Voyage au Pérou

Pérou : grande traversée de la Cordillère de Vilcanota

J ai choisi pour mon premier voyage au-delà des océans, de me rendre au Pérou. Je recherchais dans ce voyage la possibilité de combiner une randonnée en haute montagne avec des visites archéologiques. La civilisation Inca suscitait mon intérêt depuis les cours en classe de cinquième (et aussi à cause de Tintin et Milou…), et l’idée de visiter le Machu Picchu constituait une motivation de taille. Par ailleurs, je souhaitais découvrir des montagnes de plus grande ampleur que les Alpes, tout en conservant (du moins pour cette année-là) une date de vacances en été (ce qui excluait donc l’Himalaya).

Ce voyage était le premier que j’entreprenais aussi loin (10 000 km de Paris), le premier dans l’hémisphère sud et le premier à une aussi haute altitude. Et le trek que j’avais choisi au Pérou, parmi la demi-douzaine que proposait Terdav, n’était pas franchement le plus facile : le grand tour de l’Ausangate (6384 m), dans la cordillère de Vilcanota. Un itinéraire qui démarrait à 3800 m, et qui du deuxième jour à la fin se déroulait entièrement au-dessus des 4000 m, incluant cinq nuits consécutives à 4800 m. C’est le plus difficile de tous les treks que j’ai effectués, en dehors de celui du Pakistan en 1999. Et pour ne rien arranger, le guide était Claude R., grand spécialiste de l’Amérique du sud chez Terdav mais aussi baroudeur un tantinet fêlé, dont la spécialité est de foncer sans jamais se préoccuper de savoir si le groupe suit, de caractère exécrable de surcroît, aux colères aussi subites qu’injustifiées, n’adressant la parole qu’aux deux ou trois personnes les plus rapides du groupe et enguirlandant copieusement les autres (j’ai eu a plusieurs reprises l’occasion, au cours de voyages ultérieurs, d’échanger avec d’autres habitués de l’agence mes impressions sur ce guide).

Douze heures environ d’avion sont nécessaires pour atteindre Lima, la capitale du Pérou. Nous voyagions sur la KLM, avec escales à Amsterdam et Aruba (dans les Antilles néerlandaises, au large du Vénézuela), et le voyage aller se faisait de jour, le décalage horaire de 6 h retardant d’autant la venue du crépuscule. La capitale péruvienne est située en bordure de l’océan Pacifique, dans un désert côtier qui est perpétuellement plongé dans la brume (la garúa) pendant la durée de l’hiver austral. Mais nous ne nous sommes pas attardés à Lima, devant repartir pour la Cordillère dès le lendemain matin (5 h à l’aéroport !). Et là, une petite contrariété : tous les vols directs pour Cuzco étant complets, nous allions devoir faire un petit détour par Arequipa, la deuxième ville du Pérou, située un peu plus au sud. Toutefois ce détour valait en fait la peine. Arequipa, contrairement à Cuzco et à la cordillère de Vilcanota, est située dans une région volcanique et est dominée par un magnifique volcan enneigé (et actif) de 5822 m, le Misti. Nous aurions ainsi l’occasion d’apercevoir ce dernier depuis l’aéroport.

Le volcan Misti vu depuis l’aéroport d’Arequipa, le 3 août 1996

Nous n’avons malheureusement pas eu le loisir d’aller visiter la ville, paraît-il pourvue d’intéressants quartiers historiques.

