Bulgarie : Balkan, Rila et Pirin

Voyage en Bulgarie

Ayant effectué deux voyages intercontinentaux en 2018 (dont celui à Madagascar, tout même assez éprouvant), j’ai souhaité m’assagir en 2019 en ne quittant pas l’Europe. J’avais prévu d’aller à Bayreuth au mois d’août, mais il me restait le mois de juillet pour un voyage touristique. Mon idée était de réitérer un voyage dans un pays chaud, mêlant randonnées et visites culturelles, un peu dans la veine de l’Albanie (2017), voyage donc j’ai gardé un assez bon souvenir. D’où le choix d’une destination au sud de l’Europe. Comme j’excluais un Ne voyage en Grèce, la Bulgarie s’est assez rapidement imposée.

La Bulgarie, membre de l’Europe bruxelloise dont c’est d’ailleurs l’entité la plus pauvre, est un petit pays de 7 millions d’habitants seulement et dont on parle très peu. Le pays n’évoquera strictement rien au Français de la rue (moi compris avant d’entreprendre ce voyage), à l’exception peut-être du yaourt. Les moins jeunes d’entre nous se souviennent peut-être de l’affaire des infirmières « sauvées » par Sarkozy ou (pour les plus anciens) de la tentative d’assassinat de Jean-Paul II en 1981. En ce qui me concerne, et au grand étonnement du guide à qui j’ai narré la chose, c’est l’épisode du parapluie bulgare qui me revient à l’esprit, sans doute à cause d’un film sans prétention avec Pierre Richard qu’il m’arrive à l’occasion de revoir pour me détendre.

Du fait de sa faible notoriété, la Bulgarie est assez peu visitée par les touristes occidentaux. Exception faite, paraît-il, du littoral de la mer Noire sur lequel je ne me suis pas du tout rendu. S’il y a beaucoup de monde sur certains sentiers et dans certains monuments, ce sont pour l’essentiel des touristes bulgares. Ce désintéressement des occidentaux n’est peut-être pas totalement injustifié, la Bulgarie m’aura un peu laissé sur ma faim. De fait, nous avons dans ce voyage visité un endroit exceptionnel, un seul : le monastère de Rila ; le reste n’est pas mal, mais sans plus. Ainsi Sofia la capitale n’est pas une très belle ville ; les montagnes (le massif de Rila en particulier) ne sont pas vilaines, mais apparaissent comme une pâle copie des Alpes du sud ou des montagnes corses. Et je suis aussi resté sur ma faim question soleil, avec le temps couvert les quatre premiers jours, les températures frisquettes ensuite (alors qu’en France c’était la canicule), pour ne finalement trouver un climat méditerranéen que le dernier jour du voyage.

Et puis, une circonstance m’a assez fortement perturbé pendant ce voyage, pour ne pas dire qu’elle l’a en partie gâché. Elle n’est pas due au guide mais à la commerciale de l’agence Allibert. Laquelle m’a averti après mon inscription et photo à l’appui, qu’il y avait des passages très techniques au cours d’une ascension au programme, le mont Vikhren. Très mal à l’aise dans ce genre d’endroit (et de plus en plus avec l’âge), j’ai commencé à angoisser des semaines avant de partir, et cela ne s’est pas arrangé pendant (le Vikhren était programmé deux jours avant la fin). D’autant que (et ce bien que j’aie gardé mes appréhensions pour moi), l’un des participants, qui pour une raison que j’ai oubliée effectuait le voyage à l’envers (la première semaine après la seconde), et donc venait de monter au Vikhren, ne s’est pas montré rassurant quant à sa description des lieux (il en a même probablement largement rajouté). Pendant tout le voyage j’ai réfléchi à une échappatoire ce qui n’était pas simple (l’ascension devait être effectuée en traversée, en montant par le côté le moins difficile, ce qui excluait par exemple d’attendre le groupe au col). In fine, le jour de l’ascension, un providentiel mauvais temps a forcé le guide à revoir ses ambitions à la baisse : le groupe est monté en aller-retour (et dans le brouillard) par la voie facile, et j’en ai profité (avec une autre participante) pour ne pas monter et attendre les autres au col.

 

Le voyage a démarré le 14 juillet, exactement comme l’année précédente lorsque j’étais parti à Madagascar. Mais cette fois ci le décollage n’a pas été perturbé par le défilé aérien. Il y a 2h40 de vol jusqu’à Sofia, 1 h de décalage horaire. À l’arrivée, une mauvaise surprise : le temps était couvert et la dernière pluie datait de peu. Je ne m’attendais pas à cela ! Nous avons été accueillis par notre jeune et sympathique guide qui se faisait appeler Yvo, mais dont le véritable prénom était plus compliqué : Ivaylo Tonev (Ивайло Тонев). Après nous avoir conduits à l’hôtel et prodigué quelques conseils, ils nous a laissé quartier libre pour nous balader en ville ; ce n’est à qu’à la fin du voyage qu’il nous y accompagnerait pour une visite guidée. J’ai choisi sur cette page de mélanger mes photos de Sofia (София), celles du début et celles de la fin, afin de respecter une certaine logique ; c’est la couleur du ciel qui permettra de distinguer les premières des secondes ! Il faut dire que le premier jour, la pluie a arrosé notre visite par intermittence, nous obligeant même à un moment à nous réfugier dans le métro.

Quittant à pied notre hôtel situé dans la proche périphérie, nous avons gagné le centre en franchissant par le Lavov most (Лъвов мост) le canal à sec qui tient lieu de cours d’eau arrosant la ville. Décorée par deux statues de lions, cette place est assez caractéristique. L’ambiance de la ville avec ses tramways hors d’âge est typique de l’Europe de l’est, la technocratie bruxelloise n’a pas encore trop fait par ici de ravages et c’est tant mieux.

Sofia (София), pont au Lions, Lavov most (Лъвов мост), le 26 juillet 2019

On arrive ensuite dans le cœur de la ville, malheureusement rasé par d’intenses bombardements à la fin de la Seconde guerre mondiale. Les monuments staliniens qui ont été bâtis à cet endroit sont certes les témoins d’une époque mais cela ne les rend pas plus esthétiques.

Architecture communiste, le 14 juillet 2019Sofia (София), palais présidentiel, le 14 juillet 2019
Sofia (София), le 27 juillet 2019

Le temps était si mauvais, le premier jour de notre voyage, que nous sommes descendus nous abriter quelques temps dans une bouche de métro (station de la place Serdika). Là, nous avons découvert que ces souterrains laissaient entrevoir des vestiges archéologiques. La ville de Sofia existait déjà à l’époque romaine, elle avait été fondée à cet endroit du fait de la présence de sources thermales.

Bouche de métro place Serdika (Сердика), le 14 juillet 2019Vestiges antiques dans le métro place Serdika (Сердика), le 14 juillet 2019
Près de la place Serdika (Сердика), le 14 juillet 2019Vestiges antiques place Serdika (Сердика), le 26 juillet 2019

Quant au métro, j’ai eu la curiosité de l’emprunter, le dernier jour du voyage. À ma grande surprise, il n’est nullement de conception soviétique, mais de facture beaucoup plus récente : la première ligne a été inaugurée en 1998 et la seconde en 2012. Des panneaux explicatifs donnaient des indications sur son mode de construction, au tunnelier (bien qu’il ne soit pas très profondément enterré).

Le métro de Sofia (София), le 27 juillet 2019

J’ai évoqué les thermes romains : la source qui les alimentait existe toujours, l’eau qui jaillit à 40°C alimente une fontaine dans le centre-ville. Mais c’est aujourd’hui la seule utilisation de cette eau, qui n’est pas utilisée par le réseau de la ville. La fontaine en question sert surtout à la toilette des SDF.

Sofia (София), source thermale, le 26 juillet 2019Sofia (София), le 26 juillet 2019

Ci-dessous, l’ancien bâtiment thermal de Sofia, aujourd’hui musée d’histoire régionale de Bulgarie. Construit en 1913, abandonné en 1986, cet édifice fut longtemps squatté par des drogués, avant de rouvrir comme musée en 2015.

Sofia (София), musée d’histoire régionale de Bulgarie (Централна минерална баня), le 26 juillet 2019. Ancien bâtiment thermal construit en 1913, abandonné en 1986, longtemps squatté par des drogués, rouvert comme musée en 2015

(Ci-dessus comme seconde photo, le marché central de Sofia, (Централни софийски хали), bâtiment de 1911. Sa charpente métallique m’a rappelé l’église Notre-Dame-du-Travail à Paris. La troisième photo montre la synagogue de Sofia, nous n’avons pas pu la visiter car nous étions samedi).

Le palais présidentiel, gardé par des militaires en tenue d’apparat. Notre guide Ivo a réussi (à la seconde près !) à nous faire arriver devant alors qu’allait commencer la relève de la garde. On notera la pratique du pas de l’oie, laquelle à l’instar de la Russie perdure dans certains ex satellites de l’URSS.

Sofia (София), palais présidentiel, le 14 juillet 2019Sofia (София), palais présidentiel, le 26 juillet 2019
Sofia (София), relève de la garde, le 26 juillet 2019

J’ai réussi à enregistrer une vidéo de la relève de la garde…

Bien qu’il s’agisse d’un bâtiment officiel, la cour intérieure du palais présidentiel est ouverte au public (un peu comme au Palais Royal à Paris). Outre la présidence, ce bâtiment abrite le ministère de l’éducation, un hôtel de luxe ainsi que des immeubles d’habitation. Au centre de la place se trouve une très vieille église orthodoxe, l’église Saint-Georges (Храм ротонда Свети Георги). Elle date du IVe siècle, c’est la plus ancienne église de Sofia (Les photos intérieures étant interdites, comme dans la plupart des églises du pays, j’ai une fois de plus recours à Wikipedia).

Sofia (София), église Saint-Georges (Храм ротонда Свети Георги), le 26 juillet 2019Sofia (София), devant l’église Saint-Georges (Храм ротонда Свети Георги), le 26 juillet 2019

Sofia (София), église Saint-Georges (Храм ротонда Свети Георги), le 27 juillet 2019Sofia (София), église Saint-Georges (Храм ротонда Свети Георги), le 27 juillet 2019

Intérieur de l'église Saint-Georges à Sofia (Wikipedia)Intérieur de l'église Saint-Georges à Sofia (Wikipedia)

Ci-dessous l’ancien palais royal. Pour résumer le résumé que nous a prodigué Ivo à propos de la royauté en Bulgarie : il y a eu trois royaumes successifs en Bulgarie (les Bulgares à l’origine étaient des envahisseurs qui ont franchi le Danube à l’époque romaine, période où le fleuve tenait lieu de frontière). Le premier royaume dura de 865 (conversion du khân Boris) jusqu’en 1018 (conquête byzantine). Le second couvrit la période 1186-1396 (après la libération du joug byzantin et avant la conquête ottomane) ; la capitale de ce royaume était Veliko Tărnovo (Велико Търново), ville située au centre nord de la Bulgarie. Enfin le troisième royaume, juste après l’indépendance, dura de 1908 à 1946. C’est bien évidemment de cette troisième période que date le palais ci-dessous.

