Titicaca et sur le site de Sillustani. Puis une femme d’un certain âge et au caractère trempé, Marcella, qui allait ensuite nous guider jusqu’à Cuzco. Avec elle, on sentait qu’on allait moins rigoler. Histoire de contrôler notre acclimatation à l’altitude, Marcella faisait circuler chaque matin parmi nous un petit appareil électronique avec lequel nous devions nous pincer l’index pour mesurer notre pouls et le taux d’oxygénation de notre sang. Soit dit en passant, je me demande toujours comment cela fonctionne. Le fait est que mes résultats étaient déplorables, Marcella faisait toujours la grimace ; ce qui ne m’a pas empêché d’effectuer le voyage sans encombre.

Le jour suivant allait être consacré à la visite en bateau du lac Titicaca : les îles flottantes le matin, la randonnée l’après-midi sur l’île de Taquile. J’étais déjà venu au lac Titicaca en 2008 pour en visiter la partie bolivienne (îles du Soleil et de la Lune, comprenant également de la randonnée mais aussi des visites archéologiques). J’avais à l’époque trouvé cette visite assez éprouvante, du fait de l’altitude bien évidemment mais aussi du temps assez couvert (nous aurons beaucoup plus de chance cette fois-ci de ce côté-là). Pour rappel, le lac Titicaca, 3 812 m d’altitude, 8 300 km² en surface et 900 km³ en volume, est le plus haut lac navigable du monde et le plus grand d’Amérique du sud en volume. Il est partagé entre le Pérou et la Bolivie (à 55 % en surface pour le premier et 45 % environ pour la seconde, mais, semble-t-il, à part égale en volume). Il semble que ce partage des eaux ait, historiquement, été défini par traité avant que les frontières ne soient définitivement établies. Le lac se divise par ailleurs entre deux parties de taille inégales, séparées par la péninsule de Copacabana et reliées entre elles par le détroit de Tiquina : au nord-ouest le grand lac (ou lac Chucuito), au sud-ouest le lac mineur (aussi appelé Wiñaymarca), chacune de ses deux parties étant divisée à part égale entre les deux pays. Le lac Titicaca est un lac endoréique, c’est-à-dire que ses eaux ne rejoignent jamais la mer. Il existe toutefois un émissaire (le rio Desaguadero) dont les eaux se perdent in fine dans le lac Poopó puis le salar de Coipasa, et dont la présence explique le fait que le lac Titicaca ne soit pas salé.

La ville de Puno et le lac Titicaca, photographiés au petit matin depuis la péninsule de Llachón, le 7 août 2024Le lac Titicaca, photographié au petit matin depuis la péninsule de Llachón, le 7 août 2024
Depuis la péninsule de Llachón, en direction de l’embarcadère (navigation sur le lac Titicaca), le 7 août 2024Depuis la péninsule de Llachón, en direction de l’embarcadère (navigation sur le lac Titicaca), le 7 août 2024

La première partie de la journée nous a conduits sur les îles flottantes des Uros. Les Uros étaient une communauté indigène qui vivait (un peu en parasites) sur des îles qu’ils avaient construites avec des roseaux et qui flottent sur le lac Titicaca. Sauf que, de nos jours, les habitants de ces îles ne parlent plus la langue originelle des Uros mais l’aymara. Il est du reste douteux qu’ils descendent ethniquement des Uros historiques. Les îles sont plus petites que je ne l’avais imaginé, elles supportent chacune une demi-douzaine de maisons constituant un petit village. Leurs habitants s’occupent à l’entretien de leur île, à la pêche, au troc de leur poisson contre d’autres denrées et objets (opération effectuée par les femmes), à l’accueil des touristes, à la réalisation d’objets d’artisanat pour ces derniers, et, surtout… à la glande. Ils passent en effet une bonne partie de leurs journée à ne rien faire, d’où une corpulence certaine et une mauvaise réputation parmi les populations du lac.

Lac Titicaca, arrivée sur une île flottante des Uros, le 7 août 2024

Note visite sur l’île a duré une bonne heure (il paraît que certaines agences proposent de passer une nuit sur une île Uros…). On nous explique les procédé de fabrication des îles et le mode de vie de leurs habitants. Les îles sont constituée de couches de roseaux successives qui tiennent quelques années ; régulièrement, on rajoute donc des roseaux par le dessus.

Lac Titicaca, sur une île flottante des Uros, le 7 août 2024Lac Titicaca, sur une île flottante des Uros, le 7 août 2024
Lac Titicaca, sur une île flottante des Uros, le 7 août 2024Lac Titicaca, sur une île flottante des Uros, le 7 août 2024
Lac Titicaca, sur une île flottante des Uros. Explications sur la manière de fabriquer les îles, le 7 août 2024Lac Titicaca, sur une île flottante des Uros. Explications sur la manière de fabriquer les îles, le 7 août 2024

On nous a ensuite divisés en petits groupes (de trois, si je ne m’abuse) pour entrer chacun dans une maison, le but étant bien évidemment que la maîtresse de maison nous vende une babiole quelconque. Heureusement qu’il y avait parmi nous trois une femme, plus encline que nous à faire au moins semblant de s’intéresser, car sans cela notre hôtesse Uros aurait vraiment pu se vexer…

Lac Titicaca, sur une île flottante des Uros. Vente à destination des touristes, le 7 août 2024Lac Titicaca, sur une île flottante des Uros. Vente à destination des touristes, le 7 août 2024
Lac Titicaca, sur une île flottante des Uros. Vente à destination des touristes, le 7 août 2024Lac Titicaca, sur une île flottante des Uros. Vente à destination des touristes, le 7 août 2024

Nous avons aussi droit à une balade (facultative, et moyennant supplément) en barque à rame, d’un intérêt mitigé (et qui m’a un peu rappelé une animation similaire le lac Tonle Sap au Cambodge). Les barques sont ornées d’une proue en forme de monstre, ce qui d’après le guide (papier) que j’avais emporté en voyage, n’a rien d’authentique mais a été inventé pour les touristes.

Lac Titicaca, sur une île flottante des Uros, le 7 août 2024. Navigation aux alentours de l’île

Pendant cette balade nous avons pu observer un oiseau pêcheur.

Lac Titicaca, sur une île flottante des Uros. Navigation aux alentours de l’île, le 7 août 2024Lac Titicaca, sur une île flottante des Uros. Navigation aux alentours de l’île, le 7 août 2024

Navigation ensuite en direction de l’île (véritable) de Taquile où il était prévu de randonner. Le temps, très dégagé, nous permettait de distinguer en direction du nord, la Cordillère Royale qui se trouve en Bolivie. C’est dans ce massif que j’avais effectué un trek en 2008. Les deux premiers sommets de la chaîne s’appellent l’Illampu (6 368 m) et l’Ancohuma (6 427 m). Un autre sommet emblématique de cette cordillère, mais dont l’observation depuis le lac est plus douteuse, s’appelle le Huayna Potosí.

Lac Titicaca, navigation en direction de l’île de Taquile, le 7 août 2024. Vue sur la cordillère Royale en Bolivie, nevado Illampu 6368 m et nevado Ancohuma 6427 m

Nous avons débarqué au nord-est de l’île, à l’extrémité d’une rangée d’une bonne dizaine de bateaux de tourismes semblables au notre, et qu’il a fallu traverser à par un avant de gagner la terre. L’île de Taquile est occupée par une communauté villageoise parlant la langue quechua. Elle accueille en outre beaucoup de touristes, dont les flux sont répartis par le conseil de communauté. Les habitants (que notre guide David semblait tous connaître et interpellait à chaque fois qu’il en croisait un) sont habillés de costumes traditionnels colorés. Ces costumes (et surtout les chapeaux) sont spécifiques à chaque commune du lac et permettent aux spécialistes de deviner l’origine d’une personne.

Lac Titicaca, randonnée dans l’île de Taquile. Habitant (quechua) de l’île, le 7 août 2024Lac Titicaca, randonnée dans l’île de Taquile. Habitante (quechua) de l’île, le 7 août 2024
Lac Titicaca, randonnée dans l’île de Taquile. Deux habitants quechuas de l’île, le 7 août 2024Lac Titicaca, randonnée dans l’île de Taquile. Deux habitants quechuas de l’île, le 7 août 2024

Lac Titicaca, randonnée dans l’île de Taquile. Habitante de l’île, le 7 août 2024Lac Titicaca, randonnée dans l’île de Taquile. Habitante de l’île, le 7 août 2024

La plupart des touristes se rendent sur une petite place située au sommet de l’île (à plus de 3 000 mètres d’altitude), mais bizarrement, notre guide David nous la fera éviter (en raison paraît-il de l’affluence). Pendant notre balade, nous sommes passés près de l’école du village.

Lac Titicaca, débarquement dans l’île de Taquile, le 7 août 2024Lac Titicaca, débarquement dans l’île de Taquile, le 7 août 2024
Lac Titicaca, randonnée dans l’île de Taquile. École, le 7 août 2024Lac Titicaca, randonnée dans l’île de Taquile. École, le 7 août 2024

Nous avons ensuite rejoint la crête de l’île, sur laquel nous avons un peu progressé en direction du restaurant.

Lac Titicaca, randonnée dans l’île de Taquile, le 7 août 2024. Vue sur la cordillère Royale en Bolivie, nevado Illampu 6368 m et nevado Ancohuma 6427 m

Voici ledit restaurant, en plein air. Au menu : de la truite.

Lac Titicaca, randonnée dans l’île de Taquile, le 7 août 2024. Le restaurant où nous avons déjeuné

Ensuite (à ma grande déception car j’ai trouvée cette randonnée un peu courte), nous sommes revenus sur nos pas avant de reprendre le bateau sur la rive ouest de l’île (il est vrai que ce voyage était bien moins sportif que celui de 2008, où je me souviens que j’en avais un peu bavé sur l’île du Soleil).

Lac Titicaca, randonnée dans l’île de Taquile. Retour au bateau après le déjeuner, le 7 août 2024Lac Titicaca, randonnée dans l’île de Taquile. Retour au bateau après le déjeuner, le 7 août 2024

Nous étions de retour au gîte vers 15h30, avec une longue soirée en perspective (sans wifi dans le gîte, mais une petite déconnexion de temps en temps ne peut pas faire de mal). Chose à laquelle je m’adonne assez rarement (surtout en altitude), je suis ressorti en fin d’après-midi, seul, pour une petite balade dans les environs (presqu’île de Llachón) : il faut croire que la balade à Taquile ne m’avait vraiment pas épuisé. Et puis, c’est l’heure où la lumière est la plus belle. On se rappelle que le gîte était en contrebas de la route, la balade commençait donc par une remontée 50 mètres par des marches assez raides (le lendemain d’ailleurs pour repartir avec mon gros sac, je me ferai aider).

Lac Titicaca, la péninsule de Llachón en fin de journée, le 7 août 2024

Alors que j’avais commencé à revenir sur mes pas, je suis tombé malencontreusement sur un chien d’une propriété qui me barrait plus ou moins le passage. Il m’a fallu faire un détour. Les chiens (errants ou semi-errants) sont vraiment une plaie au Pérou, où la rage est de surcroît présente ; aucune campagne ne semble toutefois mise en œuvre pour en limiter la prolifération.

Lac Titicaca, la péninsule de Llachón en fin de journée, le 7 août 2024

Dernières photos du lac Titicaca prises le lendemain matin au moment de quitter ces lieux.

Lac Titicaca, au petit matin depuis notre gîte sur la péninsule de Llachón, le 8 août 2024Lac Titicaca, en quittant notre gîte sur la péninsule de Llachón, le 8 août 2024

Après une heure de route nous éloignant définitivement du lac Titicaca, halte pour visiter le site archéologique de Sillustani. Nous sommes arrivés sur place pour l’ouverture, avant que ne débarquent des hordes de touristes (par contre les marchands de souvenirs nous attendaient déjà de pied ferme).

Arrivée à la nécropole de Sillustani. Civilisations tiwanaku et qolla, le 8 août 2024Arrivée à la nécropole de Sillustani. Civilisations tiwanaku et qolla, le 8 août 2024
Arrivée à la nécropole de Sillustani. Civilisations tiwanaku et qolla, le 8 août 2024Arrivée à la nécropole de Sillustani. Civilisations tiwanaku et qolla, le 8 août 2024

Le site de Sillustani est connu pour ses chullpas, des tours funéraires. Il remonte à des civilisations pré-inca et notamment la civilisation tiwanaku ainsi qu’à la civilisation qolla. Les pierres des chullpas sont le plus souvent finement taillées afin que l’ensemble résiste aux séismes. Elles sont de forme circulaire évasée vers le haut, leur hauteur pouvant atteindre 12 mètres. Une petite ouverture permet d’atteindre la chambre funéraire (mais la plupart de ces dernières ont été pillées il y a déjà fort longtemps).

Une chullpa sur la nécropole de Sillustani, le 8 août 2024

Panoramique d’une chullpa dont il ne reste que la base :

Visite de la nécropole de Sillustani, le 8 août 2024

La plupart des chullpas du site sont situées sur la crête.

Chullpas sur la nécropole de Sillustani, le 8 août 2024Chullpa sur la nécropole de Sillustani, le 8 août 2024

Ce qui m’a le plus marqué dans ce site, ce n’est pas tant ses chullpas que le paysage absolument inattendu que l’on découvre en arrivant sur la crête. On découvre en effet un vaste lac circulaire aux rivages chauvages, le lac d’Umayo. Au centre du lac, sur une presqu’île, se trouve une montagne tabulaire. La question que l’on se pose quand on découvre cela (mais à laquelle aucun de nos deux guides péruviens n’était mesure de répondre), c’est l’origine géologique de ce site. Volcanique ou pas volcanique. Wikipedia est également muet sur le sujet (la version russe, un peu plus détaillée que les autres, raconte juste que l’eau est minéralisée).

Le lac d’Umayo vu depuis la nécropole de Sillustani, le 8 août 2024

Encore quelques vues du lac ainsi que des ruines.

Le lac d’Umayo vu depuis la nécropole de Sillustani, le 8 août 2024

Retour au véhicule, nous commençons à croiser la foule des touristes.

Fin de la visite de la nécropole de Sillustani, le 8 août 2024Fin de la visite de la nécropole de Sillustani, le 8 août 2024

Nous avons ensuite gagné le village de Lampa afin d’en visiter l’église du XVIIᵉ siècle.

Lampa, visite de l’église du XVIIᵉ siècle, le 8 août 2024Lampa, visite de l’église du XVIIᵉ siècle, le 8 août 2024

(Un mariage venait de se tenir dans l’église, mais nous n’en avons pas vu grand chose).

Lampa, visite de l’église du XVIIᵉ siècle, le 8 août 2024. Fête de mariage

Quelques vues de l’intérieur :

Lampa, visite de l’église du XVIIᵉ siècle, le 8 août 2024Lampa, visite de l’église du XVIIᵉ siècle, le 8 août 2024Lampa, visite de l’église du XVIIᵉ siècle, le 8 août 2024

L’église de Lampa est connue pour abriter une copie de la Pietà de Michel Ange : une statue de la fin du XVᵉ siècle, située à Saint-Pierre de Rome, et représentant la Vierge (Mater dolorosa) tenant sur ses genoux le corps du Christ.

Lampa, visite de l’église du XVIIᵉ siècle. Copie argentée de la Pietà de Michel Ange, le 8 août 2024Lampa, visite de l’église du XVIIᵉ siècle. Copie argentée de la Pietà de Michel Ange, le 8 août 2024

(Ci-dessous l’original à Rome : photo Stanislas Traykov (licence CC-BY 2.5), annotée par Gilbert Morice).

