Voyage en Colombie

Colombie : du désert de la Guajira à la Cité perdue

Ce voyage en Colombie constitue le deuxième d’une série de périples hivernaux en Amérique latine que j’ai effectuée après le décès de mon père, une partie du monde dans laquelle il aimait tant voyager. Série entamée avec le Mexique en 2016, la Colombie donc en 2018 et qui devait se poursuivre en 2020 avec le Guatémala. La Colombie (où mon père n’est jamais allé) était cette année là une destination à la mode : après des années de guerre civile due aux cartels de drogue et à la guérilla communiste des FARC, le pays retrouvait peu à peu un semblant de sérénité rendant possible les voyages touristiques. À condition de faire attention toutefois, de nombreuses régions du pays restant encore dangereuses.

Quand j’ai commencé à étudier la destination, j’ai découvert que le pays recelait beaucoup de potentiel et qu’il faudrait nécessairement faire un choix (quitte à envisager un nouveau voyage par la suite). La Colombie est en effet très variée, avec la cordillère des Andes au centre, l’Amazonie, ses deux côtes (caraïbe et pacifique), sans compter ses vestiges précolombiens et ses villes coloniales. Mon choix s’est assez rapidement porté sur la Guarija, une zone quasi-désertique située à l’extrême nord du pays, le long de la mer des Caraïbes : il faut dire que la frustration chez moi n’est pas encore éteinte de n’avoir pu retourner dans le désert depuis 2010 (ou 2012 en comptant Oman). Le voyage comportait également un trek très couru en ce moment (surtout chez les jeunes) et assez physique, se déroulant en pleine jungle (gros contraste donc avec la Guajira) : la Cité perdue, sorte de Machu Picchu situé dans la Sierra Nevada de Santa Marta, chaîne côtière culminant à 5 775 m. Enfin la splendide ville coloniale de Carthagène des Indes devait terminer ce voyage en apothéose.

La première journée a été entièrement consacrée au voyage en avion. Un vol Air France direct (Paris — Bogotá) de onze heures, départ en milieu de matinée (22 janvier 2018), arrivée vers 19 h locales. Mais c’est le débarquement dans le pays qui a été la plus pénible : deux heures de file d’attente (pour des formalités durant deux minutes à peine !). Je n’avais plus connu cela depuis Cheremetievo en 2006. En cause, l’arrivée simultanée de plusieurs vols, certains venant bien entendu des États-Unis. Les autres membres de mon groupe (que je n’avais pu identifier au cours du vol) ne se sont finalement pas montrés beaucoup plus efficaces que moi pour jouer des coudes. Quant a notre guide, elle nous attendait stoïquement devant la sortie, depuis plus de deux heures. J’ai d’ailleurs était très surpris en la voyant car il s’agissait d’une jeune Française de 23 ans, prénommée Aurélie, absolument charmante. Elle était installée en Colombie (sur la côte nord) depuis quelques années à peine.

La nuit a été très courte : je n’arrive jamais à dormir longtemps quand je pars vers l’ouest, me réveillant toujours en pleine nuit (il y a 6h de décalage avec Bogotá). La première journée allait être entièrement consacrée à la visite de la capitale colombienne, ville que je dois le reconnaître ne m’a pas subjugué plus que cela. Elle devrait toutefois débuter par une grosse surprise : très mauvaise — du moins selon leurs dires — pour la quasi-totalité des membres du groupe, mais quasi délivrance pour moi. Alors que nous devions passer deux bonnes heures à nous farcir les élucubrations de ce pollueur visuel interplanétaire qu’est Fernando Botero (lequel entre autres montagnes de mauvais goût présente celui d’être d’origine colombienne), voilà que notre guide nous apprend que ce jour, un mardi, était justement celui de la fermeture hebdomadaire de son musée ! Je ne me suis pas privé en rentrant de signifier à Allibert ma vive satisfaction quant à cette heureuse circonstance. À la place, nous aurons le temps de gravir (en funiculaire) la colline de Monserrate, offrant un panorama sur la ville.

Plan de notre visite de Bogotá

Bogotá est bâtie à 2640 m d’altitude. Il y règne donc (en particulier en cette fin janvier) une atmosphère assez frisquette nécessitant de se couvrir assez chaudement, en total contraste avec ce que nous connaîtrons dans la suite du voyage. Le centre historique se trouve dans le lit d’une rivière comblée (le río Vicachá), limitée à l’est par deux importantes collines : celle de Monserrate déjà évoquée (alt. 3152 m), et celle de Guadalupe (3260 m), surmontée d’une statue de la Vierge datant de 1946. La ville n’a donc pu s’étendre que dans la direction opposée (vers l’ouest), ce qui fait que son centre n’est pas du tout au centre.

Centre de Bogotá. Bus en site propre le Transmilenio, construit sur le lit comblé du río Vicachá, le 23 janvier 2018Centre de Bogotá, le 23 janvier 2018

La visite a commencé par une balade dans les rues du quartier colonial : un quartier assez pittoresque avec des rues en pente (peu de trafic automobile) et des maisons colorées, souvent assez photogénique dans la lumière de l’altiplano.

Bogotá, balade dans le quartier colonial, le 23 janvier 2018Bogotá, balade dans le quartier colonial, le 23 janvier 2018

(Le gratte-ciel que l’on aperçoit sur la seconde photo à gauche et qui ressemble furieusement au nouveau palais de justice de Paris, est la tour BD Bacatá, à l’époque toujours en construction ; c’est le plus haut bâtiment de Colombie, 260 m)

Au centre de ce quartier colonial, une jolie petite place avec une église, la Plazoleta Chorro de Quevedo. Nous y retournerons le soir pour dîner.

Bogotá, balade dans le quartier colonial, le 23 janvier 2018Bogotá, balade dans le quartier colonial, le 23 janvier 2018

On trouve aussi beaucoup de fresques (et sculptures) de rue, encouragées par la municipalité et qui plaisent beaucoup aux touristes bobos. J’ai pour ma part du mal à leur accorder un quelconque intérêt.

Bogotá, balade dans le quartier colonial, le 23 janvier 2018Bogotá, balade dans le quartier colonial. Pas très couleur locale mais ça plait aux bobos ! (23 janvier 2018)

On ne me dira pas que ce Shiva a quoi que ce soit de colombien ! À moins de confondre les Indes occidentales avec les Indes tout court… Il y a eu pendant des années (elle a maintenant disparu) une fresque un peu identique sous le pont de la poterne des Peupliers à Paris, sous lequel je passe tous les jours (enfin, avant le confinement). Cet « art » soit disant authentique puise toujours aux mêmes sources d’inspiration (j’imagine en singeant ce qui se fait aux États-Unis), mais les touristes se précipitent comme un seul homme pour le retrouver à l’autre bout de la planète, sans doute comme pour se persuader que leur vision décadente du monde est universelle.

Nous sommes entrés pour visiter dans la cour d’un hôtel de charme (l’hôtel Anandamayi) situé au cœur de ce quartier colonial, et où nous n’avions pas l’heur d’être descendus. L’espèce de tiroir rose, sur la photo de droite, sert à une sorte de jeu d’adresse typiquement colombien : je n’ai pas noté les explications d’Aurélie, mais j’en ai retrouvé une mention sur Internet (site en espagnol, on pourra faire appel à Google pour le traduire en français ; il y aurait derrière un contexte politico-humanitaire, mais vraisemblablement pas de tradition séculaire).

Bogotá, balade dans le quartier colonial, le 23 janvier 2018Bogotá, balade dans le quartier colonial, le 23 janvier 2018

Encore quelques photos avant de quitter le quartier colonial (ainsi que de l’intérieur de l’église Nuestra Señora de la Candelaria, ND-de-la-Chandeleur).

Bogotá, balade dans le quartier colonial, le 23 janvier 2018Bogotá, balade dans le quartier colonial, le 23 janvier 2018

Bogotá, balade dans le quartier colonial, le 23 janvier 2018Bogotá, balade dans le quartier colonial. Pâtisserie française, le 23 janvier 2018Bogotá, église ND-de-la-Chandeleur (iglesia de Nuestra Señora de la Candelaria), le 23 janvier 2018

Nous avons ensuite quitté les hauteurs du quartier colonial pour nous diriger vers la place Bolivar qui constitue le cœur politique de Bogotá. Cette place, bordée à l’est par la cathédrale (jusqu’ici rien de surprenant), dénote par son côté nord, occupé par un bâtiment en béton des plus hideux, le palais de justice. L’ancien a en effet été détruit en 1985 au cours d’une attaque de guérilleros particulièrement violente, financée par le cartel de Medellín (je confesse n’avoir aucun souvenir de ces évènements par média interposé, bien qu’étant déjà adulte à l’époque). On trouve également sur cette place : l’hôtel de ville à l’ouest (bâtiment de style néoclassique) ; le palais Liévano, construit début XXe par l’architecte français Gaston Delarge ; et enfin le Congrès national (instance du pouvoir législatif) au sud.

Bogotá, place Bolívar, le 23 janvier 2018

Avec un panoramique de la place Bolivar :

Bogotá, place Bolívar (panoramique), le 23 janvier 2018

Quelques photos de la cathédrale de l’Immaculée Conception (les photos extérieures ont été prises plus tard dans la journée, la façade étant à contre-jour le matin). Cette église de style néoclassique (beaucoup plus sobre que les églises que l’on trouve au Mexique) date du début du XIXe.

Bogotá, la cathédrale de l’Immaculée Conception, le 23 janvier 2018

La cathédrale est dotée d’un orgue, c’est le seul parmi toutes les églises du pays.

Bogotá, cathédrale de l’Immaculée-Conception, le 23 janvier 2018Bogotá, cathédrale de l’Immaculée-Conception, le 23 janvier 2018

Passage par la principale artère commerçante de Bogotá, la rue Carrera 7 (encore appelée avenue Eduardo Posada Flórez). Elle n’était toutefois pas très animée à cette heure encore matinale (la seconde photo a été prise trois heures après, de retour de la colline). Notre guide l’a comparée avec une artère célèbre de Barcelone (peut-être la Rambla mais je n’en suis pas sûr, n’ayant en ce qui me concerne jamais mis les pieds à Barcelone).

