Le
lendemain, nous
avons pris l’avion jusqu’à Calama dans le désert d’Atacama.
Calama est une ville minière sans intérêt. Cette première
photo a été prise après quelques kilomètres de
route dans le désert. Rappelons que le désert d’Atacama est
un désert d’altitude (nous sommes à environ 3000 mètres
ici), et que c’est aussi l’un des endroits les plus arides du monde.
Dans
certains lieux, aucune pluie n’a été enregistrée depuis
la conquête espagnole ! Le désert est bordé par
une suite de volcans placés sur la ligne de rupture tectonique, et
avoisinant ou dépassant les 6000 mètres d’altitude. Climat
oblige, on peut les apercevoir à plus de 150 km de distance !
Sur la photo, on peut voir le volcan Licancábur (5916 m), dont
la silhouette nous accompagnera pendant une bonne partie du voyage et
dont
nous ferons l’ascension
à la fin.
Nous avons
effectué trois jours de trekking dans une vallée
qui se nomme Rio Grande, et qui nous a amenés jusqu’à la banlieue
de San Pedro de Atacama. Cette photo montre le
« style » du cañon,
où affleurent les couches géologiques, en particulier des couches
de sel. Un tel relief ne pourrait en aucun cas
« tenir » si les
précipitations étaient plus abondantes.
Il est à noter que Terdav ne communiquait pas sur ses
brochures la
localisation exacte de ce cañon, pour éviter que des agences
concurrentes ne copient !
Dans cette
vallée on peut aussi observer des pétroglyphes d’origine
indienne, qui il faut bien l’avouer ne valent pas ceux du Sahara !
Le cañon se rétrécit
ensuite et il devient nécessaire
de marcher dans l’eau. Eau qui, étant donnée l’altitude, est
assez froide… Les jours suivants, j’ai attrapé une tendinite qui
m’a quelque peu immobilisé ; n’étant néanmoins pas médecin,
je ne saurais dire s’il existe un lien de cause à effet.
Débouchant du cañon,
nous arrivons dans ce superbe paysage
de formations salines (très proche à vrai dire de la ville
de San Pedro de Atacama).
Cette photo a été
prise dans la ville de San Pedro de Atacama.
On reconnaît, dans l’axe de la rue, notre vieil ami le Licancábur.
La ville de San
Pedro de Atacama est située au fond d’une cuvette,
à 2600 m d’altitude, et entourée de montagnes et
de cols ne descendant pas en-dessous de 3000 m. Cette photo
montre une
vue d’ensemble de cette cuvette, avec en toile de fond le volcan
Láscar,
près duquel nous ferons une promenade
d’acclimatation les jours suivants.
Nous nous dirigeons vers
la vallée de la Lune, un site ultra-touristique
de la région de San Pedro (mais nous sommes allés dans une
zone non fréquentée). Il existe une polémique quant
à l’origine du nom, puisque certains prétendent que des astronautes
venus ici après leur expédition, ont prétendu que le
paysage faisait penser à la Lune. Mais il semblerait que la
dénomination
soit en fait antérieure.
Pour accéder à la
vallée de la Lune,
nous avons emprunté cette arche naturelle qui n’a rien à envier
à celle de
Nous avons aussi fait
un peu de spéléo
dans une grotte de
sel (avec des stalactites), mais ce n’est pas évident d’en
faire une photo .
Nous avons ensuite
parcouru une autre vallée, plus spectaculaire encore
que la vallée de la Lune, que notre guide nommait la vallée
de Mars mais que les prospectus touristiques baptisaient Valle
de la Muerte . La route qui la parcourt, construite par un
milliardaire, n’est plus carrossable en raison de l’ensablement.
Ce paysage dunaire a lui aussi été pris dans la vallée
de « Mars ». Le sable en est toutefois beaucoup plus
grossier
que celui du Sahara.
Comme je l’ai dit plus
haut, nous avons fait deux jours d’acclimatation sur
les flancs du volcan Láscar (avant d’aborder la suite du parcours
qui se situe presque exclusivement à plus de 4000 m
d’altitude).
Ces deux jours, qui n’étaient pas les plus intéressants sur
le plan touristique, furent aussi ceux où le temps était le
plus médiocre ; car, s’il pleut peu en Atacama, il arrive que le temps
se couvre, surtout au niveau de la chaîne des volcans. Le volcan Láscar
présente la particularité d’être en activité,
chaque éruption se caractérisant par le déversement
de coulées pyroclastiques (comme pour le
ou la montagne Pelée).
La dernière éruption datait de 1993, mais quelques signes (notamment
l’épaisse fumée au sommet) faisaient craindre la venue prochaine
d’une nouvelle éruption. Le poste de police nous a néanmoins
autorisés à nous balader sur ses flancs, à condition
de ne pas faire le sommet.