Nous arrivons ensuite à Cuzco, 3400 m d’altitude environ, alors que notre acclimatation est nulle. Je ne ressentirai rien pendant les premières heures, effectuant les visites comme si de rien n’était, et ce jusque vers six heures du soir où je manquerai de m’effondrer en pleine cathédrale. L’intérêt primordial de la ville de Cuzco tient au fait qu’elle était la capitale de l’empire inca jusqu’à l’arrivée des Espagnols en 1533. La ville avait été fondée au XIIIe siècle par l’Inca Manco Capac, et son nom signifie « nombril du monde » en langue quechua (la langue des Incas, toujours parlée de nos jours). Cuzco fut ensuite ravagée par les Espagnols, lesquels construisirent sur ses ruines une cité coloniale en elle-même d’un grand intérêt. Mais les constructions inca n’avaient pas totalement disparu, leurs murs de gros blocs de pierre avaient en général servi de fondations aux édifices espagnols. Étant plus résistants au séismes, ils se sont par endroits retrouvés dégagés à l’occasion de grands tremblements de terre. D’où l’actuel visage de Cuzco, étonnant mélange de constructions inca et d’architecture espagnole d’époque Renaissance. À cela il faut ajouter le site naturel, assez remarquable au fond d’une cuvette. La ville moderne qui s’étend tout autour abrite 350 000 habitants, elle est donc comparable à Nantes.

La ville de Cuzco vu de la colline de Sacsahuamán, le 3 août 1996

Nous commençons par les restes du grand temple du Soleil, qui contenait à la conquête espagnole une quantité d’or inimaginable (laquelle fut envoyée à Séville et fondue). Un cloître a été construit sur son emplacement. Le mur grisâtre au centre de la photo, constitué de grosses pierres, est d’époque inca.

Les ruines du temple du Soleil et le couvent Santo Domingo à Cuzco, le 21 août 1996

Cette vue montre la place d’armes de Cuzco, flanquée de sa cathédrale catholique… dans laquelle les Indiens actuels continuent, clandestinement, à déposer des offrandes en honneur de la déesse Pachamama. Les anciens cultes inca n’ont en effet pas totalement disparu, coexistant d’une manière ou d’une autre avec la religion des Espagnols.

La place d’armes de Cuzco, le 3 août 1996

Voici une ruelle typique de la vieille ville de Cuzco, où les murs des maisons prennent assise sur des fondations d’époque inca. Nous reviendrons sur la constitution particulière de ces murs.

Une ruelle de Cuzco, le 21 août 1996

Et enfin la petite place de Cuzco où se situait notre hôtel.

Cuzco, le 21 août 1996

Sacsahuamán est une colline des hauteurs de Cuzco qui du temps des Incas était dédiée au culte du Soleil. On perpétue d’ailleurs en ce lieu, tous les ans au solstice d’hiver (le 21 juin), une fête, l’Inti Raymi, qui attire beaucoup d’Indiens même si elle est surtout organisée pour les touristes. Le site contient encore les vestiges de murs incas cyclopéens : trois enceintes concentriques qui ont un temps laissé croire qu’il s’agissait d’une forteresse destinée à défendre Cuzco, mais cette hypothèse a maintenant été abandonnée. Beaucoup d’hypothèses plus ou moins farfelues ont été émises à propos de la manière dont les Incas construisaient ces murs : leurs pierres aux contours souvent irréguliers sont en effet parfaitement jointives, ce qui explique d’ailleurs leur résistance aux séismes.

Les murs cyclopéens de Sacsahuamán, le 3 août 1996

Nous partons maintenant pour le joyau de l’architecture Inca, qui est bien sûr le Machu Picchu. Tout a été dit et redit sur ce site, situé à 2300 m d’altitude (donc bien plus bas que Cuzco) sur un promontoire rocheux dominant la vallée du rio Urubamba, dans une zone déjà proche de l’Amazonie. Le site n’a jamais reçu la visite des Conquistadores, et a abrité pendant quelque temps une survivance de la civilisation Inca. Il est ensuite tombé dans l’oubli, et était lors de sa redécouverte en 1911 entièrement envahi par la jungle.