La Pietà de Michel-Ange, Saint-Pierre de Rome. Auteur :  Stanislas Traykov, Licence CC-BY 2.5. Photo collectée et annotée par Gilbert Morice

Mais quelque chose dans cette église m’a marqué bien davantage que la copie de la Pietà : cet entassement de crânes qui fait davantage penser aux catacombes de Paris qu’à un sanctuaire catholique. Marcella ne nous a guère fourni d’explications à ce sujet.

Lampa, visite de l’église du XVIIᵉ siècle. Étrange ossuaire à l’intérieur de l’église, le 8 août 2024Lampa, visite de l’église du XVIIᵉ siècle. Étrange ossuaire à l’intérieur de l’église, le 8 août 2024
Lampa, visite de l’église du XVIIᵉ siècle. Étrange ossuaire à l’intérieur de l’église, le 8 août 2024

Nous avons poursuivi jusqu’à Pucará pour y déjeuner au restaurant. Après le déjeuner nous avons eu quelques minutes pour en photographier la place d’armes. J’aurais bien aimé pénétrer dans l’église, mais un enterrement s’y déroulait au même moment.

Pucará (halte au restaurant), le 8 août 2024Pucará (halte au restaurant), le 8 août 2024

Pucará est connu pour être le berceau d’une culture pré-inca ayant surtout produit des poteries. Il existe un musée dans le village, mais qui n’était pas au programme de notre voyage. Cette culture construisit aussi des pyramides dont il semble qu’il ne reste pas grand chose. En tout cas, nous ignorerons tout de cet aspect de Pucará (Marcella ne nous en ayant pipé mot).

A suivi un après-midi de transfert (certaines photos ont été prises depuis le véhicule, cela se voit). Nous avons franchi un col, le col de la Raya (4 321 m), où passe également la voie ferrée (avec quelques trains de luxe). On quitte alors la province de Puno pour celle de Cuzco. La vue sur les montagnes n’est pas excessivement spectaculaire.

Franchissement du col de la Raya (4321 m), le 8 août 2024

Halte ensuite pour la nuit dans la ville (sans charme) de Sicuani.

La matinée suivante allait être consacrée l’ascension d’un (petit) sommet qui est devenu en quelques années l’un des hauts-lieux du tourisme au Pérou : le mont Vinicunca (5 036 m), également appelée montagne « arc-en-ciel ». Il s’agit de l’ascension très facile, environ 300 m de dénivelé, d’une colline dénudée à la géologie particulière (une succession de couches de roches de couleurs différentes, d’où le surnom), offrant de surcroit une vue imprenable sur la cordillère voisine de l’Ausangate (6 372 m). Et qui surtout, permet à peu de frais aux touristes de franchir une cote fatidique qui constitue pour beaucoup une occasion assez rare (notons que même au Pérou, (quasiment) aucune route carrossable n’atteint les 5 000 m et qu’il n’existe pas dans le monde de population vivant de manière permanente à cette altitude). De fait, chaque matin, plusieurs énormes cars partent de Cuzco pour arriver à l’aube au pied de la montagne, afin d’effectuer l’ascension dans les conditions optimales. Mieux, pour augmenter encore l’affluence du site, les cars débarquent leur flot de visiteurs de chaque côté du col (la difficulté sur les deux versants étant en effet similaire), de sorte que tout le monde se retrouve sur la dernière crête et au sommet. Il y a le long du parcours des marchands de boissons (et de souvenirs) tous les trois cents mètres, des troupeaux d’alpagas opportunément placés sur le chemin, des muletiers qui proposent leurs services aux randonneurs fatigués, des toilettes aménagées payantes, etc. Une fois au sommet, il y a une vingtaine de minutes d’attente pour la photo devant la pancarte avec l’altitude. Pourtant, le mont Vinicunca est une « invention » récente : quand je suis venu au Pérou en 1996 on n’en parlait absolument pas. De fait, ayant effectué en trek le tour de l’Ausangate, je suis passé dans une vallée voisine et il n’a nullement été question de la montagne arc-en-ciel. Ce point reste un mystère pour moi, certains disent que la montagne aurait été récemment découverte après la fonte des glaciers (du fait du sempiternel CHANGEMENT CLIMATIQUE), mais je suis assez sceptique, le paysage ne semblant pas suggérer un retrait récent. Peut-être que, tout simplement, personne n’était venu explorer le secteur avec l’œil d’un promoteur touristique.

Nous aussi et bien que ne venant pas de Cuzco, nous avons démarré dès potron-minet, quittant l’hôtel à 5h sans prendre de petit déjeuner. Quittant la route de Cuzco, nous avons obliqué pour une piste en terre assez vertigineuse s’élevant peu à peu le long d’une vallée. Il est quand même étonnant que les bus puissent passer par là. On notera que cette piste conduit au village de Chillca, lieu d’un bivouac mémorable pendant mon trek de 1996. Le jour s’est bientôt levé et j’ai pu constater, à mon grand regret, que le temps s’était couvert pendant la nuit. Mais contre toute attente, le ciel se dégagera partiellement pendant notre ascension, nous permettant, quoique imparfaitement, d’apercevoir la face sud de l’Ausangate.

Nous voici à pied d’œuvre à 7h30 du matin : le touriste est attendu de pied ferme ! Nous sommes à 4 700 m d’altitude. Avant de démarrer la montée, nous prenons le temps de consommer nos « paniers-orgie » (nos petits déjeuners).

Départ pour l’ascension du mont Vinikunka 5036 m, le 9 août 2024Départ pour l’ascension du mont Vinikunka 5036 m, le 9 août 2024
Départ pour l’ascension du mont Vinikunka 5036 m, le 9 août 2024Départ pour l’ascension du mont Vinikunka 5036 m, le 9 août 2024

Photos prises pendant la montée, le long d’une vallée en pente douce. Certains touristes effectuent d’ailleurs cette partie de l’ascension à cheval ou à moto, ne marchant que pour l’ultime crête qui est un peu plus raide.

Ascension du mont Vinikunka 5036 m, le 9 août 2024

On commence à apercevoir le sommet et la foule des touristes sur la crête. Il semble que la plupart d’entre eux montent par l’autre versant.

Ascension du mont Vinikunka 5036 m, le 9 août 2024

Je guettais la vue sur l’Ausangate, et je dois dire que ce sommet s’est laissé désirer. C’était pour moi d’autant plus frustrant que, déjà en 1996, j’étais monté au col dans le brouillard, guettant à chaque instant la fugace apparition à travers les nuages de chaque mètre carré de glacier de ce même Ausangate.

Ascension du mont Vinikunka 5036 m. Vue sur le Nevado Ausangate 6384 m, le 9 août 2024Ascension du mont Vinikunka 5036 m. Vue sur le Nevado Ausangate 6384 m, le 9 août 2024
Depuis le mont Vinikunka 5036 m. Vue sur le Nevado Ausangate 6384 m, le 9 août 2024Depuis le mont Vinikunka 5036 m. Vue sur le Nevado Ausangate 6384 m, le 9 août 2024

On poursuit l’ascension avec les fameuses couches géologiques donnant au mont Vinicunca son surnom.

Ascension du mont Vinikunka 5036 m, le 9 août 2024

Nous sommes arrivés sur la crête, et on est vraiment en plein délire. La fin de l’ascension, quoique un tout petit peu plus raide, ne dure pas bien longtemps.

En direction du mont Vinikunka 5036 m, le 9 août 2024Depuis le mont Vinikunka 5036 m, le 9 août 2024

Über allen Gipfel ist Ruh’, écrivait Goethe. Le moins que l’on puisse dire est que nous en sommes loin ! Le véritable chemin de croix commence en fait maintenant. Chacun y va de son petit selfie en prenant des poses plus ou moins ridicules. Tout cela pour une pancarte dont l’état est particulièrement lamentable.

Depuis le mont Vinikunka 5036 m, le 9 août 2024Depuis le mont Vinikunka 5036 m. Vue sur le Nevado Ausangate 6384 m, le 9 août 2024
Depuis le mont Vinikunka 5036 m, le 9 août 2024

(Apparemment on peut aussi écrire Vinikunka).

Je me suis demandé quand j’avais pour la dernière fois dépassé les 5 000 mètres. Il semble que cela fasse un bail : la tentative d’ascension du mont Karlytau dans les Monts Célestes en 2009. J’étais à l’époque monté à 5 160 m.

Quelques photos du paysage entourant le sommet. Il y a effectivement un glacier dans les parages, lequel a manifestement reculé, mais de là à recouvrir toute la zone dans un passé proche

Depuis le mont Vinikunka 5036 m, le 9 août 2024Depuis le mont Vinikunka 5036 m, le 9 août 2024
Depuis le mont Vinikunka 5036 m, le 9 août 2024

Et puis, l’Ausangate que nous aurons finalement vu, disons, de manière passable.

Depuis le mont Vinikunka 5036 m, le 9 août 2024. Vue sur le Nevado Ausangate 6384 m

Un petit panoramique (un peu surexposé, je répugne à retoucher numériquement mes photos).

Depuis le mont Vinikunka 5036 m, le 9 août 2024

Nous amorçons la redescente…

Depuis le mont Vinikunka 5036 m, le 9 août 2024

…avec l’épisode des alpagas au beau milieu de celle-ci (j’aurais peut-être pu davantage trier mes photos).

Descente du mont Vinikunka, le 9 août 2024. Troupeaux d’alpagas

Arrivée au véhicule. J’ai ensuite pris quelques photos pendant le trajet.

Descente du mont Vinikunka. Arrivée au parking, le 9 août 2024Descente du mont Vinikunka. La piste de retour, le 9 août 2024
Descente du mont Vinikunka. La piste de retour, le 9 août 2024

Après cette ascension, nous avons fait route jusqu’à Cuzco, nous arrêtant peu avant d’arriver en ville pour visiter quelques sites incas d’importance secondaire. Ils ne m’ont pas subjugué (en particulier les deux premiers), eu égard du peu que j’ai retenu des explications de Marcella.

Premier de ces trois sites : Tambo Machay : ancien « relais de poste » inca situé à proximité de Cuzco (tambo en quechua signifie « auberge »). Le site est alimenté par une source alimentant une fontaine. Face à la fontaine (sur l’autre versant d’un petit vallon), les ruines d’un poste de garde.

Site inca de Tambo Machay, le 9 août 2024

Beaucoup plus touristique que Tambo Machay (mais qui ne m’a guère davantage intéressé), Puca Pucará qui est un sanctuaire souterrain dans une sorte de labyrinthe.

Site inca de Puca Pucará, le 9 août 2024Site inca de Puca Pucará, le 9 août 2024
Site inca de Puca Pucará, le 9 août 2024

Le troisième endroit par contre fait des sites majeurs de la région : Sacsayhuamán. En le visitant au coucher du soleil, peu avant sa fermeture, nous avons sans doute minimisé l’affluence autant que faire se pouvait (de fait l’endroit apparaît presque désert sur mes photos…). Notons que j’avais déjà visité Sacsayhuamán en 1996. Le site, dominant directement la ville de Cuzco, est connu pour sa triple muraille de pierres cyclopéennes. Les Espagnols pensaient qu’il s’agissait d’une forteresse. Marcella nous y a expliqué les différents styles de construction inca, impérial classique ou polygonal (comme ici), ou encore cellulaire.

Site inca de Sacsayhuamán, le 9 août 2024

Le Nevado Ausangate, au bas duquel nous avions randonné le matin, est visible dans le lointain depuis Sacsayhuamán. Je me souvenais de cette circonstance, j’avais d’ailleurs pris une photos similaire en 1996 (mais elle est ratée).

L’Ausangate (6384 m) vu depuis le site inca de Sacsayhuamán, le 9 août 2024

Outre sa triple enceinte cyclopéenne, Sacsayhuamán vaut pour la vue panoramique sur la ville de Cuzco en contrebas. Cuzco (qui s’écrit le plus souvent avec un z en français, mais la graphie Cusco est plus courante localement ; altitude : 3 400 m) comptait 400 000 habitants en 1996 ; ils sont maintenant 700 000 ! La ville a presque doublé, essentiellement à cause du tourisme, les maisons occupent maintenant les moindres recoins de la vallée et partent à l’assaut des collines en constituant des sortes de favélas. La zone de l’aéroport notamment est maintenant complètement urbanisée, ce qui rend ce dernier dangereux. Un nouvel aéroport est en construction plus à l’écart de la ville, non loin du site inca de Chinchero que nous visiterons le lendemain.

Cuzco vu depuis le site inca de Sacsayhuamán, le 9 août 2024

L’inscription sur la colline (Viva el Perú) existait déjà en 1996, mais pas l’espèce de hiéroglyphe qui lui fait face. Ci-dessous, toujours depuis Sacsayhuamán, gros plan sur la place d’Armes. La cathédrale est sur la gauche, l’église que l’on voit de face est une église jésuite (Iglesia de la companía de Jesús). Je visiterai la seconde à la fin du voyage.

Le place d’armes de Cuzco vue depuis le site inca de Sacsayhuamán, le 9 août 2024

Ci-dessous, dominant la ville à quelque distance de Sacsayhuamán, cette réplique miniature de la statue du Christ rédempteur de Rio de Janeiro. Elle a été offerte en 1940 par des réfugiés palestiniens chrétiens.

Depuis le site inca de Sacsayhuamán, le 9 août 2024. Le christ-roi aurait été offert par des chrétiens palestiniens

Cela n’a vraisemblablement rien à voir, mais j’ai remarqué dans les faubourgs de la ville, à plusieurs reprises, la présence de graffitis pro-palestiniens, en lien avec la répression actuelle dans la bande de Gaza. Israël a réussi a se faire détester dans le monde entier, y compris dans des pays peu concernés par le Proche-Orient et hors d’influence de l’islam comme l’est le Pérou.

Le programme prévoyait que nous descendions à pied de Sacsayhuamán à Cuzco ; mais l’heure était trop tardive et la balade a été annulée sans crier gare (je ne sais où nous avions perdu du temps, vraisemblablement au restaurant). Il en sera de même quelques jours plus tard à Pisac.

J’ai pris beaucoup de photos de Cuzco dont nous avons effectué la visite en plusieurs temps. Comme toujours en pareil cas, je me pose la question de présenter ou non la ville de manière groupée. Cette fois-ci, j’ai décidé de m’en tenir à l’ordre chronologique. Cette première série de photos a été prise en soirée, sur le chemin du restaurant. On peut y voir les églises de la place d’Armes dont la cathédrale.

Cuzco en soirée, le 9 août 2024Cuzco en soirée (cathédrale), le 9 août 2024
Cuzco en soirée, le 9 août 2024Cuzco en soirée, le 9 août 2024

Le lendemain matin donc, première partie de la visite de la ville éclairée des explications de Marcella. On notera le temps assez couvert sur ces photos, ce qui les rend assez médiocres (je préfère celles que j’ai prises à la fin du voyage). Nous avons comme il sied débuté cette visite par la place d’Armes.

Sur la place d’armes de Cuzco, ancienne église jésuite (Iglesia de la companía de Jesús), le 10 août 2024Cuzco, place d’armes, le 10 août 2024
Cuzco, place d’armes et cathédrale, le 10 août 2024Cuzco, répétition sur la place d’armes en vue d’une fête ayant lieu au mois d’août, le 10 août 2024

L’église jésuite (première photo) est de loin la plus photogénique de la place, a contrario de la cathédrale (troisième cliché), laquelle se présente de surcroît presque toujours à contrejour. La cathédrale (que je n’ai pas revisitée au cours de ce voyage) est bordée à gauche et à droite de deux autres églises, la Sagrada Familia à gauche et la Virgen del Triunfo à droite.