Sofia (София), ancien palais royal, le 27 juillet 2019

Le roi qui régna durant cette période s’appelait Boris III, il était très populaire et continue de le rester a posteriori. Bien qu’étant allié de l’Allemagne pendant la guerre, il réussit à s’opposer à ce que les juifs bulgares soient déportés. Son règne dut aussi faire face à une lutte à mort de la guérilla communiste contre la monarchie, laquelle culmina en 1925 avec l’attentat de l’église Sainte-Nédélia de Sofia, un summum d’ignominie comme cette immonde idéologie en est capable. Ils ont commencé par assassiner un militaire haut gradé, le général Konstantin Georgiev ; puis, alors que toute l’élite politique du pays était rassemblée pour ses obsèques, une bombe placée dans l’une des colonnes de l’église provoqua l’effondrement du dôme, tuant en tout 150 personnes. Mais le roi Boris III ne se trouvait pas à Sofia à ce moment là, et les communistes le savaient. Aussi organisèrent-ils une embuscade dans les montagnes contre son véhicule, à laquelle le roi échappa miraculeusement, son chauffeur étant touché à sa place.

Ci-dessous quelques photos de Sainte-Nédélia que j’ai visitée seul (il est exceptionnellement possible de photographier l’intérieur en payant une redevance : une quasi-arnaque tellement il est difficile de prendre des photos correctes sous un éclairage aussi contrasté).

Sofia (София), église Sainte-Nédélia (Храм „Св. Неделя“), le 26 juillet 2019Sofia (София), église Sainte-Nédélia (Храм „Св. Неделя“), le 27 juillet 2019
Sofia (София), église Sainte-Nédélia (Храм „Св. Неделя“). Les photos sont payantes et très difficiles à prendre..., le 27 juillet 2019Sofia (София), église Sainte-Nédélia (Храм „Св. Неделя“), le 27 juillet 2019

Voici ensuite la cathédrale de Sofia, qui est de facture récente puisqu’elle fut édifiée en 1912 seulement. Elle est dédiée à un saint russe, Alexandre Nevski (Катедрала „Свети Александър Невски“). Sa construction dura 20 ans. Elle est bâtie sur le plus haut point de la ville, et les dorures du dôme sont visibles des montagnes environnantes. C’est la plus grande cathédrale orthodoxe de la péninsule balkanique.

Sofia (София), cathédrale Alexandre Nevski (Катедрала „Свети Александър Невски“), le 14 juillet 2019Sofia (София), cathédrale Alexandre Nevski (Катедрала „Свети Александър Невски“), le 26 juillet 2019

Ivo s’est fourvoyé en voulant nous la faire visiter puisque nous y sommes arrivés à l’heure où elle fermait ; mais j’avais pu y pénétrer au début du séjour. Là aussi les photos à l’intérieur sont possibles et payantes, pour la seconde et dernière fois du voyage.

Sofia (София), cathédrale Alexandre Nevski (Катедрала „Свети Александър Невски“), le 14 juillet 2019Sofia (София), cathédrale Alexandre Nevski (Катедрала „Свети Александър Невски“), le 14 juillet 2019
Sofia (София), cathédrale Alexandre Nevski (Катедрала „Свети Александър Невски“), le 14 juillet 2019Sofia (София), cathédrale Alexandre Nevski (Катедрала „Свети Александър Невски“), le 14 juillet 2019

Des icônes en vente près de la cathédrale (scène typique d’un pays orthodoxe) :

Sofia (София), icônes en vente près de la cathédrale, le 14 juillet 2019

Également située dans l’hypercentre (celui que les Sofiotes nomment quartier des pavés jaunes) : l’église russe de Sofia (nous avons pu y pénétrer le premier jour, mais les photos sont interdites).

Église russe de Sofia (Руска Църква „Свети Николай Мирликийски“), le 27 juillet 2019Église russe de Sofia (Руска Църква „Свети Николай Мирликийски“), le 27 juillet 2019Église russe de Sofia (Руска Църква „Свети Николай Мирликийски“), le 14 juillet 2019

L’église Sainte-Sophie de Sofia, l’une des plus anciennes de la ville (VIe siècle). Elle a été transformée en mosquée sous la domination ottomane, puis abandonnée, et restaurée très récemment. Elle fait un peu trop neuf à mon avis et l’intérieur, dépourvu de décorations, est sans intérêt.

Sofia (София), basilique Sainte-Sophie (църква „Света София“), le 27 juillet 2019Sofia (София), basilique Sainte-Sophie (църква „Света София“), le 27 juillet 2019

Quelques autre photo prises à Sofia au cours de mes pérégrinations : on peut voir la bibliothèque nationale, le palais de justice, le théâtre populaire.

Sofia (София), bibliothèque nationale, le 14 juillet 2019Sofia (София). Je ne sais pas ce que c’est que ce bâtiment, proche de Sainte-Nédélia, le 27 juillet 2019
Sofia (София), théâtre populaire, le 27 juillet 2019Sofia (София), jardin de la Ville (Градска градина), le 27 juillet 2019

Ci-dessous, le palais national de la culture, hideux bâtiment communiste situé à l’extrémité du boulevard Vitocha (qui est la principale artère commerçante de la ville). Dans le genre horreur contemporaine, l’église catholique Saint-Joseph, dans laquelle je n’ai même pas pris la peine d’entrer. De loin on dirait une usine ! Ce n’est pas demain la veille que l’église catholique attirera de nouveau des fidèles. (L’église orthodoxe en Bulgarie ne semble pas souffrir d’une telle désaffection).

Sofia (София), palais national de la Culture (национален дворец на културата). Hideux bâtiment d’époque communiste situé à l’extrémité du boulevard Vitocha (Витоша), le 27 juillet 2019Sofia (София), église catholique Saint-Joseph. Je n’ai pas eu envie d’entrer, le 27 juillet 2019

Il y a aussi une mosquée à Sofia, la mosquée Bania Bachi (Баня баши джамия). Elle est de style ottoman et date du XVIe siècle (à l’époque de Soliman le Magnifique). On rappellera que la Bulgarie a vécu sous le joug ottoman pendant une très longue période (près de 5 siècles, de 1396 jusqu’à l’indépendance en 1908) ; il reste néanmoins peu de Turcs dans le pays aujourd’hui. Étant désœuvré le dernier jour avant le départ de notre avion, et pensant du fait de l’ancienneté du monument y trouver un intérêt architectural, j’y suis entré quelques instants. Mais j’ai été déçu, rien à voir par exemple avec la mosquée de Tetovo (en Macédoine). Ajoutons à cela que le gardien est aimable comme une porte de prison (sans compter l’obligation de se déchausser, et pour les femmes, de revêtir un tchador à la propreté douteuse).

Sofia (София), mosquée Bania Bachi (Баня баши джамия), le 26 juillet 2019Mosquée Bania Bachi (Баня баши джамия), XVIe siècle, le 27 juillet 2019
Intérieur de la mosquée Bania Bachi (Баня баши джамия), XVIe siècle. J’ai été déçu, le 27 juillet 2019Intérieur de la mosquée Bania Bachi (Баня баши джамия), XVIe siècle, le 27 juillet 2019

J’ai aussi satisfait à Sofia à une habitude qui est devenue mienne quand je visite une ville disons, civilisée. Et qui est de passer devant l’opéra (ou ce qui en tient lieu), histoire de jeter un œil sur sa programmation. À Sofia l’opéra est un peu excentré mais se trouvait sur un itinéraire possible pour rejoindre notre hôtel (je suis d’ailleurs passé là avec une partie du groupe). Et le moins qu’on puisse dire, c’est que je n’ai pas été déçu !

Opéra de Sofia (София) : les amateurs de Wagner sont à la fête !, le 14 juillet 2019

Je n’ai raté le « festival Wagner » de Sofia qu’à deux jours près ! Certes il est fort peu probable que j’eusse pu y assister à brûle pourpoint, a fortiori dans le contexte d’un voyage organisé. Du reste les ouvrages présentés ici, Tristan et Parsifal, sont ceux que je devais entendre à Bayreuth un mois plus tard.

Pour en terminer avec Sofia, le repas pris dans un restaurant typique. Je confesse que je n’ai pas noté ni réussi à retrouver le nom de ce plat de viande traditionnel, étrangement suspendu au centre de la table entre les convives.

Animation bruyante au restaurant, le 26 juillet 2019Plat traditionnel bulgare, le 26 juillet 2019

Dans tous les restaurants traditionnels fréquentés par les touristes (nous y avons droit les deux fois à Sofia ainsi qu’à Bansko), le passage des musiciens roms est une nuisance (pour moi il n’y pas d’autre mot) à laquelle il est impossible d’échapper. Cela dure un bon quart d’heure, c’est hideux, joué à tue-tête (impossible de poursuivre la moindre conversation), et se termine évidemment par un bakchich obligatoire. Le premier soir à Sofia où notre dîner s’est éternisé, ils sont même passés deux fois !

Les roms sont mal acceptés dans toute l’Europe de l’est (là je ne vous apprends rien), mais cela ne semble pas près de s’arranger. Car il paraît qu’Erdoğan œuvre en sous-main pour les convertir à l’islam… et que cela fonctionne ! En tout cas j’ai lu ça hier soir sur le site de Valeurs Actuelles (pour une fois qu’il est question de la Bulgarie quelque part…). Une belle source de conflit (pour ne pas dire de guerre) en perspective.

Reprenons maintenant le cours normal du voyage. Le temps était toujours incertain le second jour, avec une forte tendance orageuse. Mais contre toute attente, le programme, qui comprenait une assez longue marche effectuée sur une crête, serait exécuté comme prévu. Avant la randonnée et après une laborieuse sortie de Sofia (c’était lundi et la ville est assez embouteillée), nous avons gagné un petit bourg du centre de la Bulgarie, au nom assez difficile à retenir, Koprivchtitsa (Копривщица). Pour situer les choses géographiquement, nous nous situons au pied du massif du Balkan, une chaîne de moyennes montagnes qui traverse la Bulgarie d’est en ouest, et qui a donné son nom à toute la péninsule. C’est dans le Balkan que devait entièrement se dérouler notre première semaine en Bulgarie. Koprivchtitsa se trouve très exactement dans la montagne de Sredna Gora (Средна гора), une excroissance du Balkan dont elle est séparée par la vallée des Roses.

(La vallée des Roses concentre la quasi-totalité de la culture des roses en Bulgarie, pratiquée dans le but de fabriquer de l’essence de rose, dont le pays est le 1er producteur mondial. La vallée est coincée entre deux montagnes ce qui engendre des contrastes thermiques soumettant les fleurs à rude épreuve. L’essence de rose remonte dans la fleur au petit matin, c’est donc à ce moment de la journée qu’est effectuée la récolte, au printemps. Ce sont essentiellement des roms qui effectuent cette tâche pénible. La rose fut rapportée de Syrie (rose de Damas) et implantée dans cette vallée à l’époque ottomane.).