L’accès au Machu Picchu est aujourd’hui particulier, pour ne pas dire pittoresque : il n’y a en effet aucune route, mais uniquement une voie ferrée. Rare occasion qui nous est fournie de prendre le train en terre exotique ! Il y a en fait deux types de trains, le train régulier emprunté par les locaux, certains n’hésitant pas à voyager suspendus aux marchepieds. Mais il faut savoir qu’au-delà du folklore, un voyage par ce biais, même en première classe, est assez risqué, le scénario des visiteurs de bagages étant parfaitement rôdé (la lumière s’éteignant comme par hasard au milieu des tunnels). L’autre solution, retenue par la plupart des agences dont la nôtre, est donc d’utiliser l’Autovagon, réservé aux touristes et donc sans risque.

La voie qui mène au Machu Picchu part de Cuzco, qu’elle quitte par une montée en lacets assez typique des voies ferrées sud-américaines : le train repart dans l’autre sens à chaque lacet. Après un arrêt à Ollantaytambo, elle s’engage dans les étroites gorges de l’Urubamba. La dernière localité desservie avant Machu Picchu, Aguas Calientes, est assez pittoresque : il n’y a pas de voitures et la voie ferrée y fait office de Grand’Rue. Un vrai décor de western ! (l’endroit tire son nom de sources chaudes dans lesquelles nous sommes allés nous baigner, au milieu de la population locale, avant de passer la nuit dans le village).

Aguas Calientes, le soir du 4 août 1996

Le train n’est toutefois pas la seule manière de se rendre au Machu Picchu : on peut aussi venir… à pied ! C’est même un trek très couru (et moins difficile que celui qui nous attend ici), le « chemin de l’Inca », qui offre le fantastique avantage de pouvoir découvrir le site au lever du soleil, avant que ne débarquent les hordes de touristes. Mais revers de son succès, l’itinéraire est aussi très parcouru par les voleurs en tout genre, qui opèrent ici d’une autre façon que dans le train : ils découpent en pleine nuit les toiles des tentes pour s’emparer des chaussures ! La parade est donc de les mettre dans le sac de couchage, comme à l’armée…

Débarquant du train, on accède au site par quelques kilomètres de route en lacet — qu’il est envisagé de remplacer par un téléphérique, au grand dam des écolos de tout poil (toujours originaires des pays développés ça va sans dire). Nous dominons la vallée particulièrement escarpée de l’Urubamba.GE

La vallée de l’Urubamba vu du Macchu Pichu, le 4 août 1996

J’en viens maintenant au vif du sujet, avec plusieurs photos du site sur lesquelles je ne ferai pas de commentaires détaillés. Voici d’abord le site tel qu’il se présente depuis l’entrée. Les terrasses bordées de murs en pierre et qui s’étagent le long des flancs de la montagne descendent assez bas par rapport au site.

Entrée dans le site du Machu Picchu, le 4 août 1996

La même chose d’un peu plus haut :

Le Machu Picchu, le 4 août 1996

Une autre vue prise en direction de la vallée d’où nous venons, et où l’on aperçoit plusieurs maisons incas, toutes construites en pierre et dont le premier étage ne communiquait pas avec le rez-de-chaussée par l’intérieur.

Machu Picchu, le 4 août 1996

Cette construction troglodyte est parfois nommée « tombeau de l’Inca », bien que les archéologues lui contestent absolument cette fonction :

le « tombeau de l’Inca » au Machu Picchu, le 4 août 1996

Et je terminerai par la photo la plus classique du site, celle que l’on trouve dans tous les livres d’histoire ainsi que sur les prospectus touristiques pour le Pérou.

Machu Picchu (vue classique), le 4 août 1996

Le Huayna Picchu est cette sorte de pain de sucre qui apparaît à l’arrière-plan sur la photo précédente. Le trek « quatre chaussures » dans lequel nous nous étions embarqués ne pouvait pas ne pas en entreprendre l’ascension ! Nous nous y sommes rendus au petit matin, après un départ pedibus d’Aguas Calientes le long de la voie ferrée (gare au tunnel !), puis toujours pedibus une montée jusqu’au site. La raideur de ses pentes rend l’ascension du Huayna Picchu assez dangereuse : un ou deux touristes par an tombent paraît-il dans le ravin. Aussi existe-il un poste de garde avec un cahier de présence, dans lequel chaque visiteur doit parapher à son entrée puis sa sortie du site. L’ascension s’effectue sur de petits escaliers d’époque inca, elle n’est pas si vertigineuse qu’elle pourrait l’être car les pentes sont boisées, mais il faut tout de même faire très attention où l’on met les pieds, surtout à la descente. La vue de là-haut nous montre le site « renversé », ce n’est pas aussi photogénique mais c’est plus original que l’image précédente.

