Pour
mon deuxième voyage au Népal, je n’ai
guère
cherché
à faire plus original que pour le premier. Le camp de base
de
l’Everest
constitue en effet le trek le plus classique du Népal avec
le
tour
des Annapurnas. La zone est particulièrement touristique,
avec
un
nombre impressionnant de gîtes (avec eau chaude)
aménagés
notamment pour recevoir les nombreux visiteurs américains
(c’est plutôt rare
d’en voir autant en un endroit si exotique, mais là on est bien obligé
de faire
avec).
Cela étant, la période n’était pas la
plus propice
au
tourisme international en général et aux voyages
au
Népal
en particulier. D’une part, l’invasion de l’Irak par
doublevé-Bush
venait tout juste de commencer;
et d’autre part,
la guérilla maoïste népalaise qui
sévissait
déjà
depuis quelques années, commençait à avoir un
impact sur
le
tourisme même si aucun Occidental n’a pour l’instant jamais
été
attaqué. L’atmosphère à Kathmandou
était
visiblement
beaucoup plus lourde que cinq ans auparavant, lors de mon
précédent
voyage : la police partout, un char posté devant
l’aéroport,
et beaucoup moins de touristes dans les ruelles. Cela étant,
la
région
du Khumbu (autour de l’Everest), de peuplement bouddhiste alors que la
majorité
du Népal est hindoue, est une région à
part,
infiniment
plus riche que le reste du pays grâce à la manne
touristique,
et qui était, du moins à l’époque,
restée
à
l’abri de la guérilla. Et la diminution du flux touristique
n’y
était
pas franchement perceptible, d’autant plus que l’on fêtait ce
printemps
là le cinquantième anniversaire de la
première
ascension
de l’Everest, et que pas moins de trente expéditions
différentes
tentaient de renouveler l’exploit.
J’avais en effet choisi le printemps (avril) pour entreprendre
ce
voyage,
alors que j’étais parti en octobre pour le tour des
Annapurnas.
Le
Népal ne se visite en effet qu’aux saisons
intermédiaires,
l’été étant trop pluvieux en raison de
la mousson,
et
l’hiver, trop froid. J’avais donc souhaité changer afin de
pouvoir
admirer les rhododendrons en
fleurs, et accessoirement
d’éviter
les
sangsues. Il s’avère en fait que je n’ai pas fait les bons
choix,
j’aurais plutôt dû faire ce voyage à
l’automne et
l’autre
au printemps. En effet, l’altitude moyenne y est d’une part beaucoup
plus
élevée, ce qui prive à la fois de
rhododendrons
et
de sangsues, et d’autre part les lacs
de Gokyo
sont gelés au printemps,
ôtant au paysage une bonne partie de son contraste.
On atteint le Khumbu
par de petits avions à
hélice, ce
qui
permet d’éviter quelque dix jours de marche
d’approche,
en
zone de guérilla de surcroît. Le vol qui se fait
à
vue
est particulièrement impressionnant, survolant un col
à
quelques
dizaines de mètres seulement, avec une montagne plus
élevée de chaque
côté, avant de plonger brusquement pour atterrir
à
Lukla,
sur une piste située à flanc de montagne, en
pente, un
peu
dans genre de l’altiport de Courchevel. Les vols ne peuvent se faire
que par
temps
dégagé et n’ont donc lieu que le matin (les
nuages
montant
en général l’après-midi). On imagine
la foire
d’empoigne
lorsque le mauvais temps bloque les touristes ici pendant plusieurs
jours.