Bogotá, rue commerçante Carrera 7 (ou avenue Eduardo Posada Flórez) ; église San Francisco, le 23 janvier 2018Bogotá, la rue commerçante Carrera 7, beaucoup plus animée que tout à l’heure, le 23 janvier 2018

Puisque j’en viens à parler de Barcelone, vous n’échapperez pas à mon petit couplet sur le sujet. La première fois que j’ai visité l’Espagne avec mes parents, en 1983, l’itinéraire touristique concocté par mon père nous conduisit à quelques kilomètres de Barcelone. Mais nous évitâmes soigneusement la ville qui, d’après mon père, ne présentait aucun intérêt touristique. Et il me semble bien qu’à l’époque en effet, le centre de Barcelone (je ne parle pas bien sûr de la Costa Brava) était rarement évoqué comme destination touristique en tant que tel. Que Barcelone puisse de nos jours attirer des hordes de touristes, au même titre que par exemple Prague ou Dubrovnik, est quelque chose qui pour moi dépasse l’entendement. Est-ce le résultat d’un génial coup de marketing, réussi au-delà des espérances de ses promoteurs ? Je n’ose y croire. Cédant à la mode, mes parents sont par la suite eux aussi rendus à Barcelone, il y a peut-être une quinzaine d’années. Ils s’en sont dits enchantés ; pourtant le moins que l’on puisse dire, c’est que les photos qu’ils y ont prises ne m’ont pas subjugué : pas de véritable centre historique, une cathédrale en béton que je trouve hideuse, rien que des trucs de bobos, et des touristes en nombre par dessus le marché : aucun intérêt. Je ne cacherai pas que le fait que ce soit dans cette ville qu’a été tourné l’un des films que j’ai le plus détesté au cours de ces vingt dernières années (L’Auberge espagnole) n’est sans doute pas étranger à mon jugement. En tout cas, ce n’est pas demain la veille que je mettrai les pieds à Barcelone.

Mais revenons à Bogotá. La divine surprise que constituait la fermeture du musée Botero nous a comme je l’ai dit, offert l’occasion d’aller admirer le panorama depuis la colline de Monserrate. Il a fallu nous y rendre à pied, il y a un bon kilomètre à parcourir depuis le centre-ville (avec un peu de dénivelé). Nous sommes passés dans le quartier des facultés (qui étaient ouvertes), lequel ne craint pas excessivement mais notre guide nous a quand même dit de faire attention à nos affaires : ne pas tendre la papaye, pour traduire mot à mot une expression colombienne, autrement dit ne pas tenter le diable en affichant des objets coûteux de manière ostentatoire. Après cela, c’est par un funiculaire assez pittoresque que nous avons atteint le sommet de la colline. C’est la seule fois du voyage où nous avons dépassé la barre des 3000 m.

Bogotá, funiculaire de la colline de Monserrate, le 23 janvier 2018Bogotá, colline de Monserrate, le 23 janvier 2018

Bogotá, funiculaire de la colline de Monserrate. Cela valait bien le musée Botéro, non ? (23 janvier 2018)Bogotá, colline de Monserrate, le 23 janvier 2018Bogotá, colline de Monserrate, le 23 janvier 2018

Il y a un sanctuaire au sommet de la colline, d’où ces décorations à caractère religieux. Cet endroit est paraît-il très fréquenté le week-end (mais heureusement, pas trop en semaine).

Maintenant le panorama sur la ville (le temps aurait pu être plus dégagé). Population : 9 millions d’habitants, c’est donc comparable à l’Île-de-France.

Bogotá, vue depuis la colline de Monserrate, le 23 janvier 2018

Quelques photos supplémentaires. On retrouve à droit la tour BD Bacatá que j’ai déjà évoquée.

Bogotá, vue depuis la colline de Monserrate, le 23 janvier 2018Bogotá, vue depuis la colline de Monserrate, le 23 janvier 2018 (Tour BD Bacatá en construction ; la plus haute de Colombie (260 m))

Fin de visite et descente par le funiculaire (plus plein qu’à l’aller !).

Bogotá, funiculaire de la colline de Monserrate, le 23 janvier 2018

Nous sommes ensuite retournés jusqu’au centre, à proximité de la place Bolivar, pour y déjeuner. Pour l’après-midi, une guide locale a secondé Aurélie pour les explications culturelles. Nous avons commencé par emprunter cette rue gardée qui longe la présidence de la République (circulation autorisée aux seuls piétons, fouille sommaire des sacs à l’entrée par des militaires en armes). À l’époque de mon voyage, le président colombien était Juan Manuel Santos, prix Nobel de la paix (en raison de l’accord passé avec les Farc). Sa présidence devait se terminer six mois après ; le président actuel est Iván Duque, plus à droite que Santos.

Bogotá, rue gardée devant la présidence de la République, le 23 janvier 2018Bogotá, rue gardée devant la présidence de la République, le 23 janvier 2018

Observatoire de Bogotá. Le directeur fondateur Francisco José de Caldas y aurait découvert un cratère lunaire, le 23 janvier 2018Bogotá, église Nuestra Señora del Carmen (datant des années 1930), le 23 janvier 2018

Ci-dessus à gauche, l’observatoire de Bogotá. La guide nous a parlé d’un cratère lunaire qui aurait été découvert dans ce laboratoire, peut-être par Francisco José de Caldas le directeur fondateur ; mais je n’ai pas pu retrouver cette information. Le cratère est représenté sur certains billets de banque colombiens.

Ensuite un détour par cette église des années 1930 à l’architecture intéressante, Nuestra Señora del Carmen. La guide locale qui semblait très pieuse, s’est signée en pénétrant dans l’édifice ; elle a dû faire semblant de ne pas voir qu’un malotru de mon groupe (soixante-huitard cela va sans dire) avait refusé d’ôter son chapeau.

Bogotá, église Nuestra Señora del Carmen (datant des années 1930), le 23 janvier 2018Bogotá, église Nuestra Señora del Carmen (datant des années 1930), le 23 janvier 2018

Un gros morceau nous attendait maintenant : la visite du musée de l’Or de Bogotá. Nous y avons passé deux heures. Je l’ai trouvé moins spectaculaire que celui de Lima au Pérou (que j’ai certes visité il y a plus de 20 ans, j’ai donc pu oublier d’autant que je n’ai pas conservé de photo) ; mais certains de mes compagnons de voyage étaient d’avis contraire. Beaucoup de petits objets sont en or et certains en alliage d’or et de cuivre. Ces objets ont occasionné une introduction aux cultures indigènes de Colombie (avec notamment le Poporo dont nous aurons l’occasion de reparler). L’objet le plus célèbre du musée (mais qui m’a déçu par sa petite taille) est le radeau Muisca, il est lié à la légende d’El Dorado (découlant elle-même de coutumes des indiens Chibchas). J’aurais du mal à vous la résumer maintenant. Une intéressante salle présente également les techniques d’orfèvrerie.

Bogotá, musée de l’Or, le 23 janvier 2018Bogotá, musée de l’Or, le 23 janvier 2018

Bogotá, musée de l’Or, le 23 janvier 2018Bogotá, musée de l’Or, le 23 janvier 2018Bogotá, musée de l’Or. Poporo de la civilisation Quimbaya, le 23 janvier 2018

Bogotá, musée de l’Or. L’objet le plus célèbre du musée, le radeau Muisca, est lié à la légende d’El Dorado (découlant elle-même de coutumes des indiens Chibchas), le 23 janvier 2018

La journée s’est terminée par un dîner au restaurant place Chorro de Quevedo (j’ai trouvé l’endroit bruyant et le dîner interminable).

Nous avons le lendemain matin quitté définitivement Bogotá pour la côte caraïbe. Départ à 9h30, et 1h30 de vol jusqu’à notre destination, Rio Hacha. Peu avant d’arriver, j’ai pu apercevoir sur la gauche la cordillère de la Sierra Nevada de Santa Maria (où nous randonnerons pendant la seconde semaine du voyage), dominée par deux sommets couverts de neiges éternelles, le pic Colomb (5 775 m) et le pic Bolívar (qui ferait à peu près la même altitude). C’est la seule fois du voyage où j’ai pu distinguer ces sommets enneigés, mais je n’ai malheureusement pas pris de photo (personne non plus dans le reste du groupe ne l’a semble-t-il fait).

L’atterrissage à Rio Hacha se fait au-dessus de la mer, comme à Bali. Nous débarquons sans transition sous les tropiques, soleil, cocotiers, température avoisinant les 30°C (contre 15 à 20°C à Bogotá). Nous nous sommes prestement débarrassés des petites laines. Ce serait le retour en Europe une quinzaine de jours plus tard qui allait être dur. Rio Hacha (300 000 hab. environ) est la capitale du département de la Guajira. Nous nous sommes d’abord rendus au centre pour déposer à l’agence des affaires dont nous n’aurons pas besoin dans les prochains jours. Puis (à l’encontre de toute logique puisque nous repartirions le lendemain dans la direction opposée) nous avons pris la direction de l’ouest, sur 30 km environ, jusqu’à un village de la communauté indigène Wayuu. C’est parmi cette communauté que nous passerons les 5 prochains jours. Les Wayuu qui vivent dans la zone désertique de la Guajira (pour part dans l’actuelle Colombie et pour part au Venezuela, il franchissent d’ailleurs assez allègrement la frontière) ne furent jamais colonisés par les Espagnols. Ils pratiquent une langue et une religion à part en Colombie. Nous aurons quelques informations sur certaines de leurs coutumes, comme le fait qu’ils sont polygames (mais nous avons eu peu de détail à ce sujet) et le fait que les jeunes filles à marier s’enferment pendant plusieurs mois avec leur aïeule pour des rites de passage à l’âge adulte.