Le Machu Picchu vu du Huayna Picchu (pain de sucre), le 5 août 1996

Après quelques heures de « quartier libre » sur le site, nous sommes rentrés en train jusqu’à Cuzco (4 heures de trajet). Le lendemain était prévu une dernière journée de visites culturelles, sur les sites incas de Pisac, Chincheros et Ollantaytambo. Malheureusement, une tourista aiguë m’a cloué à l’hôtel et m’a donc empêché de faire ces visites. Une autre fois, peut-être ?

Le lendemain commençait la partie trek de ce voyage, que nous devions effectuer à partir du village de Tinqui, à une centaine de kilomètres au sud-est de Cuzco. Nous avons rejoint ce village par une journée entière de minibus, empruntant des routes non asphaltées et franchissant par un itinéraire quelque peu aérien un col à 4200 m d’altitude. Le bourg de Tinqui est quant à lui situé à 3800 m d’altitude. Ce sera le point le plus bas de notre randonnée.

Le bourg de Tinqui, le 8 août 1996

Et voici une paysanne quechua (l’ethnie des Incas) des environs de Tinqui, habillée costume traditionnel. Nous ne verrons plus trop de population pendant la marche, excepté aux environs du village de Chillca.

Paysage quechua aux environs de Tinqui

Donc nous démarrons le lendemain, dans un paysage caractéristique de la puña des hauts plateaux des Andes, avec en arrière-plan la vue sur la cordillère de Vilcanota et son plus haut sommet, le Nevado Ausangate (6384 m). Comme on peut le voir sur ces images, les Andes ne présentent pas un caractère très accidenté, contrairement aux Alpes ou à l’Himalaya. Ce sont plutôt des plateaux d’altitude. Seules les cordillères proprement dites (zones de neige et de glace), ainsi que certaines vallées encaissées comme au Machu Picchu, présentent un relief plus accentué. La photo suivante a été prise lors de la première journée de marche, alors que nous progressions depuis quelques heures (tant bien que mal en ce qui me concerne, car c’était mon premier trek en altitude et je manquais d’expérience ; en outre le guide n’était pas du genre à attendre). On y distingue la caravane de chevaux qui nous accompagnait pour porter nos bagages.

Passage de notre caravane logistique, le 8 août 1996 (au fond, les montagnes de la Cordillère)

On peut constater sur la photo précédente que la météo n’est pas précisément clémente. Pourtant, les guides touristiques affirment qu’il fait toujours beau dans les Andes pendant l’hiver austral ! La plupart du temps en réalité, le temps était dégagé le matin et se couvrait dans l’après-midi, la journée se terminant par un orage. Ça a notamment été le cas ce premier jour, où nous avons dû monter les tentes en catastrophe sous un violent orage de grêle… Ce premier camp était déjà situé à 4100 m d’altitude.

Le deuxième jour était encore une journée d’acclimatation, avec tout de même le passage d’un col à 4500 m. Nous apercevions de ce col la laguna Sigrenacocha (laguna signifiant « lac » en espagnol, et cocha « eau » en quechua), au bord de laquelle nous devions aller camper le soir. Les montagnes en arrière-plan appartiennent au massif du Nevado Chumpe (6106 m).GE

La laguna Sigrenacocha vue depuis notre premier col à 4500 m d’altitude, le 9 août 1996

Et voici donc ce même lac vu de plus près, juste avant que nous arrivions au camp (4300 m). Souffrant d’un mal de tête dû à l’altitude, j’y ai fait la sieste tout l’après-midi (attendant aussi que l’orage passe).

