Hauts plateaux du Vercors

La traversée du haut plateau du Vercors

Il s’agit de la première « rando camping » que j’ai effectuée avec le CAF. J’ai pu par cette occasion réutiliser le matériel (tente, nourriture lyophilisée) que j’avais acquis pour mon voyage au Vanuatu en 2011. J’ai choisi cette randonnée parce qu’elle n’était pas trop difficile, et parce que les hauts-plateaux du Vercors m’avaient interpellé lorsque j’étais venu un ans plus tôt dans les parages (à Corrençon-en-Vercors).

Une fois n’est pas coutume, cette randonnée n’a pas débuté par une nuit dans le train. Nous avons pris le TGV pour Grenoble à l’aube, et avons démarré la randonnée en fin de matinée. Bizarre impression de débarquer à Grenoble pour la troisième fois en très peu de temps… En arrivant, nous remarquons la présence de névés assez bas sur certains sommets, ce qui risque de perturber notre progression.

Le taxi nous mène à Corrençon-en-Vercors, cette photo a été prise en bas du gîte où j’avais dormi en juin dernier.


Nous quittons assez lentement la zone « civilisée », traversant notamment le golf de Corrençon, zone dangereuse d’après les pancartes…

Nous arrivons bientôt à un point « remarquable » : le franchissement du 45e parallèle ! Et oui, dorénavant nous sommes dans le sud, plus proches de l’équateur que du pôle. Pour fêter cette grande nouvelle, nous nous arrêtons pour pique-niquer, au pied d’un monument en hommage à la Résistance qui se trouve au même endroit… et au grand scandale d’une randonneuse âgée pour qui ces (jeunes ? Parisiens ?) ne respectent rien !

Nous pénétrons maintenant peu à peu dans la zone sauvage, les seuls randonneurs que nous croisons encore sont chargés comme nous de très gros sacs à dos.

On aura noté les lapiaz sur la dernière photo.

Nous rencontrons nos premiers névés, il nous faut même passer dans la neige pour gravir une combe. Au loin les premiers sommets du Vercors sont maintenant visibles, notamment le Grand Veymont (2341 m), le plus haut sommet du massif que nous aurions dû gravir à la fin de la randonnée.

Nous arrivons à la cabane de la Jasse du Play, près de laquelle nous allons camper. À notre grand déplaisir il y a pas mal de monde (et la cabane est pleine). Par contre, et c’est une chance, la source qui coule à proximité n’est pas tarie (il n’en serait sans doute pas de même si nous étions venus en juillet). Nous allons remplir nos gourdes puis nous nous installons un peu plus loin.

Premier camp : j’utilise mon réchaud à gaz pour la première fois. (En fait ce sera la seule, avec le petit déjeuner du lendemain matin). La nuit est assez pluvieuse, heureusement l’eau n’entre pas dans ma tente.

La seconde journée est assez difficile, le temps est frisquet et maussade. Nous pique-niquerons quand nous aurons fini la traversée de la majeure partie des Hauts Plateaux, au niveau de la cabane de Pré Peyret. Il y a pas mal de monde dans la cabane (des familles arrivées ici on ne sait comment). Nous préférerons finalement manger dehors, la température étant acceptable.

En début d’après-midi nous franchissons un petit col, le col du Piscn (1655 m). On notera l’étrange allure « volcanique » du nuage.

Le temps se découvre maintenant et l’on aperçoit le fameux mont Aiguille (2087 m) (encore des lapiaz sur la seconde photo).

Brusque changement de décor : nous nous engageons dans une descente impressionnante (plus que vertigineuse) dans la cirque d’Archiane, un étrange cañon qui paraît totalement dépourvu de cours d’eau. Je n’ai pas tout compris.

On note le bouquetin sur la photo suivante (pas très visible toutefois, je n’ai pas emmené mon gros appareil).

Un petit passage un peu plus exposé sur lequel on n’était pas censés faire trop de photos, mais j’ai passé outre la consigne.

Arrivée progressive dans la vallée d’Archiane où se trouve notre gîte.

Une vue d’Archiane, le village où nous avons dormi (donc, en gîte, ce n’était qu’une demi randonnée camping !).

Départ le lendemain (sous un temps correct), d’abord en fond de vallée puis en montant en forêt en direction du village de Bénevise.

Charmant village, mais nous avons failli y perdre la gent féminine du groupe ! Apparemment les indications n’étaient pas très claires. Après que nous nous sommes retrouvés, j’ai pris cette photo de nous tous en posant mon appareil.

Nous avons continué par une route (en fait un raccourci). Ce trajet était un peu long mais nous avons contourné l’assez esthétique rocher de Combau.