Camaron, rancheria wayuu de Tokoromana, le 24 janvier 2018Camaron, rancheria wayuu de Tokoromana. Premier déjeuner, le 24 janvier 2018

Ce voyage était dans l’ensemble très rustique, et en la matière ce premier hébergement devait démarrer sur les chapeaux de roues ! (ce devait être de fait la nuitée la plus inconfortable de tout le voyage). Nous dormirions pour commencer dans des hamacs, une première en ce qui me concerne ; les commodités étaient très sommaires (je renoncerai à faire ma toilette). Il y avait une multitude de chiens assez agressifs (l’un s’est montré menaçant envers notre guide Aurélie). Clébards qui bien évidemment ne se taisaient pas la nuit, nonobstant les coqs et les ânes qui venaient se joindre au concert. En soirée, il nous faudrait assister à des danses folkloriques qui se transformeraient pour moi en supplice tant le décalage horaire me faisait tomber de sommeil. Et puis, il y avait les repas de cuisine traditionnelle (photo) à la papaye et à la banane plantain, au déjeuner, au dîner puis au petit déjeuner du lendemain, le pire étant ce dernier, constitué de viande de chèvre accompagnée d’étranges boulettes de maïs et auxquelles j’ai à peine goûté.

Le premier après-midi au bord de la mer des Caraïbes devait normalement être consacré à l’ornithologie, nous nous sommes donc rendus en 4×4 sur les bords d’une lagune (la Laguna Grande) dans le but d’observer des flamants roses. Mais nos accompagnateurs locaux ont dû rapidement convenir que les flamants n’étaient pas au rendez-vous (sans d’ailleurs qu’ils soient en mesure d’expliquer pourquoi). De fait nous ne verrons qu’un seul flamant, et de très loin. Il y avait à cet endroit un groupe de touristes américains très équipés (avec des zooms qui devaient peser plusieurs kilos sans parler de leur prix), et qui avaient l’air bien dépités. De ce fait, la balade en bateau qui était prévue pour observer de plus près les oiseaux a été annulée, remplacée par une randonnée d’environ 2 h en bord de mer.

Observation ornithologique sur les rives de la Laguna Grande, le 24 janvier 2018Observation ornithologique sur les rives de la Laguna Grande, le 24 janvier 2018

Balade le long de la lagune de Navio Quebrado. Ibis rouge, le 24 janvier 2018Balade le long de la lagune de Navio Quebrado. Vol d’ibis rouges, le 24 janvier 2018

La randonnée a d’abord suivi sur une piste en forêt sèche (non loin de la lagune Navio Quebrado), avec de temps en temps un passage sur les rives de ces dernières.

Balade le long de la lagune de Navio Quebrado, le 24 janvier 2018Balade le long de la lagune de Navio Quebrado, le 24 janvier 2018

Ensuite nous avons rejoint la plage et nous avons longtemps marché dessus (plusieurs kilomètres) ; de petits crabes blancs très rapides fuyaient devant nous. La mer était assez agitée, il fallait veiller à ne pas avoir brusquement les chaussures trempées.

Balade le long de la lagune de Navio Quebrado. Fin de balade au crépuscule le long de la mer, le 24 janvier 2018Balade le long de la lagune de Navio Quebrado. Fin de balade au crépuscule le long de la mer, le 24 janvier 2018

Nous sommes ensuite passés sur le cordon séparant la mer et la lagune (la nuit tombait, la demi-lune était située au zénith). Il nous a fallu allumer nos lampes frontales. Soudain a surgi devant nous le cours d’eau émissaire de la lagune ; il n’y avait alors pas d’autre choix que de le traverser en nous déchaussant, ce qui fort heureusement n’a pas été très difficile (de l’eau seulement jusqu’aux genoux). Il y avait pas mal de pêcheurs à cet endroit. Finalement nous sommes passés par une zone balnéaire avant de rejoindre notre logis qui se trouvait à 500 m en arrière de la côte.

En préparation d’une agréable nuit en hamac..., le 24 janvier 2018Danses folkloriques wayuu. La seule photo que j’ai pu en prendre, le 24 janvier 2018

Au sortir d’une nuit inoubliable dans un hamac « de luxe » (c’est Allibert qui le dit). Non mentionné au programme : les coqs, les clébards et surtout l’âne qui nous réveillent à pas d’heure ; les danses et autres conférence « culturelle » organisées à 4 h du matin heure française ; les sanitaires rustiques réservés à ceux qui arrivent à passer avant les autres ; les cleps du proprio qui aggressent certains pensionnaires la tête du client ; la succulente viande de chèvre du petit déjeuner (!!!) attendue pendant une heure au détriment de la plus belle rando du voyage. , le 25 janvier 2018

Le jour suivant était programmé un long transfert en 4×4 jusqu’à l’extrémité de la péninsule désertique de la Guajira. Mais le départ a été poussif en raison du petit déjeuner déjà évoqué qui, nonobstant son inadaptation à nos goûts de touristes, s’est fait excessivement attendre. Notre retard s’est par la suite accru à la suite de problèmes mécaniques (et d’une pause déjeuner bien trop longue). Avec pour résultat d’écourter la magnifique randonnée qui devait suivre, selon moi la plus belle du voyage, et que nous avons terminée après le coucher du soleil, nous privant de paysages parmi les plus beaux de ce circuit. C’est comme ça.

Nous avons pris place dans deux 4×4 et avons pris la route vers l’est, retraversant d’abord Rio Hacha puis nous approchant de la frontière du Venezuela. À noter sur le bord de la route, la présence de nombreux marchands d’essence de contrebande. Cette essence est vendue dans des bocaux, une manière de procéder que j’avais déjà remarquée au Tchad il y a fort longtemps sans à l’époque pouvoir la photographier (photo prise au milieu du voyage le 28 janvier).

Contrebande d’essence vénézuelienne, en bord de route près de Riohacha, le 28 janvier 2018

Nous avons obliqué à une vingtaine de kilomètres seulement de la frontière, à la hauteur d’un carrefour caractéristique à angle droit, perdu au milieu de nulle part, dans un paysage de cactus. Nous avons à partir de là longé une voie ferrée, chose rarissime en Colombie (comme de manière générale sur le continent américain) où le train est quasi inexistant. Il s’agit de fait d’une voie sans service voyageur desservant la mine de Cerrejón, l’une des plus grandes mines de charbon à ciel ouvert du monde. Les trains font 128 wagons, et quand ils passent c’est impressionnant !

Le train de la mine de Cerrejón, le 25 janvier 2018

La route, rectiligne comme la voie ferrée et ce sur environ 80 kilomètres, est une route à péage… ce qui ne la rend pas exempte de nids-de-poule ! Nous avons fait halte à Uribia, la capitale du pays Wayuu. Il nous fallait en effet y faire des courses de biscuits et autres gâteries dans un but bien particulier : dans le désert, des enfants Wayuu dressent sur les routes des barrages que l’on franchit en les payant en nature (ce n’est pas utile par contre de leur offrir des stylos, ils vont rarement à l’école). Nous nous sommes donc rendus dans une supérette à l’agencement assez étrange : on n’y choisissait pas ses produits soi-même, mais on attendait devant un comptoir situé à l’entrée, que des employés véloces aillent chercher les produits que l’on avait commandés. Au centre de la pièce, surélevé, le patron surveillait tout son monde et tenait la caisse. Un système qui permet j’imagine de limiter les risques de vol, mais certainement pas d’optimiser l’efficacité de la vente. En tout cas je n’avais jamais vu de boutique de la sorte. Après les achats, nous avons bu un café dans un bistrot voisin (le café est généralement assez médiocre en Colombie). L’arrêt a duré assez longtemps, le chauffeur est paraît-il parti chercher de l’essence mais ça s’est éternisé (photo : Marc TANVET).

Boutique colombienne à Uribia, le 25 janvier 2018 (photo : Marc TANVET)

C’est après cet arrêt que notre chauffeur a rencontré des pépins mécaniques, le forçant à s’arrêter et à se coucher sous la voiture. Il s’est bientôt fait aider par d’autres chauffeurs de passage (une tradition d’entraide existe semble-t-il dans le désert de la Guajira, tout comme d’ailleurs dans le Sahara ; par contre, je doute que les convois de touristes ne s’arrêtent pour aider des chauffeurs locaux en rade).

Déjà la panne ! (25 janvier 2018)

Plus loin, pour une raison que je n’ai pas vraiment explicitée, le chauffeur a quitté la route principale pour la route dite d’hiver. Il faut déjà préciser que la notion d’hiver est assez particulière dans la Guajira, puisqu’elle désigne les périodes où les précipitations sont importantes. Il bizarrement deux saisons des pluies dans l’année, de mars à mai puis en septembre-octobre. Nous étions en janvier, le mois le moins chaud mais aussi le plus sec, donc ce n’était pas l’hiver au sens local. Si les itinéraires sont fonction des précipitations, c’est que des grandes portions de désert sont inondées en période humide, rendant les pistes impraticables. Au cœur de la saison des pluies, il est du reste impossible de gagner le bout de la presqu’île par voie terrestre, le bateau est alors le seul mode de transport disponible. Les routes d’hiver sont moins bonnes que les routes d’été, on y progresse plus lentement (et on y rencontre davantage de barrages d’enfants). Elles sont il est vrai plus pittoresques avec un très beau paysage de cactus. Ce choix était néanmoins regrettable dans le contexte puisqu’il a encore davantage accru notre retard.

Paysage de cactus, le 25 janvier 2018Paysage de cactus, le 25 janvier 2018

Le paysage est ensuite devenu de plus en plus aride et désertique. Nous avons fait une nouvelle halte, cette fois-ci en bord de côte au fond de la baie de Portete, un endroit où les palétuviers constituent la seul végétation alentour. Un lieu qui n’était pas sans me rappeler (mais en mieux) la baie de Bar el Hikman au sultanat d’Oman.

Rives de la baie de Portete, le 25 janvier 2018

Nous sommes ensuite de nouveau entrés dans les terres, passant à proximité de plusieurs villages Wayuu. Comme annoncé, les enfants avaient à plusieurs reprises tendu des ficelles à travers la piste dans le but de stopper les véhicules et de se faire « offrir » des bonbons et autres sucreries. L’histoire ne dit pas où se trouve le dentiste le plus proche. J’ai essayé de prendre quelques photos au cours de ces haltes, mais en général sans descendre du véhicule, d’où ces couleurs plus que bizarres (saleté de vitres teintées !)