Nous n’avons toutefois rien vu de la culture de rose au cours de notre voyage, nous ne sommes même pas passés à proximité des champs. Notre brève incursion dans le secteur a entièrement été consacrée à la visite de Koprivchtitsa. Koprivchtitsa, dorénavant une ville-musée, connut son essor au XIXe siècle alors qu’elle s’était enrichie grâce à l’élevage. Plusieurs maisons intéressantes datent logiquement de cette époque. Koprivchtitsa fut aussi le berceau de la contestation contre l’empire ottoman (Yvo a évoqué un héros de la guerre d’indépendance mais je n’ai pas réussi à retenir son nom ; il s’agissait peut-être de Georgi Benkovski mais je n’en suis pas sûr). Tout les cinq ans a par ailleurs lieu dans cette ville un festival de musique folklorique bulgare. Énormément de monde converge vers la ville, les concerts ayant lieu dans la forêt alentour faute de place.

Quelques vues des rues de Koprivchtitsa.

Koprivchtitsa (Копривщица), le 15 juillet 2019Koprivchtitsa (Копривщица), le 15 juillet 2019

On visite à Koprivchtitsa les maisons des notables de la ville à la fin du XIXe siècle. Avec pour commencer (ci-dessous) la maison Oslekov (Ослекова къща-музей), construite entre 1853 et 1856. Nentcho Oslekov, son propriétaire, qui s’était enrichi dans le commerce de bétail, jouait également le rôle de percepteur pour le pouvoir ottoman. Mais il prit part à l’insurrection de 1876 et fut arrêté et pendu à Plovdiv.

Koprivchtitsa (Копривщица), maison Oslekov (Ослекова къща-музей), le 15 juillet 2019Koprivchtitsa (Копривщица), maison Oslekov (Ослекова къща-музей), le 15 juillet 2019

Ce qui frappe dans ces maisons c’est le caractère résolument oriental de leur aménagement intérieur, avec les tapis au sol et les sièges qui reviennent quasiment à s’assoir par terre (comme lors des treks dans le désert…). Elles m’ont au passage furieusement rappelé la maison que j’avais pu visiter à Gjirokastër en Albanie. Toutefois les propriétaires de ces demeures n’étaient pas turcs mais bien bulgares, et ils n’étaient (semble-t-il) pas musulmans, ce qui n’empêchait pas une forte empreinte de culture ottomane (il semblent par exemple que le mariage de leurs filles était arrangé à la mode musulmane).

Koprivchtitsa (Копривщица), maison Oslekov (Ослекова къща-музей), le 15 juillet 2019

Nous n’avons pas pu visiter la maison de Koprivchtitsa qui est sans doute la plus belle, mais le lundi est son jour de fermeture. Je pense qu’il s’agit de la maison Kableshkov. Nous avons visité à la place la maison Karavelov (Къща-музей Любен Каравелов), qui appartenait à Lyuben Karavelov, un écrivain révolutionnaire. D’après ce que j’ai compris, sa famille s’est enrichie dans la charcuterie, et la maison a été construite en plusieurs phases. On trouve une imprimerie à l’intérieur de la demeure.

Koprivchtitsa (Копривщица), maison Luben Karavelov (Къща-музей Любен Каравелов), le 15 juillet 2019Koprivchtitsa (Копривщица), maison Luben Karavelov (Къща-музей Любен Каравелов), le 15 juillet 2019

Koprivchtitsa (Копривщица), maison Luben Karavelov (Къща-музей Любен Каравелов), le 15 juillet 2019Koprivchtitsa (Копривщица), maison Luben Karavelov (Къща-музей Любен Каравелов), le 15 juillet 2019
Koprivchtitsa (Копривщица), maison Luben Karavelov (Къща-музей Любен Каравелов), le 15 juillet 2019

Après un pique-nique dans un endroit aménagé et abrité, à proximité de Koprivchtitsa, nous avons pris la route du Balkan. Nous avons alors entamé un trek ininterrompu de deux jours et demi dans le massif, démarrant comme prévu du col Trojanski (Беклемето (Троянски проход)), accessible par la route à 1525 m d’altitude. De là, nous avons gagné par les crêtes le refuge où nous allions passer notre première nuit. Pourtant les nuages d’orage semblaient menacer au point que notre guide avait envisagé un plan B, lequel consistait à démarrer en contrebas sur le versant nord et à gagner le refuge en montant plus de 1000 m.

Massif du Balkan, le 15 juillet 2019

Le massif du Balkan, qui s’étend à travers toute la Bulgarie de la frontière serbe à la mer Noire, est essentiellement un massif calcaire dont les plus hauts sommets dépassent à peine les 2000 m. Même si ses contours étaient très arrondis sur les débuts, nous avons ensuite gagné une zone plus accidentée.

Massif du Balkan. Arrivée au refuge de Kozia Stena (Хижа Козя стена), le 15 juillet 2019Massif du Balkan, le 15 juillet 2019

Nous avons finalement rejoint par un beau sentier le refuge Kozia Stena (Хижа Козя стена), 1560 m (déjà visible sur cette photo). Ce refuge qui, comme les autres du massif, date de l’époque communiste, est donc un peu vétuste (et construit en béton sans aucun cachet). Le refuge de Kozia Stena était tenu par une jeune femme enceinte qui y vivait seule (et semble-t-il à l’année) avec un jeune enfant (elle envisageait néanmoins de descendre pour que ce dernier aille à l’école). Il y avait peu de monde dans le refuge, seulement un petit groupe de 4 ou 5 personnes à part nous. Après le dîner, nous avons commencé par jouer aux cartes, puis notre guide a organisé une animation de danses folkloriques. Après une danse facile à laquelle ont participé les touristes volontaires, il a effectué en compagnie de la tenancière et malgré son état, la démonstration d’une danse plus complexe et très animée.

Le temps était toujours aussi mitigé le lendemain, jour intégralement dévolu à la marche, entre le refuge Kozia Stena et le refuge Véjén. Cette journée a du reste commencé assez fort, par un sentier en courbe de niveau sur un versant plutôt escarpé. Je me suis fait porter mon appareil (du coup, pas de photos de ce passage). À la fin des difficultés, un panneau en anglais (à l’attention des randonneurs cheminant dans l’autre sens) avertissait d’un ridge very demanding ; l’anglais n’est pas mon fort (je ne m’en cache d’ailleurs pas), d’après Google cela signifie que la crête est très exigeante. Pourtant le sentier ne progressait pas sur une crête mais en balcon.

Sentier en courbe de niveau, le 16 juillet 2019Des pentes raides dès potron-minet ! (16 juillet 2019)Quittant le refuge de Kozia Stena, le 16 juillet 2019

Pour ceux que cela intéresse, la version bulgare, Билният маршрут е с висока степен на трудност, donne quelque chose comme : La route des crêtes présente un degré de difficulté élevé.

Les pentes se sont fort heureusement adoucies par la suite. Avec également un bref passage en forêt.

Massif du Balkan, le 16 juillet 2019

Halte pour en-cas dans un refuge intermédiaire, le refuge Echo (Хижа Ехо, alt. 1645 m). Non loin de là, présence sur la crête d’une petite chapelle, la Sainte-Trinité (Параклис "Света Троица"), édifiée en 2005 en hommage à un excursionniste mort en montagne. D’après Yvo la chapelle est toujours fermée (la photographie provient de Wikipedia).

Le refuge Echo (Хижа Ехо) (ce n’est pas là qu’on dort…), le 16 juillet 2019

Une petite ascension suivait cette halte au refuge : le mont Yumrouka (от връх Юмрука), situé sur la ligne de crête (1818 m). Une montée assez raide mais pas vertigineuse. La vue de là haut était tout de même assez bouchée (tout juste pouvait-on deviner la vallée des Roses). Il s’agit du premier des trois sommets (sur les cinq prévus…) dont j’effectuerai l’ascension dans ce voyage.

Le mont Yumrouka (от връх Юмрука) (1818 m), premier sommet du séjour, le 16 juillet 2019. Montée un peu raide mais il y a pire

Nous avons ensuite rejoint un col, sur une large crête, et pique-niqué dans les environs. Mais notre repas s’est trouvé écourté par l’arrivée du brouillard puis de la pluie.

Heureusement que nous avons déjeuné à temps !, le 16 juillet 2019

La journée s’est poursuivie en mode « marche ou crève », mon appareil s’est embué et je n’ai plus été en mesure de l’utiliser. Nous avons pourtant emprunté un beau sentier qui longeait en balcon les contreforts du mont Véjen (la plus haute montagne du secteur dont l’ascension n’était pas prévue au programme). Ce sentier était même par endroits dallé, au point que je me suis demandé s’il ne s’agissait pas d’une ancienne voie romaine. L’itinéraire s’est terminé en forêt, jusqu’au refuge où nous sommes finalement arrivés assez tôt (sans doute en raison des haltes que nous n’avions pas faites).

Après deux bonnes heures de marche sous la pluie, le 16 juillet 2019Arrivée au refuge Véjén (Хижа Вежен). Nous sommes mouillés, mon appareil aussi ! (16 juillet 2019)

Le refuge Véjén (Хижа Вежен, alt. 1650 m) était assez vaste, quoique également un peu vieillot. Il y avait un poêle à bois dans la vaste salle à manger et nous avons pu y étaler nos affaires pour les faire sécher. La nuit par contre a été difficile car j’avais un compagnon de chambre très ronfleur… (pourtant j’avais les boules quiès).

La dernière journée de randonnée était en théorie une matinée devant s’achever à la mi-journée dans un restaurant au pied de la montagne. En réalité, c’est quasiment à l’heure du goûter que nous prendrions ce déjeuner. La météo s’est améliorée, les crêtes de la montagne se dégageant progressivement.

On ne va pas du côté du beau temps, le 17 juillet 2019

Après avoir pendant quelque temps remonté le sentier par lequel nous étions arrivés la veille en fin d’après-midi, nous avons obliqué sur la droite pour terminer le contournement du mont Véjen, jusqu’à rejoindre de nouveau la crête. Il faisait assez frisquet, nous avons même dû enfiler le bonnet et les gants. La suite de la journée était presque exclusivement constituée de descente, d’abord le long des crêtes jusqu’à une route en terre, puis dans la forêt.

Massif du Balkan, le 17 juillet 2019

Nous sommes ensuite passés par un refuge, le refuge Benkovski (Хижа Бенковски, alt. 1540 m). Nous y avons effectué une petite halte.

