Ce camp est le dernier avant d’aborder, pendant plus d’une semaine, un espace
presque intégralement minéral. Nous y avons donc passé
deux nuits, le temps que les porteurs se préparent assez de nourriture
pour le séjour. Pendant cette pause au cours de laquelle le temps
n’était du reste pas fameux ,
notre guide nous a fait une démonstration du gonflage du caisson hyperbare
(même si nul cobaye n’avait souhaité se glisser à l’intérieur).
Il faut en effet préciser que nous sommes déjà à
3400 m d’altitude, et que la vallée monte ensuite en pente très
douce vers des altitudes plus élevées (4600 m à
Concordia, 4900 m à Ali-Camp et jusqu’à 5400 m au
col de Ghandogoro). Tout problème d’acclimatation pourrait donc s’avérer
assez dramatique car la topographie des lieux exclut une redescente rapide.
Pour ce qui est du gonflage proprement dit, il faut bien dire qu’il
procure un conséquent exercice physique à celui qui le pratique.
Et à ceux qui comme moi se contentent d’un rôle de spectateur,
la scène pourra toujours suggérer un petit exercice de physique …
Ensuite commence donc la remontée du glacier
du Baltoro. Évidemment, marcher sur un tas de cailloux, tout le monde
n’apprécierait pas j’en conviens. Mais ça ne manque pas d’intérêt.
Pendant les premiers kilomètres on ne peut absolument pas voir de
glace : on se croirait vraiment sur un simple éboulis, sur lequel
le sentier est très bien tracé, et ou poussent même,
par endroits, quelques rares poils d’herbe ! Nous croisons beaucoup de monde
sur ce glacier, outre les trekkeurs, les expéditions et les nombreux
porteurs, il y a les soldats de l’armée pakistanaise , que leur accoutrement
ne distingue guère des porteurs, si ce n’est la kalachnikov
qu’ils portent en bandoulière.
Les premiers camps après Payu sont toutefois situés sur la rive (gauche) du glacier, ce
qui nous permet un temps de retrouver un environnement un tout petit peu plus bucolique.
Ces camps sont ceux de Liligo (où nous avons dormi, 3700 m) et d’Urdokas (4011 m).
On peut deviner sur la photo d’Urdokas,
un fil qui traverse le petit lac de part en part : ce n’est pas une rayure de la photo mais
un authentique fil
téléphonique, posé (par l’armée pakistanaise) sur le glacier sur toute sa longueur depuis le bas
jusqu’à Concordia… Inimaginable ! L’histoire ne dit pas toutefois s’il fonctionnne effectivement ou s’ils attendent
d’avoir un blessé pour le vérifier…
Nous n’avons pas eu très beau temps pour cette marche, et c’est bien
dommage car le glacier est entouré de montagnes absolument remarquables. Ainsi,
ces tours de Trango, exceptionnelles parois rocheuses et hauts lieux de l’alpinisme
de haute altitude (elles dépassent toutes les 6000 m). Nous pourrons
les voir un petit peu mieux le jour suivant la nuit à Liligo.
Cette photo a été prise le même jour, alors que nous
traversons le glacier affluent de Liligo, beaucoup moins recouvert que le
glacier principal. On peut voir notre guide pakistanais qui traîne
avec lui… le dîner du surlendemain ! (la pauvre n’a pas dû
manger grand chose depuis Payu).
Au camp suivant ,
Goro I (4200 m), une autre surprise nous attendait : les
tentes étaient
montées non pas sur la rive, mais en plein milieu du
glacier ! Bien évidemment, ne pas espérer enfoncer
des piquets en un tel
endroit : nous avons dû attacher les ficelles à de
gros cailloux.
Quant au confort, eh bien… on peut toujours imaginer pire !
C’est au niveau de Goro I qu’apparaissent les premiers
pénitents , sortes
de petits monticules de glace qui dépassent de la couche des cailloux.
Ils sont paraît-il caractéristiques des glaciers tropicaux,
leur formation étant un peu analogue à celle des
cheminées de fées
(un gros rocher protège localement la glace de la fonte sous les rayons
du soleil, donnant ainsi naissance à ces formations). Sauf que je
n’ai jamais vu de pénitent coiffé de son
rocher.
Les photos suivantes ont été prise le matin au camp de Goro I, le
temps s’est heureusement un tout petit peu amélioré dans la
journée.