Barrages d’enfants wayuu dans le désert de la Guajira, le 25 janvier 2018Barrages d’enfants wayuu dans le désert de la Guajira, le 25 janvier 2018

Peinture traditionnelle wayuu, le 25 janvier 2018Restaurant Marlène, Alta Guajira, Colombie. On arrive tard, on repartira tard, le 25 janvier 2018

A suivi une halte interminable et surtout très tardive (arrivée à 14h30) au restaurant Marlène. Sachant que la randonnée aurait dû durer 4h et que le soleil se couche à 18h30, cette dernière était déjà largement compromise. De fait, nous avons court-circuité la première partie qui devait se dérouler sur une plage à marée basse, dans une zone aride avec des couleurs minérales très spectaculaires. Ici, une halte préliminaire à Bahia Honda, l’endroit d’où nous aurions dû démarrer. Un paysage minéral comme je les aime, peut-être le plus bel endroit de tout le voyage.

Bahia Honda, le 25 janvier 2018

Encore deux photos prises du véhicule, le long de la plage sur laquelle nous aurions dû marcher.

Balade dans la Bahia Honda, le 25 janvier 2018Balade dans la Bahia Honda, le 25 janvier 2018

Puis cette fois, nous démarrons pour de bon. Il a fallu se déchausser pour franchir un petit plan d’eau. On notera que la marée est assez sensible dans ce secteur, ce qui constitue semble-t-il une exception en Colombie.

Balade dans la Bahia Honda. On commence par se déchausser ! (25 janvier 2018)Balade dans la Bahia Honda. On commence par se déchausser ! (25 janvier 2018)

Balade dans la Bahia Honda, le 25 janvier 2018Balade dans la Bahia Honda, le 25 janvier 2018

Nous avons ensuite coupé une presqu’île, une zone où l’on trouve de nombreux restes de coquillages, en fait les produits de la pêche d’habitants du cru.

Balade dans la Bahia Honda, le 25 janvier 2018Balade dans la Bahia Honda. Reste de la pêche des indigènes wayuu, le 25 janvier 2018

Nous avons retrouvé la côte à la Punta Soldado, encore un endroit magnifique.

Balade sur la punta Soldado, le 25 janvier 2018

Nous avons ensuite progressé au-dessus des falaises (qui ne sont pas très hautes).

Balade sur la punta Soldado, le 25 janvier 2018

La suite de notre progression sur la pointe, sous cette magnifique lumière crépusculaire.

Balade sur la punta Soldado, le 25 janvier 2018Balade sur la punta Soldado, le 25 janvier 2018

Petits crabes tropicaux véloces, le 25 janvier 2018Petits crabes tropicaux véloces, le 25 janvier 2018

Comme à Oman, on trouvait sur cette plage ces petits crabes véloces qu’il était presque impossible de rattraper !

Nous avons ensuite approché d’un lac salé situé légèrement à l’intérieur des terres. Mais la lumière diminuait maintenant rendant la prise de vues plus difficiles. Nous repasserons dans les secteur trois jours plus tard (mais sans avoir l’occasion de revoir ces paysages sous le même angle).

Lac salé, le 25 janvier 2018

Un panoramique dudit paysage.

Lac salé, le 25 janvier 2018

La randonnée s’est achevée par une marche sur une longue plage (punta Aguja), tandis que l’obscurité gagnait peu à peu.

Fin de balade vers punta Aguja, le 25 janvier 2018

Et non, ce n’est pas cette fois-ci que j’aurai vu le rayon vert.

Notre camp du soir était situé sur une autre plage, c’était d’ailleurs la seule nuit du voyage passée loin de tout village. Mais entre cette plage et nous, il fallait traverser un bras de mer, lequel donne accès à une très vaste lagune, la Bahia Hondita. Un transport par bateau avait donc été prévu, une grande barque dans laquelle est monté tout le groupe (je suis parvenu à embarquer sans enlever mes chaussures de marche, par contre pour le débarquement ce ne serait pas possible). La traversée était courte, à peine un quart d’heure, effectuée donc intégralement de nuit (nous avons contourné la pointe Aguja). Ensuite il a fallu débarquer sur la plage, je n’avais pas ma frontale et j’ai dû suivre les autres. Le camp était en fait partiellement aménagé, avec un abri sous lequel étaient installés nos hamacs, et des sanitaires sommaires un peu plus loin. Quant à la nourriture, elle serait apportée par 4×4, provenant d’un gîte à touristes situé non loin de là (nous y passerons le lendemain) et conditionnée dans des emballages en polystyrène, au grand scandale de certains bobos du groupe. Encore une fois, nous attendrons le repas assez longtemps.

À ma grande surprise, le ciel était partiellement couvert au réveil. Mieux, une averse assez violente devait tomber pendant que nous prenions notre petit déjeuner (à l’abri heureusement ; la nourriture apportée comme pour le dîner de la veille). Cette averse sera toutefois la seule que nous verrons dans la Guajira, le temps étant ensuite toujours très ensoleillé. Par contre, un fort vent allait souffler quasiment en permanence, rendant du coup plus supportable la température qui sans cela aurait été caniculaire.

Réveil sur la plage de punta Aguja, le 26 janvier 2018

(Cette forêt de cairns au bord de l’eau n’était pas sans m’évoquer la Mongolie mais cela n’a bien évidemment rien à voir. Je n’ai eu aucune explication à son sujet)

Nous nous sommes au cours de cette journée exclusivement déplacés à pied, longeant d’abord la Bahia Hondita avant de peu à peu entrer à l’intérieur des terres. Nous ne retrouverons le grand large que ponctuellement en fin de journée. Voici les premières photos prises sous un ciel encore couvert. Nous nous rapprochons donc de la baie (à contre-jour sur la première photo, le cordon par lequel nous avions achevé la balade la veille au soir ; contrairement à ce que laisse penser la photo, ce cordon ne rejoint pas la côte sur la gauche). Ensuite, nous avons marché sur la falaise au milieu d’une végétation de cactus, dominant le bras de mer reliant la pleine mer et la baie.

Vers la Bahia Hondita et la plage parcourue la veille, le 26 janvier 2018Petit port sur la Bahia Hondita, le 26 janvier 2018

Paysage de la Guajira, le 26 janvier 2018Paysage de la Guajira, le 26 janvier 2018

Ça pique ? (26 janvier 2018)

Halte près d’un petit port sur le bras de mer. Un détail qui nous a beaucoup inquiétés (mais que je n’ai pas photographié) : la présence d’une peau de caïman en train de sécher. Il semble qu’il y a effectivement des caïmans dans la lagune, ce qui dissuadera d’ailleurs la plupart d’entre nous de nous y baigner.

Petit port de pêche, le 26 janvier 2018Pélicans, le 26 janvier 2018

Palétuviers, le 26 janvier 2018Paysage de la Guajira, le 26 janvier 2018

Passage près d’un cimetière Wayuu, ce qui nous a valu quelques explications détaillées usages funéraires pour le moins particuliers de cette ethnie. La coutume veut en effet que les morts soient enterrés deux fois. Un an (ou deux je ne sais plus ?) après le décès, on les déterre pour procéder à une nouvelle cérémonie avant de les inhumer définitivement. Les cimetières contiennent aussi des abris en bois, dans lesquelles se réunissent les familles au cours des cérémonies (qui peuvent durer plusieurs jours).

Cimetière wayuu. Les rites funéraires wayuu donnent lieu à une double inhumation ; les cabane en bois sont utilisées par les familles pour se réunir pendant les cérémonies, le 26 janvier 2018Cimetière wayuu. Présence de tombes chrétiennes bien qu’en général les wayuu aient conservé leur religion traditionnelle, le 26 janvier 2018

On peut observer des croix sur la photo ci-dessus, mais rares en fait sont les tombes qui en sont dotées ; la plupart des Wayuu ont en effet conservé leur religion traditionnelle.

Rapace, le 26 janvier 2018Paysage de la Guajira, le 26 janvier 2018

Passage près de la côte (maintenant à l’intérieur de la lagune) où les palétuviers poussent de façon étrange à quelques mètres seulement du rivage.

Palétuviers dans la Bahia Hondita, le 26 janvier 2018

Nous avons effectué une longue halte déjeuner dans un très vaste gîte à touristes avec tout le confort possible : c’est là que descendent la plupart des visiteurs de la péninsule (mais pas nous, chez Allibert on a fait vœu de rusticité). Même si nous ne dormions pas sur place, c’était d’ici que provenaient par contre tous les petits déjeuners et dîners de notre séjour. L’atmosphère faisait un peu camping avec des douches et des WC communs en nombre impressionnant. Par contre il n’y avait pas tant de touristes que cela.

Perroquet, le 26 janvier 2018Perroquets, le 26 janvier 2018

Nous sommes ensuite redescendus sur la plage, toujours côté lagune, dans un magnifique paysage aux couleurs contrastées (nous repasserons par cet endroit à plusieurs reprises, à chaque fois sous un éclairage différent).

Bahia Hondita, le 26 janvier 2018

Nous sommes ensuite passés par le gîte rustique (« chez l’habitant » dans une famille wayuu) où nous devions loger les deux nuits suivantes.

Notre gîte en famille wayuu, le 26 janvier 2018Guajira, le 26 janvier 2018

La journée n’était toutefois pas terminée. Nous sommes bientôt repartis au milieu des cactus jusqu’à gagner la côte nord de la presqu’île, face au grand large. Là se trouve la pointe Gallinas qui est le point le plus septentrional d’Amérique du Sud. Gallinas comme gallinacé, cela signifie donc la pointe des Poules. Apparemment parce qu’un rocher (aujourd’hui disparu) présentait une certaine ressemblance avec une poule.

Pointe Gallinas, le 26 janvier 2018

Cette côte m’évoquait un peu le Kreuzkap en Namibie (sans les otaries…). La pointe est dotée d’un phare, mais ce dernier ne ressemble pas du tout à un phare breton (on dirait plutôt un pylone électrique).