On rappelle que Cuzco était la capitale de l’empire Inca, conquise par les Espagnol en 1533. Au centre de la place d’Armes est érigée une statue de l’Inca Pachacutec dont le règne au XVe siècle constitua l’apogée de l’empire Inca.

Cuzco, statue de l’Inca Pachacutec sur la place d’armes, le 10 août 2024

Nous sommes ensuite montés jusqu’à la petite place Las Nazarenas. Sur cette place se trouve un musée des arts précolombiens que Marcella nous a invités à aller visiter le dernier jour, pour ceux dont l’horaire d’avion était compatible (je m’y suis effectivement collé, non sans quelque hésitation, et le fait est que je n’en ai pas retenu grand chose…).

Cuzco, rue inca (vers la place Las Nazarenas), le 10 août 2024Cuzco, place Las Nazarenas, le 10 août 2024
Cuzco, place Las Nazarenas, le 10 août 2024Cuzco, près de la place Las Nazarenas, le 10 août 2024

On trouve aussi sur cette place un ancien monastère (San Antonio Abad) reconverti en hôtel de luxe (hôtel Monasterio). Il est possible de pénétrer dans la cour sans être client, ce que Marcella nous a invités à faire (on peut aussi accéder à l’église). On y trouve une ambiance d’un calme irréel, avec diffusion de musique classique — du Mozart, une chose rarissime en Amérique latine, et seule fois de tout le voyage où j’aurai l’occasion d’en entendre. L’église du monastère fait partie de l’enceinte de l’hôtel, il est possible d’y pénétrer et d’en admirer les dorures (on a l’impression qu’elle sert de salle de conférences, tout en étant toujours consacrée).

Cuzco, hôtel Monasterio (ancien monastère San Antonio Abad), le 10 août 2024Cuzco, hôtel Monasterio (ancien monastère San Antonio Abad), le 10 août 2024
Cuzco, hôtel Monasterio (ancien monastère San Antonio Abad), le 10 août 2024Cuzco, hôtel Monasterio (ancien monastère San Antonio Abad), le 10 août 2024

La rue Calle Hatunrumiyoc qui se trouve non loin de là, est célèbre pour ses soubassements de murs incas (et notamment pour sa pierre à 12 angles, devant laquelle s’arrêtent tous les groupes de touristes).

Cuzco, rue Calle Hatunrumiyoc, le 10 août 2024
Cuzco, près de la place Las Nazarenas, le 10 août 2024
Cuzco, rue Calle Hatunrumiyoc (pierre inca à 12 angles), le 10 août 2024

Retour sur la place d’armes, plus ensoleillée que tout à l’heure.

Cuzco, place d’armes, le 10 août 2024

Nous continuons nos déambulations dans la ville : place San Francisco, rue Santa Clara…

Cuzco, place San Francisco, le 10 août 2024Cuzco, le 10 août 2024
Cuzco, rue Santa Clara, le 10 août 2024Cuzco, le 10 août 2024
Cuzco, rue Santa Clara, le 10 août 2024

Grand classique ensuite des voyages Allibert, le marché central (San Pedro) de Cuzco. Nous y sommes restés pas mal de temps. Marcella nous y a longuement parlé d’une spécialité locale, la pomme de terre déshydratée. Il faut la réhydrater pour la consommer mais le produit est différent de la pomme de terre d’origine, ayant perdu l’amidon. Nous n’avons pas eu l’occasion d’y goûter.

Cuzco, marché central San Pedro, le 10 août 2024Cuzco, marché central San Pedro, le 10 août 2024
Cuzco, marché central San Pedro, le 10 août 2024Cuzco, marché central San Pedro, le 10 août 2024
Cuzco, marché central San Pedro, le 10 août 2024Cuzco, marché central San Pedro, le 10 août 2024

C’est fou comme des fois les photos de voyage se ressemblent

Nous avons quitté Cuzco en passant par Poroy où se trouve maintenant le terminus des trains desservant le Machu Picchu. Les trains en effet ne desservent plus le centre de Cuzco comme c’était encore le cas en 1996, apparemment pour des raisons de sécurité. La route de Poroy est dominée par des hauts quartiers très en pente rappelant les favélas de Rio. Chacun de ces quartiers est desservi par un escalier en béton paraît-il financé par une compagnie minière de la région, c’est pour ces compagnies une obligation légale.

Nous avons effectué ce matin là une randonnée dans la campagne, à quelques kilomètres du site archéologique de Chinchero. Une marche qui semblait improvisée et dont l’intérêt laissait fortement à désirer. D’après ce que nous avons compris, la balade auparavant organisée par Allibert (qui devait relier le site archéologique) n’est plus praticable du fait du chantier du nouvel aéroport dans le secteur. De surcroît nous avons eu un temps assez couvert pour cette excursion (heureusement sans pluie), alors que le temps allait se dégager l’après-midi même pour ensuite demeurer au beau fixe pendant la quasi totalité du reste du voyage.

L’essentiel de cette randonnée s’est effectué à proximité d’un lac, la laguna Huaypo, à environ 3 500 mètres d’altitude.

Début de randonnée dans les environs de Chinchero. Marche le long de la laguna Huaypo, le 10 août 2024Randonnée le long de la laguna Huaypo. Dans les nuages le Sahuasiray (5818 m), dans la cordillère d’Urubamba, le 10 août 2024

Le peu d’intérêt de la balade pouvait provenir de la vue sur les sommets enneigés de la région, sommets en l’occurrence assez masqués du fait de la météo mais toutefois pas totalement. Parmi ces sommets figurent la cordillère de Vilcabamba (un massif très isolé et peu visité des touristes, situé au sud du Machu Picchu), et son assez emblématique point culminant, le Salcantay (6 271 m). Ce magnifique sommet pyramidal est visible sur la gauche de la seconde photo ci-dessous (mais nous le verrons beaucoup mieux le lendemain matin au réveil).

Randonnée le long de la laguna Huaypo. Vue partielle du Sahuasiray (5818 m), le 10 août 2024Au fond à gauche le Salcantay (6271 m), point culminant de la cordillère de Vilcabamba, le 10 août 2024

La randonnée était non seulement inintéressante, mais elle a fini par devenir carrément scabreuse. En effet, plutôt que de longer le lac, nous nous sommes engagés hors sentier sur un terrain pentu à flanc de colline où la progression devenait de plus en plus malaisée. Il semblait en outre que c’étaient les deux membres du groupe partis devant (et non les guides) qui décidaient du chemin. J’ai fini par râler et carrément par faire demi-tour, revenant en arrière sur trois cents mètres avant de longer le lac où j’ai facilement rattrapé le groupe de tête (trois personnes du groupe m’avaient emboîté le pas). Cet épisode sera le seul raté d’organisation du voyage.

Randonnée le long de la laguna Huaypo, le 10 août 2024Le logement des kayakistes de la laguna Huaypo, le 10 août 2024

Nous avons ensuite rejoint les véhicules pour un déjeuner au restaurant (dans un établissement que nous retrouverons quelques jours plus tard en revenant du Machu Picchu, et donc nous aurons à douter de la sanité des produits…).

Beaucoup plus intéressante que la matinée, la visite du site archéologique de Chinchero à laquelle nous avons consacré une bonne partie de l’après-midi. Il s’agit de l’un des trois grands sites inca dont j’avais raté la visite en 1996.

Visite du site archéologique de Chinchero, le 10 août 2024

La particularité de ce site est la présence d’un village moderne au beau milieu des ruines. Ces dernières sont dominées par une église du XVIᵉ (que l’on ne visite pas) et qui date du premier vice-roi du Pérou, Francisco de Tolède : Nuestra Señora de Montserrat de Chinchero. Selon Marcella, l’église n’est jamais ouverte, le curé ne vient que le dimanche pour les mariages et les baptêmes.

Visite du site archéologique de Chinchero, le 10 août 2024
Visite du site archéologique de Chinchero, le 10 août 2024

On note que l’affluence touristique sur ce site (et à cette heure) n’était pas excessive. Peut-être qu’une partie des agences n’y viennent pas ?

Pour ce qui est du site archéologique proprement dit, il est constitué de nombreuses terrasses inca qui servaient à l’agriculture et qui étaient dotées d’un système d’irrigation. Des chemins incas reliaient le site à la vallée sacrée (vallée du rio Vilcanota). Ces constructions datent du XVᵉ siècle.

Visite du site archéologique de Chinchero, le 10 août 2024. Terrasses inca qui étaient utilisées pour l’agriculture

Encore quelques vues de l’église depuis le site archéologique.

Visite du site archéologique de Chinchero, le 10 août 2024
Visite du site archéologique de Chinchero, le 10 août 2024

Nous avons passé la nuit suivante chez l’habitant, dans une communauté villageoise qui semble s’appeler Tauca (d’après la fiche technique Allibert, le nom ne figurant pas sur les cartes) et qui se trouve au-dessus du lac de Piuray, second lac du secteur prolongeant celui d’Huaypo. La communauté nous a accueillis et servi nos repas dans des bâtiments communaux, tandis que nous étions répartis pour dormir par petit groupes de trois ou quatre. Je me suis retrouvé dans la maison la plus éloignée du réfectoire, à environ huit cents mètres de ce dernier. Les villageois nous ont accueillis par des danses et des chants en costume traditionnel (j’ai pris quelques photos, mais pas de vidéo).

Nuit chez l’habitant à Tauca (au-dessus du lac de Piuray), le 10 août 2024. Accueil avec danses et musique

Nous avons ensuite eu droit à une visite des lieux puis à une démonstration d’artisanat (et de teinture, en insistant sur la couleur rouge obtenue en écrasant des cochenilles). Le tout m’a assez peu intéressé…

Nuit chez l’habitant à Tauca (au-dessus du lac de Piuray), le 10 août 2024Nuit chez l’habitant à Tauca (au-dessus du lac de Piuray). Démonstration de techniques artisanales et agricoles, le 10 août 2024

Quelques photos du gîte et de la chambre qui m’a été allouée.

Nuit chez l’habitant à Tauca. La maison dans laquelle j’ai dormi, le 10 août 2024Nuit chez l’habitant à Tauca. La chambre dans laquelle j’ai dormi, le 10 août 2024

La vue depuis le gîte était loin d’être inintéressante, en particulier au petit matin où la brume par un intéressant effet d’optique semblait comme agrandir le lac de Piuray (lequel est en réalité assez petit). Outre le lac, on distinguait de nouveau la cordillère de Vilcabamba, en particulier le Salcantay que j’ai photographié au téléobjectif.

Depuis notre gîte de Tauca, le lac de Piuray émergeant de la brume, le 11 août 2024

Le voyage s’est poursuivi par deux journées de trek (déplacement itinérant à pied avec portage des bagages par des mules). Trek étiqueté dans la « vallée de l’Inca » et se déroulant en réalité sur les flancs de cette dernière, à assez haute altitude (entre 3 800 m et 4 000 m, le fond de vallée étant à 2 900 m). La première journée a commencé par la remontée d’un vallon assez austère, en direction d’un col à environ 4 400 m, le Paso Huallata (de nouveau un nom mentionné sur la fiche technique mais absent des cartes).

Début de trek dans la vallée sacrée, le 11 août 2024

Le col donnait sur la fameuse vallée de l’Inca, mais bizarrement, ce n’est pas du col que nous avons pu apercevoir le paysage le plus remarquable ; il a fallu encore marcher environ cinq cents mètres, et même remonter un peu jusqu’à un faux col. La vue sur les hautes montagnes s’est alors dégagée, en particulier vers la cordillère de Vilcanota en direction du sud-est. Cordillère dominée par le Nevado Ausangate (6 384 m), sur la droite des photos.

Trek dans la vallée sacrée : franchissement du Paso Huallata (env. 4400 m), le 11 août 2024. Depuis une brèche un peu plus loin : vue (à droite) sur l’Ausangate 6384 m

Quelques vues du paysage proche à la hauteur du faux col.

Trek dans la vallée sacrée : franchissement du Paso Huallata (env. 4400 m). Depuis une brèche un peu plus loin, le 11 août 2024Trek dans la vallée sacrée : franchissement du Paso Huallata (env. 4400 m). Depuis une brèche un peu plus loin, le 11 août 2024
Trek dans la vallée sacrée : franchissement du Paso Huallata (env. 4400 m). Au fond la cordillère de Vilcanota, le 11 août 2024Trek dans la vallée sacrée : franchissement du Paso Huallata (env. 4400 m), le 11 août 2024

Le point offrait également une vue sur la cordillère d’Urubamba, dominée par le Sahuasiray (5 818 m).

Trek dans la vallée sacrée : franchissement du Paso Huallata (env. 4400 m), le 11 août 2024. Depuis une brèche située un peu plus loin ; le Sahuasiray 5818 m au téléobjectif (point culminant de la cordillère d’Urubamba)

Quatre jeunes participants du groupe, que la montée n’avait pas assez fatigués, ont choisi de grimper sur un mamelon dominant le lieu (environ deux cents mètres de dénivelé supplémentaire, au jugé). Ils ont fait l’aller-retour en une demi-heure. L’histoire ne dit pas si le paysage était plus intéressant là haut.

Trek dans la vallée sacrée : franchissement d’un col à 4400 m, le 11 août 2024. Depuis brèche située un peu plus loin ; vue sur la cordillère de Vilcanota, à droite l’Ausangate 6384 m

Au suivi une fort longue descente, quoique effectuée sur un excellent sentier. Nous avons souffert du choix assez étrange des organisateurs de marcher jusqu’au gîte avant de déjeuner, plutôt que d’organiser un pique-nique. Je n’en ai toujours pas compris la raison. Une descente du reste encore (un peu) rallongée par le fait que deux participants sont descendus avant les guides et se sont engagés sur un mauvais chemin.

Trek dans la vallée sacrée : descente du col, le 11 août 2024

À la fin de la descente, nous sommes passés par le site archéologique d’Huchuy Qosqo (dont la visite était normalement prévue pour l’après-midi, et que nous effectuerions in fine le lendemain matin). Je reviendrai donc sur ce site Inca situé à 3 700 m d’altitude, assez remarquable mais très peu touristique car desservi par aucune route. Ci-dessous quelques images que j’en ai prises pendant cette fin de descente.

Trek dans la vallée sacrée : arrivée sur le site inca d’Huchuy Qosqo, le 11 août 2024

Nous sommes encore descendus un peu sous le site, avant de remonter en pente douce sur une distance d’environ cinq cent mètres jusqu’au gîte. Une ultime montée peu difficile mais qui m’a littéralement épuisé.

Trek dans la vallée sacrée : traversée du site inca d’Huchuy Qosqo, le 11 août 2024Trek dans la vallée sacrée : traversée du site inca d’Huchuy Qosqo, le 11 août 2024
Trek dans la vallée sacrée : vue sur le site inca d’Huchuy Qosqo, le 11 août 2024La vallée sacrée près du site inca d’Huchuy Qosqo, le 11 août 2024

(Il faut dire que j’ai souffert de quelques petits problèmes digestifs ce jour là, et je n’étais d’ailleurs pas le seul dans le groupe. Je n’ai pas réussi à le cacher à la guide, j’ai donc eu droit les jours suivants à des prises de médicaments et à des restrictions alimentaires).

Arrivée donc au gîte, et déjeuner dans la foulée. Contrairement à la veille, nous logions tous dans le même lieu (un gîte équipé de douches et d’eau chaude). J’ai eu droit à une chambre individuelle dans un bâtiment en pisé, et dont le lit était également en pisé. Nous n’avons ensuite pas bougé, ce qui n’était pas plus mal car je ne suis pas sûr que je me serais senti d’attaque pour retourner visiter Huchuy Qosqo. Mais comme je l’ai dit, je n’étais pas le seul à me trouver diminué.