Ainsi, nous avons quelque aperçu sur
les sommets du coin. Ici le massif du Masherbrum, qui culmine à 7821 m. Le Masherbrum était le premier des sommets triangularisés
depuis le Cachemire par les Anglais au XIXe siècle (il l’avait donc
appelé le K1, K pour Karakorum). Ce n’est que par la suite que l’on découvrit
que le K2 était plus haut que le K1.
Un autre sommet (beaucoup moins connu) qui domine
le camp, le Biarchedi (6705 m). Je n’ai malheureusement pas pu prendre
de photo de la célèbre tour de Mustagh , qui était dans
les nuages.
De là, nous avons gagné le
camp de Concordia à 4600 m d’altitude. Concordia (comme la place
de la Concorde, mais aussi en référence à un
emplacement similaire sur le
glacier d’Aletsch
en Suisse), c’est dixit le prospectus de Terdav, un panorama unique à
360° sur les plus belles montagnes de la Terre ! En fait de panorama,
nous avons eu droit à deux jours de temps bouché, avec en
prime, chaque matin, 20 centimètres de neige fraîche à
secouer quand nous émergions de notre tente ! Ce fut tintin pour
l’« exploration de ce site extraordinaire », et l’excursion
vers les camps de base du Broad Peak et du
K2. Nous avons vraiment cru que nous allions faire demi-tour faute de pouvoir
faire le col (c’est-à dire nous retaper 30 km de moraine dans l’autre
sens…). Notre guide local Karim nous a affirmé
qu’il n’avait jamais dû en X années de métier en arriver
à pareille extrémité.
Les photos précédentes sont un peu trompeuses car elles ont été prises à la faveur d’éclaircies…
Heureusement, le troisième matin (celui où nous devions
redescendre), alors que nous n’y croyions plus, ce fut le miracle !
Nous pouvions enfin admirer ce K2 que nous étions venus chercher
de si loin ! Rappelons que le K2, 8611 m, est le deuxième
sommet du monde après l’Everest… mais que contrairement à
ce que prétendent certains journalistes ce n’est pas pour cette raison
qu’il est numéroté « K2 ! ». Le
nom local de la montagne, assez peu connu, est « Chogori ».
La paroi sud de la montagne, telle qu’on peut la voir ici, mesure la bagatelle
de quatre mille mètres de la base au sommet !
Le beau temps revenu, il était encore (tout juste) temps pour nous
de passer par le col, mais nous ne pouvions plus par contre nous approcher
du K2. Nous avons donc dû nous contenter d’en prendre (pas mal) de
photos avec tous les zooms possibles et imaginables. Nous avons aussi pu photographier
les autres sommets du coin, parmi lesquels pas moins de trois huit mille
outre le K2. C’est la plus grande concentration de huit mille au monde (il
y en a quatorze en tout).
Ainsi parmi ces huit mille, le Broad Peak (8047 m), ou Falchen Kangri, dont nous apercevions le sommet pour la première fois :
Et maintenant le Gasherbrum IV, dont nous avions déjà pu avoir un aperçu , mais vous conviendrez qu’il est tout de même mieux ainsi…
La deuxième photo
de la série précédente comporte une énigme que je soumets à votre sagacité. Le Gasherbrum IV y est visible
de façon évidente (sur la moitié gauche), mais qu’en est-il des autres sommets de la série ?
J’ai récemment étudié la question (grâce à Google Earth dont je ne disposais pas à l’époque de mon voyage…).
Il semblerait que le Gasherbrum II (8035 m) soit l’arête neigeuse dépassant tout juste du col à droite du IV ;
le V (7147 m) serait le pic rocheux sous le reflet de contre-jour ; et le I (8047 m), mais ça c’est vraiment sous réserve,
apparaîtrait à droite, tout juste dépassant de l’arête rocheuse descendante. Il est avéré que nous avons un
moment pu apercevoir le GI pendant cette journée du 15 août, mais je ne l’ai pas photographié. Le seul cliché
dont je dispose (en dehors de celui-ci) est donc a priori celui du col .
Nous avons commencé à progresser
au-dessus de Concordia , et la neige qui recouvrait le glacier a commencé
à fondre. Sur cette photo on distingue à la fois le K2 et
le Broad Peak …
Et pour le plaisir d’utiliser pleinement les fonctionnalités
de mon Olympus IS3000, un petit zoom à 180 mm sur le K2.