Phare de la pointe Gallinas, le 26 janvier 2018. Le phare d’Eckmühl il a plus de classe je trouve...Côte près de la pointe Gallinas. On aurait pu se baigner mais on n’a pas osé, le 26 janvier 2018

Près de la pointe Gallinas, le 26 janvier 2018

La question de se baigner à cet endroit a été évoquée. Mais personne ne s’est montré motivé, la houle était tout de même objectivement dangereuse. Nous sommes donc retournés sur la Bahia Hondita, à l’endroit même où nous étions passés quelques heures plus tôt et en dépit du caïman que nous avions pu alors apercevoir de loin… et qui était parti ! Plusieurs personnes (dont notre jeune guide !) n’ont alors pas hésité à se mettre à l’eau. Les autres ont pu profiter du paysage, la lumière était vraiment magnifique.

Bahia Hondita, palétuviers au crépuscule, le 26 janvier 2018

Nous avons finalement regagné à la nuit tombée, notre gîte et nos hamacs. Gîte où une surprise nous attendait au menu du dîner ! C’est la seule et unique fois de ma vie où j’ai mangé de la langouste, ce plat considéré comme luxueux chez nous mais relativement abordable en Colombie.

On commence à être habitués ! (26 janvier 2018)Coucher rustique, dîner de luxe : les vacances à la française ! (26 janvier 2018)

Ces deux photos sont quand même la caricature des vacances pour Français : gîte rustique, dîner raffiné. Pour des Américains, cela aurait été une vaste chambre avec climatisation et spa, et hamburger frites au menu.

Nous nous sommes levés le lendemain à 5h45 (le lever le plus matinal du voyage) pour une animation dont la présence dans le programme m’avait jusqu’alors échappé : notre « participation » (en réalité, notre présence) à une séance de pêche en mer effectuée par des pêcheurs wayuu. Pour cette sortie, notre guide nous a recommandé de ne pas emporter d’appareils photos qui auraient pu souffrir des embruns. J’ai donc obtempéré, et n’ai donc pris aucune photo ; mais quelques un de mes compagnons possédant une caméra Gopro supportant l’eau salée ont pu l’emporter. Nous sommes partis sans déjeuner ce qui ne nous a pas empêchés d’arriver en retard, partant alors que le jour est déjà levé (contrairement à ce qui était prévu).

La pêche avait lieu non pas en haute mer mais dans la lagune (Bahia Hondita). Ce qui n’était d’ailleurs pas plus mal en raison de la bien moindre ampleur de la houle. Moins ample mais néanmoins existante, au point qu’une femme du groupe sera à deux doigts d’avoir le mal de mer pendant la longue station du bateau correspondant à la manœuvre du filet. La sortie a débuté par une demi-heure de navigation au cours de laquelle nous avons traversé la lagune en contournant deux pointes. Nous avons alors rejoint le début du filet repérable par un fanion. Les deux pêcheurs l’ont relevé à la main, ce qui a duré une bonne demi-heure. À l’aide de mon GPS que j’avais emporté et laissé allumé, j’ai estimé la longueur du filet à 800 m. Seuls une quizaine de poissons comestibles se trouvaient dans ce grand filet : il aurait été préférable de le relever avant l’aube. Une fois que le filet a été déposé dans la barque, les pêcheurs l’ont remis à l’eau en le tendant, ce qui a pris tout autant de temps. Ce n’est qu’à la fin de cette opération que nous sommes rentrés (photo : Christian Bordier).

Séance de pêche dans la Bahia Hondita (photo : Christian Bordier). Le 27 janvier 2018

Nous avons pris notre petit déjeuner de retour au gîte. A suivi une matinée de quartier libre (j’avais fort heureusement emporté mon baladeur avec du Wagner). La visite d’une école prévue au programme n’a pas eu lieu : il ne semble pas d’ailleurs que les enfants wayu aillent beaucoup à l’école. Nous avons eu droit à une démonstration par la maîtresse de maison, de broderies et de peintures faciales rituelles wayu (pour ces dernières notre guide Aurélie s’est aimablement — et avantageusement — proposée comme cobaye).

Démonstration de broderie wayuu, le 27 janvier 2018Démonstration de peintures faciales wayuu, le 27 janvier 2018
Démonstration de peintures faciales wayuu, le 27 janvier 2018

L’après-midi, nous avons effectué une assez longue marche en direction de l’est jusqu’aux dunes de Taroa (par contre et contrairement à ce qui avait été envisagé, le retour s’est effectué en véhicule). Nous avons craint la veille de ne pas pouvoir faire les dunes car elles avaient été le théâtre d’une vendetta entre familles wayuu ; mais tout était (paraît-il) finalement sous contrôle. Nous avons atteint les dunes après 1h30 de progression au milieu des cactus.

Randonnée vers les dunes de Taroa, le 27 janvier 2018Les dunes de Taroa, le 27 janvier 2018

Nous avons ensuite effectué l’ascension d’une dune (mais bizarrement, sans doute pour des raisons de délai, il ne s’agissait pas de la plus haute). Nous avons eu également droit à une petite descente du côté raide de la dune. Je crois que le Sahara me manquera pour le restant de mes jours.

Les dunes de Taroa, le 27 janvier 2018

(Mon appareil n’aura finalement pas trop souffert de cet épisode, mais je me suis quand même posé des questions ; d’autant que j’ai perdu l’habitude qui était la mienne quand je partais dans le désert, qui d’obturer avec du scotch noir la moindre anfractuosité de mes appareils photo).

Nous avons ensuite pris la direction de la mer pour un bain. La plage était très belle mais non surveillée, le secteur étant entièrement sauvage. Il y avait des rouleaux et j’ai eu quelque appréhension avant d’aller à l’eau (il faut dire qu’un membre de ma famille s’est noyé dans une mer tropicale, à peu près un an auparavant). Je l’ai finalement fait, en restant sur le bord et en me contentant de barboter. Ce sera le seul bain de mer de tout mon voyage (le précédent remontait à l’Albanie en 2016, le suivant surviendrait deux ans plus tard au Guatemala).

Là on a OSÉ se baigner dans l’océan !, le 27 janvier 2018

Nous avons ensuite rapidement rejoint le véhicule (alors que dans ma naïveté je croyais que nous allions retourner dans les dunes). La seconde photo montrant la Bahia Hondita a été prise au cours d’une halte pendant le trajet en véhicule.

Dunes de Taroa après le bain, le 27 janvier 2018

Nous avons quitté le désert de la Guajira le lendemain, (après quatre jours passés sur place, ce qui est plus long que ce proposent la plupart des agences). Le retour a débuté par une traversée en bateau de la Bahia Hondita pour laquelle nous nous sommes levés assez tôt. Nous sommes néanmoins arrivés en retard au rendez-vous (une habitude du groupe manifestement) pendant que d’autres touristes qui partageaient l’embarcation nous attendaient patiemment. Malgré les recommandations d’Aurélie, j’ai conservé mon appareil photo pour cette traversée ce que je n’ai pas regretté.

Débarquement près de la pointe Aguja, le 28 janvier 2018

Les véhicules qui transportaient nos bagages étaient censés faire le tour de la baie pendant que nous la traversions. Sachant qu’ils n’étaient pas partis avant nous et que la distance qu’il leur fallait parcourir était bien supérieure, il était évident qu’ils ne seraient pas à là pour nous accueillir à la fin de la traversée (nous avons débarqué là où s’était achevée la randonnée du premier soir). Nous sommes donc allés à leur rencontre en marchant le long de la piste, et non plus le long de la plage comme le premier jour. J’ai pu prendre quelques photos du lac salé qui n’était pas sans intérêt même si l’endroit est fort austère.

Balade (non prévue au programme) près du lac salé, le 28 janvier 2018

Nois avons ensuite retraversé le désert, empruntant cette fois-ci l’itinéraire d’été. Les barrages d’enfants y étaient en fait tout aussi nombreux. J’avais changé de véhicule par rapport à l’aller, j’étais maintenant dans le second (donc dégustant davantage de poussière) et à l’arrière de surcroît. Mais ce changement était volontaire, il m’a permis d’échapper au hard rock que les autres ont fait diffuser dans la voiture où se trouvait la guide (heureusement qu’ils avaient fait état de leurs intentions).

Barrages wayuu sur la route du retour, le 28 janvier 2018Beau cactus, le 28 janvier 2018
Photo volée, le 28 janvier 2018Photo volée (j’insiste), le 28 janvier 2018

Après un déjeuner (pas terrible) dans un restaurant de la ville d’Uribia, nous avons retrouvé Rio Hacha où nous attendaient nos bagages. Puis, troquant les 4×4 pour un minibus, nous avons continué à longer la côte jusqu’à Palomino où était prévue une nuit dans un hôtel confortable situé en bord de mer, dans une végétation tropicale (le désert, c’était terminé). Hôtel organisé en bungalows, wifi seulement à la réception.

Chambre d’hôtel à Palomino (ça change du hamac !), le 28 janvier 2018Chambre d’hôtel à Palomino, le 28 janvier 2018

Nous avons eu un peu de temps à tuer le lendemain, avant le départ pour la Sierra Nevada de Santa Marta. Mais de toute évidence le bain de mer n’était pas une option.

La plage à Palomino, le 29 janvier 2018La plage à Palomino (le bain ce sera pour une autre fois !), le 28 janvier 2018

La couverture nuageuse nous empêchait également d’apercevoir les sommets enneigés de la Sierra. Ci-dessous, l’activité de « sécurisation » des cocotiers de l’hôtel, à laquelle les employés doivent s’adonner chaque matin.