Les bords de la laguna Sigrenacocha, le 10 août 1996

Mais ces deux journées de marche n’étaient rien en comparaison de ce qui nous attendait ensuite. Dès le lendemain était prévu le passage de deux cols, à 4600 m et 4800 m respectivement : le mont Rose et le mont Blanc dans la même journée ! Le plus difficile était en réalité le premier, gravi hors sentier sur une pente assez raide, et surtout attaqué dès le réveil.

Départ de la laguna Sigrenacocha, le 10 août 1996

Nous avons rencontré quelques animaux domestiques pendant cette montée. Tout d’abord des taureaux, élevés par les villageois et destinés aux corridas : les Espagnols n’ont pas seulement imposé leur religion aux habitants des Andes, ils ont également exporté leurs traditions profanes. Enfin personnellement je n’ai rien contre les corridas… Nous avons également rencontré ces alpagas, qui sont des camélidés (comme les lamas) mais dont la laine est plus épaisse.

Alpagas pendant la montée au col à 4600 m (10 août 1996)

Soit dit en passant, je n’ai toujours pas compris lequel du lama ou de l’alpaga était comestible. Au Pérou on nous affirmait que seul l’alpaga pouvait se manger, le lama n’étant vraiment pas bon. Mais en Bolivie, on nous a servi de la viande qu’on nous a présentée comme du lama…

Du col, on disposait de cette vue sur le massif du Collpa Ananta (6110 m) :

Le massif du Collpa Ananta (6110 m) le 10 août 1996

Ensuite je n’ai plus de photo jusqu’au camp du soir, à la lagune de Comercocha. J’étais encore un touriste inexpérimenté et j’avais mal géré mon stock de pellicules…

Le lendemain nous attendait un col encore plus haut : 5050 m ! C’était la première fois que je franchissais la barre des 5000. Et encore une fois, le rythme imposé par le guide n’était pas franchement le mien… Cette première photo de la journée a été prise un peu en amont du camp, au bord de la laguna Caycocha.

Les bords de la laguna Caycocha, le 11 août 1996

Le reflet est presque parfait ! La montagne neigeuse que l’on aperçoit au fond est le Nevado Yanajaja (5500 m) une montagne dont les trek Terdav entreprenaient l’ascension quelques années auparavant (le col que nous devons rejoindre se situe sur la gauche). Pour la petite histoire, ils n’avaient toujours pas mis à jour leur fiche technique dans laquelle ils indiquaient d’emmener piolets et crampons. Ce que j’avais donc fait (en dépit du poids), et je les avais finalement laissés à Cuzco. Il n’est en effet plus question d’entreprendre cette ascension aujourd’hui, vu l’état du glacier dont on peut voir un détail sur cette photo :

Le glacier du Nevado Yanajaja, le 11 août 1996

Ces petites formations de glace sont dues à l’ensoleillement et sont assez caractéristiques des glaciers tropicaux des Andes.

Je suis arrivé au col bon dernier, alors que le guide en était déjà reparti depuis dix bonnes minutes. Voici le (magnifique) paysage que l’on pouvait apercevoir du col, avec en face de nous le Señal Nevado Pico Tres (6093 m) qui comme son nom l’indique est constitué de trois pics. Ce sommet sera visible pendant une bonne partie du trek.

Le Señal Nevado Pico Tres vu depuis le col à 5050 m, le 11 août 1996

Après le col, nous avons pique-niqué dans une prairie en contrebas, puis effectué une petite sieste au soleil. Et malgré l’altitude il faisait très bon ! Car c’est bien le paradoxe du climat des Andes péruviennes : autant les nuits sont vraiment très froides (retrouver gelée l’eau de sa gourde dans la tente n’est pas exceptionnel), autant les journées sont clémentes, du moins lorsqu’elles sont ensoleillées (20°C environ à 5000 m) Car nous sommes certes en haute altitude et en plein hiver austral, mais nous sommes aussi sous les tropiques !