Nous gagnons maintenant le glacier Vigne :
nul reflet
bien sûr de la flore locale, ce nom est celui d’un explorateur
valdôtain
qui explora la région en 1835. Ayant gagné de l’altitude,
nous
retrouvons du même coup la neige fraîche, tombée
suite au mauvais temps des jours précédents. Sur la
gauche, on peut
voir le massif du Chogolisa qui culmine à 7665 m, et dont
les
parois neigeuses particulièrement abruptes sont fortement
sujettes
aux avalanches (les autres photos de la série montrent cette même montagne,
elles ont été prises plus tardivement dans la journée ;
sur la dernière de la série ,
on peut voir le Baltoro Kangri.).
Et avant que le K2 se masque à nos yeux (nous le reverrons une dernière fois, au col ), une dernière petite photo au téléobjectif, pour la route !
J’espère que vous avez reconnu la photo !
Voici plusieurs photos du massif du Gasherbrum, prises à divers moments de la journée
Sur l’image principale, prise le soir à Ali-camp (le dernier
camp avant le col, à 4900 m d’altitude), on aperçoit le Falchen Kangri
(8047 m) ainsi que les Gasherbrum IV, III,
II et V (respectivement 7925, 7952, 8035 et 7147 m ; le GIII est le pic rocheux vers la droite en
second plan, en partie à l’ombre : le II est le pic neigeux qui apparaît groupé avec le GV).
Les autres photos montrent ce même massif (la dernière
étant prise du même endroit mais au téléobjectif),
mais comme je l’ai dit on ne voit jamais
le GI. Pourtant notre guide, a un moment, s’était vanté de pouvoir placer les
quatre 8000 sur la même photo ; malheureusement je ne l’ai pas imité…
Le lendemain, le col… c’est à dire le Ghandogoro-La (souvent
orthographié Gondogoro),
5400 m d’altitude avec une incertitude de ± 10 %.
C’est évidemment la journée la plus difficile du trek, et
je dois dire que le guide de haute montagne qui nous accompagnait ne nous
l’a pas vraiment facilitée.. Le départ a en effet été
fixé à minuit et demi (avec un lever à 23h30), et ce
dans l’espoir de redescendre les éboulis avant les porteurs, ce qui
bien évidemment ne sera pas le cas. Pour être sûrs de bien
partir à l’heure, nous n’avions pas eu le droit de monter les tentes,
nous nous étions donc tous étendus dans la tente mess, complètement
les uns sur les autres ce qui nous empêchait absolument de fermer l’œil.
Ensuite la montée s’est faite intégralement de nuit, encordés,
avec les piolets et les crampons qui devaient ne nous servir que pour cette
seule journée… Qui dit encordés dit monter tous au même
rythme, et la pente était plutôt raide. Et notre guide, tout
à son obsession de redescendre avant les porteurs, n’a pas franchement
modéré l’allure. Résultat, j’étais totalement
essoufflé au col, et totalement à bout de force sur la fin
de l’étape.
Nous étions finalement au col à
cinq heures et demie, alors que l’aube pointait. Nous avons alors quand même
trouvé le temps (et les forces) de prendre quelques photos. Le temps
s’annonçait heureusement radieux. Ainsi sur cette photo, on peut voir
dépasser les sommets du K2 et du Broad Peak derrière
la crète. Les quatre premiers Gasherbrum étaient également visibles
(sur cette photo ).
Dans l’autre direction, on pouvait apercevoir le spectaculaire
glacier du Ghandogoro, ainsi que le Leïla-Pic dont je parlerai plus bas.
Mais pour courte qu’elle fût, cette halte au sommet avait suffi pour
que les porteurs nous rattrapent. Et pourtant, ils n’étaient pas équipés
comme nous, loin s’en faut ! Non encordés, ils montaient en s’aidant
de cordes fixes qui avaient été installées par les premiers
d’entre eux. Sans crampons, et le plus souvent sans chaussures de montagne non plus, ils
étaient pour la plupart chaussés de tennis avec lesquelles
ils n’avaient troqué leurs habituelles sandales que pour cette seule
journée. Mais ça ne les empêchait pas d’avancer. Et les
premiers porteurs nous rejoignaient déjà au moment où
nous atteignions le col.
Mais sur le fond, le guide n’avait pas tort : car la descente du Ghandogoro
côté sud n’était pas enneigée, c’était un
éboulis particulièrement raide. Éboulis sur lequel les
nombreux porteurs risquaient à chaque instant de nous faire rouler
un projectile. Mais en pratique, ça a plutôt été
nous qui avons eu tendance à faire rouler des pierres vers les porteurs.