Les employés de l’hôtel sécurisent les cocotiers, le 29 janvier 2018Les employés de l’hôtel sécurisent les cocotiers, le 29 janvier 2018
Les employés de l’hôtel sécurisent les cocotiers, le 29 janvier 2018

La seconde moitié du voyage allait être intégralement consacrée à un trek effectué dans la Sierra Nevada de Santa Marta, jusqu’au site archéologique de la Cité perdue. Cet itinéraire très touristique (ces derniers temps à la mode auprès d’une certaine jeunesse internationale), est un pur aller-retour : il n’y a qu’un seul sentier qu’on est obligé de suivre dans les deux sens. Le trek prend quatre jours en tout (trois nuits), la visite du site s’effectuant au petit matin le troisième jour. Le cheminement est assez physique avec plusieurs cols à franchir ; il n’est en revanche pas technique, exception faite de l’accès au site, où l’on grimpe 150 m sur des marches très glissantes. On progresse dans une végétation tropicale dense (le désert n’est plus qu’un souvenir), et à basse altitude (la Cité perdue est à 1200 m, mais on randonne le plus souvent autour de 500 m). On n’a jamais l’occasion d’apercevoir les hauts sommets du massif, dont on reste séparés par plusieurs vallées. Les précipitations sur cet itinéraire sont fréquentes et violentes, y compris en saison sèche ; nous serons néanmoins plutôt chanceux de ce côté là. La Sierra Nevada de Santa Marta est un territoire indigène (celui des Indiens Wiwa, Arhuacos, Kogis et Kank), jouissant d’un statut spécial par rapport au reste du territoire colombien. Ainsi la culture et la consommation de la feuille de coca y sont admises (alors que ce n’est pas le cas ailleurs). Les Indiens contrôlent l’accès des touristes et les vallées (ainsi que la Cité perdue) sont fermées à certaines périodes de l’année pendant lesquelles sont organisées des cérémonies.

Aurélie nous a présenté le guide local qui allait nous accompagner pendant ces quatre jours (et qui s’est fait quelque peu attendre…), Salso. Salso, semble-t-il de l’ethnie wiwa, était un personnage haut en couleur qui ne se séparait jamais de son poporo, l’objet fétiche des Indiens de cette région et dont je reparlerai. Pour gagner le massif, il a fallu nous entasser à 12 dans un unique 4×4 pour 1h30 de route et de piste. Il était impossible de voir le paysage, nous étions assis face à face à l’intérieur, comme dans les camions militaires d’avant la guerre d’Algérie (puisque c’est à cause des attaques des fellouzes que les soldats sont maintenant assis dos à dos).

Départ pour la Sierra Nevada, le 29 janvier 2018Comme à l’armée mais quand même en plus agréable compagnie..., le 29 janvier 2018

Le trek démarre de Machete Pelao, un gros bourg situé à 150 m d’altitude environ. Nous avons commencé par déjeuner dans un restaurant par lequel passent tous les touristes effectuant ce trek, et où se croisent notamment ceux qui démarrent et ceux qui reviennent. Il est facile de reconnaître ces derniers dont certains paraissent épuisés, le regard absent. La plupart de ces touristes (comme d’ailleurs pour l’ensemble de Colombie) sont des jeunes couples occidentaux sans enfants. Ils voyagent sans passer par une agence occidentale, parlant de fait beaucoup mieux espagnol que leurs aînés.

Tous ces fiers enfants de la Gaule allaient sans trêve et sans repos (29 janvier 2018)Je parie 2000 $ que celle-ci, Christian ne l’a pas faite ! (29 janvier 2018)

Première étape donc l’après-midi, avec l’ascension d’un col encore modéré (500 m de montée environ) avant de redescendre peu ou prou à la même altitude. L’itinéraire est assez fréquenté par les touristes, les mules ainsi que des motos (les motos n’iront cependant pas au-delà du premier gîte). Il y a aussi des stations aménagées tous les quelques kilomètres où l’on attend le touriste pour lui vendre du coca-cola, des jus de fruits, ou des fruits. Plus on s’engage loin en direction de la Cité perdue, plus le prix augmente. La randonnée est organisée sur quatre jours et tous les groupes déjeunent ou logent à peu près aux mêmes endroits. Mais on ne dort pas aux mêmes endroits à l’aller et au retour (de manière générale, on déjeune à l’aller dans les villages où l’on dort au retour, et vice versa).

Il y en a qui ont coché l’option facilité, le 29 janvier 2018Pussent toutes les traversées ressembler à celle-ci ! (29 janvier 2018)Le poporo est de sortie, le 29 janvier 2018

Halte au col (la vue était un peu décevante).

Paysage cultivé, le 29 janvier 2018Première halte, dégustation de grains de cacao et de café, le 29 janvier 2018
Première halte, dégustation de grains de cacao et de café, le 29 janvier 2018Le drapeau colombien, le 29 janvier 2018

(Histoire de montrer à quoi ressemble le drapeau colombien).

Ensuite la descente jusqu’au gîte. Le sentier n’était pas trop glissant (il n’avait pas plu les jours précédentes) mais ne demandait qu’à l’être.

Pour l’instant il n’a pas plu, le 29 janvier 2018Route de la Cité perdue, le 29 janvier 2018
Notre premier gîte, le 29 janvier 2018

Les gîtes sont assez rustiques ; néanmoins on ne dort pas en hamac, mais en lit superposés avec moustiquaires. N’étant pas enthousiaste à l’idée de porter un sac lourd, j’avais payé un supplément depuis Paris (100 €) afin que mes bagages soient transportés par mule. Mais certains de mes compagnons ont pu bénéficier de ce service sans avoir payé. Le premier gîte était situé au-dessus d’un torrent dans lequel il était possible de se baigner (au prix d’une descente par un petit sentier un peu escarpé). J’y suis allé, mais il y avait du monde et l’eau était en outre assez frisquette (du reste il fallait sauter pour accéder au principal bassin). Une expérience que je ne renouvellerai pas par la suite.

J’étais assez fatigué et j’aurais aimé me coucher tôt après le dîner, mais notre guide a choisi ce moment pour nous faire une présentation générale des cultures indigènes dans ces vallées. Dur dans ces conditions d’écouter et surtout de retenir quelque chose. Il y a comme je l’ai dit, quatre ethnies qui habitent dans ce massif : Wiwa, Arhuacos, Kogis et Kank ; trois d’entre elles ont conservé leur langue originelle tandis que la quatrième parle espagnol. Notre guide Salso était je crois wiwa. Au centre des coutumes de ces indigènes se trouve le poporo, objet cylindrique accompagnant la mastication des feuilles de coca. Les hommes possèdent et utilisent un poporo à partir du moment où ils sont mariés ; ils mâchent de la feuille de coca mélangée à de la chaux éteinte, puis après mastication déposent à l’aide d’un bâton le mélange coca/chaux/salive sur le poporo. Le poporo n’est jamais nettoyé, son épaisseur augmente donc au fil des années. Les poporos sont très anciens dans la culture indigène (cf. l’exemplaire en or photographié supra dans le musée de Bogotá).

Autres éléments en vrac :

  • le mariage est obligatoire pour les indigènes de ces cultures ; par contre (contrairement aux wayuu de la Guajira), la polygamie n’existe pas
  • la chaux éteinte utilisée dans le poporo provient de coquillages écrasés. Les Indigènes possèdent en général un poporo quotidien (celui qui grossit d’années en années) et un poporo de cérémonie utilisé principalement au moment de leur mariage.
  • les Indigènes des montagnes ont été assez persécutés ; la zone a également été occupée par les FARCS, et il y avait beaucoup de culture de coca dans le coin (laquelle a maintenant diminué mais reste légale dans ces vallées)
  • l’ascension des deux pics dominant le massif (pics Bolivar et Colón, 5775 m) est en principe interdite car ces pics sont sacrés ; il arrive néanmoins que les Indiens montent en haute altitude pour des cérémonies
  • les quatre ethnies mentionnées descendent de la civilisation Tayrona, disparue au XVIe siècle.

Ci-dessous deux photos prises le lendemain du guide Salso avec son poporo (objet peu ragoûtant il faut bien l’admettre…)

Notre guide Salso, le 30 janvier 2018Maintenant on sait tous ce que c’est qu’un poporo ! (30 janvier 2018)

Lever le lendemain à 5 h pour démarrer au lever du jour, à 5h30. Ce sera comme cela pendant tout le trek. Ramené à l’heure de Paris cela fait 11h du matin, d’où la difficulté que j’aurai eue pendant tout ce voyage à me mettre à l’heure colombienne. Cette seconde étape est assez longue (surtout la deuxième partie). Le matin, ascension d’un col à 800 m pour ensuite redescendre à 400 m (pause de midi à la « cabane wiwa » où nous dormirons également deux jours plus tard). Puis, grosse montée jusqu’au dernier gîte avant la Cité perdue, à 850 m (un endroit fort désagréable dont je reparlerai). Une journée assez mal équilibrée puisque nous sommes arrivés à la pause de midi dès 9h30.

Aménagement judicieux, le 30 janvier 2018Paysage de la Sierra Nevada, le 30 janvier 2018
J’aurais pas fait la même à Paris ! (30 janvier 2018)Heureusement qu’on ne passe pas à gauche ! (30 janvier 2018)Paysage de la Sierra Nevada, le 30 janvier 2018

La pause déjeuner a donc été fort longue. Avant celui-ci, excursion vers une cascade avec possibilité de se baigner, mais je me suis abstenu.

Cascade près de la cabane wiwa, le 30 janvier 2018Cascade près de la cabane wiwa, le 30 janvier 2018

Ensuite, de retour à la cabane wiwa, Salso nous a prodigué quelques explications (traduites par Aurélie) à propos de traditions de vannerie dans l’ethnie wiwa. J’avoue que n’ai pas retenu grand chose. Les paniers fabriqués par les Indigènes ont un petit nom, mais je n’ai pas réussi à le retrouver.

À gauche une plantation de COCA, le 30 janvier 2018Démonstration des techniques de vannerie wiwa. Ou arhuaco, kogis, kank..., le 30 janvier 2018Démonstration des techniques de vannerie wiwa, le 30 janvier 2018

(Sur la première photo ci-dessus à gauche, un plant de coca).

Après le déjeuner, nous progressons d’abord en fond de vallée. Passage dans quelques villages indigènes traditionnels.