Notre gîte chez l’habitant près du site inca d’Huchuy Qosqo. Bâti en pisé et pied de lit de même, le 11 août 2024Notre gîte chez l’habitant près du site inca d’Huchuy Qosqo. La chambre en pisé dans laquelle j’ai dormi, le 11 août 2024
Notre gîte chez l’habitant près du site inca d’Huchuy Qosqo, le 12 août 2024

Seconde journée de trek le lendemain, nettement plus longue que la première mais finalement (un peu) moins exténuante. Et ce malgré mon état qui ne s’améliorait guère.

Retour au site inca d’Huchuy Qosqo afin de le visiter, le 12 août 2024

Retour pour commencer à Huchuy Qosqo pour en effectuer la visite. Nous y étions les seuls touristes (et il n’y a pas de barrière à l’entrée, bien que cette dernière soit payante).

Retour au site inca d’Huchuy Qosqo afin de le visiter, le 12 août 2024L’entrée du site inca d’Huchuy Qosqo, le 12 août 2024

Marcella nous a prodigué quelques explications, notamment à propos d’une salle qui servait de sanctuaire. On y devine à l’architecture qu’il existait un premier étage (plancher) auquel on accédait non par un escalier, mais par une seconde entrée située sur un autre côté, en s’aidant de la déclivité naturelle du terrain. Les niches de la salle contenaient chacune une statue en or d’une taille compatible. Il en était de même dans tous les temples incas.

Visite du site inca d’Huchuy Qosqo, le 12 août 2024Visite du site inca d’Huchuy Qosqo, le 12 août 2024
Visite du site inca d’Huchuy Qosqo. Temple à deux étages, le second accessible par l’extérieur, le 12 août 2024Visite du site inca d’Huchuy Qosqo, le 12 août 2024

Le site présente également un espace dégagé qui servait de place centrale.

Visite du site inca d’Huchuy Qosqo, le 12 août 2024

Après la visite, la randonnée à repris en empruntant d’anciens chemins incas, dominant la fameuse « vallée sacrée » ou « vallée de l’Inca ». Géographiquement, il s’agit de la vallée du rio Vilcanota, lequel se change à un endroit et pour une raison obscure en rio Urubamba (dont les boucles passent au pied du Machu Picchu).

En quittant le site inca d’Huchuy Qosqo, le 12 août 2024. Vue sur la vallée sacrée et sur le rio Vilcanota/Urubamba

Après quelques kilomètres en balcon au-dessus de la vallée sacrée, le sentier s’engage dans une gorge (cañon de Puma Puncu) qu’il remonte progressivement jusqu’à l’altitude de 4 000 m environ (avec ça et là quelques échelles de bois).

Cheminement sur un ancien chemin inca au-dessus de la vallée sacrée, le 12 août 2024

Arrivée au lieu-dit de Pucamarca où se trouvent des terrasses d’époque inca.

Le lieu-dit de Pucamarca où se trouvent des terrasses d’époque inca, le 12 août 2024Entre Pucamarca et Sihua, le 12 août 2024

Nous avons ensuite rejoint le village (moderne) de Sihua, desservi par une route en terre. Ensuite, le sentier inca domine de nouveau la vallée du rio Vilcanota. Nous avons pique-niqué un peu plus loin.

Le village de Sihua, le 12 août 2024Belvédère sur la vallée sacrée. Entre Sihua et Patabamba, le 12 août 2024

Un incendie était en cours dans la vallée, à la hauteur du village de Calca. Aucun moyen ne semblait mis en œuvre pour l’éteindre (le Pérou ne disposant pas de canadairs). L’incendie se poursuivrait toute la journée et toute la nuit. Le lendemain, nous pourrons apercevoir d’en bas les pentes calcinées, alors que nous circulerons en bus en direction du Machu Picchu.

Incendie en cours au-dessus du village de Calca dans la vallée sacrée, le 12 août 2024. Photographie prise entre Sihua et Patabamba

(La vallée qui part de Calca donne accès à l’un des gisements de gaz du Pérou).

Après le franchissement d’un belvédère caractéristique, le sentier, tout en continuant en balcon, oblique brusquement en direction du gros village de Patabamba. C’est dans ce village que se situait notre ultime gîte. Il nous a toutefois fallu, pour l’atteindre, descendre jusqu’à un torrent franchi par un petit pont himalayen (pourtant superflu en cette saison sèche). Pont construit en lianes soi-disant selon des techniques incas.

Pont suspendu reconstitué selon les techniques incas (supposées), le 12 août 2024. En contrebas du village de Patabamba

Une ultime montée nous séparait encore du gîte, mais j’ai trouvé cette dernière bien moins pénible que celle de la veille. Comme l’avant-veille, notre groupe logeait de manière éclatée dans différentes maisons du village, mais cette fois-ci je me trouvais juste à côté du « camp de base ».

Arrivée au village de Patabamba, le 12 août 2024L’extérieur de notre gîte de Patabamba. Avant la nuit du séisme…, le 12 août 2024

Lorsque nous sommes arrivés, la tenancière et sa gamine avaient revêtu une tenue traditionnelle pour nous accueillir ; mais nul n’a véritablement fait attention à elles ni ne les a prises en photo. Une heure après, elles étaient toutes les deux en survêtement.

La chambre que j’occupais dans notre gîte de Patabamba, le 12 août 2024. Nous avons ressenti le séisme (de magnitude 4,7) à 1h37 du matin

Un évènement inhabituel s’est produit pendant la nuit suivante à 1h37 du matin exactement (j’étais éveillé car ayant dû me lever un quart d’heure auparavant). J’ai soudain ressenti comme un grand coup qui a ébranlé la bâtisse où je me trouvais. Cela ne provenait pas des voisins, c’était plus fort. J’ai rapidement compris qu’il s’agissait d’un séisme, et je me suis demandé ce que je devais faire. Mais personne n’est sorti, et il n’y a pas eu de réplique. Il a été question de cette secousse au petit déjeuner, les trois quarts du groupe l’ont ressentie comme moi, certains ont été éveillés. Ceux qui dormaient au premier étage on signalé que les meubles de leur chambre s’étaient déplacés. Après recherche sur Internet, la secousse, répertoriée, était de magnitude 4,7 sur l’échelle de Richter. L’épicentre était situé à une cinquantaine de kilomètres au sud-est, près de la ville d’Urcos.

Le matin depuis notre gîte de Patabamba, le 13 août 2024Notre gîte de Patabamba (le matin suivant le séisme), le 13 août 2024

Retour à la « civilisation » ce jour là avec pour commencer un trajet en minibus jusqu’au site archéologique de Pisac. Le chauffeur, délaissant l’itinéraire le plus direct, a effectué un long détour presque jusqu’au faubourgs de Cuzco afin d’emprunter une route plus facile. Halte ensuite au mirador de Taray qui offre une vue sur la vallée sacrée. Malheureusement, cet endroit ne permet pas de voir les sommets enneigés que l’on pouvait apercevoir du bus quelques kilomètres en amont.

La vallée sacrée vue depuis le mirador Taray, le 13 août 2024

Le site de Pisac est un site magnifique et spectaculaire, étagé dans la montagne au-dessus du village moderne éponyme. À l’époque inca en effet on ne construisait pas dans le fond de vallée, réservé aux cultures, mais uniquement à flanc de montagne. Outre les temples et les maisons, le Pisac ancien contient des terrasses étagées sur plusieurs versants, le tout sur presque 500 m de dénivelé. Le site se situe au carrefour d’une vallée latérale qui permet de rejoindre l’Amazonie en franchissant un col élevé (>4000 m). Il présentait donc un caractère stratégique.

Comme à Tambo Machay par exemple, le site était irrigué par un système de fontaines qui est toujours fonctionnel.

Notre visite a été exclusivement consacrée à la partie haute de Pisac. Le programme prévoyait que nous descendions ensuite à pied jusqu’au village moderne, mais nous n’en avons pas eu le temps et avons repris le car à mi parcours (le tout pour passer un temps à mon avis superflu dans les boutiques à souvenirs du village moderne). Voici une première série de photos montrant l’accès au site. L’affluence touristique, certes assez importante, n’était toutefois pas insupportable.

Visite du site archéologique de Pisac, le 13 août 2024. Terrasses incas
Début de visite du site archéologique de Pisac, le 13 août 2024

Petit oiseau présent sur le site, prétexte parmi d’autres chez les touristes pour dissiper leur attention et ne rien retenir de ce qu’a pu leur raconter leur guide.

Visite du site archéologique de Pisac. (je n’ai pas l’appli pour en déterminer l’espèce), le 13 août 2024Visite du site archéologique de Pisac. (je n’ai pas l’appli pour en déterminer l’espèce), le 13 août 2024

Quant à en déterminer l’espèce, que ce soit par IA ou non, j’avoue que j’ai fait chou blanc (il est vrai aussi que je suis moyennement motivé).

Ces anfractuosités dans cette falaise faisant face au site renfermaient des tombes (certaines pré-inca). Elles sont toutes été pillées.

Visite du site archéologique de Pisac. Dans cette falaise, des tombes incas et pré-incas, le 13 août 2024Visite du site archéologique de Pisac. Dans la falaise à droite, des tombes incas et pré-incas, le 13 août 2024

Nous sommes passés par la zone la plus élevée du site de Pisac. Outre des fortifications en partie naturelles, cette partie renfermait des maisons et des temples (repérables par les niches comme à Huchuy Qosqo).

Visite du site archéologique de Pisac. Mur arrondi = temple du soleil, le 13 août 2024Visite du site archéologique de Pisac. Ancien édifice religieux, le 13 août 2024
Visite du site archéologique de Pisac. Cheminement (un peu) aérien dans le site archéologique, le 13 août 2024Visite du site archéologique de Pisac, le 13 août 2024
Visite du site archéologique de Pisac, le 13 août 2024Visite du site archéologique de Pisac, le 13 août 2024

Le belvédère sur la vallée et sur la ville moderne est particulièrement spectaculaire.

Visite du site archéologique de Pisac. Vue sur le Pisac moderne dans la vallée du rio Vilcanota/Urubamba, le 13 août 2024Visite du site archéologique de Pisac. Vue sur la vallée sacrée, le 13 août 2024

Poursuite de la progression par un passage assez aérien (mais heureusement bien protégé). Il y a même un petit tunnel.

Visite du site archéologique de Pisac, le 13 août 2024
Visite du site archéologique de Pisac, le 13 août 2024

Nous arrivons ensuite dans un quartier très photogénique (trop sans doute, puisque tellement occupé à le photographier je n’ai rien retenu des explications de Marcella à son sujet). C’est à cet endroit qu’allait s’achever en queue de poisson la visite de ce site extraordinaire.

Visite du site archéologique de Pisac, le 13 août 2024

Ensuite donc nous obliquons à flanc de colline (avec encore des vues magnifiques) avant d’arriver à un lacet de la route où le minibus est finalement venu nous chercher, non sans quelque attente car il n’était manifestement pas prévu que nous terminions là.

Visite du site archéologique de Pisac, le 13 août 2024. Fin (prématurée ?) de visite et retour au véhiculeVisite du site archéologique de Pisac, le 13 août 2024. Fin (prématurée ?) de visite et retour au véhicule

Quelques photos du Pisac moderne. Peu intéressé que j’étais par les souvenirs, j’en ai quand même profité pour acheter des lunettes de soleil (j’avais cassé les miennes quelques jours auparavant).

Séance lèche-vitrines dans le village moderne de Pisac, le 13 août 2024Séance lèche-vitrines dans le village moderne de Pisac, le 13 août 2024

La journée s’est poursuivie par un assez long transfert jusqu’à Ollantaytambo (où nous allions ensuite prendre le train pour Aguas Callientes). Nous avons fait au passage une (assez longue) halte dans un restaurant à Occopata (après le village d’Urubamba). Il était tard, il n’y avait plus que nous dans le restaurant mais le tenancier avait laissé l’établissement ouvert pour nous et avait même reconstitué un buffet à notre attention. La photo ci-dessous ne montre pas le restaurant, elle a été prise en route depuis le bus et montre un cochon d’Inde cuit à la broche. Une spécialité locale à laquelle je n’ai pas goûté (du moins pas pendant ce voyage).

Un cochon d’Inde cuit à la broche, le 13 août 2024. Sur la route vers Urubamba ; photographie prise du véhicule à l’arrêt

Les conditions de visite du Machu Picchu n’ont plus rien à voir avec celles de 1996, l’affluence touristique ayant décuplé. Mais un chose qui étonnamment est restée inchangée, c’est l’accès au site qui nécessite toujours prendre le train. Il n’est pas question a priori de construire une route dans les gorges de l’Urubamba. Par contre, presque tout le monde prend le train à Ollantaytambo et non à Cuzco. L’arrivée en minibus à Ollantaytambo donne lieu à une véritable cohue. Le minibus s’est retrouvé bloqué, il nous a été nécessaire de descendre et de gagner la gare à pied en portant notre bagage (heureusement allégé).

Ci-dessous quelques tentatives de photos pendant le trajet en train (que nous avons pris à 16h, effectuant le trajet pendant le crépuscule). J’étais assis à côté de Marcella et j’ai eu droit à quelques explications personnalisées.

Dans le train vers Aguas Calientes, le 13 août 2024Depuis le train vers Aguas Calientes, le 13 août 2024
Depuis le train vers Aguas Calientes. On peut apercevoir des terrasses incas, le 13 août 2024Depuis le train vers Aguas Calientes. Sommets de la cordillère d’Urubambga, le 13 août 2024

On peut ainsi apercevoir quelques sites inca sur le trajet, dont l’un qui constitue le point de départ du trek de l’Inca (trek très contingenté comme on peut l’imaginer).

Depuis le train vers Aguas Calientes. Le rio Urubamba (en amont du barrage), le 13 août 2024Depuis le train vers Aguas Calientes. Point de départ du trek du Machu Picchu, le 13 août 2024
Depuis le train vers Aguas Calientes. Pont suspendu et terrasses incas, le 13 août 2024Depuis le train vers Aguas Calientes. Terrasses incas, le 13 août 2024

 Peu avant Aguas Calientes se trouve une station hydroélectrique : la quasi totalité du débit du rio Urubamba se retrouve déviée par un tunnel qui débouche en aval du Machu Picchu. La différence de niveau est utilisée pour produire de l’électricité qui alimente toute la ville de Cuzco ainsi que la région.

Depuis le train vers Aguas Calientes, le 13 août 2024. Nous croisons un autre train

Le trajet d’Ollantaytambo à Aguas Calientes dure environ 2h, nous sommes arrivées à destination de nuit. J’avais d’Aguas Calientes conservé le souvenir de sources thermales dans lesquelles on pouvait se baigner, seuls touristes parmi les locaux. Également, la pittoresque image d’une bourgade minuscule constituée de deux rangées de maisons alignées de part et d’autres de la voie ferrée, à la manière des westerns. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la localité a changé. On a maintenant affaire à une véritable ville constituée d’une forêt de gratte-ciel (la place dans cette gorge étroite étant en effet particulièrement limitée). Pour gagner notre hôtel, il a fallu progresser à pied le long plusieurs ruelles au milieu d’une foule compacte, slalomant sous une lumière de néons parmi les devantures de restaurants et les boutiques de souvenirs ouvertes H24. Notre hôtel était lui-même un immeuble de grande hauteur, je logeais au dixième étage dans une chambre minuscule dépourvue de fenêtre, digne des centres des grandes métropoles. Pourtant, l’Aguas Calientes que j’ai connu dans ma jeunesse n’a pas été démoli, il existe toujours, encore faut-il savoir le trouver. Il est paraît-il toujours possible de se baigner dans les sources chaudes qui ont donné leur nom au lieu (Marcella nous l’a proposé sans que personne ne se montre motivé). Il en est de même de la fameuse rue bordant les voies ferrées, c’est d’ailleurs à cet endroit que nous avons dîné le soir.