Pour ce passage particulièrement escarpé et dangereux, nous
nous aidions de cordes fixes. Nous avions ainsi pu mettre en œuvre
les techniques de prussik (poignée autobloquante) que le guide nous avait
patiemment enseignées les jours précédents. Mais nous
avons vite dû nous rendre compte que le pas était grand
qui séparait la théorie, en école, de la pratique sur
le terrain !
Le guide nous a abandonnés au bas
du raidillon. Il restait encore une bonne heure de marche sur un terrain
facile et presque plat, mais j’étais tellement exténué
que j’ai cru que jamais je n’y arriverais. Il était environ 10 heures
quand je suis arrivé (le dernier !) au camp de Khuispan (à
environ 4600 m d’altitude). Nos tentes avaient été montées
par les porteurs, nous avons pu nous coucher. Sur cette photo du camp, on
peut voir le Leïla-pic : une montagne très élégante, mais seulement vue
sous cet angle ! Il y a paraît-il
une légende autour de ce sommet mais personne ne nous l’a racontée.
Mais vous avez sûrement remarqué ce que ces images ont de
saisissant : elles montrent les premières touffes d’herbe que nous ayons
vues depuis une dizaine de jours !
Nous avons passé une journée entière
dans ce camp pour nous reposer (photos ci-dessus). Le lendemain était prévue l’ascension
« facultative » du Ghandogoro-Ri (5600 m environ). Je me
suis abstenu et je ne le regrette pas car la vue était assez proche
de celle du col. D’autant plus que cela nous a permis, pendant ce temps,
de redescendre à notre rythme le glacier du Ghandogoro, où
le paysage était vraiment magnifique. J’ai pour commencer pris cette
n e vue en gros plan du Leila-Pic.
La marche se faisait d’abord sur le glacier, puis
ensuite sur ses berges. La glace sur ce versant n’est pratiquement pas recouverte
de pierres, contrairement au Baltoro. Il y a aussi quelques cascades de glace.
On pourrait se croire en Suisse… si ce n’est la dimension des montagnes
qui est tout autre !
Sur cette vue on peut apercevoir au
fond de la vallée le col d’où nous sommes redescendus l’avant-veille.
La brèche n’est pas directement au fond de la vallée, mais
un peu sur la gauche après le mamelon. On peut quand même constater
que la pente était bien raide !
Le bas de la vallée nous a fait retrouver
des paysages plus alpestres. Mais ce glacier était assez long, nous avons encore
passé une nuit sur ses rives avant d’arriver en bas, au camp de Saitcho.
Et en arrivant au camp de Saitcho, ô comble
de l’horreur : on vendait du coca cola ! Je ne crois pas que l’on puisse
vraiment parler de « retour à la civilisation » ! Où
diantre l’invasion des sous-produits d’Outre-Atlantique s’arrêtera-t-elle ?
L’entrée de la vallée du K6 et du K7 : c’est la suite de la série qui commence au Masherbrum et qui continue par le Chogori .
Cette photo a été prise depuis le camp de Saitcho. Comme nous
avions une journée d’avance sur l’itinéraire prévu,
nous y avons fait le lendemain une balade d’une journée (et nous
avons eu de la pluie). Les porteurs ne nous ont pas accompagnés, car
il était hors de question pour ces syndicalistes nés de faire
des heures supplémentaires !
On remarquera les arbres sur ces photos, nous n’en avions pas vu beaucoup ces derniers temps.
La balade aller-retour dans cette vallée n’était
pas des plus reposantes puisqu’il nous a fallu traverser le glacier de Chogolisa sud,
assez tourmenté. Cette photo a été prise (peu avant
la pluie) au point le plus éloigné où nous soyons allés,
en face de la cascade de glace du glacier de Charakusa.
Il restait ensuite une demi-journée de marche
pour rejoindre le village de Hushe (3250 m). Hushe était ainsi
le premier village que nous retrouvions après une vingtaine de jours
de caillasse… C’était donc là le terme de notre trek
(ce qui faisait quand même en tout dix-neuf jours sans douche !).
Là aussi, le début du parcours en jeep
n’a pas été de tout repos puisqu’un pont était effondré
à Kande , depuis plusieurs mois celui-là. Nous avons commencé
le voyage… sur le toit d’un véhicule ! Cette photo a été
prise le lendemain en aval de Kande : on devine dans le fond le massif du
Masherbrum .