Halte au refuge Benkovski (Хижа Бенковски) (1540 m), mais on n’est pas arrivés, le 17 juillet 2019. L’inscription ça doit être : Добре дошли (« bienvenue » en bulgare)

Mais la descente était loin d’être terminée. La suite empruntait un sentier à peine marqué en forêt, et qui descendait sur un versant très raide. J’ai peiné un peu. Nous nous sommes peu à peu approchés du fond d’un val où coulait un torrent ; une fois au fond, le sentier continuait encore quelque temps sur un terrain tout aussi difficile, avant d’enfin rejoindre une route en terre. Le véhicule nous attendait après encore quelques kilomètres de marche facile. Cette zone très peu fréquentée est située dans la réserve naturelle de Tzaritchina. Il y a paraît-il des ours dans ces forêts (mais nous n’en verrons pas trace).

En bas de la très éprouvante descente, le 17 juillet 2019Cascade, le 17 juillet 2019
Torrent, le 17 juillet 2019À défaut de voir un vrai..., le 17 juillet 2019

Comme promis, direction ensuite le restaurant qui se trouvait dans le village de Ribaritsa (Рибарица). Au menu, de la truite. Puis, un assez long transfert en véhicule allait occuper le reste de l’après-midi (empruntant à un moment une autoroute passant sous un tunnel). Cet itinéraire suivait en partie la vallée de la rivière Iskar (Искър), un cours d’eau important en Bulgarie qui traverse le pays de part en part (en passant par Sofia puis traversant le massif du Balkan) pour finalement se jeter dans le Danube. Notre destination était le petite ville de Vratza (Враца) à l’ouest du massif du Balkan. Très exactement, c’est dans une pension familiale située dans le village de Pavoltche (Паволче) que nous allions passer les trois nuits suivantes. Un endroit beaucoup apprécié du groupe, du fait des repas très variés et typiques.

Nous avons commencé la journée suivante par la visite du monastère de Tcherepish (Черепишки манастир). Ce monastère situé dans la vallée de l’Iskar (au fond d’une gorge dans un site remarquable), fut fondé au XIVe siècle, mais détruit par les Turcs. Les bâtiments actuels datent du XIXe siècle, et sont plus petits que les bâtiments originels.

Monastère de Tcherepish (Черепишки манастир), le 18 juillet 2019

Quelques moines vivent actuellement dans ce monastère : ils se sont installés après la chute du communisme. Je n’ai pas noté leur nationalité (il n’est pas certain qu’ils soient bulgares). Les photos des fresques de l’église sont interdites, mais j’ai réussi (avec peine) à en récupérer sur Internet. Le monastère contient par ailleurs un petit musée, dont une salle est consacrée au poète « national » bulgare, Ivan Vazov (1850 - 1921). Son œuvre principale s’appelle « sous le Joug », Под игото, une sortie de Guerre et Paix à la bulgare (rassurez-vous, je ne l’ai pas lue).

Monastère de Tcherepish (Черепишки манастир), le 18 juillet 2019Monastère de Tcherepisch (source : Internet)Monastère de Tcherepisch (source : Internet)

Ces étranges morceaux de tissus suspendus dans un arbre à l’entrée du site, ont occasionné de longues explications de la part du guide. Ils se rapportent à la Martenitza (Мартеница), une tradition païenne printanière en rapport avec le dieu Mars, toujours en vigueur en Bulgarie. Le 1er mars de chaque année, chaque Bulgare se doit d’acheter un bracelet et de le porter au poignet (y compris le premier ministre qui passe à la télé avec). Il faut ensuite le déposer sur un arbre fruitier la première fois qu’on aperçoit une cigogne.

Tradition païenne de la Martenitza (Мартеница), le 18 juillet 2019

Les bracelets restent ensuite sur les arbres jusqu’à leur décomposition. Notre guide a raconté qu’il lui est récemment arrivé d’apercevoir une cigogne avant la date du 1er mars. Il a cela va sans dire invoqué comme explication le Réchauffement Climatique global (un autre paganisme, mais moderne celui-là…).

Nous avons enchaîné avec une randonnée dans les gorges de Lakatnik (Лакатник), située non loin de là. Les falaises calcaires entourant ce lieu sont connues dans tout le pays comme site d’escalade. Il faisait assez chaud et nous avons même entendu les cigales, pour la première et avant-dernière fois du voyage.

Randonnée dans les gorges de Lakatnik (Лакатник), le 18 juillet 2019Randonnée dans les gorges de Lakatnik (Лакатник), le 18 juillet 2019Randonnée dans les gorges de Lakatnik (Лакатник), le 18 juillet 2019

La ville de Lakatnik située en contrebas, dans la vallée de l’Iskar, est desservie par le chemin de fer. L’inauguration de cette voie au XIXe siècle avait donné lieu à de grandes festivités.

La randonnée (entièrement effectuée sur sentier facile, une fois n’est pas coutume sans passage vertigineux) s’achevait en haut de la falaise au niveau d’un assez horrible monument communiste (que je me suis abstenu de photographier), le « Septemvriytsi 1923 » (Паметник „Септемврийци 1923“), faisant référence à une tentative de putsch effectuée cette année-là. La Bulgarie en a sacrément bavé avec le communisme au XXe siècle, et cela a commencé bien avant l’instauration du régime proprement dit.

Randonnée dans les gorges de Lakatnik (Лакатник), le 18 juillet 2019

Nous sommes redescendus du sommet par un autre sentier, très spectaculaire quoique dépourvu de technicité, puisqu’il traverse directement la barre rocheuse. Il s’agit d’un itinéraire astucieux passant d’une vire à l’autre, avec par endroits des escaliers en pierre de taille (et des balustrades). Il s’agit très probablement d’un aménagement ancien.

Randonnée dans les gorges de Lakatnik (Лакатник), le 18 juillet 2019

Bien évidemment la petite cabane là haut n’était pas à notre programme !

La randonnée se terminait au niveau de cette résurgence karstique. Le bain était possible mais personne dans le groupe ne s’est montré motivé. Du coup, nous sommes rentrés au gîte, assez tôt (une fois n’est pas coutume en tout cas sur les voyages Allibert), bien avant l’animation prévue en soirée.

En fin d’après-midi en effet, le groupe folklorique de Pavoltche s’est produit à la seule intention de notre groupe Allibert. Un chœur de femmes en costume traditionnel accompagnait les danses de jeunes enfants, également en costume traditionnel. Les plus jeunes des choristes ont également dansé un peu. C’était sympathique.

Danses et chants traditionnels à Pavoltche (Паволче), le 18 juillet 2019Danses et chants traditionnels à Pavoltche (Паволче), le 18 juillet 2019

Également en vidéo :


La journée suivante a été consacrée à une randonnée sur le plateau calcaire voisin de Vratza, dans le parc naturel de Vratchanski Balkan (Природен парк „Врачански Балкан“). Balade devant s’achever par une descente « plus dure que l’avant-veille » (ce qui n’était pas sans m’inquiéter un peu). Nous sommes pour commencer montés en minibus jusqu’à un monument moderne localisé à l’aplomb de Pavoltche, au sommet du mont Okolchitsa (Околчица). Il commémore la bataille que mena avec succès contre les Ottomans le Bulgare Hristo Botev, le 2 juin 1876. Ce monument prend la forme d’une gigantesque croix de béton. Comme nous l’a expliqué Yvo, il s’agit d’une croix de type russe (similaire à une croix de Lorraine mais avec une barre oblique en-dessous). À l’époque communiste, la croix avait été détruite et remplacée par une étoile ; mais une croix à de nouveau été édifiée il y a quelques années.

Mémorial du mont Okolchitsa (Околчица), le 19 juillet 2019Mémorial du mont Okolchitsa (Околчица), le 19 juillet 2019

Début de la randonnée sur le plateau, dans un paysage bucolique quoiqu’un peu monotone. Par miracle, le chien errant que mes compagnons avait inopportunément caressé au mémorial, ne nous a pas suivis au cours de la randonnée.

Randonnée dans le parc naturel de Vratchanski Balkan (Природен парк „Врачански Балкан“), le 19 juillet 2019

Le paysage avait parfois un peu du Verdon… mais aussi de la Mongolie.

Randonnée dans le parc naturel de Vratchanski Balkan (Природен парк „Врачански Балкан“), le 19 juillet 2019

Passage près d’une ferme, d’un puits, puis d’une maison isolée.

Randonnée dans le parc naturel de Vratchanski Balkan (Природен парк „Врачански Балкан“), le 19 juillet 2019Randonnée dans le parc naturel de Vratchanski Balkan (Природен парк „Врачански Балкан“), le 19 juillet 2019

Et puis, sans crier gare, nous nous sommes retrouvés en forêt. Le sentier, jusqu’alors bien marqué, l’est soudainement devenu beaucoup moins, cela m’a rappelé certaines randonnées CAF un peu fumeuses.

Randonnée dans le parc naturel de Vratchanski Balkan (Природен парк „Врачански Балкан“), le 19 juillet 2019

Nous avons ensuite pique-niqué dans une aire aménagée, fort inattendue dans cette contrée sauvage ; tellement aménagée même, que l’une des tables à pique-nique était abritée, je n’avais jamais vu cela. Fort heureusement, nous n’avons pas eu besoin de nous servir de cette installation.

Suivait donc la descente difficile, un sentier traversant une zone de falaises, mais bien aménagé avec des échelles et des balustrades en bois. J’ai quand même rangé l’appareil dans le sac, ce qui a limité les prises de vues (j’ai inséré deux clichés de Carlos Peña).

Randonnée dans le parc naturel de Vratchanski Balkan (Природен парк „Врачански Балкан“). On se prépare à une descente bien scabreuse, le 19 juillet 2019Randonnée dans le parc naturel de Vratchanski Balkan (Photo : Carlos PEÑA), le 19 juillet 2019

Randonnée dans le parc naturel de Vratchanski Balkan (Природен парк „Врачански Балкан“). Ce n’est quand même pas là qu’on passe..., le 19 juillet 2019Randonnée dans le parc naturel de Vratchanski Balkan (Природен парк „Врачански Балкан“). En plus ça glisse, le 19 juillet 2019Randonnée dans le parc naturel de Vratchanski Balkan (Природен парк „Врачански Балкан“). En plus ça glisse, le 19 juillet 2019

Randonnée dans le parc naturel de Vratchanski Balkan (Photo : Carlos PEÑA), le 19 juillet 2019Randonnée dans le parc naturel de Vratchanski Balkan (Природен парк „Врачански Балкан“). Pour ceux qui ont réussi à échapper au Vikhren, la descente la plus chaude du séjour, le 19 juillet 2019

Cette tour que j’ai ensuite photographiée depuis le véhicule est un vestige de la mine de Sgorigrad (qui extrayait du zinc et du plomb, peut-être aussi de l’uranium). Notre guide nous a dit quelques mots de l’effroyable accident que connut cette mine en 1966, lorsque l’effondrement d’un bassin de décantation provoqua l’ensevelissement du village voisin, tuant plusieurs centaines de personnes. Les médias du régime communiste ne touchèrent pas un mot de cette catastrophe.