Aguas Calientes a beaucoup changé depuis 1996…, le 13 août 2024. Mais paradoxalement, ce cliché évoque l’Aguas Calientes que j’ai connu

Quelques trains passent d’ailleurs toujours à cet endroit (nous en avons vu passer un pendant que nous dînions) ; mais ce ne sont pas les trains empruntés par les touristes, uniquement des trains pour les locaux qui descendent en aval du Machu Picchu. Trains qui d’ailleurs ne rejoignent plus l’Amazonie comme auparavant, ils s’arrêtent dorénavant à la centrale électrique, la voie ayant ensuite été interrompue par des intempéries il y a déjà une bonne décennie, sans qu’il soit envisagé de la réparer.

Visite industrielle donc du Machu Picchu le lendemain matin. Il faut commencer par prendre un bus, nous quittons l’hôtel dès 7h pour aller faire la queue. Ladite queue est déjà bien constituée et monte à travers les rues de la ville le long du torrent. Au bout de 30 minutes d’attente, nous montons dans le bus qui nous conduit au site en empruntant la même route en lacets qu’en 1996 (la gare de Puente Ruinas qui se trouve au pied du site, n’étant pratiquement plus utilisée). Il faut ensuite de nouveau faire la queue pour accéder au site. L’accès à ce dernier est extrêmement contingenté. Non seulement il y a un créneau horaire précis pour y pénétrer, mais il y a des circuits de visite à l’intérieur des ruines, on parcourt un seul circuit et on ne voit donc pas tout le site. Cette dernière mesure a été mise en place pendant le Covid et pérénisée depuis. Ainsi, je n’ai pas revu l’édifice dit du tombeau de l’Inca, pourtant l’un des endroits les plus remarquables du lieu.

La file d’attente pour monter au Machu Picchu, le 14 août 2024La file d’attente pour entrer au Machu Picchu, le 14 août 2024

Nous entrons sur le site vers 8h45. La première étape consiste à atteindre la partie haute du Machu Picchu pour l’égoportrait. Il faut déjà faire la queue dans les escaliers, j’en ai profité pour commencer à mitrailler. Notamment le sommet du Huayna Picchu où l’on pouvait deviner la présence de quelques touristes.

Machu Picchu, le 14 août 2024Le sommet du Huayna Picchu où l’on peut deviner quelques personnes. J’eus l’heur de le gravir le 5 août 1996, le 14 août 2024
Machu Picchu, le 14 août 2024Machu Picchu, le 14 août 2024
Machu Picchu, le 14 août 2024Machu Picchu, le 14 août 2024

Pour le prix, je me suis fait photographier plusieurs fois (mon réflex numérique étant peu adapté à l’égoportrait). La seconde de ces photos est une intruse, prise en 1996 au sommet du Huyana Picchu. J’arborais les deux fois le même débardeur, c’était parfaitement volontaire, même si ce marcel sera bientôt bon pour la poubelle.

Machu Picchu, le 14 août 20245 août 1996 : Huayna Picchu, le 5 août 1996

Après une bonne demi-heure d’attente, rapide photo du paysage, d’abord seul puis de nouveau en mode égoportrait. Étonnamment le site a l’air presque désert (on peut tout de même distinguer la foule à l’ombre de certains murs). Ils sont dû s’inspirer du pavillon d’Or à Kyōto, un site tout aussi blindé mais qui paraît désert sur les photos.

Machu Picchu, le 14 août 2024

Ensuite, parcours (restreint donc) des ruines au cours duquel, ça et là, Marcella nous a prodigué quelques explications. Le Machu Picchu est construit en granit. On y trouve des fontaines et un système d’irrigation. Le site était une forteresse, des poternes donnant sur des sentiers escarpés permettaient de s’en échapper. Les cultures en terrasses donnaient quatre récoltes par an. Les toits de chaume présents sur certains édifices ne sont pas d’époque et sont régulièrement changés au bout de quelques années.

Machu Picchu, le 14 août 2024

Par très beau temps (ce qui par chance était le cas le jour de notre visite), on peut apercevoir depuis les ruines la cordillère de Vilcabamba. Je pense que la plus grande montagne est le Pumasillo (6 070 m).

Machu Picchu, le 14 août 2024. Vue sur la cordillère de Vilcabamba (le Pumasillo 6070 m, est peut-être l’un de ces sommets)

Ci-dessous la photo de la porte sans personne (à droite), m’a demandé une certaine patience (ainsi que très probablement, la perte de précieuses explication de la part de Marcella).

Machu Picchu, le 14 août 2024Machu Picchu, le 14 août 2024. Et voilà !

Le sanctuaire qui se trouve au centre du site sur un monticule (intihuatana), est dorénavant totalement interdit au public. J’y étais bien évidemment monté en 1996.

Machu Picchu, le 14 août 2024

La visite s’est poursuivie à travers le site, avec beaucoup de photos et peu d’explications.

Machu Picchu, le 14 août 2024Machu Picchu, le 14 août 2024
Machu Picchu. La montagne devant s’appelle le Phutuq K’usi (ou Putucusi), l’ascension a l’air gratinée ! (14 août 2024)Machu Picchu, le 14 août 2024

Machu Picchu. Terrasses incas à l’entrée du site, le 14 août 2024Machu Picchu, le 14 août 2024

 

Machu Picchu, le 14 août 2024. Au fond la cordillère de Vilcabamba

 

Machu Picchu, le 14 août 2024Machu Picchu, le 14 août 2024

Ce genre de pierre en forme de montagne revêtait une signification particulière chez les Incas :

Machu Picchu, le 14 août 2024. Ces pierres en forme de montagne revêtaient une signification particulière chez les Incas

(Une dernière série de photos)

Machu Picchu, le 14 août 2024

Retour en bus à Aguas Calientes où nous arrivons pour le déjeuner. Restaurant situé sur une place face à une église que j’ai trouvée assez typique, et dont je ne connaissais pas l’existence (est-elle postérieure à 1996 ?). Puis, retour au train que nous prenons cette-fois ci dans la nouvelle gare.

La place centrale et l’église d’Aguas Calientes, le 14 août 2024Retour en train, cette fois-ci à partir de la gare, le 14 août 2024

Retour ensuite en train à Ollantaytambo, train dans lequel nous étions répartis différemment de l’aller. À l’arrivée la cohue était telle que j’ai eu beaucoup de mal à retrouver le groupe (le pensant devant alors que la plupart de mes compagnons étaient derrière). Nous avons gagné notre hôtel à pied : il faisait déjà sombre et je ne verrai pas grand chose de la ville, ayant la flemme d’y retourner ensuite prendre des photos (ce que je regretterai par la suite). Il semble que, comme à Cuzco, les maisons d’Ollantaytambo soient construites sur des bases murales d’époque inca. L’hôtel dans lequel nous avons dormi était assez bizarre avec une décoration kitch d’inspiration inca (têtes de mort, trône de l’Inca). J’en ai pris une photo.

Décoration kitsch de notre hall d’hôtel à Ollantaytambo, le 15 août 2024

Démarrage dès 7h le lendemain matin pour aller visiter le site archéologique d’Ollantaytambo avant qu’il ne soit envahi par les touristes. Il s’agit du troisième et dernier grand site archéologique de la région dont j’avais manqué la visite en 1996.

Depuis notre hôtel d’Ollantaytambo, un sommet secondaire de la cordillère d’Urubamba, le 15 août 2024

(ci-dessous une fugace vision du village moderne dont toutes les boutiques sont encore fermées).

Le village moderne d’Ollantaytambo, le 15 août 2024Le village moderne d’Ollantaytambo, le 15 août 2024

À cette heure les ruines, qui dominent le village, étaient encore dans l’ombre.

Visite du site archéologique d’Ollantaytambo, le 15 août 2024Visite du site archéologique d’Ollantaytambo, le 15 août 2024

La particularité du site d’Ollantaytambo est d’être construit en granit alors que la pierre locale n’en est pas. Les matériaux proviennent d’une carrière située sur l’autre versant de la vallée de l’Urubamba. La carrière a été identifiée et un archéologue allemand des années 1980 a réussi à en déplacer des blocs avec des techniques d’époque. Les rampes d’accès sont en effet toujours en place.

Visite du site archéologique d’Ollantaytambo, le 15 août 2024Visite du site archéologique d’Ollantaytambo, le 15 août 2024

Il existe par endroits des joints en argent entre les blocs, lesquels s’emboîtent le plus souvent parfaitement, du moins en surface. On peut aussi visualiser à certains endroits des encoches qui permettaient d’emboîter les blocs sur le principe des légos.

Visite du site archéologique d’Ollantaytambo, le 15 août 2024Visite du site archéologique d’Ollantaytambo. Pierre octogonale, le 15 août 2024Visite du site archéologique d’Ollantaytambo, le 15 août 2024

La vue sur la vallée et le village moderne, lequel se découvre au fur et à mesure que nous escaladons les marches.

Visite du site archéologique d’Ollantaytambo, le 15 août 2024. Cette falaise fut le théâtre de l’unique victoire des Incas contre les Espagnols
Visite du site archéologique d’Ollantaytambo, le 15 août 2024

Ollantaytambo (tout comme Pisac) contrôle l’accès à un passage latéral qui conduit en Amazonie par un col très élevé. C’est aussi le lieu de la seule victoire des Incas contre les Espagnols. Ils avaient placé de l’or sur une falaise puis évacué la ville en se cachant dans les environs. Quand les Espagnols ont voulu monter pour piller, ils ont d’abord tué les chevaux puis les assaillants.

Visite du site archéologique d’Ollantaytambo, le 15 août 2024. Temple du soleil

(on domine maintenant bien la vallée)

Visite du site archéologique d’Ollantaytambo, le 15 août 2024. Sur l’autre versant de la vallée sacrée, la carrière d’où fut acheminé le granite dont est bâti le site

Redescente pour aller visiter la partie basse du site, alors que la foule des touristes commence elle à monter.

Visite du site archéologique d’Ollantaytambo, le 15 août 2024

À un moment du voyage, Marcella nous a parlé des trois animaux sacrés des Incas : le puma, le serpent et le condor. Le condor était très important car, étant charognard, il faisait le lien entre le monde des dieux (les cieux), celui des hommes (la terre) et celui des morts (le sous-sol). Pour les Espagnols, le serpent signifiait le diable, tandis que le condor et le puma ne signifiaient rien. Pour cette raison, ils ont détruit systématiquement les représentations de condor et de puma, mais ont épargné, paradoxalement, celles du serpent, histoire de faire passer les incas pour des adorateurs du diable.

Visite du site archéologique d’Ollantaytambo, le 15 août 2024Visite du site archéologique d’Ollantaytambo, le 15 août 2024
Visite du site archéologique d’Ollantaytambo, le 15 août 2024Visite du site archéologique d’Ollantaytambo, le 15 août 2024
Visite du site archéologique d’Ollantaytambo, le 15 août 2024Visite du site archéologique d’Ollantaytambo, le 15 août 2024

La partie basse du site est quand même moins intéressante. On y trouve une fontaine comme à Pisac ou à Tambo Machay.

Visite du site archéologique d’Ollantaytambo. Fontaine d’époque inca, le 15 août 2024Visite du site archéologique d’Ollantaytambo. Alpaga, le 15 août 2024

Nous prenons ensuite le véhicule pour quitter définitivement la vallée de l’Urubamba. À peu de distance d’Ollantaytambo, suspendus à la falaise dominant la vallée sacrée, nous avons pu observer d’étranges boîtes ovales d’une dizaine de mètres de long et de deux à trois mètres de diamètre. Il s’agit de logements pour des touristes (!) qui y montent en via ferrata et en redescendent en tyrolienne. Site Internet du voyagiste : www.naturavive.com (je n’ai pas l’intention de devenir client).

Ces étranges boîtes dans la falaise servent à loger des touristes !, le 15 août 2024. Montée en via ferrata et descente en tyrolienne. Description sur www.naturavive.com (je ne suis pas intéressé)

Montée sur le plateau par une piste non asphaltée. Nous avons eu droit à une halte photo pendant la montée (un luxe assez rare dans ce voyage). Les montagnes enneigées que l’on peut voir font partie de la cordillère d’Urubamba. Par contre je n’ai pas réussi à dénommer ce sommet glaciaire plat assez caractéristique, que j’ai déjà précédemment photographié à plusieurs reprises, tant de l’hôtel d’Ollantaytambo que depuis les ruines.

Vue sur la vallée sacrée et sur la cordillère d’Urubamba (un contrefort du Nevado Verónica), le 15 août 2024

Visite ensuite sur le plateau d’un lieu extrêmement touristique mais dont l’intérêt me laisse encore dubitatif : Moray. Il s’agit d’un vaste trou dans le terrain (peut-être une ancienne carrière ?), dont les flancs ont été aménagés paraît-il à l’époque inca en terrasses concentriques (sauf que ces terrasses ne sont pas construites de blocs cyclopéens et pourraient tout aussi bien être très récentes). Ce site aurait permis aux Incas de se livrer à des expérimentations agricoles : paraît-il que cette disposition particulière permettait à chaque niveau de disposer d’un « climat » spécifique — on sent bien la mercatique écolo derrière ce discours — avec des températures plus élevées sur les terrasses inférieures.

Visite du site agricole inca de Moray, le 15 août 2024

Personnellement je pense que nous aurions pu faire l’économie de Moray (ou tout au moins y passer beaucoup moins de temps). On notera sur ces photos la présence dans le lointain d’un très beau sommet triangulaire, qui fait lui aussi partie de la cordillère d’Urubamba : il s’agit du Nevado Verónica (5 792 m). Première ascension en 1956 par Lionel Terray.

Visite du site agricole inca de Moray. Au fond la cordillère d’Urubamba : à gauche le nevado Vérónica 5792 m, le 15 août 2024Visite du site agricole inca de Moray. Au fond à gauche le Nevado Verónica 5792 m, le 15 août 2024

Autre site du secteur, tout aussi touristique mais beaucoup plus intéressant : les salines de Maras. Elles existent depuis l’époque pré inca. L’eau de la source salée est distribuée dans des centaines de bassins. Les salines sont exploitées en saisons sèche (c’est-à-dire au moment de notre visite).

Salines de Maras, le 15 août 2025

Malheureusement, il n’est plus possible de se balader au milieu des salines comme on pouvait le faire il y a encore quelques années. Il faut se contenter de les admirer d’en haut.

Salines de Maras, le 15 août 2024
Salines de Maras, le 15 août 2024

J’ai dû faire usage de mon téléobjectif pour faire « comme si » nous avions véritablement pu visiter les salines.

Salines de Maras, le 15 août 2024

Dernière halte un peu plus tard (peu avant de retourner au restaurant de Chinchero pour un déjeuner très tardif), au niveau d’un ultime mirador, celui de Machu Qolqa. On peut y admirer deux autres sommets de la cordillère d’Urubamba, le Chicón (5 530 m), et sur le Huamanchoque (5 156 m). Ces deux sommets sont d’aspect un peu décevant car ils n’apparaissent pas très enneigés (contrairement au Nevado Verónica)

Mirador de Machu Qolqa, le 15 août 2024. Vue à gauche sur le Chicón 5530 m, et à droite sur le Huamanchoque 5156 m (cordillère d’Urubamba). En contrebas la vallée sacrée

Ici aussi, on attendait le touriste du pied ferme. Mais j’ai pris des photos volées sans cracher au bassinet.