Arrivée dans un endroit plus plat, la vallée de Combau. Notre accompagnateur Alain avait prévu de pique-niquer au niveau d’un gîte d’étape, le gîte de Combau (et d’en profiter pour y prendre un café). Nous arrivons sur place, nous frappons, la maison est ouverte. Alain entre et appelle mais personne ne répond, aussi prenons-nous la liberté de nous installer sur la terrasse afin de commander quelque chose quand le gérant arrivera. À peine cinq minutes se sont-elles écoulées que nous voyons débouler un individu hors de lui qui se met à nous incendier. Notre accompagnateur essaie de s’expliquer et de s’excuser et propose d’acheter des boissons, mais se voit répondre un : « Non ! » retentissant. « Et la table c’est 20 euros ! » ajoute-t-il. Il faut dire que cet individu au caractère d’ours mal léché, à la barbe et à l’allure d’ex soixante-huitard attardé adepte du « retour à la nature », reconverti dans le tourisme mais visiblement pas prêt à supporter les touristes, arborant haut effort son « engagement écologique » par l’installation de panneaux solaires et d’une éolienne ostentatoires, allant même jusqu’à aposer à l’entrée de son domaine des autocollants viscéralement anti-nucléaires (ceux qui ne sont pas du même avis étant sans doute priés de passer leur chemin ?), un de ces bobos que l’on rencontre malheureusement de plus en plus dans les vallées alpines au détriment des authentiques paysans, bref cet aubergiste, ce Thénardier n’aura rien fait c’est le moins qu’on puisse dire, pour se rendre sympathique et rendre son commerce un tant soit peu attractif pour les clients de passage que nous aurions pu être.

Nous montons doucement en direction d’un col situé au fond de la vallée, le pas de l’Essaure. Ici nous sommes dans le parc naturel du Vercors et les sentiers ne sont « volontairement » pas balisés (une autre lubie écologique sans doute ?). Accessoirement les chiens sont également interdits (ce qui n’est pas plus mal) ainsi que le camping (mais au fait, le premier soir, nous étions donc dans l’illégalité ?)

Un brusque vent à décorner les bœufs, au col : nous ne nous sommes pas donc attardés. Descente de l’autre côté (nous repassons dans le département de l’Isère, que nous avions quittés la veille au soir pour la Drôme), un versant plus raide mais un sentier bien tracé. Belle vue sur le mont Aiguille, depuis le col ainsi qu’au cours de la descente.

Un joli village au nom étrange de Chichilianne, doté d’une charmante église médiévale. Et puis, d’un café ! Ouvert ! Il faut savoir se ménager de tels moments de détente…

Notre accompagnateur avait pensé continuer encore assez longtemps, jusqu’au village de Trésanne. Mais il a changé d’avis et nous avons finalement campé à proximité du centre équestre. La venue pour le lendemain d’un grand nombre de personnes et de chevaux pour un « Trec » (une sorte de concours équestre avec un parcours d’orientation dans la forêt et un parcours d’obstacles) ne nous a pas empêché de camper là ni de profiter d’un repas cuisiné.

On notera l’étrange décor de far west, en relation avec cette animation.

Dernier jour : le temps étant plus qu’incertain (et l’itinéraire d’ascension étant en outre en partie enneigé), nous avons définitivement renoncé à l’ascension du Grand Veymont. Nous nous sommes contentés d’un itinéraire par la « plaine » (assez court d’ailleurs, nous sommes arrivés bien en avance). En fait plutôt des vallons et des cols d’altitude modérée, dominés presque sur tout le trajet par le mont Aiguille.

Nous sommes d’abord passés au-dessus du centre équestre, puis avons traversée les petits hameaux de Château-Vieux et Ruthière (au début j’avais compris la rue Thiers, ça m’étonnait quand même un peu !).

C’est à Trésanne, juste à côté de ce pré à vaches, que nous aurions initialement dû camper. Vu le boucan que faisaient leurs cloches, on devine à quoi nous avons échappé ! En plus depuis Chichilianne ce n’était quand même pas la porte à côté…

Un joli toit de chaume sur l’église de ce village. Et pourtant nous ne sommes pas en Brière !

Les choses sérieuses commencent ensuite : l’ascension du col de Pellas (1349 m), précédé de celui du Papavet et suivi de plusieurs autres jusqu’à Gresse-en-Vercors. Quelques menaces de pluie au cours de cette randonnée, pas vraiment concrétisées d’ailleurs.

Étranges ces anneaux dans le gazon. Une soucoupe volante ? Comme pour les lignes de Nazca ?

La randonnée s’est donc terminée à Gresse-en-Vercors (étrange nom, surtout vu l’actualité, lorsque la Grèce est un champ de carnage !). Nous étions très en avance par rapport à l’heure du taxi, mais par chance un café était ouvert dans le village, bien que ce soit dimanche après midi. Et c’est tant mieux car pour le coup, la pluie s’est franchement mise à tomber.