Restes miniers, le 19 juillet 2019

Nous avons ensuite fait halte dans un café situé au pied des falaises calcaires de Vratza (le passage est en effet tellement encaissé qu’il était quasiment impossible d’apercevoir ces falaises depuis le fenêtres du bus !). Il s’agit là aussi d’un haut lieu d’escalade en Bulgarie.

Falaises calcaires près de Vratza (Враца), le 19 juillet 2019Falaises calcaires près de Vratza (Враца), le 19 juillet 2019

La fin de la journée a été consacré au musée archéologique de la ville de Vratza. Ce musée renferme pour l’essentiel le trésor de Rogozen (Рогозенско съкровище) : un ensemble de 250 objets thraces en or et en argent, qui datent du 5e siècle avant notre ère, et qui furent trouvés par hasard en 1985 dans un jardin de la région.

Musée archéologique de Vratza (Враца), le 19 juillet 2019Musée archéologique de Vratza (Враца), le 19 juillet 2019
Musée archéologique de Vratza (Враца). Le trésor de Rogozen (Рогозенско съкровище), ensemble d’objets thraces en or et en argent découvert en 1985, le 19 juillet 2019Le trésor de Rogozen (Рогозенско съкровище), ensemble d’objets thraces en or et en argent découvert en 1985. Musée archéologique de Vratza (Враца), le 19 juillet 2019
Le trésor de Rogozen (Рогозенско съкровище), ensemble d’objets thraces en or et en argent découvert en 1985. Musée archéologique de Vratza (Враца), le 19 juillet 2019

Nous n’avons par contre pas eu le temps de parcourir la ville proprement dite (ci-dessous, une tour d’époque ottomane située à côté du musée).

Tour d’époque ottomane, Vratza (Враца), le 19 juillet 2019Centre-ville de Vratza (Враца), le 19 juillet 2019

Ultime journée le lendemain de la première partie du voyage (celle consacrée au massif du Balkan), après laquelle deux personnes du groupe allaient nous quitter et une demi-douzaine d’autres nous rejoindre (ce qui a eu pour effet de rajeunir et de féminiser le groupe). Avant cela donc, nous avons effectué une randonnée nous conduisant au sommet Kom, aux confins de la Serbie quoique non directement frontalier. C’est de se sommet que démarre le sentier de grande randonnée qui traverse tout le massif jusqu’à la mer Noire ; à l’époque communiste en effet, les quelques kilomètres séparant le sommet de la frontière étaient zone interdite.

La journée a débuté par un assez long transfert en véhicule, via la ville de Montana (Монтана), jusqu’à un refuge situé en haut d’une route forestière à 1520 m d’altitude, le chalet Kom. Il aurait été possible de dormir là ce qui nous eût permis de démarrer la randonnée beaucoup plus tôt (et de ce fait sans doute, d’éviter l’orage…). Il semble que c’était ainsi qu’était organisé le voyage jusque il y a peu, mais clients Allibert, goûtant peu les conditions spartiates de ce refuge montagnard, on suggéré dans les fiches de réclamation de passer une nuit supplémentaire à Pavoltche.

Départ à 1520 m d’altitude en direction du sommet Kom (връх Ком), le 20 juillet 2019

Après quelque 500 m de montée dans la forêt, nous avons atteint ce col où paissaient quelques chevaux.

En direction du sommet Kom (връх Ком), le 20 juillet 2019En direction du sommet Kom (връх Ком), le 20 juillet 2019

Mais lorsque nous avons atteint ce col, les nuages avaient bien monté et il était évident que l’orage n’allait guère tarder. La suite du parcours jusqu’au sommet étant en quasi aller-retour, j’ai cru que nous allions y renoncer afin de limiter le risque orageux. Mais ce n’est pas le choix qu’a effectué le guide. Nous avions certes encore le temps de monter jusqu’au sommet et de le quitter avant que l’orage n’éclate ; mais pas de terminer la balade loin s’en faut.

Le sommet en question, le Kom (връх Ком, alt. 2020 m), et une montagne arrondie style Massif Central, ne présentant pas la moindre difficulté technique. Notons que nous étions loin d’être les seuls au sommet, mais il est probable que les autre randonneurs avaient programmé un trajet moins long par derrière.

En direction du sommet Kom (връх Ком), le 20 juillet 2019En direction du sommet Kom (връх Ком), le 20 juillet 2019

La suite de la balade comportait presque exclusivement de la descente, mais en pente assez douce (avec encore une bonne dizaine de kilomètres à parcourir). Les premières gouttes ont commencé à tomber alors que nous repassions à proximité du col. Nous avons enfilé les gore-tex et les sur-pantalons pour continuer stoïquement tandis qu’à plusieurs reprise le tonnerre grondait au-dessus de nos têtes.

Nous avons passé le stade de la menace (20 juillet 2019)

Ce n’est certes pas mon premier orage en montagne, le danger n’en est pas moins objectif quoique (en ce qui me concerne) moins générateur de stress que les pentes abruptes. Parmi mes expériences assez récentes en la matière, le mont Mandala en Mongolie me vient assez naturellement à l’esprit. Je pense tout de même que la situation ici en Bulgarie était beaucoup moins tendue, il n’empêche. D’autant que nous avons aussi dû nous arrêter pour pique-niquer, en forêt, après le plus fort de l’orage mais toujours sous la pluie.

La randonnée s’est achevée au col Petrohan (Петрохански проход), accessible par la route. Ensuite route vers Sofia (mais sans entrer en ville), changement de véhicule sur une aire d’autoroute, puis direction l’aéroport pour récupérer nos compagnons (aucune attente, une organisation parfaite). Ensuite sans tarder, direction plein sud vers le massif de Rila (du nom du célèbre monastère éponyme que nous visiterons deux jours plus tard). Après avoir longé un grand lac de barrage, le lac Iskar, qui semble servir de destination balnéaire, puis traversé la ville de Samokov (Самоков) par laquelle nous repasserons le lendemain, nous avons finalement atteint le petit village de Govedartsi (Говедарци) où se trouvait notre pension familiale, au pied des montagnes. Les cigognes du village étaient assez photogéniques.

Cigognes à Govedartsi (Говедарци), le 21 juillet 2019Cigognes à Govedartsi (Говедарци), le 21 juillet 2019

Première balade de la seconde semaine et première dans le massif du Rila, l’excursion du lendemain constitue l’un des grands classiques de la randonnée en Bulgarie, et à ce titre extrêmement fréquentée par des marcheurs presque exclusivement locaux. Il s’agissait aussi d’une dépense physique non négligeable, 1000 m de dénivelé en aller-retour, ce qui ne posait aucune difficulté après une semaine de séjour mais s’avérait un peu plus pénible pour ceux qui étaient descendus de l’avion la veille. Il s’agissait de l’ascension du mont Maliovitza (2729 m) (Мальовица), je pense le troisième sommet du massif (à confirmer). Personnellement j’ai quand même été un peu déçu par cette balade (ainsi que par la suivante), assez proche question paysage de ce que l’on peut trouver chez nous, par exemple, dans les Pyrénées ou encore dans les montagnes corses. C’est d’ailleurs le reproche que je peux formuler de manière générale à la Bulgarie, si l’on fait abstraction de ses monastères et de ses églises orthodoxes.

Voici le sommet tel qu’on peut l’apercevoir quasiment du parking (mais ce n’est pas par ce versant escarpé que s’effectue l’ascension). Le chauffeur nous a paraît-il attendus sur ce parking toute la journée ; il faut dire que sa corpulence ne rendait guère crédible l’idée de nous accompagner.

Le mont Maliovitza (Мальовица) (2729 m), l’objectif de la journée, le 21 juillet 2019Torrent (certains y ont vu une cascade...), le 21 juillet 2019

La première partie de la montée consiste à gagner le refuge Maliovitza (1960 m) par un sentier qui s’élève très doucement, en forêt, au fond d’une vallée glaciaire caractéristique (même s’il n’y a plus depuis belle lurette de glaciers en Bulgarie). Au refuge, nous avons trouvé énormément de monde. Une plaque rappelait le nom d’un himalayiste bulgare récemment décédé, Boyan Petrov (1973-2018) (Боян Петров). Il a gravi dix des quatorze huit mille, avant de périr au Shishapangma.

En direction du mont Maliovitza (Мальовица), le 21 juillet 2019En direction du mont Maliovitza (Мальовица), le 21 juillet 2019

La montée est ensuite plus soutenue, bien que la vallée glaciaire comporte deux replats successifs. Par moments, Yvo s’est écarté de l’itinéraire principal afin d’éviter la foule.

En direction du mont Maliovitza (Мальовица), le 21 juillet 2019En direction du mont Maliovitza (Мальовица), le 21 juillet 2019

Après avoir rejoint un petit lac, nous avons emprunté sur la droite un sentier plus raide, comportant même un peu d’escalade facile. Nous redescendrons par contre par la piste principale.

Petit lac sur le chemin du mont Maliovitza (Мальовица), le 21 juillet 2019

Arrivée sur la crête, assez large et qui donnait vue sur le monastère en contrebas. Nous le visiterions le surlendemain.

Le monastère de Rila (Рилски Манастир) vu de la crête du Maliovitza (Мальовица), le 21 juillet 2019Le monastère de Rila (Рила) vu de la crête du Maliovitza (Мальовица), le 21 juillet 2019

Le sommet, d’où la foule rend difficile la prise de vues. Nous avons ensuite pique-niqué un peu en contrebas (il n’y avait aucun vent).

Au sommet du Maliovitza (Мальовица), le 21 juillet 2019

Et puis la descente, assez interminable il faut bien l’avouer.

Descente du Maliovitza (Мальовица), le 21 juillet 2019Descente du Maliovitza (Мальовица), le 21 juillet 2019

 

Descente du Maliovitza (Мальовица), le 21 juillet 2019Descente du Maliovitza (Мальовица), le 21 juillet 2019
Plaques commémoratives, le 21 juillet 2019Descente du Maliovitza (Мальовица), le 21 juillet 2019
Descente du Maliovitza (Мальовица), le 21 juillet 2019

La journée s’est terminée par un long transfert (repassant par Samokov ce qui constituait un long détour, mais il semble qu’il n’existe pas d’itinéraire plus direct). Nous avons passé les deux nuits suivantes à Sapareva Bania (Сапарева баня), comme son nom l’indique une station thermale où l’eau jaillit à 104°C : il s’agit paraît-il de la source la plus chaude d’Europe continentale. L’hôtel proposait un spa jacuzzi (il y avait dans le groupe pas mal d’amateurs) et une odeur soufrée flottait dans l’ensemble de l’établissement. Principal grief contre cet hôtel, les menus « formatés » du petit déjeuner (continental, anglais, « français »… avec impossibilité de panacher) et le service très lent.