Mirador de Machu Qolqa. Vue sur le Chicón 5530 m, et sur le Huamanchoque 5156 m (cordillère d’Urubamba), le 15 août 2024Mirador de Machu Qolqa, le 15 août 2024

Retour ensuite à Cuzco où nous avons dû subir quelques embouteillages, malgré le choix du chauffeur de rentrer en ville par un « itinéraire bis ». Nous avons été bloqués au moins dix minutes à un carrefour derrière un feu. Nous étions le 15 août, mais il ne semble pas que ce jour soit férié au Pérou (de même que dans d’autres pays d’Amérique latine comme par exemple le Brésil que j’ai visité l’année suivante).

La dernière visite organisée par Marcella concernait le temple du Soleil de Cuzco. On commence par quelques photos extérieures de ce célébrissime monument, plus réussies je pense que celle que j’avais pu en prendre en 1996 (il faut dire que nous bénéficiions ce soir là d’une magnifique lumière).

Visite du temple du Soleil à Cuzco, le 15 août 2024

L’édifice, complètement transformé par les Espagnols, a servi de monastère jusqu’au milieu du siècle dernier (c’est-à-dire du XXe, j’ai toujours du mal avec cette expression). C’est-à-dire jusqu’à qu’un tremblement de terre ne les force à quitter les lieux, dégageant au passage certains soubassements d’époque inca.

L’intérieur est maintenant un musée. On y trouve à la fois des vestiges archéologiques et des peintures religieuses « naïves » (que je n’ai pas photographiées), qui sont pour la plupart l’œuvre d’Indiens et qui intègrent des éléments andins.

Intérieur du temple du Soleil à Cuzco, le 15 août 2024Intérieur du temple du Soleil à Cuzco, le 15 août 2024
Intérieur du temple du Soleil à Cuzco, le 15 août 2024

Toujours une magnifique lumière lorsque nous sommes sortis sur la terrasse. Je n’avais pas le souvenir que cette esplanade verte mettant en valeur l’édifice existât déjà en 1996, pourtant ma photo atteste que si (mais elle devait être moins bien aménagée).

Depuis le temple du Soleil à Cuzco, le 15 août 2024

Quelques photos de festivités du 15 août le soir dans la ville.

Cuzco, place d’armes, parade pour le 15 août, le 15 août 2024Cuzco, cour intérieur rassemblant des boutiques de souvenirs. Elle se trouve Calle Loreto, le 15 août 2024
Cuzco, place d’armes, parade pour le 15 août, le 15 août 2024Cuzco, place d’armes, parade pour le 15 août, le 15 août 2024

Le groupe s’est disloqué le soir même. Seules quatre personnes (dont je faisais partie) effectuaient le prolongement dans la cordillère Blanche. En attendant notre avion pour Lima, nous avons eu presque une journée de quartier libre dans la ville de Cuzco. Je me suis baladé seul dans les rues de la ville, ne sachant pas au départ ce que j’allais faire de la journée. D’autant que je m’étais levé très tôt.

J’ai bien évidemment commencé par retourner sur la place d’Armes (prenant au passage la cathédrale sans trop de contre-jour, une fois n’est pas coutume).

Cuzco, place d’armes et église jésuite (Iglesia de la companía de Jesús), le 16 août 2024

Je suis ensuite entré (moyennant paiement) dans l’église de la Companía de Jesús. Super-arnaque car les photos sont interdites à l’intérieur. Du reste l’église a été désacralisée, transformée en un vague musée dans laquelle est diffusée une « musique » très profane. Seul intérêt de la visite, le balcon de la façade auquel il est possible d’accéder (et de prendre des photos de la place vue un peu de haut). De jeunes lycéens péruviens répétaient une sorte de parade mais je ne sais pas en prévision de quoi.

Cuzco, répétition d’une parade devant la cathédrale, le 16 août 2024. Depuis le balcon de l’église jésuite (Iglesia de la companía de Jesús)

Un petit panoramique de la place.

Cuzco, place d’armes, le 16 août 2024. Depuis le balcon de l’église jésuite (Iglesia de la companía de Jesús)

Ayant distingué sur une hauteur de la ville l’église de San Cristóbal, j’ai alors eu l’idée d’y pousser afin de photographier la place d’un peu plus haut.

Cuzco, église San Cristóbal (au téléobjectif). Depuis le balcon de l’église jésuite (Iglesia de la companía de Jesús), le 16 août 2024Cuzco, église San Cristóbal, le 16 août 2024
Cuzco, intérieur de l’église San Cristóbal, le 16 août 2024

L’entrée de l’église, également payante, donne accès à la nef et au clocher (les photos étant cette fois-ci autorisées partout).

La périphérie de Cuzco et l’Ausangate (6384 m), photographiés depuis le clocher de l’église San Cristóbal, le 16 août 2024
Cuzco, la place d’armes depuis le clocher de l’église San Cristóbal, le 16 août 2024

On aura remarqué à gauche l’Ausangate qui domine la ville dans le lointain. Il restera visible toute la journée, y compris depuis l’avion lorsque nous décollerons au crépuscule pour Lima.

Encore quelques photos prises de retour sur le plancher des vaches.

Cuzco, cathédrale (à gauche) et église jésuite (Iglesia de la companía de Jesús), le 16 août 2024

J’ai ensuite réussi à me motiver pour le musée des arts précolombiens, qui nous avait été recommandé par Marcella. C’est un musée privé, les photos y sont autorisées et les indications sont trilingues espagnol/anglais/français. Par contre, on peut déplorer que les objets ne soient pas classés par civilisation, mais par matériau (bois, argent, or…). La conséquence est qu’on ne retient pas grand chose de tout cela.

Cuzco, musée des arts précolombiens, le 16 août 2024Cuzco, musée des arts précolombiens, le 16 août 2024
Cuzco, musée des arts précolombiens, le 16 août 2024

La suite du voyage : d’abord un vol vespéral pour Lima. Puis, après un dîner dans l’aéroport de la capitale péruvienne, un éprouvant trajet en bus de nuit jusqu’à Huaraz, au pied de la cordillère Blanche (le trajet retour s’effectuant de jour). Il y a pourtant un aéroport à Huaraz, la ligne venait de rouvrir après l’interruption covidique, et Allibert proposait en théorie (et moyennant supplément) d’effectuer ce trajet en avion en remplacement du bus. Je m’étais montré intéressé, mais Allibert a su m’en dissuader (le vol était le lendemain matin, il aurait fallu que je dorme à l’hôtel à Lima puis retourne seul à l’aéroport).

Carte de la deuxième partie du voyage (Lima, Huaraz)

Ci-dessous, deux photos prises de cette soirée, d’abord du dîner à l’aéroport de Lima (avec nos bagages), puis de la gare routière de la Plazza del Norte où un minibus nous avait conduits.

Un grand moment du voyage au Pérou : un dîner de malbouffe dans le vacarme de l’aéroport de Lima, le 16 août 2024Lima, la gare routière de la Plazza del Norte, le 16 août 2024

Cette gare routière est une véritable usine, il y a des dizaines de compagnies de bus qui la desservent. Question organisation toutefois, c’est incomparablement mieux fait que la gare routière de Bercy à laquelle sont condamnés les adeptes parisiens des « cars Macron ». On y enregistre ses bagages comme pour prendre l’avion, puis on monte dans le bus à l’heure dite. Le bus était en fait déjà partiellement occupé quand nous y sommes montés car venant d’une autre gare routière plus proche du centre (Javier Prado), dans laquelle nous descendrons d’ailleurs au retour. Il s’agissait d’un bus confortable, où l’on peut incliner fortement les sièges et dormir tant bien que mal.

Le trajet a ensuite duré toute la nuit, sans aucun arrêt (excepté une courte halte à mi-chemin, sans ouverture des portes, afin de changer de chauffeur). Particularité du trajet, dans sa seconde moitié, le franchissement du col Conococha à 4 100 m d’altitude (ce qui signifie un nombre conséquent de virages). Ensuite, le bus roule sur le plateau avant de descendre doucement jusqu’à Huaraz, ville de 140 000 habitants édifiée à 3 080 m d’altitude.

Ci-dessous la première photo que j’ai prise en arrivant à notre hôtel, situé un peu à l’écart du centre. La météo était parfaitement dégagée et la vue était imprenable sur le Huascarán (6 768 m), le point culminant de la cordillère Blanche.

Huaraz, le Huascarán (6768 m) photographié depuis la fenêtre de ma chambre d’hôtel, le 17 août 2024. Point culminant de la cordillère Blanche, du Pérou et des tropiques ; second point le plus éloigné du centre de la terre

Le Huascarán est un sommet qui cumule les superlatifs : outre le fait qu’il domine la cordillère, c’est aussi le point culminant du Pérou, du bassin amazonien et même de toute la zone intertropicale.

Nous avons fait connaissance en arrivant avec le quatrième guide du voyage, Carlos. Ce montagnard d’une quarantaine d’années, fort sympathique et qui parlait très bien français, avait l’habitude d’accompagner non seulement les treks, mais aussi les expéditions en haute montagne. Il avait ainsi à son actif plusieurs ascensions du Huascarán, sans compter le Nevado Pisco (5 752 m), beaucoup plus facile et sur lequel il avait conduit des touristes des dizaines de fois.

La première journée sur place à été consacrée à une balade d’acclimatation sur la cordillère Noire, c’est-à-dire les collines faisant face à la cordillère Blanche. L’intérêt étant bien évidemment la vue sur cette dernière. Cette première balade, démarrant à 3 100 m pour monter jusqu’à 3 700 m, est paradoxalement celle que j’ai trouvée la plus éprouvante de cette fin de séjour. Il faut dire que je n’étais pas très en forme ce jour là, car nonobstant la nuit dans le bus je souffrais d’un méchant rhume que j’ai d’ailleurs traîné jusqu’à mon retour.

Nous avons traversé quelques villages pendant cette montée (Carlos nous avais dit de nous y méfier des chiens, mais ces derniers se sont tenus cois et aucun d’entre eux ne nous a suivis).

Environs de Huaraz ; randonnée en cordillère Noire, le 17 août 2024Environs de Huaraz ; randonnée en cordillère Noire. Vue à gauche sur le Nevado Huantsán 6369 m et à droite sur le Nevado Cashan 5716 m, le 17 août 2024

On voit bien évidemment beaucoup de montagnes pendant cette balade, le plus souvent recouvertes de « lait Nestlé » comme le disent parfois certaines personnes désobligeantes. Le guide nous a raconté moult anecdotes à leur sujet, que n’ai pas toujours retenues. J’ai par contre fait l‘effort à mon retour d’identifier les sommets en utilisant Google Earth. On peut ainsi distinguer ci-dessous outre le Huascarán, le Huamashraju (5 434 m), le Nevado Huantsán (6 369 m), le Nevado Cashan (5 716 m), le Shacsha (5 703 m), le Vallunaraju (5 686 m), et enfin l’Ocshapalca (5 888 m).

Environs de Huaraz ; randonnée en cordillère Noire, le 17 août 2024. Vue sur le Nevado Cashan 5716 m

Toujours pendant la montée.

Environs de Huaraz ; randonnée en cordillère Noire. De gauche à droite : dans les nuages, le Nevado San Juan 5843 m ; le Huamashraju 5434 m (sommet plus en avant et moins glaciaire) ; le Nevado Huantsán 6369 m (en arrière) ; le Nevado Cashan 5716 m ; et enfin le Shacsha 5703 m, le 17 août 2024Environs de Huaraz ; randonnée en cordillère Noire. Église en pisé, le 17 août 2024
Environs de Huaraz ; randonnée en cordillère Noire, le 17 août 2024

On repart pour une nouvelle énumération : le Vallunaraju (5 686 m) ; l’Ocshapalca (5 888 m) ; le Ranrapalca (6 162 m) ; le Palcaraju (6 274 m) ; le Nevado Churup (5 493 m) (devant lequel nous randonnerons le lendemain) ; le Pucaranra (6 147 m) ; le Nevado San Juan (5 843 m) ; le Huamashraju (5 434 m) ; le Nevado Huantsán (6 369 m) ; et enfin le Nevado Cashan (5 716 m) ; et enfin le Shacsha (5 703 m).

Environs de Huaraz ; randonnée en cordillère Noire, le 17 août 2024. Le Ranrapalca 6162 m, photographié au téléobjectif

On rencontre aussi ça et là quelques troupeaux, mais (malheureusement) jamais de lamas ni d’alpagas, ces derniers étant quasi inexistants dans la région.

Environs de Huaraz ; randonnée en cordillère Noire. Troupeau de moutons près du lac Wilcacocha où nous nous rendons. Il y a peu d’alpagas et de lamas dans la région, le 17 août 2024Environs de Huaraz ; randonnée en cordillère Noire. Près du lac Wilcacocha où nous nous rendons, le 17 août 2024

Le but de cette balade était un lac (Wilcacocha 3 750 m) situé à mi-pente de la cordillère Noire et où nous avons pique-niqué. Un lac peu profond, assez peu photogénique. L’endroit est toutefois assez couru des touristes venant s’entraîner ici avant de randonner en cordillère Blanche. La région est toutefois, globalement, beaucoup moins touristique que celle de Cuzco, l’affluence restant très supportable comme elle pouvait l’être au Machu Picchu en 1996.

Environs de Huaraz ; randonnée en cordillère Noire, le 17 août 2024. Depuis le lac Wilcacocha (3750 m) : Huamashraju 5434 m, Nevado Huantsán 6369 m, Nevado Cashan 5716 m, Shacsha 5703 m

Redescente ensuite par un autre itinéraire, moins raide, avec des chemins plus larges et des villages plus importants. Je ne sais d’ailleurs pas pourquoi nous avons effectué la balade dans ce sens, si ce n’est l’idée d’éviter de côtoyer les autres touristes.

Environs de Huaraz ; randonnée en cordillère Noire, le 17 août 2024. Redescente du lac Wilcacocha ; à gauche Ocshapalca 5888 m (large barre rocheuse), puis le Ranrapalca 6162 m ; en arrière et dans les nuages, le Tocllaraju 6034 m ; puis (en avant et au centre de la photo) le Churup 5493 m (randonnée du lendemain). Les autres montagnes sont masquées par les nuages

Le temps s’est partiellement couvert dans l’après-midi, mais sans masquer la cordillère Blanche. Ci-dessous le Vallunaraju (5 686 m), l’Ocshapalca (5 888 m), et le Ranrapalca (6 162 m).

Environs de Huaraz ; randonnée en cordillère Noire, le 17 août 2024. Au téléobjectif, le Vallunaraju 5686 m, l’Ocshapalca 5888 m (large barre rocheuse), et le Ranrapalca 6162 m

Fin de balade par le hameau de Santa Cruz.

Environs de Huaraz ; randonnée en cordillère Noire, le 17 août 2024Environs de Huaraz ; randonnée en cordillère Noire, le 17 août 2024
Environs de Huaraz ; randonnée en cordillère Noire, le 17 août 2024Environs de Huaraz ; randonnée en cordillère Noire. Hameau de Santa Cruz, le 17 août 2024

Ci-dessous la cathédrale inachevée de Huaraz photographiée depuis ma chambre d’hôtel. Elle est à l’image de cette ville, tout en béton, sans aucun charme ni quelconque intérêt touristique (suite à un séisme dévastateur en 1970). On ne vient pas à Huaraz pour visiter la ville.