Nous nous sommes ensuite rendus sur le site des
« geysers »
d’El Tatio. Je mets le mots entre guillemets parce qu’il ne s’agit pas
de
vrais geysers comme en Islande ,
mais de simples colonnes de fumée,
qui en outre ne sont bien visibles qu’à l’aube. Le site est situé
au nord de San Pedro, à 4300 m d’altitude environ, et à
3 h de route du village. La plupart des touristes viennent en
excursion
en partant à 2 h du matin, mais avons pu loger dans des baraquements
qui avaient été construits là dans le but de faire une
usine géothermique. La nuit, la température descend à
-15°C (il y a quelques années, un touriste allemand qui avait
eu besoin de sortir la nuit est mort de froid après s’être perdu).
La photo montre le
champ de fumées au lever du soleil. Elle n’est
pas très claire, mais restitue bien l’impression mitigée que
m’a laissée ce site.
Après la
visite, nous avons effectué une balade dans la vallée
de Caspana. Nous l’avons faite dans le sens de la descente, parce que
le
voyage que j’avais choisi n’était pas le plus péchu (comme
on dit à l’armée). La photo est prise au début de la
balade. Parmi la végétation clairsemée on trouve une
sorte de plante fossile (verte mais dure comme du bois) qui ne pousse
que
d’1 cm par an.
Aux environs du
village, on parcourt un cañon avec des canaux d’irrigation
distribuant l’eau selon le même principe que
Le village de
Caspana, situé au bord du cañon, est l’un des
rares villages 100 % indiens du Chili. Les murs de certaines
de ses
maisons font immanquablement penser à des murs incas .
Remarquez la petite croix en haut du toit.
En direction
d’Ollagüe , nous nous sommes arrêtés devant
ce petit cône volcanique portant le nom de Poruña. Malgré
sa petite taille, son unique éruption a couvert des dizaines de km²
de champs de lave.
Nous longeons ensuite
de magnifiques salars (étendue salée
parfois partiellement remplies d’eau) dont les couleurs contrastées
sont typiques des hauts plateaux des Andes. Beaucoup de ces salars sont
habités
par des colonies de flamants roses, et ce en dépit de l’altitude et
du froid nocturne. Cette photo montre le salar d’Ascotán. Il est
malheureusement
impossible de se promener sur ses rives, le terrain étant miné
en raison de la proximité de la frontière avec la Bolivie.
Nous avons croisé
dans la région de nombreux troupeaux de
vigognes .
Le salar de Carcote est quant à lui traversé par la voie ferrée
(mais la route fait le tour). Cette voie ferrée
qui vient de Bolivie
permet l’exportation de produits boliviens (la Bolivie n’ayant plus
d’accès
à la mer depuis la guerre du Pacifique au XIXe
siècle).
Il y a aussi quelques rares trains de voyageurs empruntés uniquement
par des Indiens. Il va sans dire que ça va beaucoup plus lentement
que la route…
Le lendemain, nous
avons passé la frontière
chilo-bolivienne à Ollagüe. Même si, à ma grande
déception, ce n’est pas une frontière où l’on parcourt
200 m à pieds avec ses bagages, il faut quand même changer
de véhicules et les deux postes frontières sont distants de
plusieurs kilomètres. La petite ville d’Ollagüe, côté
chilien, a vraiment des airs de bout du monde. Elle est située au
pied du volcan du même nom, aux fumerolles assez actives.
Côté bolivien,
l’état des pistes est exécrable
et l’on avance comme des tortues. Dans un premier temps on ne croise
que
des militaires, qui s’ennuient tellement qu’ils réclament des journaux
chiliens aux touristes de passage. Il paraît aussi qu’ils n’ont pas
de bois pour se chauffer et que parfois ils demandent même à
manger aux touristes. Le premier village que nous rencontrons, après
quelques heures de route, est San Juan, doté d’une église
pittoresque :
La région vers laquelle
nous nous dirigeons est celle du salar d’Uyuni.
Ce salar, le plus grand mais aussi le plus beau d’Amérique du Sud
(et sans doute aussi du monde), couvre la superficie de deux
départements
français, à une altitude d’environ 3600 mètres. La plus
grande partie de sa surface est d’un blanc immaculé, formant néanmoins
des motifs géométriques résultant de l’évaporation
de l’eau qui recouvre partiellement le salar à la saison des pluies
(l’été austral).