Deuxième grand classique du massif du Rila effectué le lendemain et autre lieu très fréquenté par les vacanciers bulgares, la randonnée dite des « sept lacs », dans un secteur du massif voisin du mont Maliovitza quoique l’accès s’effectue par une autre vallée. Balade très populeuse donc, mais pas toute la journée puisque la quasi-totalité des visiteurs emprunte un télésiège pour effectuer la plus grosse partie de la montée. Mais chez Allibert où l’on revendique une éthique éco-citoyenne inclusive et durable, on se refuse de cautionner et donc d’emprunter ce genre d’aménagement polluant et daté. Donc montée à pied en forêt à partir de la route, ou plus exactement de la maison forestière du Preslap vert (Зелени Преслап). Le dénivelé total de la journée était, comme la veille, de l’ordre de 1000 mètres.

Le début de balade en forêt ne se prête guère aux photos. Nous sommes passés par un refuge, le refuge de Skakavitsa (хижа "Скакавица"), où quelques randonneurs avaient passé la nuit. Il semblait du même style que les refuges que nous avions expérimentés dans le massif du Balkan (mais la deuxième partie du voyage Allibert nous épargnait ce genre de nuitées rustiques, ce dont je ne me suis pas plaint).

Refuge de Skakavitsa (хижа Скакавица), le 22 juillet 2019Montée vers les Sept lacs, le 22 juillet 2019

Au bout d’une heure environ de montée, arrivée sur un plateau. La fin de la tranquilité est proche, nous n’allons pas tarder à rejoindre le sentier venant du télésiège.

Montée vers les Sept lacs, le 22 juillet 2019

Il paraît qu’il y une secte qui chaque année se réunit sur cette prairie pour un « rituel cosmique ». Notre guide avait l’air de la considérer avec une certaine bienveillance.

Montée vers les Sept lacs, le 22 juillet 2019

Les sept lacs de la balade portent tous un nom commun ; si j’ai bien retenu et en classant les lacs par ordre d’altitude, ce sont le lac Inférieur (Долното езеро), le Poisson (Рибното езеро), le Trefle (Трилистника), les Jumeaux (Близнака), le Rein (Бъбрека), l’Œil (Окото), et la Larme (Сълзата). Mais nous avons abordé la série par le milieu, commençant donc par le Rein, bien évidemment nommé ainsi du fait de sa forme. La profondeur de ce lac est de 28 mètres et son altitude, 2 282 m.

Lac du Rein (Бъбрека), le 22 juillet 2019Lac du Rein (Бъбрека), le 22 juillet 2019

Immédiatement après le Rein démarre la montée la plus soutenue de la journée, environ 300 m, jusqu’à un belvédère dominant les deux derniers lacs que sont l’Œil et la Larme.

Montée vers les Sept lacs, le 22 juillet 2019Montée vers les Sept lacs, le 22 juillet 2019

Paysage pendant la montée, avec notamment le lac de l’Œil, le plus profond (38 mètres).

Lac de l’Œil (Окото), lac du Rein (Бъбрека), le 22 juillet 2019Lac de l’Œil (Окото), le 22 juillet 2019

Le belvédère qui domine les deux derniers lacs, l’Œil et la Larme. Le sept lacs de la série sont visibles de ce point.

Lac du Rein (Бъбрека), le 22 juillet 2019Lacs Jumeaux (Близнака) ; lac du Trèfle (Трилистника) ; lac du Poisson (Рибното езеро) ; lac Inférieur (Долното езеро), le 22 juillet 2019

Nous avons pique-niqué sur les rives de la Larme, mais bizarrement je n’ai pris aucune photo de ce lac. Ensuite descente dans un premier temps par le même chemin ; puis à partir du Rein, en obliquant de manière à côtoyer chacun des sept lacs. Les lacs Jumeaux sont sans doute les plus beaux.

Lacs Jumeaux (Близнака), le 22 juillet 2019Lac du Poisson ; chalet des Sept lacs ; le 22 juillet 2019Lac du Rein (Бъбрека), le 22 juillet 2019

Au bord du lac des Poissons se trouve un autre refuge, le chalet des Sept lacs (хижа Седемте езера).

Nous avons ensuite quitté le sentier menant au télésiège, retrouvant d’un seule coup une quiétude similaire à celle du matin. En-deçà du lac Inférieur, le sentier traverse une zone de marécages avant de retrouver la forêt. Le sentier progresse alors en balcon, la pente est modérée mais il faut faire attention aux aiguilles de pin qui peuvent être glissantes. Il y a paraît-il des ours dans cette forêt et le risque d’en croiser un n’est paraît-il pas nul. Peut-être sont-ils néanmoins perturbés par la présence du télésiège (que les lacets de notre sentier a coupé à plusieurs reprises).

Fin de randonnée aux Sept lacs, le 22 juillet 2019L’orage menace mais nous y échapperons, le 22 juillet 2019
L’orage menace mais nous y échapperons, le 22 juillet 2019

Nous avons retrouvé le bus (ainsi que la foule !) au parking du télésiège. Également beaucoup de marchands de souvenirs, lesquels comme nous avons pu le constater, ne vendaient plus aucune carte postale. Ces dernières tendent en effet à passer de mode à cause d’Internet et des téléphones portables (j’ai d’ailleurs renoncé à en envoyer depuis plusieurs voyages). À la place (en tout cas en Bulgarie), on achète des images sous forme de petits aimants à fixer à son réfrigérateur, j’avoue que cela me laisse pantois. Les cartes postales existaient depuis plusieurs générations, j’en possède de mon arrière-grand-père ; encore un truc qui f… le camp.

Pas de randonnée le lendemain mais une visite culturelle d’importance, celle du monastère de Rila (Рилски Манастир), le plus important et le plus célèbre de Bulgarie. Il s’agit bien évidemment d’un lieu très touristique, attirant des hordes de touristes étrangers (au moment de notre passage, un groupe Arts et Vie), mais aussi des pèlerins.

Le monastère de Rila se trouve au cœur du massif du même nom, au fond d’une assez longue vallée et au pied du versant sud du mont Maliovitza. Il fut fondé au XIVe siècle en l’honneur de Saint-Jean de Rila, un ermite qui avait vécu dans la vallée au Xe siècle. Bâti au confluent de deux rivières, il se présente extérieurement comme une forteresse, pour se protéger des pillards au Moyen-Âge.

Monastère de Rila (Рилски Манастир), le 23 juillet 2019

Malheureusement, le monastère a entièrement brûlé à la fin du XVIIIe siècle, la quasi totalité des bâtiments actuels sont du XIXe. Exception faite de la tour défensive en pierre qui jouxte l’église (tour de Hrelja) et qui est d’origine. Au XIXe siècle le monastère pouvait accueillir 300 moines ; mais il fut entièrement fermé à l’époque communiste (le régime n’a fort heureusement pas commis de dégradation sur l’édifice, il est vrai déjà classé à l’Unesco). Quelques moines, semble-t-il originaires du mont Athos, vivent de nouveau à Rila de nos jours.

Monastère de Rila (Рила), le 23 juillet 2019Monastère de Rila (Рилски Манастир). La tour de Hrelja, seul vestige du XIVe siècle, le 23 juillet 2019Monastère de Rila (Рилски Манастир). La tour de Hrelja, seul vestige du XIVe siècle, le 23 juillet 2019

La cour du monastère est vraiment magnifique, en particulier avec son arrière-plan montagneux. C’est sans conteste le clou de tout voyage en Bulgarie.

Monastère de Rila (Рилски Манастир), le 23 juillet 2019

Les arcades donnaient accès aux cellules de moines. Il est malheureusement interdit de monter aux étages (alors que mon père avait pu le faire en 1989 ; j’ai joint l’une de ses diapositives).

Monastère de Rila (Рилски Манастир), le 23 juillet 2019Le monastère de Rila en 1989 (photo : Gilbert MORICE)Monastère de Rila (Рилски Манастир), le 23 juillet 2019

L’église se trouve au centre de la cour :

Monastère de Rila (Рила), le 23 juillet 2019Monastère de Rila (Рилски Манастир), le 23 juillet 2019

Un grand nombre de fresques décorent l’église, tant à l’intérieur que sous les arcades extérieures. Toutefois, seule est autorisée la prise de vue de ces dernières. J’ai donc complété ce site à partir de Wikipedia ainsi que du site officiel (en français s’il vous plaît !) du monastère de Rila. Ces fresques représentent des scène de la Bible, le plus souvent liées à la Vierge, puisque le monastère est dédié à la dormition de la Vierge. Elles sont l’œuvre de quelques artistes renommés du XIXe siècle, en particulier les frères Zahari Zograf et Dimitar Zograf, mais il est difficile de savoir précisément qui a peint quoi.

Monastère de Rila (Рилски Манастир), le 23 juillet 2019Monastère de Rila (Рила), le 23 juillet 2019Monastère de Rila (Рилски Манастир), le 23 juillet 2019

Monastère de Rila (Рилски Манастир), le 23 juillet 2019Monastère de Rila (Рилски Манастир), le 23 juillet 2019Monastère de Rila (Рилски Манастир), le 23 juillet 2019

Monastère de Rila (Рилски Манастир), le 23 juillet 2019Monastère de Rila (Рилски Манастир), le 23 juillet 2019

L’église est constituée de trois nefs, elle renferme des reliques du fondateur du monastère. Comme dans toutes les églises orthodoxes, l’autel caché derrière l’iconostase n’est visible que pendant les cérémonies. Seuls les prêtres ont le droit de se rendre derrière l’iconostase (les hommes non prêtres, uniquement dans des circonstances exceptionnelles, et les femmes jamais) ; d’autres peintures de grande valeur se trouvent paraît-il dans ce lieu inaccessible.

Monastère de Rila, intérieur de l’église (source : Wikipedia)Monastère de Rila, fresque intérieure (source : rilskimanastir.org)

Nous avons également été visiter le musée du monastère. Y sont notamment exposées de vieilles icônes (avec des inscriptions en slavon, l’ancêtre de l’alphabet cyrillique actuel) qui avaient pu être sauvées de l’incendie. On trouve également une lettre en turc ottoman (caractères arabes) garantissant de la part du sultan la protection du monastère (NB : en la matière, tout dépendait en fait du sultan et de l’époque). Également, de nombreux cours (y compris de maths) que les moines dispensaient aux enfants des alentours. Aussi une collection d’armes servant à défendre le monastère. Mais l’objet le plus remarquable de ce musée est la croix de Rila, œuvre du père Raphaïl de la fin du XVIIIe siècle. Il s’agit d’un bloc de bois sculpté de 36 scènes bibliques en miniature (plus de 300 personnages minuscules !). Le moine y a consacré sa vie et y aurait perdu la vue.

La croix de Raphaïl, musée de Rila (source : europost.eu)

Après un repas copieux dans un restaurant situé à quelques kilomètres du monastère, retour à proximité de ce dernier pour une très courte balade jusqu’à la grotte où vécut Saint-Jean-de-Rila. Plus une curiosité qu’autre chose. La traversée de la grotte nécessite de ramper un peu dans le noir (mais ce n’est pas difficile). Ce passage constitue paraît-il un rite initiatique, mais j’ai oublié à quoi. Cet épisode m’a un peu rappelé Lalibela (Bieta Mercurios).