Khaplu, dans la vallée de la Shyok,
était la capitale d’un roitelet de la région, qui a quand
même régné jusqu’aux années soixante-dix.
Nous avons visité les restes de son palais qui domine la ville,
palais que d’aucuns ont pu surnommer :
« les délices de Khaplu »…
Ça c’était pour le mot d’esprit (des correspondants sur Internet m'ont signalé que la ville sur
la première photo est en réalité une localité voisine de Khaplu, Macchlu – parfois aussi appelée
Khankah ; la bâtisse au centre est une mosquée, il ne s'agit donc pas du palais de Khaplu que l'on
peut lui voir sur la seconde photo).
Il nous restait encore
une
centaine de kilomètres de jeep avant de rejoindre Skardu, son
hôtel et sa douche… La boucle était maintenant bouclée,
mais il nous restait encore à regagner Rawalpindi. Il n’était
pas prévu pour le retour de prendre l’avion, nous allions devoir reprendre
la vallée de l’Indus et la KKH. Mais nous n’avons pas fait étape
aux mêmes endroits, nous ne sommes pas repassés par Gilgit.
À Chilas (چلاس ) nous nous sommes arrêtés
pour voir les gravures rupestres d’époque bouddhique. Elles sont d’intérêt
assez limité mais ça permet toujours de se dégourdir
les jambes.
Et voici une vue de la vallée
prise à peu près au même endroit, où nous
avons également passé la nuit. Je signale qu’il est
formellement interdit au Pakistan de photographier les ponts, je devais
sans doute conserver quelques séquelles de mon séjour en
altitude… La vallée est situé juste dans l’alignement
du Nanga Parbat (8126 m), mais vu le temps couvert
je n’aurai pas pu en apercevoir autre chose que la base de quelques
glaciers.
Un autre crochet était prévu pour
ce retour, pour la visite de la ville de Peshawar. Nous avons rejoint Peshawar
en une étape depuis Chilas, ce qui a nécessité un lever
à quatre heures du matin… Il a fallu quitter la vallée de
l’Indus pour celle de Swat, que nous avons rejointe en franchissant le col
de Shangla (2042 m seulement…). À Mingaroa, nous nous sommes
arrêtés pour visiter les restes d’une statue de Bouddha. Il
faut préciser que la région était avant l’Islam une
zone de peuplement tibétain, ce dont on trouve beaucoup de restes
au niveau de la toponymie. La population du Pakistan est aujourd’hui musulmane
à 99 %, mais ce genre de site est tout de même fréquenté
par quelques familles de la bourgeoisie…
Nous voici maintenant à Peshawar (en ourdou پشاور ), la
porte de l’Afghanistan. Une ville paraît-il mythique,
associée au nom de la passe de Khyber, un milieu de zone
tribales
où l’état de droit ne s’applique pas et où les
Pakistanais
qui ne sont pas Pathan (la tribu locale) ne s’aventurent pas sous
peine de danger de mort (la Corse en pire, quoi !). Rassurez-vous
la ville elle-même est sûre… mais sans grand
intérêt, si ce n’est pour les
amateurs de tapis. Bref, des kilomètres de bazars sans aucun
intérêt architectural (les Sikhs ayant tout détruit
au XIXe siècle). La seule chose un tant soit peu intéressante est cette mosquée du XVIIe siècle, la mosquée Mahabat Khan.
Tout ça bien sûr, c’était avant que l’Afghanistan
ne défrayât la chronique, mais je ne vais pas me mettre à
faire du journalisme…
Taxila (en ourdou ٹکس , en sanscrit तक्षशिला) : site archéologique de l’époque Ghandara. Personnellement
je ne connais rien à l’histoire bouddhiste. On dit que des Grecs
de l’époque d’Alexandre le Grand sont venus ici enseigner les normes
de construction anti-sismiques…
Enfin pour terminer, la mosquée Fayçal à Islamabad (en ourdou اسلام آباد ) ,
la capitale du Pakistan, une ville moderne sans aucun charme, construite
ex nihilo dans les années 70. La mosquée fut comme
il se doit financée par l’Arabie saoudite, et serait un repère d’islamistes…
Ce voyage a vraiment
été pour moi le plus beau. Malheureusement
la région a été rattrapée
par l’actualité
depuis quelques années, ce qui fait que les touristes y vont
moins… Espérons que ça puisse
changer !
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