Il est à noter que le salar d’Uyuni constitue la
plus grande réserve de lithium du monde. On parle de temps en temps
de l’exploiter, mais pour l’instant ce n’est pas le cas et la zone peut
être
entièrement consacrée au tourisme. Rappelons que le lithium
servira de « combustible » aux futures centrales
thermonucléaires …
Le salar d’Uyuni
n’est néanmoins pas uniformément plat, il
y a quelques rochers qui forment de véritables îles. Ces îles
sont recouvertes de cactus candélabres. Ainsi, l’île de Lomo
Pescado sur ces deux photos. En toile de fond de la première, on
aperçoit
le volcan Tunupa (situé en bordure du salar) où nous irons
nous promener le lendemain.
C’est sur une « plage » de cette
île que l’on nous a organisé un barbecue de steak
de lama.
Le lendemain donc,
nous avons fait une promenade sur les flancs du volcan
Tunupa. Nous n’avons pas été jusqu’au sommet (5368 m) trop
escarpé, mais seulement sur un mamelon à 4500 m. Nous
démarrons du village de Jirira, mais les abords du salar ne sont pas
très beaux car « pollués » à cet endroit.
Le village de Jirira est en train de se vider de ses habitants.
Et voici le sommet du
volcan tel que l’on pouvait l’apercevoir de notre promontoire :
Notre guide nous a raconté avoir assisté à cet endroit
à une éclipse totale de soleil. Ça devait être
absolument exceptionnel, il paraît que le salar était dans l’ombre
alors que les sommets le bordant étaient éclairés.
Le lendemain
nous sommes repartis en voiture sur le salar et je ne puis résister
à l’envie de vous en remontrer une vue (en arrière-plan, le
volcan Tunupa) :
Nous avons ensuite
visité une seconde île sur le salar, plus
touristique que la première, l’île d’Inca Huasi. Elle est gardée
en permanence.
La forêt de cactus candélabres y est aussi plus dense.
Voici maintenant un
« attrape-touriste » : l’hôtel de sel
du salar d’Uyuni. Construit entièrement en briques de sel, avec des
chambres mais nulle eau pour se laver. Inutile de dire que la brique de
sel
ne constitue nullement un matériau de construction traditionnel dans
la région. J’ai entendu il y a quelques semaines à la télé
que cet hôtel
venait de fermer faute de clients. Comme quoi le touriste
de base n’est pas toujours aussi c… qu’on voudrait bien le croire !
Si le sel ne sert pas habituellement à faire des briques, on
le récolte
toutefois pour les animaux. Nous sommes allés voir la zone
d’exploitation,
où il y a de petits tas blancs comme à Guérande (pas
de photo). Et là, surprise : alors que le salar est presque
uniformément
blanc sur des milliers de km², il contient des couches grisâtres
à quelques centimètres de profondeur ! Ceci explique d’ailleurs
que les briques de l’hôtel soient grises.
Nous quittons
maintenant la région du salar pour revenir dans la zone des volcans.
Ici, nous retrouvons le volcan
Ollagüe , mais sous un autre angle de vue.
Quittant la région de
ce volcan nous avons traversé par une
mauvaise piste des cols à plus de 4000 m d’altitude. Puis nous
avons ensuite longé plusieurs lagunes d’altitude peuplées de
flamants roses. Je n’ai pas retenu de photo de chacune, mais seulement
de
deux d’entre elles. La première
est la lagune de
Cañapa…
suivie de la lagune
d'Hedionda, sur la photo de laquelle on distingue
(en bas à gauche) un envol de flamants roses. Hedionda signifierait
« malodorant » en espagnol, à cause des odeurs
soufrées
que l'on respire dans les environs.
Nous traversons
ensuite un désert particulièrement inhospitalier
à 4700 m d’altitude. Nous avons mangé à l’abri
de ces rochers sculptés par le vent (malheureusement nous n’étions
pas les seuls touristes). Telle la marmotte du refuge du Pelvoux, une viscatche
« payée par le syndicat d’initiative » s’approchait
pour
réclamer son dû.
Et maintenant la
laguna Colorada, l’une des plus célèbres
de Bolivie. Pour ceux qui ne connaissent rien à la langue espagnole
(j’en fais partie), je signalerai que « colorada » ne
signifie
pas « coloré » mais désigne une certaine nuance
de rouge (celle de la lagune j’imagine). Quoi qu’il en soit, la couleur
est
ici due à des algues microscopiques, de la même façon
que dans l’un des lacs
d’Ounianga Kébir . Les taches blanches sur le bord ne sont pas
des glaçons mais des formations de nitrate.
La laguna
Colorada est peuplée d’un très grand nombre de flamants
roses. Néanmoins, ces derniers sont très craintifs et s’envolent
au moindre bruit, aussi il est difficile (pour qui n’est pas
spécialiste)
de les prendre en photo. Voici donc tout ce que j’ai pu faire dans le
genre.