Ermitage de Saint-Jean de Rila (Рила), le 23 juillet 2019La grotte où vécut Saint-Jean de Rila (Рила), le 23 juillet 2019
La grotte où vécut Saint-Jean de Rila (Рила), le 23 juillet 2019Source miraculeuse, le 23 juillet 2019

À côté de la grotte, se trouve cette fontaine « miraculeuse ». Il faut glisser un petit papier entre les pierres (en espérant qu’il tienne) tout en faisant un vœu. Je suis trop matérialiste pour tout ça.

Fin de randonnée bucolique (histoire surtout de se dégourdir les jambes).

Balade champêtre, le 23 juillet 2019Balade champêtre, le 23 juillet 2019

Un assez long transfert allait occuper le reste de la journée, jusqu’à la ville de Bansko (Банско) située au pied du massif du Pirin (Пирин). Le Pirin est un massif remarquable par ses sommets calcaires (en marbre) qui coiffent son socle granitique.

Route vers le Pirin (Пирин), le 23 juillet 2019

Le plus emblématique et le plus haut de ces sommets (qu’il est toutefois difficile d’apercevoir depuis la plaine) est le mont le mont Vikhren (Вихрен, à prononcer Vikrrren quoique la translittération la plus souvent rencontrée soit Vihren), second sommet de la Bulgarie (2914 m), et dont l’ascension était au programme. Comme je l’ai annoncé en introduction, j’ai développé dès mon inscription à ce voyage une forte appréhension à propos de cette ascension, eu égard aux passages techniques qu’elle comporte. Appréhension initiée par les messages Internet de la commerciale d’Allibert (bien évidemment, après que je me fus inscris) et puis renforcée au cours du voyage par les allusions du guide, et surtout par le récit effectué par un participant (un prénommé Éric) qui avait effectué la seconde semaine du voyage avant la première. Il avait connu lors de cette ascension des conditions météorologiques difficiles, avec une menace d’aggravation obligeant le groupe à effectuer la montée en un temps record et en sens contraire du programme. En plus de ce contexte anxiogène, j’avais eu la malencontreuse idée consulter Youtube avant de partir, où j’avais trouvé cette vidéo particulièrement impressionnante. Idée malencontreuse, car je pense que l’itinéraire présenté dans cette vidéo n’est pas celui qui était au programme de notre voyage. En tout cas et plus particulièrement pendant les jours précédant cette ascension, je n’ai eu de cesse de me demander ce que j’allais faire, envisageant même de passer la journée à l’hôtel (où nous étions descendus pour deux nuits).

L’imprévu est finalement venu du côté de la météo, annoncée comme très médiocre ce jour là. Quand nous avons quitté l’hôtel à 7h30, le temps était encore dégagé. Nous avons emprunté la route forestière jusqu’au point de départ situé à 1900 d’altitude (le refuge du Vikhren), et nous avons alors pu apercevoir le sommet par la fenêtre du bus. Mais les nuages commençaient déjà à monter. Le trek d’Allibert prévoyait une ascension en traversée, avec une montée par la voie la plus raide (celle comportant donc des chaînes, semble-t-il sur plusieurs centaines de mètres) et descente par l’autre versant plus facile. Mais en raison de la météo, nous avons attaqué la montée dans l’autre sens, afin de se réserver la possibilité de descendre par le même chemin.

Montée vers le Vikhren (Вихрен), le 24 juillet 2019

La montée commence dès le parking et ne s’arrête pas une minute. Après environ une heure de montée on atteint le carrefour séparant les itinéraires aller et retour. Puis, encore deux heures pour atteindre le col, après 700 m de dénivelé. Toute la montée s’effectue dans le granit, même si l’on peut trouver ça et là quelques blocs de marbre tombés du sommet.

Montée vers le Vikhren (Вихрен), le 24 juillet 2019Montée vers le Vikhren (Вихрен), le 24 juillet 2019

Arrivé au col, je ne suis guère senti motivé pour continuer dans le nuage et ne rien voir là haut. J’ai donc sollicité auprès d’Yvo l’autorisation d’attendre au col. Une autre personne du groupe a fait comme moi. Mon idée sous-jacente (que j’ai bien évidemment gardée pour moi) était de prévenir un changement d’avis du guide une fois là haut. Les autres en ont d’ailleurs profité pour décharger leurs sacs, en particulier du pique-nique. Ils sont ensuite partis pour un aller-retour qui durera presque une heure trois quart. J’étais heureusement bien couvert, j’avais emporté mon bonnet et mes gants et je n’aurai pas trop froid (par contre il n’en sera pas je pense de même pour Marie-Christine restée avec moi). Du reste, nous n’étions pas en permanence dans le brouillard, les nuages allaient et venaient au gré du vent. Quant aux autres, ils effectueront l’ascension sans encombre, mais ne verront strictement rien depuis le sommet.

En bas c’est marqué Pirin (Пирин) en cyrillique, le 24 juillet 2019Col du Vikhren (Вихрен), le 24 juillet 2019

Nous avons pique-niqué en contrebas du col, plus à l’abri du vent avant d’entamer la descente, assez interminable. Nous avons du reste totalement échappé à la pluie (ce qui a d’ailleurs été le cas pendant toute la seconde semaine du voyage).

Chamois, le 24 juillet 2019Le beau temps revient, le 24 juillet 2019
Refuge du Vikhren (Вихрен), le 24 juillet 2019

Le pot que nous aurions dû prendre au refuge en arrivant est passé à la trappe : certains étaient pressés d’aller à la douche. Toutefois, nous nous sommes arrêtés après quelques kilomètres de bus, conformément au programme, pour aller voir le « plus vieil arbre de Bulgarie », un pin blanc qui aurait 1500 ans (ce qui est nettement moins donc que les cyprès du Tassili, ma référence personnelle en la matière).

Le plus vieil arbre de Bulgarie (1500 ans), le 24 juillet 2019Le plus vieil arbre de Bulgarie (1500 ans), le 24 juillet 2019
Le plus vieil arbre de Bulgarie (1500 ans), le 24 juillet 2019

La ville de Bansko, où nous passions donc deux nuits, est une station de ski, mais est également dotée d’un centre historique ancien. Les maisons du centre qui datent du XIXe siècle possèdent une certaine unité architecturale. Nous y avons effectué une assez longue balade vespérale en compagnie d’Yvo. Certainement ce que j’ai préféré de cette journée.

Bansko (Банско), le 24 juillet 2019Bansko (Банско), le 24 juillet 2019

Le temps s’était en partie dégagé, et il était même possible d’apercevoir depuis les rues de la ville, le mont Vikhren ! (ci-dessous, le plus à gauche et encore un peu masqué).

Bansko (Банско), le 24 juillet 2019

À côté de la mairie se trouvait un affichage électronique municipal d’un genre un peu bizarre : à côté de la traditionnelle température, et en lieu et place du taux de pollution comme à Paris, était affiché… le taux de radioactivité gamma. La valeur mesurée à ce moment là, de 0,17 µSv/h, était présentée comme normale. Nous sommes ensuite (comme à Sofia au début et à la fin du voyage) allés dîner dans un restaurant traditionnel, d’un plat bulgare également traditionnel dont je n’ai pas noté le nom mais dont j’ai pris une photo (ce n’est pas une pizza, bien que le cliché permette de douter). Qui dit restaurant traditionnel dit musiciens manouches, impossible d’y échapper. L’un d’entre eux m’a quand même bluffé, qui démontait sa clarinette tout en continuant à en jouer (à la fin il ne restait que l’embout et cela sonnait encore dans le suraigu !). Le guide a regretté qu’ils ne jouent pas de la cornemuse des Rhodopes, un instrument emblématique de la Bulgarie (la région éponyme est frontalière avec la Grèce) et qu’il paraissait tenir en très grande estime. N’en ayant pas entendu, je ne saurais en dire davantage.

Bansko (Банско). Restaurant traditionnel bulgare, le 24 juillet 2019Bansko (Банско). Animation folklorique, le 24 juillet 2019

Bansko organise pendant tout l’été un festival de musiques variées (à chaque semaine son genre de musique), et il est possible d’aller assister aux spectacles en soirée. J’avoue qu’après la montée au Vikhren (même avortée) j’avais plutôt envie d’aller me coucher, comme d’ailleurs la partie la plus âgée du groupe, je me suis donc abstenu. D’ailleurs, exceptionnellement pendant cette semaine là, la musique était remplacée par des projections de films bulgares sous-titrés en anglais (ceux qui y sont allés sont revenus avec des impressions mitigées). Notre guide a regretté que nous ne soyons pas passés la semaine suivante où le festival organisait des concerts de jazz. Le guide, mais pas moi. Car expliquer à un groupe de bobos qu’on n’aime pas le jazz, c’est comme raconter à de vieilles bigotes qu’on ne croit pas en Dieu : quelque chose d’impardonnable.

Dernière grande balade le lendemain laquelle consistait en un traversée intégrale du massif du Pirin. Même point de départ que la veille mais pour une montée un peu moins soutenue. Le temps était bien plus dégagé que le jour précédent et le sommet du Vikhren, bien visible.

Le mont Vikhren (Вихрен), le 25 juillet 2019Le mont Vikhren (Вихрен), le 25 juillet 2019

Nous sommes assez rapidement passés près d’un lac aux jolis reflets, le lac de Banderichki (Бандериски). Il y avait quelques baigneurs, bien que ce soit strictement interdit.

Lac de Banderichki (Бандериски), le 25 juillet 2019Lac de Banderichki (Бандериски), le 25 juillet 2019

Montée ensuite en direction du col Banderichka Porta (2550 m).

Lac de Banderichki (Бандериски), le 25 juillet 2019Montée vers le col de Banderichka Porta, le 25 juillet 2019

Après le col, il y avait possibilité de gravir (hors sentier) un sommet facultatif, le mont Muratov (2670 m) (Мура́тов, semble-t-il nommé en l’honneur d’un général russe qui a participé à la libération du pays contre les Turcs). Le guide m’a plus ou moins dissuadé d’y aller, en raison des difficultés en haut de l’itinéraire (progression de bloc en bloc) ; je suis donc resté au col avec trois de mes compagnons, mais j’ai regretté, bien davantage que la veille au Vikhren. La vue était paraît-il assez dégagée (on voyait bien le Vikhren). L’attente a quand même été moins longue que la veille. Les nuages commençaient à monter.

Col de Banderichka Porta (2550 m), le 25 juillet 2019

Le début de la descente empruntait de vastes prairies en pente douce. Suivant une idée un peu baroque du guide, une bonne moitié du groupe a parcouru cette portion pieds nus. L’expérience de la baie du Mont-Saint-Michel ne m’a en ce qui me concerne pas suffisamment subjugué pour être tenté de les imiter. (Il se sont aussi arrêtés assez longuement sur un petit îlot au milieu d’un marigot pour se photographier mutuellement en train de « sommedéquer »). Plus intéressants, les quelques chamois que nous avons pu apercevoir au cours de cette descente, parfois même d’assez près.