L’étape n’était toutefois pas terminée, il restait à parcourir une sorte de sentier en balcon, à travers un terrain de moraines sur un relief en accordéon (donc assez éprouvant). Le camp se situait au pied du Pico Tres dont il constituait d’ailleurs le camp de base. Pour nous distraire, notre guide avait organisé une petite animation : un match de foot entre les Français et l’équipe de soutien péruvienne. Le tout à l’altitude du mont Blanc ! J’ai personnellement préféré me contenter de regarder. L’histoire ne dit pas qui a gagné, mais le jeu était quelque peu biaisé puisque le guide était à la fois arbitre et joueur dans l’équipe française…

Le lendemain nous attendaient encore deux cols d’altitude supérieure à 5000 m. Le premier col situé au-dessus de la lagune Jahuaycocha, qu’il fallait gravir sur une pente herbeuse assez glissante, nous conduisait dans un endroit particulièrement sauvage, immédiatement au pied des glaciers (il s’agit d’un contrefort du Nevado Comercocha). Les premières personnes du groupe qui sont arrivées ont aperçu quelques vigognes, mais tel n’était évidemment pas mon cas.

Glacier descendant d’un contrefort du Nevado Comercocha, pris du col de Jahuacocha, le 12 août 1996

On descendait ensuite à proximité des deux petites lagunes de Jañococha, dont la différence de couleur était assez remarquable (photo suivante). Le second col à 5050 m ne présentait pas énormément de dénivelé, mais la pente était particulièrement raide et l’effort à fournir, vraiment intense. Mais, une fois n’est pas coutume, notre guide nous a attendus pendant la montée ! La photo suivante a été prise en haut de ce col, elle montre les deux lagunes de Jañococha en contrebas ainsi que le Nevado Pico Tres en arrière-plan. Le premier col que nous avons précédemment franchi est visible sur la droite.

Les lagunes de Jañococha et le Nevado Pico Tres, vus du second col de la journée (12 août 1996)

Plus près de nous se trouvait à nouveau le Nevado Comercocha, ici photographié avec quelques alpagas en premier plan.

Quelques alpagas au pied du Nevado Comercocha, le 12 août 1996

Après ce col, la journée se terminait par une dernière montée que j’ai vraiment trouvée pénible. Le camp, situé dans le cirque dit du Condor (quoique personne n’y ait jamais vu le moindre condor d’après le guide), était situé à 4900 m d’altitude.

Le lendemain le temps a commencé à se dégrader. Nous avons eu les jours suivants des ciels moutonneux et parfois des averses. Ainsi sur cette photo prise au lever de camp le matin, où la lumière est un peu voilée. La montagne visible en arrière-plan est l’Ausangate (6384 m), le plus haut sommet du coin, dont on peut voir ici le versant sud. C’est pratiquement tout ce que nous verrons de ce magnifique versant tout en glaciers, puisque nous aurons mauvais temps quand nous passerons auprès. Rappelons que les faces sud dans les Andes sont l’équivalent des faces nord dans les Alpes…

Départ du camp du cirque du Condor, et vue sur la face sud de l’Ausangate (matin du 13 août 1996)

Lorsque j’ai demandé un tirage papier de cette photo à la FNAC, l’Ausangate y était invisible ! (Quel travail de sagouins !). N’ayant pas l’original sous les yeux, je me demandais vraiment pourquoi j’avais choisi cette photo…

Ce jour-là nous attendait un seul col, le col du Condor à 5150 m d’altitude. Et nous commencions maintenant à être acclimatés, les maux de tête n’étaient plus aussi violents, aussi cette ascension n’a pas été la plus pénible. D’autant plus que le guide, une fois n’est pas coutume, a fait la marche avec nous. C’est d’ailleurs la seule fois de ce voyage où j’ai pu apercevoir (quoique de très loin) un troupeau de vigognes, ces sortes de lamas sauvages dont la laine est si prisée. 