La laguna Colorada est située à haute altitude dans une région
particulièrement isolée, et n’offre que très peu d’infrastructures
pour les touristes. En clair, il a fallu loger dans des baraquements
conçus
initialement pour la prospection géothermique. Il y a très
peu de places et c’est un peu la foire d’empoigne entre groupes.
La solfatare de
Sol de Mañana (le soleil du matin) est constituée
de bacs de boue sulfureuse, un peu comme à
la
différence
étant l’altitude qui est ici de 4900 m. Ça peut être
d’ailleurs assez dangereux de respirer l’H2 S
dans une atmosphère
raréfiée en oxygène. Nous n’avons toutefois pas eu de
problèmes car nous avions eu le temps de nous acclimater, étant
dans la région depuis une dizaine de jours.
La laguna Salada et
ses couleurs paradisiaques qui invitent à la baignade…
Non ce n’est pas une blague, plusieurs personnes de notre groupe l’ont
fait
grâce à la source chaude qui jaillit sur sa rive. Il paraît
que le plus dur est de rentrer dans l’eau. Je veux bien le croire, mais
je
n’en vois personnellement pas trop l’intérêt…
Et nous nous dirigeons
maintenant vers la laguna Verde ,
la plus belle lagune à mon avis, au bord de laquelle nous retrouvons
une vieille connaissance, le volcan Licancábur …
Un peu comme la
la lagune est divisée en deux
morceaux
reliés par un petit canal. Une partie de la lagune était
gelée, mais il y a aussi du nitrate comme sur la laguna Colorada .
Et maintenant que nous avons retrouvé notre cher
Licancábur, il ne nous reste plus qu’à monter
dessus !
C’est la bavante du voyage, celle qui a progressivement obnubilé
tous
les esprits (et la plupart des conversations) au fur et à mesure
que le voyage avançait !
Un dénivelé de 1400 m en montée, une
broutille somme toute, mais avec un départ à 4500 m
pour arriver donc à 5916 m. La montée se fait le
long
de la petite tache blanche que l’on voit sur la photo
précédente,
sur la pente du volcan vers la gauche, et qui est en fait un
névé
situé dans un petit creux. Plus exactement, on monte par la
crête
située juste sur la droite et l’on redescend par le
névé.
Comme sur la plupart des volcans, la pente s’effrite, la montée
est
donc particulièrement pénible puisqu’on recule d’un pas
quand
on avance de deux. Il y a de plus un petit raidillon
aux 2/3 de la montée. Cela étant dit, la vue sur la laguna
Verde selon un angle qui se transforme progressivement, offre un lot de
compensation.
Partis à la frontale à 5h30 du matin, nous mettrons environs
4 heures pour monter.
De là-haut,
nous avons une vue exceptionnelle dans toutes les
directions, surtout vers l’est (par où nous sommes montés)
d’où nous dominons entièrement la laguna Verde :
De l’autre
côté du volcan, c’est le Chili. On domine entièrement
le désert d’Atacama où se déroulait le début
de notre voyage. Il est à noter que la montée par ce versant
(au demeurant miné) eût présenté un dénivelé
deux fois plus important.
Le Licancábur possède
un cratère, minuscule par rapport
à la taille de la montagne. Le fond est occupé par un petit
lac qui est gelé en cette saison (nous sommes en août donc c’est
l’hiver austral). Je rappelle que Nicolas Hulot s’est amusé à
faire de la plongée dans ce lac (sous la glace s’entend) pour y mettre
en évidence la vie aquatique la plus haute du monde. Ce lac est en
effet le plan d’eau le plus élevé, les autres volcans de la
région (en général un peu plus hauts) étant couverts
de neiges éternelles. De l’expédition médiatique nous
avons retrouvé un peu de lest de plongée sur le bord du cratère
(mais tout de même pas de bouteilles…). Comme quoi les grands écolos
feraient bien de commencer par balayer devant leur porte !
Redescendons sur
terre, avec le fort de Quitor, un reste d’époque
inca situé aux environs de San Pedro de Atacama (nous sommes donc
revenus au Chili).
Le voyage touche à
sa fin. Avant de regagner l’Europe, nous avons
visité, à une centaine de kilomètres de Santiago et
sur la côte pacifique, la ville de Valparaíso. Premier port
d’exportation du Chili, port d’attache du bateau
« Esmeralda »
(lequel n’était malheureusement pas là à ce moment),
cette ville présente un côté un peu typique avec les
« ascenseurs », ces funiculaires datant du XIXe
siècle.
Chaque quartier en avait un autrefois mais bon nombre d’entre eux ont
été
démolis. Ceux qui restent sont des monuments protégés,
comme ici l’ascenseur du quartier Artilleria :