Chamois, le 25 juillet 2019

Halte pour le pique-nique sur les rives d’un petit lac, avant de poursuivre la progression, hors sentier, au fond d’une vallée glaciaire. L’itinéraire était balisé de loin en loin par des poteaux affichant leurs coordonnées GPS. Sans doute afin de se repérer par temps de brouillard.

Emplacement de pique-nique, le 25 juillet 2019J’ai vérifié avec mon GPS, le 25 juillet 2019
Troupeau dans la forêt, le 25 juillet 2019Troupeau dans la forêt, le 25 juillet 2019

La descente se poursuivait en forêt et était encore assez longue (1300 m de dénivelé en tout). Très étonnamment on rencontrait encore des troupeaux sous le couvert des arbres. La pente était devenue plus raide (sans l’être excessivement), et le sentier empruntait assez longuement une crête que j’ai pensé être celle d’une ancienne moraine.

Descente dans la forêt (longue mais pas trop difficile), le 25 juillet 2019Comment elle arrive à passer ? (25 juillet 2019)

La balade s’est achevée à Popina Laka (Попина Лъка), une sorte de station touristique, lieu de villégiature pour la bourgeoisie (ou plutôt la nomenklatura) de la ville de Sandanski fuyant les chaleurs estivales. Personne ne vit ici à l’année.

Popina Laka (Попина Лъка), le 25 juillet 2019

Contrairement à la veille, il a été possible de s’arrêter au café avant de remonter dans le bus. Il faut dire qu’il restait ensuite un assez long transfert. La région dans laquelle nous étions arrivés (la Macédoine du Pirin), limitrophe de la Grèce, possède un climat de type méditerranéen, et des chaleurs estivales assez importantes, en contraste avec le reste du pays. Nous avons tout d’abord traversé sans nous y arrêter, la ville de Sandanski (Сандански), avant de nous rendre à Melnik, ancien lieu de production viticole aujourd’hui devenu ville-musée (Мелник). J’ai été assez emballé par Melnik, ville au charme certain bâtie dans un site naturel non moins remarquable, un décor de cheminées de fées. C’est sans conteste l’endroit que j’ai préféré de tout ce voyage en Bulgarie. D’autant que l’affluence touristique ne m’y est pas parue excessive.

Melnik n’est plus qu’une ville minuscule, autant dire un village : 300 habitants à peine ! Ils étaient pourtant 100 fois plus nombreux au début du XXe siècle. Trois communautés se partageaient alors à part égale la ville : les Bulgares, les Turcs et les Grecs. Mais suite aux évènements politiques consécutifs à la Première Guerre Mondiale, les Turcs dans un premier temps et les Grecs dans un second, durent faire leurs valises. Il faut dire qu’à l’époque la « communauté internationale » cherchait à tout prix à mettre fin à la balkanisation de la région, cet entrelacement de populations antagonistes qui avait justement avait été l’origine du conflit. Politique qui devait se poursuivre après la seconde guerre avec la ligne Oder-Neisse mais qui semble totalement oubliée aujourd’hui, quand on pense au déluge de migrants musulmans dont nos élites encouragent aujourd’hui la venue à hauts cris, telle la populace troyenne poussant en chantant le cheval piégé jusqu’au cœur de sa cité.

Nous sommes descendus à Melnik dans un hôtel situé en plein centre, sur une hauteur, avec une vue imprenable sur la localité (la réciproque n’est sans doute pas vraie…).

Melnik (Мелник), le 25 juillet 2019

On trouvait dans l’hôtel cette petite salle-musée pour nostalgiques du régime communiste. Notre guide ne s’y est pas attardé.

Melnik (Мелник), vestiges d’une époque révolue, le 25 juillet 2019Melnik (Мелник), vestiges d’une époque révolue, le 25 juillet 2019

Pendant la soirée avant le dîner, était prévue une dégustation de vin du cru, animée par Yvo en personne. Et contrairement à ce que j’ai connu à Berat en Albanie, les amuse-bouche accompagnant la dégustation n’ont pas fait office de repas. La région cultivait des vignes à grandes feuilles, exclusivité de l’endroit, et exportait le vin dans le monde entier. Mais le savoir-faire s’est perdu à l’époque communiste. Les tentatives pour redémarrer la production depuis se sont soldés par des résultats mitigés, la notoriété de Melnik s’étant perdue et la concurrence étant rude.

Melnik (Мелник), dégustation de vin local, le 25 juillet 2019

Panorama sur la ville au petit matin, depuis l’hôtel.

Melnik (Мелник), le 26 juillet 2019

Au programme de cette dernière journée de voyage, à dominante plutôt culturelle : d’abord la visite du monastère de Rojen (Рожен), situé à proximité de Melnik. Puis à l’issue d’une assez courte randonnée au milieu des cheminées de fées, retour à Melnik afin de visiter la ville. (Dans l’après-midi, nous regagnerions Sofia dont j’ai déjà présenté la visite au début de cette page). Notons que contrairement au programme, nous avons effectué la balade dans le sens de la descente, du monastère vers la ville

Monastère de Rojen (Рожен), le 26 juillet 2019Monastère de Rojen (Рожен), le 26 juillet 2019

Plus petit et objectivement moins intéressant que le monastère de Rila, le monastère de Rojen présente comme point commun le fait d’avoir entièrement brûlé, en l’occurrence au XVIIe siècle. Les archives du monastère ont alors disparu, ce qui fait qu’on ne sait pas à quelle époque il a été fondé. Un seul moine y vit actuellement (en dehors des pèlerinages), l’administration du monastère étant assurée par des laïcs de la ville de Melnik. Comme celui de Rila, le monastère est dédié à la Vierge. Il y a quelques fresques à l’extérieur de l’église, en mauvais état (représentation du Jugement dernier).

Monastère de Rojen (Рожен), le 26 juillet 2019Monastère de Rojen (Рожен), le 26 juillet 2019

Les photos de l’intérieur de l’église sont interdites. L’entrée est dotée d’un narthex à la manière des églises arméniennes. Le guide à réussi à nous faire ouvrir une petite salle afin de jeter un œil derrière l’iconostase, sans y pénétrer naturellement. Cette partie de l’église semble assez décorée. À l’entrée de l’église et à côté du narthex, se trouve une petite chapelle dont une fresque représente une donatrice de l’église.

Monastère de Rojen (Рожен), le 26 juillet 2019Monastère de Rojen (Рожен), le 26 juillet 2019

Contrairement à Rila, il est ici possible de monter à l’étage et de visiter la cuisine, les cellules des moines et l’ancien réfectoire (lequel n’est plus utilisé de nos jours).

Monastère de Rojen (Рожен), le 26 juillet 2019Monastère de Rojen (Рожен), le 26 juillet 2019

Nous avons ensuite enchaîné sur la randonnée au milieu de ce paysage déjà évoqué de cheminées de fées, dans un terrain de grès et d’argile. Terrain qui est trop friable pour permettre la moindre escalade, circonstance pour moi rassurante car obligeant au sentier d’éviter les à-pics.

Balade dans les formations d’argile et de grès, le 26 juillet 2019

Une brève montée nous a permis de gagner un belvédère sur les environs et sur les cheminées de fées. (C’est vraiment le paysage que j’ai préféré de toute la Bulgarie, le seul aussi qui ne soit pas une pâle copie de ce qu’on peut trouver chez nous).

Balade dans les formations d’argile et de grès, le 26 juillet 2019Balade dans les formations d’argile et de grès, le 26 juillet 2019

Ensuite une descente au début assez raide…

Balade dans les formations d’argile et de grès, le 26 juillet 2019Balade dans les formations d’argile et de grès, le 26 juillet 2019

par laquelle nous avons gagné une vallée qui est celle de Melnik ; nous avons ensuite cheminé sur plusieurs kilomètres dans le lit d’un ruisseau à sec.

Ruisseau à sec, le 26 juillet 2019Yvo a sûrement dit ce que c’était, le 26 juillet 2019

Arrivée aux premières maisons de Melnik (dont beaucoup sont abandonnées du fait de l’histoire de la ville).

Melnik (Мелник), le 26 juillet 2019Melnik (Мелник), le 26 juillet 2019

Nous avons ensuite enchaîné avec la visite de la maison de Kordopulov (Кордопулова къща). Il s’agit d’une très grande maison du XIXe sur trois étages, qui appartenait à un riche négociant en vin (les propriétaires actuels ne sont plus de la famille). Comme souvent avec les élites, ce riche Bulgare jouait double jeu avec l’occupant turc.

Melnik (Мелник), maison de Kordopulov (Кордопулова къща), le 26 juillet 2019Melnik (Мелник), maison de Kordopulov (Кордопулова къща), le 26 juillet 2019Melnik (Мелник), maison de Kordopulov (Кордопулова къща). Pour ceux qui auraient oublié le nom, c’est marqué ici, le 26 juillet 2019

Melnik (Мелник), maison de Kordopulov (Кордопулова къща), le 26 juillet 2019

Le grand salon offre une magnifique vue sur la ville. La maison est également dotée d’un jardin d’hiver et d’une terrasse.

Melnik (Мелник), maison de Kordopulov (Кордопулова къща), le 26 juillet 2019Melnik (Мелник), maison de Kordopulov (Кордопулова къща), le 26 juillet 2019
Melnik (Мелник), maison de Kordopulov (Кордопулова къща). La pièce est deux fois plus grande que mon appart à Paris ! (26 juillet 2019)Melnik (Мелник), maison de Kordopulov (Кордопулова къща). Terrasse privative, le 26 juillet 2019

Au sous-sol, se trouvent deux niveaux de cave creusés dans la roche (la pierre de grès est en effet à la fois facile à creuser et résistante).

Melnik (Мелник), maison de Kordopulov (Кордопулова къща), le 26 juillet 2019Melnik (Мелник), maison de Kordopulov (Кордопулова къща). Cave à vin, le 26 juillet 2019
Melnik (Мелник), maison de Kordopulov (Кордопулова къща). Cave à vin, le 26 juillet 2019

Cette photo de Melnik se trouve dans le vestibule de la maison de Kordopulov. Une grande partie des maisons qui y sont représentées ont disparu.

Photo de Melnik (Мелник) du début du XXe siècle. Maison de Kordopulov (Кордопулова къща), le 26 juillet 2019


Après le déjeuner au restaurant, fin de balade dans les rues de Melnik avant de reprendre le bus pour Sofia.

Melnik (Мелник), le 26 juillet 2019Melnik (Мелник), le 26 juillet 2019
Melnik (Мелник), le 26 juillet 2019Melnik (Мелник), le 26 juillet 2019

Nous sommes ensuite rentrés à Sofia en bus, par une autoroute empruntant un terrain assez accidenté (viaducs et tunnels). Cette montagne que nous avons pu apercevoir était peut-être le Vikhren, quoique ce point ne nous ait pas été confirmé par Yvo.