Huaraz : la cathédrale inachevée, photographiée depuis la fenêtre de ma chambre d’hôtel, le 18 août 2024

La seconde balade du séjour nous a conduits en cordillère Blanche, mais pas directement au pied des glaciers. De ce fait, elle m’a un peu déçu car ne permettant pratiquement pas d’apercevoir les grands sommets, masqués par d’autres montagnes. En grande partie en aller-retour, cette balade nous a conduits au lac Churup, situé à environ 4 450 m d’altitude (700 m de montée). Le sentier pour y monter est bien aménagé et très fréquenté. Tous les touristes qui viennent dans le coin semblent faire les mêmes balades.

On démarre d’un parking situé à environ 1h de route de Huaraz, directement au-dessus de la ville. La montée démarre sur les chapeaux de roues dès les premiers mètres de sentier. Après environ trois cents mètres de montée, on arrive sur une ancienne crête de moraine moins pentue que l’on suit sur quelques centaines de mètres, offrant un répit à l’effort. C’est à cet endroit que se trouve une sorte de poste de garde donnant l’accès (payant) au parc.

Randonnée en direction de la laguna Churup, le 18 août 2024

La suite de la balade comporte une « réjouissance » à laquelle je ne m’attendais pas : deux passages d’escalade équipés de cordes. M’étant trouvé loin devant le reste du groupe en raison de différences de rythme, j’ai dû franchir ces passages seul. Outre la présence du vide, il faut gérer son souffle pendant l’escalade (nous étions déjà largement au-dessus des 4000, et c’était la première fois que je m’essayais à la varappe à une telle altitude).

Passage scabreux du sentier, le 18 août 2024

(Le cliché ci-dessus a été pris à la descente).

Quelques photos du lac où je suis arrivé une vingtaine de minutes avant les autres, et où nous avons ensuite pique-niqué. Disons qu’il n’est pas mal.

Laguna Churup env. 4450 m ; derrière le sommet éponyme 5493 m, le 18 août 2024

Un petit panoramique pour le même prix (vu d’un peu au-dessus du lac, alors que nous avions amorcé le retour).

Laguna Churup env. 4450 m, le 18 août 2024

Le lac Churup est dominé par un pic éponyme (5 493 m), lequel a perdu la quasi-totalité de ses glaciers. Le paysage vu du lac devait être plus photogénique (et moins austère) à l’époque où ils existaient encore.

Un des rares glaciers subsistant sur le Nevado Churup, le 18 août 2024Nevado Churup 5493 m, le 18 août 2024

Sur la suggestion du guide, nous ne sommes pas complètement rentrés par le même chemin, empruntant dans la première partie un itinéraire alternatif qui nécessitait, pour commencer, de monter encore un peu, jusqu’à un belvédère sur le lac situé à 4 500 m d’altitude environ. C’est de là qu’on été prises les dernières photos. L’avantage de cet itinéraire alternatif, c’est qu’il contournait davantage les barres rocheuses et nous épargnait l’un des deux passages scabreux qu’il avait fallu franchir à l’aller.

Poste de contrôle (descente de la laguna Churup), le 18 août 2024Nevado Cashan 5716 m. Descente de la laguna Churup, le 18 août 2024

Nous avons quitté le lendemain matin et pour deux jours notre hôtel d’Huaraz. Nous allions en effet entamer un mini-trek au pied du Huascarán, avec une nuit passée dans un véritable refuge alpin, le refuge du Pisco. Mais la journée allait commencer par un long transfert en véhicule (de l’ordre de 3h de route). En effet, bien que parfaitement visible de ma chambre d’hôtel, le Huascarán est situé à une bonne trentaine de kilomètres d’Huaraz ; en outre, une fois quittée la vallée et à l’instar de la veille, une longue et sinueuse piste d’approche devait être parcourue en véhicule à travers la montagne avant de pouvoir commencer à marcher.

J’ai essayé de prendre quelques photos depuis le véhicule, notamment pendant la première partie du trajet dans la vallée, jusqu’à la ville de Yungay. On peut notamment y différencier les deux sommets qui composent le Huascarán (ce qui est impossible depuis Huaraz). Ces deux sommets ne semblent pas dénommés autrement que par sommet nord et sommet sud (le plus élevé). Une autre montagne domine également les environs, le Huandoy (6 395 m) (troisième photo).

Les deux sommets du Huascarán (6768 m), photographiés depuis le véhicule aux abords de la ville de Yungay, le 19 août 2024Les deux sommets du Huascarán (6768 m), photographiés depuis le véhicule aux abords de la ville de Yungay, le 19 août 2024
Le Huandoy 6395 m (depuis le véhicule), le 19 août 2024

La ville de Yungay fut entièrement rasée consécutivement au séisme de 1970, un morceau de montagne s’étant détaché du sommet du Huascarán et ayant ensuite enseveli la ville. Les seuls survivants parmi les habitants furent des gens qui s’étaient absentés de chez eux. La ville a été reconstruite un peu plus loin, le site du drame ayant été laissé en l’état (avec un monument commémoratif).

Une fois passé Yungay, la piste d’approche s’élève dans la montagne sur 32 km (jusqu’à 3 900 m, au point de départ de notre randonnée). Il s’agit en fait de la route d’accès à un col (estimé à 4300 m) qui permet de gagner l’autre versant de la cordillère (et ensuite de redescendre vers l’Amazonie, beaucoup plus loin). Dans la partie que nous avons empruntée, elle s’élève d’abord sur le flanc de la cordillère, avant de s’engager dans une vallée glaciaire étroite aux parois à pic, qui sépare le sommet nord du Huascarán du Huandoy (6 395 m). (Ci-dessous à gauche, une photo volée des dames pipi du poste de garde donnant accès au parc).

Les dames pipi du poste de garde du parc du Huascarán. Un sol les trois feuilles ! (19 août 2024)Paroi glaciaire de la vallée de Llanganuco, le 19 août 2024

On rencontre dans cette valée deux magnifiques lacs aux couleurs émeraude, les lagunes Llanganuco. La première surtout est très photogénique, et le chauffeur nous a octroyé une petite halte pour prendre des photos.

Lac de Llanganuco inférieur, le 19 août 2024

Je n’y suis pas allé main morte pour les photos (par contre pour le tri, si, j’ai laissé beaucoup de photos presque semblables dans cette collection).

Lac de Llanganuco inférieur, le 19 août 2024Lac de Llanganuco inférieur, le 19 août 2024

Notre guide nous a prodigué quelques explications au niveau de cet arbre au tronc rougeâtre, mais moi et la botanique… Il semble qu’il s’agisse d’un arbre endémique des Andes, que nous avions également rencontré sur le site archéologique de Tambo Machay. Il a naturellement tendance à perdre son écorce. Son nom (sous réserve, recherché sur Internet au retour) serait le queñua (ou Polylepis rugulosa). Il est néanmoins assez rare (en dehors des parcs nationaux), c’est l’eucalyptus planté par les habitants qui est omniprésent dans le paysage au Pérou.

Départ de la randonnée vers midi, depuis le bord de route d’un point où les lacs sont encore visibles dans le lointain.

Lac de Llanganuco supérieur. Point de départ de la marche vers le refuge du Pisco, le 19 août 2024Lac de Llanganuco supérieur. Point de départ de la marche vers le refuge du Pisco, le 19 août 2024

Au programme donc, 700 m de montée, le refuge étant à 4 670 m.

Marche en direction du refuge du Pisco, le 19 août 2024Marche en direction du refuge du Pisco, le 19 août 2024
Marche en direction du refuge du Pisco, le 19 août 2024

Nous avons fait halte pour pique-niquer après une centaine de mètres de montée, au niveau d’un replat à environ 4 000 m d’altitude. Comme les jours précédents, je me suis efforcé de terminer mon pique-nique car je n’avais pas très faim.

Marche en direction du refuge du Pisco, le 19 août 2024Marche en direction du refuge du Pisco, le 19 août 2024

On note que le temps s’était un peu couvert pendant cet après-midi. On pouvait toutefois parfois distinguer, entre les nuages, la crête neigeuse du Huascarán.

Marche en direction du refuge du Pisco. Vue partielle sur le sommet nord du Huascarán, le 19 août 2024Marche en direction du refuge du Pisco. Corniche neigeuse (du sommet sud du Huascarán), le 19 août 2024

La suite de la montée était assez fastidieuse et interminable. D’autant que le refuge n’est visible que dans la toute dernière partie.

Marche en direction du refuge du Pisco. Vue à gauche sur le Chopicalqui (6354 m), le 19 août 2024Marche en direction du refuge du Pisco. Vue partielle sur le Yanapaccha (5460 m), le 19 août 2024
Marche en direction du refuge du Pisco, le 19 août 2024Marche en direction du refuge du Pisco. Vue sur le Nevado Pisco 5762 m, le 19 août 2024

Toutefois, malgré le temps imparfait, il arrivait que les sommets soient suffisamment dégagés pour permettre des clichés intéressants. Outre la vue sur les deux sommets du Huascarán par leur versant nord (différent donc de ce qu’on voit à Huaraz), on pouvait apercevoir Chopicalqui (6 354 m) et le Yanapaccha (5 460 m).

Marche en direction du refuge du Pisco, le 19 août 2024. Vue sur le Yanapaccha (5460 m)

(Je précise que les bagages transportés par cette mule n’étaient pas les nôtres ; nous avons en effet effectué ces deux jours de treks en semi-autonomie, portant nos affaires pour la nuit et nous ravitaillant au refuge, tant pour le dîner que pour le pique-nique du lendemain).

Je n’ai pas encore parlé du Nevado Pisco (5 762 m), le sommet dont le refuge sert de camp de base. Il est réputé pour être relativement facile (« PD » dans la classification française). Comme je l’ai déjà mentionné, notre guide Carlos était fatigué de le gravir. Selon la légende (colportée par ce dernier), le sommet aurait été baptisé ainsi par ses premiers ascensionnistes, alors qu’ils arrosaient leur succès à la liqueur locale. S’enquérant auprès de leur guide du nom de la montagne qu’ils venaient de gravir, ils n’auraient obtenu qu’une réponse évasive. Pourtant (d’après Wikipedia), le nom local existe bel et bien, c’est le Mataraju.

Marche en direction du refuge du Pisco, le 19 août 2024. Vue sur le Nevado Pisco 5762 m

(On peut repérer le refuge sur la dernière photo.).

Si nous avons pu, malgré le temps mitigé, apercevoir la quasi-totalité des sommets du coin, il en est un qui, à mon grand regret, m’a largement échappé. Il s’agit du Chacraraju (6 108 m), situé au-dessus du lac 69 (où nous irons le lendemain). J’en verrai seulement le sommet à un moment (en soirée depuis le refuge) et la base en direction du lac. C’est un regret car c’était le seul sommet (avec le Huascarán) donc je connaissais le nom avant de venir. J’ai en effet lu dans mon enfance les ouvrages de Lionel Terray qui en effectua la première ascension en 1956, et qu’il qualifie de « pic impossible dont les 800 derniers mètres demandèrent onze jours d’effort ». Cette montagne est toujours considérée comme le 6000 le plus difficile des Andes.

Le sommet du Chacraraju (6108 m) vu du refuge du Pisco 4670 m. Considéré comme le 6000 le plus difficile des Andes, le Chacraraju fut aussi le dernier à avoir été gravi (en 1956 par le Français Lionel Terray). Il domine la lagune 69, mais nous n’aurons malheureusement plus l’occasion d’en revoir le sommet, toujours masqué dans les nuages (le 19 août 2024)Traversée entre le refuge du Pisco et la laguna 69. Depuis la brèche (4875 m selon le GPS) : la paroi du Chacraraju dont le sommet restera invisible (le 20 août 2024)

Je me suis un peu éloigné du déroulé chronologique de ces journées. Voici les dernières centaines de mètres d’approche du refuge du Pisco, ce dernier flanqué de son inévitable drapeau aux couleurs rouges et blanches… Non ce n’est pas le drapeau suisse, c’est le drapeau du Pérou, mais c’est vrai que de loin ils se ressemblent (un peu).

Arrivée au refuge du Pisco. Le drapeau n’est pas un drapeau suisse ! (19 août 2024)Arrivée au refuge du Pisco. Vue (dans les nuages) sur le Chopicalqui (6354 m), le 19 août 2024
Arrivée au refuge du Pisco. Vue (dans les nuages) sur le Chopicalqui (6354 m), le 19 août 2024Arrivée au refuge du Pisco. Derrière le Nevado Pisco 5762 m, le 19 août 2024
Le Chopicalqui (6354 m) depuis le refuge du Pisco 4670 m, le 19 août 2024À droite le Huandoy 6395 m depuis le refuge du Pisco 4670 m, le 19 août 2024

 Une fois à l’intérieur, on se sent encore moins dépaysé !

Refuge du Pisco 4670 m, le 19 août 2024Refuge du Pisco 4670 m, le 19 août 2024

Comme je l’ai dit, le refuge sert de camp de base à l’ascension du Nevado Pisco : les gens quittent le refuge à minuit, effectuent l’ascension puis reviennent au refuge pour une seconde nuit. L’assemblée est donc majoritairement constituée de personnes qui y partent et de personnes qui en reviennent. Toutefois, le soir où nous y étions et du fait de la présence de deux groupes Allibert, les trekkeurs constituaient la plus grosse partie de l’effectif. Historiquement, le refuge du Pisco fut le premier refuge construit au Pérou. Son nom officiel est d’ailleurs le refuge Perú, mais personne ne l’appelle ainsi. Le refuge est équipé d’une douche chaude : je me serais bien passé d’en prendre une mais je n’ai pas osé. Dortoir avec des lits superposés (j’ai très mal dormi), et dîner servi tôt, soupe plat dessert que j’ai eu beaucoup de mal à terminer.

Dernières photos de la journée prise au moment du coucher de soleil, depuis la terrasse du refuge.

Le Chopicalqui (6354 m) vu du refuge du Pisco 4670 m, le 19 août 2024

Très mauvaise nuit dans le refuge : on sent quand même les 4 670 m. Le matin, très peu d’appétit, mais je me suis quand même forcé à manger un peu. Déception en outre au petit matin car les nuages ne s’étaient pas dégagés pendant la nuit (j’ai même craint à un moment qu’il n’en vienne à pleuvoir, heureusement nous échapperons à cela).

Quittant le refuge du Pisco 4670 m. Le cirque glaciaire du Huandoy est dans les nuages, le 20 août 2024Quittant le refuge du Pisco au petit matin, le 20 août 2024

Au programme du jour, une traversée par un sentier alpin assez difficile (montant jusqu’à 4 900 m) jusqu’à un magnifique lac de montagne relativement touristique, le lac « 69 ». Soit dit en passant je me demande bien quelle genre de métaphore a bien pu être à l’origine de ce nom, on sent bien la tournure d’« esprit » d’une certaine génération derrière tout cela. Bref. Nonobstant son nom, le lac 69 est en tout cas un site magnifique, ses eaux aux couleurs turquoises sont idéalement situées au cœur d’un cirque glaciaire au pied du Chacraraju. Après cette matinée en fanfare, la journée se poursuivra par une descente facile par la voie d’accès normale du lac 69, un sentier que notre guide qualifie d’autoroute (néanmoins presque déserte à l’heure où nous la parcourrons). Et pour finir, un long retour en véhicule jusqu’à Huaraz où ne nous serons pas rentrés avant la nuit.

La première partie de la randonnée est une progression sur la moraine. Nous passons en effet à proximité immédiate d’un glacier (recouvert de pierres) qui descend du Pisco et du Huandoy. J’ai d’ailleurs été surpris du très faible débit du torrent de fonte de ce glacier, mais il est vrai que nous sommes en hiver. Pendant ce trajet, à quelques rares moments, des trouées dans les nuages ont dévoilé le Huascarán et le Huandoy.