Après ce col, le guide nous laissait en théorie le choix entre deux itinéraires : l’un, le plus facile, empruntant le fond d’une vallée, et l’autre passant par les crêtes. Mais les « mauvais » du groupe étaient très vivement dissuadés d’opter pour l’itinéraire des crêtes ! Néanmoins je n’ai rien regretté, d’autant plus que le temps n’était pas vraiment de la partie. Le seul côté un peu vexant de l’affaire, c’est que les autres sont arrivés avant nous !

La photo suivante a été prise alors que nous approchions du camp du soir. Ce camp est situé sur les rives d’un très grand lac, la lagune de Sibinacocha, une étendue d’eau d’origine naturelle mais dont le niveau a été rehaussé par un barrage. Trois jours vont nous être nécessaires pour en faire le tour (aux trois quarts). Cette lagune est située à la lisière de la cordillère et des hauts plateaux des andes (la Puña), et à une altitude de 4800 m, ce qui est trop élevé pour que des populations s’établissent en permanence sur ses rives. On trouve néanmoins un poste de l’armée à proximité du barrage.

Arrivée sur les rives de la laguna Sibinacocha, le 13 août 1996

Remarquez l’étendue blanchâtre en arrière-plan, une vaste calotte glaciaire juchée sur un haut plateau. Il s’agit de la calotte de Quelccaya (altitude moyenne 5470 m), et c’est le plus grand glacier des régions tropicales.

Le temps s’est dégagé en début de soirée, même si l’on pouvait distinguer, au-delà de la ligne des crêtes, la lueur des éclairs, sans doute des orages éclatant sur l’Amazonie. Suite à ce ciel éclairci, la température a très fortement chuté pendant la nuit. Au petit matin, l’eau de ma gourde que j’avais pourtant laissée dans mon sac à dos, à l’intérieur de la tente, était entièrement gelée ! Pas de problème néanmoins pour dormir grâce au bon duvet que j’avais acheté. Peut-être du fait de ces températures glaciales, nous avons eu le droit à une petite gâterie au petit déjeuner : des Pancakes. Et j’avoue que je n’ai pas craché sur cette nourriture anglo-saxonne, que les sud-américains orthographient d’ailleurs bizarrement Panqueque.

Lever de camp sur les bords de la lagune de Sibinacocha, le 14 août 1996

Ce jour là encore je choisirai l’itinéraire le plus facile mais j’ai ce coup ci regretté ma paresse. L’autre option (pour laquelle ont opté les deux tiers du groupe) consistait à faire l’ascension d’un petit sommet de 5300 m offrant un panorama sur le lac. Pour ma part, j’ai la plupart du temps marché sur les rives du lac. Le camp du soir, quant à lui, se situait au-delà d’une petite crête, non loin d’un autre lac, la laguna Ccasccana.

La photo suivante a été prise dans la matinée, alors que nous longeons (encore tous groupés) la laguna Sibinacocha. La montagne que l’on aperçoit en arrière plan est toujours le Señal Nevado Pico Tres, et j’ai beaucoup aimé l’aspect « meringué » du glacier qui en descend (avec le recul, je me demande si ce sont des pénitents, un peu comme au glacier du Baltoro).GE

Contournement de la laguna Sibinacocha (vue sur le Pico Tres), le 14 août 1996

Continuant de marcher sur les rives du lac, nous avons eu la surprise d’y observer des flamants roses. C’est assez étonnant de trouver à ces hautes altitudes et dans ce froid, des animaux que nous associerions d’emblée à la chaleur camarguaise. Mais il s’agit pourtant bien d’oiseaux très répandus dans les hauts lacs des Andes, je les ai par exemple retrouvés en Bolivie. Après le pique-nique, nous avons essuyé un bel orage de grêle. Le paysage qui suit, situé sur les rives de la laguna Ccasccana (non visible), a été photographié juste après cet orage.

