Nous revenons maintenant au magnifique filon de marbre
blanc, que nous avons traversé en l’espace d’une matinée. Les
pierres sont à mon avis encore plus belles que celles de
Paros,
certaines
d’entre elles ressemblant même d’emblée à des dalles
de marbre polies industriellement (c’est sans doute l’action du sable). Mais
ce marbre n’est évidemment pas exploité, isolement des lieux
oblige. Toutefois, d’après notre guide Issaka, des bijoux étaient
taillés ici il y a quelques siècles, et on peut retrouver à
terre des fragments de bracelets en marbre. Le filon se prolonge assez loin
dans le Ténéré, mais il est très difficile de
le visiter entièrement quand on voyage avec des chameaux en raison
de l’absence de points d’eau.
Les deux photos suivantes, où la pierre blanche fait magnifiquement
contraste avec le sable jaune, ont été prises lors de la traversée
de la montagne de marbre.
Autre grand moment de ce trek, la traversée de l’erg d’Izane séparant
Ilakane de l’adrar Chiriet. L’absence d’acacias (et donc d’ombre) à
l’intérieur nous a poussés à partir tôt pour
traverser l’erg d’une seule étape matinale, nous évitant dès
lors un éprouvant pique-nique au soleil. Du même coup, nous
avons comme à Arakao pu bénéficier
des magnifiques couleurs de l’aube (et enfin, dernier avantage et non des
moindres, nous avons réussi à « semer » le tapis
de mouches que chacun transportait depuis trois jours sur son sac !).
Alors que la photo précédente était dirigée vers
le camp d’où nous étions partis (à la gauche du rocher,
au second plan sur la gauche), voici maintenant notre encore assez lointain
objectif, l’adrar Chiriet. Il s’agit d’un massif presque parfaitement circulaire,
une sorte d’île au milieu des sables du Ténéré,
détachée du reste de l’Aïr.
On peut également voir sur la photo précédente que l’erg
n’est pas uniformément recouvert de dunes, il existe aussi quelques
étendues planes. À un endroit, on pouvait également
observer quelques dunes d’un blanc immaculé, lesquelles ne proviennent
pas semble-t-il des montagnes de marbre mais seraient plutôt la conséquence
de dépôts salins.
Nous avons campé à la lisière
de l’adrar Chiriet, en un magnifique lieu où nous courions néanmoins
un risque certain : celui d’être écrasés par des
4 × 4 !
Quelques images contrastées de cet adrar Chiriet dont les pitons rocheux
(sont-ils volcaniques ?) rappellent d’un certain côté le Hoggar…
Enfin je m’avance peut-être un peu en disant cela car je n’y ai encore
jamais mis les pieds !
Nous avons effectué une incursion à l’intérieur de ces
montagnes, remontant une large vallée puis franchissant un col : à
peine 50 mètres de dénivelé, mais hors sentier sur
de gros blocs rocheux rendant la progression assez malaisée. Ressortant
par une autre vallée assez similaire à la première,
je n’ai pu m’empêcher de photographier ce magnifique piton rocheux :
Le camp d’Ifiniyane, au nord-ouest de l’adrar Chiriet (lequel est visible
en arrière plan), est situé dans un oued parcouru par de petites
dunes. Ce jardin saharien plaisait beaucoup à notre guide Issaka,
même si je préfère pour ma part les paysages purement
minéraux. J’ai là aussi passé la nuit au sommet d’une
petite dune.
Notre trek se terminait à Tezirzek,
où nous avons pu observer quelques gravures rupestres, les
seules de ce voyage. Pour ma part je ne
raffole pas des gravures rupestres, sans doute passionnantes pour les
archéologues mais quelque peu répétitives pour le
béotien que je
suis…
C’est maintenant le retour en 4 × 4 par
Iferouane (un jour
et demi de voiture seulement, donc moins qu’à l’aller car nous avons
emprunté de bien meilleures pistes, terminant notamment par la route
asphaltée qui dessert la mine d’uranium d’Arlit). À Agadez
nous avons pu visiter la mosquée dont le minaret en banco et en branches de palmier doum (et qui date
tout de même du XVIe siècle) constitue à n’en pas douter l’un des
monuments les plus intéressants de l’Afrique subsaharienne.
Et avec toutes mes excuses pour ce pylône si malencontreusement placé…
Chose très rare dans le monde musulman, il est possible de monter
au minaret, même si l’escalier, extrêmement étroit et
surtout bas de plafond, est des plus malaisés. Seules deux personnes
peuvent tenir à la fois sur l’étroite plate-forme sommitale.
La dernière photo, prise du haut, permet d’admirer l’étendue
de la ville d’Agadez.
Je ne saurais affirmer si la courbure de l’horizon est vraiment due à
la rotondité de la Terre, mais je puis vous assurer que je n’ai pas
utilisé d’objectif spécial pour prendre cette photo !
Carte du trajet
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