Quittant le refuge du Pisco au petit matin. Les sommets nord et sud du Huascarán, le 20 août 2024Quittant le refuge du Pisco au petit matin. Les sommets nord et sud du Huascarán, le 20 août 2024
Quittant le refuge du Pisco au petit matin. Le Huandoy dans les nuages, à droite son contrefort, le 20 août 2024Quittant le refuge du Pisco au petit matin. Contrefort du Huandoy, le 20 août 2024

Contournement d’un lac glaciaire dans lequel se reflétaient les sommets. Un paysage totalement minéral mais pas vilain.

Traversée entre le refuge du Pisco et la laguna 69, le 20 août 2024. Vue sur les sommets sud et nord du Huascarán

Le glacier précédemment mentionné. Nous avons failli pouvoir toucher la glace !

Traversée entre le refuge du Pisco et la laguna 69. Vue sur le Huandoy 6395 m et sur son contrefort, le 20 août 2024Traversée entre le refuge du Pisco et la laguna 69. La langue glaciaire du Huandoy (la glace affleure à quelques centaines de mètres de nous), le 20 août 2024
Traversée entre le refuge du Pisco et la laguna 69. Le Nevado Pisco dans les nuages, le 20 août 2024

A suivi une montée assez abrupte en direction d’une brèche à 4 900 m (plus haut point atteint au cours de ce séjour dans la Cordillère Blanche). Le sentier franchit une falaise, il n’est pas à proprement parler vertigineux mais tout de même bien alpin.

Traversée entre le refuge du Pisco et la laguna 69, le 20 août 2024. On peut deviner le sentier que nous allons emprunter

Le paysage était par chance relativement dégagé une fois là haut.

Traversée entre le refuge du Pisco et la laguna 69, le 20 août 2024. Vue sur les sommets sud et nord du Huascarán

Nous avons pu observer (à condition de regarder au bon moment), le Huascarán, le Chopicalqui (6 354 m) et le Nevado Pisco. Il n’y a que le Chacraraju qui, comme je l’ai déjà mentionné, s’est laissé désirer.

Traversée entre le refuge du Pisco et la laguna 69, le 20 août 2024. Le sommet du Chopicalqui (6354 m) photographié au téléobjectif

(En contrebas le glacier du Huandoy que nous avons précédemment contourné)

Traversée entre le refuge du Pisco et la laguna 69. Le glacier du Huandoy en contrebas duquel nous sommes passés un peu plus tôt (le refuge est également visible sur la photo), le 20 août 2024Traversée entre le refuge du Pisco et la laguna 69. À droite dans les nuages le Chopicalqui (6354 m), le 20 août 2024

Une dernière salve de paysages enneigés. On note que le Huascarán s’est définitivement masqué quelques minutes à peine après que j’eus pris ces clichés.

Traversée entre le refuge du Pisco et la laguna 69, le 20 août 2024. Vue sur les sommets sud et nord du Huascarán

La suite du sentier en balcon, beaucoup plus facile.

Traversée entre le refuge du Pisco et la laguna 69. Montée en direction d’une brèche à 4900 m environ, le 20 août 2024Traversée entre le refuge du Pisco et la laguna 69. Descente en direction de la laguna 69, le 20 août 2024

Nous arrivons bientôt en vue du lac (ou lagune) 69, aux couleurs éclatantes, dont nous sommes encore séparés par une descente un peu plus abrupte.

Traversée entre le refuge du Pisco et la laguna 69, le 20 août 2024. Arrivée à la laguna 69Traversée entre le refuge du Pisco et la laguna 69, le 20 août 2024. Arrivée à la laguna 69 (derrière la paroi du Chacraraju)

C’est dans ces parages que nous avons croisé notre chauffeur, qui après une nuit passée dans son bus était monté se balader jusqu’ici. Il est ensuite reparti pour redescendre beaucoup plus vite que nous, mais sans doute pas assez car nous devrons l’attendre un bon quart d’heure à la fin de la journée.

Arrivée à la laguna 69, le 20 août 2024

Arrivée au lac pour y pique-niquer, assez tardivement, alors que la foule des touristes venus pour la journée avait déjà commencé à quitter les lieux.

Laguna 69, le 20 août 2024Laguna 69, le 20 août 2024

Comme je l’ai mentionné, l’ultime descente, effectuée par un bon sentier, est facile. Elle est par contre assez longue. Le guide, eu égard à l’hétérogénéité du groupe, m’a autorisé à partir devant, j’ai donc effectué cette descente seul quasiment jusqu’à la fin.

Début de descente depuis la laguna 69. Vue à gauche sur le Yanapaccha (5460 m), le 20 août 2024Descente depuis la laguna 69, le 20 août 2024
Descente depuis la laguna 69, le 20 août 2024Descente depuis la laguna 69, le 20 août 2024

Le sentier franchit plusieurs verrous glaciaires, séparés par des replats où paissent des troupeaux de bovins (je craignais un peu que le débardeur rouge que je portais ce jour-là ne vînt à exciter ces derniers).

Descente depuis la laguna 69. Les deux sommets du Huascarán dans les nuages, le 20 août 2024Descente depuis la laguna 69, le 20 août 2024

Descente depuis la laguna 69. Laguna Consuelo, le 20 août 2024
Descente depuis la laguna 69. Laguna Consuelo, le 20 août 2024Descente depuis la laguna 69, le 20 août 2024

Fin de balade (avec une toute petite remontée dans les derniers mètres pour rejoindre la route). Avec de nouveau dans ce secteur quelques queñuas.

Descente depuis la laguna 69. Les deux sommets du Huascarán dans les nuages, le 20 août 2024Descente depuis la laguna 69, le 20 août 2024
Descente depuis la laguna 69. Arbres endémiques (Polylepis rugulosa) (ou queñua), le 20 août 2024

Le retour en véhicule a duré trois heures, sans le moindre arrêt photo. Je me suis essayé à quelques clichés depuis le véhicule.

Retour à Huaraz en véhicule (3h de route…). À gauche le Huandoy 6395 m, à droite un contrefort du Huascarán, le 20 août 2024Retour à Huaraz en véhicule (3h de route…). Au fond le Huandoy 6395 m, le 20 août 2024

Fait notable pendant ce retour : nous nous sommes à un moment trouvés au milieu d’une fête villageoise qui bloquait totalement la circulation. Les participants arboraient des costumes traditionnels. Je n’ai pas réussi à dénommer le lieu (malgré l’enregistrement GPS), il ne s’agit pas du village de Carhuaz comme je l’avais pensé sur le moment, mais d’un hameau qui fait face à Shupluy (situé sur l’autre versant). J’ai tenté quelques photos depuis le véhicule, mais la lumière était déjà fort insuffisante.

Retour à Huaraz en véhicule (3h de route…). Fête (religieuse ?) dans un village (en face de Shupluy) sur le chemin de retour, le 20 août 2024Retour à Huaraz en véhicule (3h de route…). Fête (religieuse ?) dans un village (en face de Shupluy) sur le chemin de retour, le 20 août 2024
Retour à Huaraz en véhicule (3h de route…). Fête (religieuse ?) dans un village (en face de Shupluy) sur le chemin de retour, le 20 août 2024

Étonnamment, le soir à Huaraz, je me sentais beaucoup moins fatigué que l’avant-veille. Pour la seule fois du séjour j’ai accepté de suivre le reste du groupe au restaurant en centre-ville (en fait bien moins éloigné de l’hôtel que je ne le craignais). Mais un an et demi après, je n’ai plus le moindre souvenir de cette sortie.

Le lendemain matin, avant de reprendre le bus public (à 11h), j’ai pris quelques photos du centre-ville de Huaraz. Ville comme je l’ai déjà mentionné, reconstruite depuis les années 1970 et dépourvue du moindre attrait (exception faite de la vue sur les montagnes). On remarquera la cathédrale, inachevée et fermée, dont le chantier semble complètement à l’arrêt (on n’y distingue aucune grue). Le reste de la ville n’est heureusement pas dans cet état, la reconstruction est terminée et la ville est fonctionnelle, le tourisme doit quand même faire vivre la vallée, même si les flux sont incomparablement plus restreints qu’à Cuzco.

Profitant de la dernière matinée pour aller visiter Huaraz, le 21 août 2024. La cathédrale inachevée (en chantier depuis le séisme de 1970)

Retour ensuite à Lima, 9h de bus pour un trajet effectué cette fois-ci de jour.

C’est parti pour 9h de bus (confortable), le 21 août 2024

L’avantage, c’est qu’il est possible, pendant la première partie du trajet, d’apercevoir sur la gauche l’alignement des sommets de la cordillère Blanche puis de la cordillère de Huayhuash. J’étais par chance du bon côté du bus, même si les vitres teintées limitent considérablement la qualité des photos. Parmi les sommets que j’ai par la suite repérés, on peut distinguer sur le premier cliché, le Shacsha (5 703 m), le Nevado Huantsán (6 369 m) puis l’Uruashraju (5 722 m) ; sur le second, le massif du Mururaju (5 688 m) (que l’on ensuite retrouve sur la 8e photo). Sur les troisième à cinquième photo, le Caullaraju (5 682 m) (sur la cinquième également, à gauche, le Challhua, 5 487 m). Enfin sur la neuvième photo prise peu avant le franchissement du col, dans le lointain, on distingue le Yerupajá (6 635 m), qui est le point culminant de la cordillère de Huayhuash.

La cordillère Blanche photographiée une dernière fois depuis le bus. Vue sur le Shacsha 5703 m, le Nevado Huantsán 6369 m puis l’Uruashraju 5722 m, le 21 août 2024La cordillère Blanche photographiée une dernière fois depuis le bus. Massif du Mururaju 5688 m (sommet invisible sur la photo), le 21 août 2024
La cordillère Blanche photographiée une dernière fois depuis le bus. Massif du Caullaraju 5682 m, le 21 août 2024La cordillère Blanche photographiée une dernière fois depuis le bus. Massif du Caullaraju 5682 m, le 21 août 2024
La cordillère Blanche photographiée une dernière fois depuis le bus. Massif du Caullaraju 5682 m ; à gauche le Challhua 5487 m, le 21 août 2024La cordillère Blanche photographiée une dernière fois depuis le bus. On peut deviner vers la gauche le Ranrapalca 6162 m, le 21 août 2024
La cordillère Blanche photographiée une dernière fois depuis le bus. Massif du Caullaraju 5682 m, le 21 août 2024La cordillère Blanche photographiée une dernière fois depuis le bus. Au centre le Mururaju 5688 m, le 21 août 2024
Vue au loin sur la cordillère de Huayhuash. Le plus haut pic est le Yerupajá 6635 m, point culminant du massif (sommet très difficile à escalader), le 21 août 2024De nouveau le Caullaraju 5682 m (cordillère Blanche), maintenant sur la gauche, le 21 août 2024

La route monte en pente douce pendant les deux premières heures de trajet, jusqu’à atteindre le col de Conococha à 4 100 m d’altitude. Puis s’amorce une descente continue en lacets qui va nous faire perdre toute cette altitude sur une cinquantaine de kilomètres.

Route entre Huaraz et Lima. Arrivée au col de Conococha (env. 4100 m), point culminant du parcours, le 21 août 2024Route entre Huaraz et Lima. Début de descente du col de Conococha, le 21 août 2024

J’ai encore essayé de prendre des photos pendant la descente mais elles valent ce qu’elles valent. La zone est désertique, certaines pentes sont par exemple entièrement dénudées en dehors de la présence de quelques cactus.

Route entre Huaraz et Lima. Descente du col de Conococha, le 21 août 2024Route entre Huaraz et Lima. Étage des cactus (je n’ai pas pu faire mieux…), le 21 août 2024

Ensuite, on arrive dans le désert côtier où les routes sont meilleures (mais aussi beaucoup plus fréquentées). Le ciel est souvent couvert (la fameuse garuá) mais pas systématiquement. Il est parfois possible d’apercevoir l’océan Pacifique (mais pour la photo j’étais cette fois-ci du mauvais côté). Le second cliché ci-dessous montre la ville de Huacho.

Route entre Huaraz et Lima. Arrivée dans le désert côtier, le 21 août 2024Route entre Huaraz et Lima. Cette ville du désert côtier s’appelle Huacho, le 21 août 2024

L’entrée à Lima a été interminable du fait des embouteillages. D’autant que le bus a desservi successivement deux gares routières : d’après celle de Plazza del Norte, proche de l’aéroport et où nous avions pris le bus à l’aller ; cette gare routière monumentale est desservie par la plupart des compagnies de bus du pays. Ensuite, nous avons gagné la gare routière de Javier Prado, beaucoup plus petite, plus proche du centre et propre à la compagnie. Entre les deux, un interminable réseau d’autoroutes (en partie souterraines). Les transports en commun sont très peu développés à Lima même s’il existe un métro embryonnaire. Enfin une fois arrivés, il nous restait encore un quart d’heure de minibus privatif jusqu’à notre hôtel situé dans le quartier cossu de Miraflores (le même quartier qu’à l’aller, mais pas le même hôtel : nous avons en effet eu droit cette fois-ci à un palace quatre étoiles).

Déjeuner le soir dans un restaurant haïtien à Miraflores en compagnie des deux autres « rescapés » du groupe.

Il restait ensuite une matinée à passer à Lima avant d’aller prendre l’avion. Se rendre au centre historique (place d’Armes) paraissait compliqué (et peu sécurisé), eu égard notamment à l’absence de transports en communs fiables. Il ne me restait donc qu’à errer dans les rues de Miraflores, dont on a vite fait le tour.

Le quartier bobo de Miraflores à Lima, le 22 août 2024Le quartier bobo de Miraflores à Lima. Parc du 7 juin et parc Kennedy à Miraflores, le 22 août 2024
Le parc du 7 juin ou le parc Kennedy à Miraflores, le 22 août 2024Le quartier bobo de Miraflores à Lima. Église de la Virgen Milagrosa (la Vierge miraculeuse ?), le 22 août 2024

J’ai finalement eu l’idée d’aller voir la côte qui se trouve à quelques kilomètres à peine de Miraflores, facilement accessible à pied et sans insécurité. La ville de Lima n’est en fait pas véritablement une ville côtière : elle est construite en haut d’une falaise d’une centaine de mètres de hauteur, ce qui a l’avantage de la mettre à l’abri des tsunamis. En contrebas, une grève séparée de la falaise par une autoroute (que des passerelles piétonnes permettent toutefois de franchir par endroits). La mer est peu engageante, grise, froide et agitée. Personne ne s’y baigne, il y a par contre pas mal de surfeurs.

Parc Salazar à Miraflores, le 22 août 2024L’océan Pacifique depuis le quartier de Miraflores, le 22 août 2024
Surfeurs dans l’océan Pacifique, vus depuis Miraflores, le 22 août 2024Surfeurs dans l’océan Pacifique, vus depuis Miraflores, le 22 août 2024
Surfeurs dans l’océan Pacifique, vus depuis Miraflores, le 22 août 2024

J’ai d’abord longé le haut de la falaise jusqu’à un centre commercial bâti en son faîte, le parc Salazar.

Parc Salazar à Miraflores, le 22 août 2024Parc Salazar à Miraflores, le 22 août 2024

J’ai ensuite trouvé comment accéder à la passerelle, puis, non sans mal, au rivage où j’ai finalement posé un pied sur les galets.

Plage de Miraflores, le 22 août 2024Plage de Miraflores, le 22 août 2024
Plage de Miraflores, le 22 août 2024Plage de Miraflores, le 22 août 2024
Plage de Miraflores, le 22 août 2024