Mutanyi, village kogi (du moins d’après le programme Allibert). Photo volée, le 30 janvier 2018
Mutanyi, village kogi (du moins d’après le programme Allibert), le 30 janvier 2018Mutanyi, village kogi (du moins d’après le programme Allibert), le 30 janvier 2018

Avant de traverser la rivière Buricata (et en attendant les retardataires, le groupe n’était pas très homogène), halte près d’une vasque d’eau où des jeunes femmes touristes se baignent. Assez plaisant à voir (mais je n’ai tout de même pas pris de photos). Une ou deux personnes de mon groupe les ont accompagnées.

On franchit ensuite le torrent par une passerelle de type himalayen (mais pas plus impressionnante que cela).

Pont suspendu sur la rivière Buricata, le 30 janvier 2018

La grosse montée commence sitôt le franchissement effectué (circonstance d’ailleurs fréquente en montagne, comme j’ai pu le remarquer). D’abord une montée continue jusqu’à un col à 845 m. Puis, un long cheminement (2h de marche) fait de montées et de descentes. Nous nous sommes de nouveau éparpillés, je ne croisais plus que des marcheurs d’autres groupes, et je ne savais plus combien il y avait de personnes de mon groupe devant et derrière (je pense, deux ou trois devant et les autres derrière). J’ai pris peu de photos, j’avoue ne pas être emballé plus que ça par cette végétation luxuriante (je préfère de loin le désert).

Franchissement de torrent... facile, le 30 janvier 2018Cascade, le 30 janvier 2018

Arrivée finalement au fort désagréable gîte, une véritable usine à touristes, ambiance refuge des Écrins. Contrairement aux deux autres étapes du circuit, tous les randonneurs sont en effet rassemblés au même endroit. Énormément de monde, de bruit (outre les touristes occidentaux, il y avait un groupe de 70 adolescents des beaux quartiers de Bogotá qui ne passaient pas inaperçus). La queue aux toilettes et aux douches (seulement 4 WC et 4 douches pour 250 personnes !), deux services pour le dîner (il faut donc se dépêcher), des hamacs supplémentaires qui sont installés dans les espaces séparant les couchettes. L’horreur.

Le gîte de la Cité perdue et son ambiance refuge des Écrins..., le 30 janvier 2018

Le lendemain, lever à 4h30 pour atteindre le site archéologique à l’aube. L’idée aussi était de partir avant les 70 jeunes. Nous réussirons à démarrer les premiers sur le sentier (par contre, nous nous ferons largement doubler ensuite, bien avant l’ascension finale). L’itinéraire démarre par 20 minutes de sentier, suivies d’une traversée de torrent à gué. Ensuite, l’ascension finale (une centaine de mètres à peine) emprunte un escalier de 1200 marches étroites et irrégulières, particulièrement glissantes. C’est surtout à la descente qu’il faut faire attention.

Départ à la frontale digne d’une course en haute montagne... puis traversée de torrent inopinée. Heureusement que nous étions partis les premiers, le 31 janvier 2018La montée des marches (et surtout leur descente...) : ce que j’ai le moins aimé dans cette rando, le 31 janvier 2018

On débouche ensuite dans le site archéologique, gardé par des rangers.

La Cité perdue pour nous tout seuls, le 31 janvier 2018Ne pas s’inquiéter, ils sont débonnaires ! (31 janvier 2018)Inverstissant la Cité perdue, le 31 janvier 2018

La Cité perdue daterait d’environ 800 ans av. J-C, et fut édifiée par la culture Tayrona, l’ancêtre des Wiwa et Arhuacos actuels. Le site, déjà abandonné lors de l’arrivée des Espagnols, fut alors (volontairement ?) oublié. Il fut redécouvert en 1971 seulement, par des pilleurs de tombes. L’endroit est toujours sacré pour les Indiens de la Sierra, qui l’appellent Teyuna. Du fait de sa situation isolée et de sa difficulté d’accès, la Cité perdue est souvent comparée au Machu Picchu, mais à mon avis la comparaison est surfaite. Et malgré son isolement, la fréquentation touristique en croissance continue commence à menacer sa préservation.

D’autres sites archéologiques, connus des seuls Indiens, existeraient sous la forêt, dans d’autres vallées de ce massif.

Cette pierre gravée représenterait une carte du massif. Avec beaucoup d’imagination.

Cette pierre est censée représenter une carte de la région avec l’emplacement de toutes les Cité perdues secrètes (on aime à y croire), le 31 janvier 2018

Début du parcours archéologique sur lequel nous étions quasiment les premiers. Le soleil ne devait malheureusement faire son apparition qu’une heure plus tard, bien après l’invasion du site par les hordes barbaresques.

La Cité perdue se dévoile progressivement, le 31 janvier 2018Cité perdue, le 31 janvier 2018Cité perdue, le 31 janvier 2018

Nos guides fiers du travail accompli.

Cité perdue, le 31 janvier 2018Nos guides fiers du travail accompli, le 31 janvier 2018

La vue la plus classique du site, depuis ses plates-formes les plus élevées (altitude 1180 m). Mais le soleil se faisait toujours attendre.

Cité perdue, le 31 janvier 2018

(La troisième photo sans touriste m’a quand même demandé de la patience ; et pendant ce temps là je n’écoutais guère les explications d’Aurélie).

Le soleil n’est vraiment paru qu’une fois entamée la descente.

Cité perdue ensoleillée : tout vient à point qui sait attendre !, le 31 janvier 2018Cité perdue (cette pierre indique la direction des sommets si mes souvenirs sont bons), le 31 janvier 2018

Il y a à côté du site un petit musée de plein air (d’intérêt assez limité à mon avis), avec une reconstitution de demeures tayrona (les tombes étaient situées sous les habitations).

Reconstitution de demeure tayrona, le 31 janvier 2018Reconstitution de demeure tayrona, le 31 janvier 2018

Et puis, la périlleuse descente pour quitter le site.

Cité perdue : à avant-goût de la périlleuse descente, le 31 janvier 2018C’est parti ! (31 janvier 2018)Je vous rassure je n’ai pas fait mieux. Suggérer d’urgence au syndicat d’initiative d’installer une rampe ! (31 janvier 2018)

Je n’avais pas de bâtons mais je ne pense pas qu’ils m’auraient beaucoup aidé. Descendre à quatre pattes est certes moins élégant mais bien plus sûr en pareil circonstance.

Commencent ensuite les deux jours de randonnée retour, assez fastidieuses puisqu’on en connaît déjà le parcours. C’est là à mon avis d’ailleurs, le plus gros défaut de ce trek.

Cascade (la même à l’aller ?), le 31 janvier 2018Cascade, le 31 janvier 2018Nos bagages vont traverser comme ça, le 31 janvier 2018

Pendant une halte au bord de la rivière principale Buricata :

Il me fait penser au film « Un Indien dans la ville », pas vous ?, le 31 janvier 2018

Je ne peux pas ne pas penser à Un indien dans la ville, un joli film comique français sans prétention, comme on n’en fait plus, que j’avais été voir avec ma sœur dans les années 90. Mais je sais que tout le monde n’a pas les mêmes références cinématographiques…

J’ai essayé de prendre des photos volées de deux Indiennes qui portaient une charge à la courroie frontale à la manière des sherpas, mais je n’en suis pas très fier. Le temps s’était couvert en cette fin d’après-midi, et quelques gouttes nous ont même conduits à enfiler les gore-tex. Fort heureusement, la véritable averse n’est survenue qu’après notre arrivée au gîte de la cabane wiwa. Pas de doute alors, nous étions sous les tropiques ! Au point que les vingt mètres à parcourir en extérieur entre le dortoir et le réfectoire nous causaient quelque hésitation.

Le beau temps était revenu le lendemain matin, mais par contre l’état du sentier avait changé ! La journée commençait par une bonne montée jusqu’au col déjà franchi deux jours auparavant. Se ruant le fer en main dans le sang et dans la fange.

Le sentier ne s’est pas amélioré ! (1er février 2018)Dernière montée du trek, le 1er février 2018
La foule des touristes, le 1er février 2018Paysage de la Sierra Nevada, le 1er février 2018

On trouve pléthore de ce genre de boutiques le long du sentier. De plus en plus nombreuses au fur et à mesure que l’on se rapproche de la «  civilisation ».

Il y a des acheteurs donc il y a des vendeurs, le 1er février 2018Sacs « traditionnels » (fabriqués en Asie ?) à destination des touristes, le 1er février 2018

Déjeuner au village du premier gîte (passerelle suspendue), puis ultime montée pour rejoindre Machete Pelao, point de départ et d’arrivée du trek.

Retour au premier gîte, le 1er février 2018Dernier col, le 1er février 2018
Les grains de café n’ont pas bougé depuis trois jours... (1er février 2018)Arrivée à Machete Pelao terme de notre randonnée. (pour le nom je fais confiance à Allibert), le 1er février 2018

Après la marche, le 4×4 pour sortir du parc, tout aussi inconfortable qu’à l’aller. Avec une nouveauté : à la demande de certains, le chauffeur a passé de la musique traditionnelle wiwa, ultra-répétitive ! (comme l’a fait remarquer l’un d’entre nous, certains morceaux sont basés sur une gamme inhabituelle, à l’instar des gamelans de Bali). Une fois sur la route, nous avons encore roulé quelque temps avant de retrouver le minibus. Nous avons fait nos adieux à Salso qui nous avais accompagnés jusqu’ici. Comme nous avons pu le remarquer, il avais soigneusement rangé son poporo en sortant de la réserve indienne !

Nous avons terminé la journée par plusieurs heures de route jusqu’à Carthagène des Indes, le terme de notre voyage. Nous avons d’abord traversé la ville de Santa Mara où résidait Aurélie (mais sans nous y arrêter). La route emprunte ensuite la bande de terre séparant la mer des Caraïbes de la lagune de Ciénaga Grande (j’ai essayé de prendre cette photo en roulant). Avant d’arriver à Barranquilla, traversée du rio Magdalena, l’un des grands fleuves de Colombie. Le pont était très embouteillé, un nouvel ouvrage était d’ailleurs en construction. Nous sommes passés à l’écart du centre de Barranquilla (la quatrième ville de Colombie, 1,4 million d’habitants), ce qui ne nous a pas empêchés d’y perdre du temps. La fin de la route s’est effectuée de nuit, jusqu’à l’arrivée devant les remparts de Carthagène.

Notre hôtel ne se situait pas tout à fait au centre mais tout de même intra muros, dans le quartier de Gethsémani. Un nom qui me rappelait quelque chose de vaguement biblique : il se réfère effectivement à un quartier de Jérusalem (ΓεΘσημανή, גת שמנים). Nous sommes sortis dîner après notre arrivée, ce qui nous a valu un coucher à 23 heures : une épreuve après ces levers matinaux à répétition qui m’avaient empêché de m’acclimater à l’heure colombienne.

Carthagène-des-Indes, quartier de Gethsémani, le 2 février 2018 (Pour rappel, Gethsémani (ΓεΘσημανή, גת שמנים) est le nom d'un quartier et d'une église de Jérusalem, au pied du mont des Oliviers)

La journée suivante, dernière journée complète du voyage, a été entièrement consacrée à la visite de ce bijou architectural qu’est Carthagène des Indes. Ces premières photos (ci-dessus et ci-dessous) ont été prises en traversant à pied le quartier Gethsémani en direction du centre. L’église ci-dessous est celle de la Sainte-Trinité (Santísima Trinidad), notre hôtel se trouvait juste à côté.

Carthagène-des-Indes, quartier de Gethsémani. Église de la Sainte-Trinité (Santísima Trinidad), le 2 février 2018Carthagène-des-Indes, quartier de Gethsémani, le 2 février 2018Carthagène-des-Indes, quartier de Gethsémani, le 2 février 2018

Nous franchissons ensuite les remparts par la porte de l’Horloge (ladite horloge est une réalisation récente).

Carthagène-des-Indes, porte de l’Horloge, le 2 février 2018Carthagène-des-Indes, porte de l’Horloge, le 2 février 2018

La place de la Douane qui se trouve de l’autre côté de la porte ; au second plan l’église Saint-Pierre-Claver.

Carthagène-des-Indes, place de la Douane, église Saint-Pierre-Claver, le 2 février 2018Carthagène-des-Indes, la tour de l’Horloge vue depuis la place des Douanes, le 2 février 2018

Vue panoramique de la place :

Carthagène-des-Indes, place de la Douane, le 2 février 2018

L’église de Saint-Pierre-Claver déjà évoquée, que nous n’avons pas pu visiter.

Carthagène-des-Indes, église de Saint-Pierre-Claver, le 2 février 2018Carthagène-des-Indes, église de Saint-Pierre-Claver, le 2 février 2018

Nous déambulons ensuite lentement dans les rues (sans doute trop à mon goût, avec arrêts dans les boutiques)

Carthagène-des-Indes, le 2 février 2018Carthagène-des-Indes, le 2 février 2018Carthagène-des-Indes, cathédrale Sainte-Catherine-d’Alexandrie, le 2 février 2018

Carthagène-des-Indes, le 2 février 2018

Visite de la cathédrale Sainte-Catherine-d’Alexandrie (XVIe s, style renaissance, assez sobre).

Carthagène-des-Indes, cathédrale Sainte-Catherine-d’Alexandrie, le 2 février 2018Carthagène-des-Indes, cathédrale Sainte-Catherine-d’Alexandrie, le 2 février 2018

L’intérieur de la cathédrale (nous y sommes retournés le lendemain au cours de la visite libre).

Carthagène-des-Indes, cathédrale Sainte-Catherine-d’Alexandrie, le 2 février 2018. Contrairement à l'Europe il y a toujours du monde dans les églises en ColombieCarthagène-des-Indes, cathédrale Sainte-Catherine-d’Alexandrie (détail), le 2 février 2018

Un peu plus loin sur notre parcours, l’église Saint-Dominique. Je ne m’étendrai pas à nouveau sur la déjection qui a été déposée devant et qui m’a obligé à recadrer toute mes photos.

Carthagène-des-Indes, église Saint-Dominique  , le 2 février 2018Carthagène-des-Indes, église Saint-Dominique, le 2 février 2018

Après encore de pénibles arrêts dans les boutiques, direction les remparts côté mer. La chaussée qui se trouve en contrebas est périodiquement arrosée par les embruns. La baignade n’est pas envisageable à Carthagène.

Carthagène-des-Indes, remparts, le 2 février 2018

Sur l’une des photos, on aperçoit en arrière-plan le quartier d’affaires de Carthagène qui s’appelle Bocagrande. Il est bâti sur une presqu’île au sud-ouest de la ville.

Enfin pour terminer, les anciens entrepôts avec leurs très belles arcades. Mais c’est comme rue de Rivoli, 100 % de boutiques de souvenirs là-dessous. Du coup, nouvelle halte interminable alors que nous avions l’estomac dans les talons !

Carthagène-des-Indes, anciens entrepôts, le 2 février 2018. Aujourd'hui alignement harassant de boutiques de souvenirsCarthagène-des-Indes, anciens entrepôts, le 2 février 2018

Encore quelques photos urbaines, pendant la (laborieuse) recherche du restaurant puis en début d’après-midi.

Carthagène-des-Indes, le 2 février 2018Carthagène-des-Indes, église Santo Toribio, le 2 février 2018Carthagène-des-Indes, église Santo Toribio, le 2 février 2018

Carthagène-des-Indes, le 2 février 2018Carthagène-des-Indes, le 2 février 2018Carthagène-des-Indes (quartier Gethsémani), le 2 février 2018

L’après midi nous avions « quartier libre ». Avec une partie du groupe, nous avons choisi de visiter le fort San Felipe de Barajas qui date des XVIIe et XVIIIe siècles. Le fort se trouve à l’extérieur de la ville, il a fallu s’y rendre à pied en longeant des boulevards à grande circulation, ce qui n’a pas été une mince affaire. Avec à la clef notamment, le franchissement, par un pont très encombré, d’un bras de mer dans lequel pousse la mangrove, chose vraiment étonnante en pleine ville.

Carthagène-des-Indes, mangrove en pleine ville, le 2 février 2018Carthagène-des-Indes, près du fort San Felipe de Barajas, le 2 février 2018

Au retour par le même pont, il s’y trouvait en plus des embouteillages un attroupement avec présence de la police. Il semble que quelqu’un s’était jeté à l’eau quelques minutes auparavant. Je suis passé sans regarder mais mes compagnons m’ont ensuite fait un compte-rendu.

Pour ce qui est du fort, il s’agit d’un ouvrage à vocation exclusivement militaire (pas de pièce d’habitation donc), de silhouette particulièrement massive, avec des murs très épais adaptés à la défense contre l’artillerie ; un genre de fort Vauban en quelque sorte. Les moindres recoins de l’édifice sont ouverts à la visite, des couloirs tortueux qui finissent souvent en impasse. Le genre d’endroit qui plaît beaucoup aux enfants (mais il faut savoir rester jeune n’est-ce pas). La vue sur la ville est néanmoins fort intéressante (bien que le soleil fût dans le mauvais sens).

Carthagène-des-Indes, fort San Felipe de Barajas, le 2 février 2018Carthagène-des-Indes, vue depuis le fort San Felipe de Barajas, le 2 février 2018

L’un des dits couloirs (à gauche), ainsi qu’une dernière vue prise en quittant le site.

Carthagène-des-Indes, intérieur du fort San Felipe de Barajas, le 2 février 2018Carthagène-des-Indes, fort San Felipe de Barajas, le 2 février 2018

Dernier dîner avec notre charmante guide (mais je tombais de sommeil).

Carthagène-des-Indes, dernier dîner, le 2 février 2018

Enfin quelques photos prises au cours de la dernière demi-journée passée en ville, alors qu’une partie du groupe était déjà partie par des avions plus précoces. J’ai encore photographié le pittoresque quartier Gethsémani, en particulier l’intérieur de l’église de la Sainte-Trinité (une cérémonie de mariage était sur le point d’y débuter).

Carthagène-des-Indes, intérieur de l’église de la Sainte-Trinité (Santísima Trinidad) (quartier Gethsémani). Avant une cérémonie de mariage, le 3 février 2018Carthagène-des-Indes, intérieur de l’église de la Sainte-Trinité (Santísima Trinidad) (quartier Gethsémani), le 3 février 2018
Carthagène-des-Indes, église de San Roque, le 2 février 2018Carthagène-des-Indes, quartier Gethsémani, le 3 février 2018
Carthagène-des-Indes, quartier Gethsémani, le 3 février 2018Carthagène-des-Indes, quartier Gethsémani. Mariage dans l’église de la Sainte-Trinité (Santísima Trinidad), le 3 février 2018

Encore quelques jolies photos de l’hypercentre (la place de la Douane, l’église Saint-Pierre-Claver, toujours inaccessible).

Carthagène-des-Indes : église Saint-Pierre-Claver, le 3 février 2018 (Nous n'avons pas réussi à y pénétrer)

   

Carthagène-des-Indes, le 3 février 2018Carthagène-des-Indes, le 3 février 2018
Carthagène-des-Indes. Restaurant Amadeus : la classe ! (3 février 2018)Carthagène-des-Indes : place de la Douane, le 3 février 2018

Non, ce n’est pas dans le restaurant Amadeus que nous avons déjeuné !

Et pour en terminer avec Carthagène et avec la Colombie, une jolie surprise. Traversant un square situé face à la porte de l’horloge, nous avons découvert qu’il renfermait une faune exotique pléthorique et variée : écureuils, singes, iguanes. Aurélie à qui nous avons par la suite narré la chose n’était pas au courant !

Carthagène-des-Indes : iguane dans le parc du Centenaire, le 3 février 2018Carthagène-des-Indes : iguane dans le parc du Centenaire, le 3 février 2018
Carthagène-des-Indes : écureuil dans le parc du Centenaire, le 3 février 2018Carthagène-des-Indes : petit singe dans le parc du Centenaire, le 3 février 2018