Les alentours de la laguna Ccasccana après l’orage, le 14 août 1996

Ne possédant pas de carte de cette zone, je ne puis vous dire avec certitude le nom de la montagne visible en arrière-plan, mais il est probable qu’il s’agisse du Nevado Ambroja (6049 m)

Avec le retour du beau temps, le lendemain matin, nous sommes partis à l’assaut d’un sommet de 5200 m nous offrant un panorama sur la lagune et ses environs. Je n’ai pas trop souffert, commençant à être acclimaté. Voici le paysage que nous avions là haut, avec la même montagne que sur la photo précédente, ainsi qu’un morceau de la lagune de Ccasccana. Le sommet sur lequel nous nous trouvions était situé entre les deux lagunes de Ccasccana et de Sibinacocha.GE

Vue de la lagune de Ccasccana depuis un sommet à 5200 m, le 15 août 1996

J’ai beaucoup aimé ce paysage quasi-désertique que nous avons rencontré un peu plus loin au cours de la randonnée, alors que nous cheminions sur la crête entre les deux lagunes. Pour moi qui à l’époque n’avais encore jamais mis les pieds au Sahara, ce passage constituait un avant-goût des plus alléchants. Je ne suis d’ailleurs pas le seul à avoir apprécié : quelques années plus tard, c’est cet endroit précisément qui avait été choisi pour orner la couverture du catalogue de Terdav !

Paysage désertique des hauteurs de la laguna Ccasccana

La suite de la journée ainsi que le jour suivant furent toutefois beaucoup moins captivants. Tout d’abord, nous avons terminé de faire le tour de la lagune de Sibinacocha, dans une zone moins montagneuse. Nous avons franchi le barrage, tout récemment construit (l’eau était encore en train de monter) avec une plaque inaugurale à la gloire du président Fujimori (même si je doute qu’il soit venu jusqu’ici). Le poste militaire qui gardait le barrage était accessible par une route et éclairé à l’électricité : un (très fugace) retour à la civilisation ! Nous avons campé non loin de là, et j’ai expérimenté la sortie nocturne par –10°C, je puis vous garantir que l’on ne s’attarde pas !

Le lendemain était prévue une courte (et monotone) étape à travers la puña, jusqu’à rejoindre la lisière du massif dans lequel nous n’étions censés pénétrer à nouveau que le jour suivant. Mais est survenu dans la matinée un coup de théâtre dont je me demande vraiment, avec le recul, s’il n’a pas été orchestré par le guide. Il paraîtrait que des bandits boliviens auraient attaqué une villageoise non loin d’ici et seraient poursuivi par l’armée. Il faudrait donc quitter la zone au plus vite en raison du danger, pas tant du fait des bandits que des militaires qui paraît-il ne prendraient pas de gants. Je ne fais que rapporter les propos du guide, dont l’antimilitarisme me paraît tout de même quelque peu outré (même s’il est vrai que les militaires péruviens ne sont pas franchement des enfants de chœur de réputation). Donc nous allions faire deux étapes en une, et nous taper, à jeûn et alors que ce n’était pas prévu, un col à 5000 m ainsi qu’une descente de deux heures trente par derrière. A contrario, nous aurions le lendemain une journée entière de repos.

Et notre guide s’est montré particulièrement en forme pendant cette étape prolongée. Comme d’habitude donc, il est parti devant sans se préoccuper de savoir si l’arrière-garde était attaquée. Attendant tout de même, à contrecœur, les retardataires au col, il les a copieusement enguirlandés, surtout ceux qui avaient eu le malheur de lui demander quelle était l’altitude du lieu… Enfin, pendant la descente, plus personne ne l’a vu, il n’était ni devant ni derrière. Il s’agissait en fait d’une descente de 600 m le long d’une vallée en auge en pente très douce — le camp du soir, près du village de Chillca, étant exceptionnellement bas à 4400 m… À un moment, ayant en outre perdu le muletier qui nous accompagnait, je me suis retrouvé avec un petit groupe, dans le brouillard, ne sachant plus du tout par où il fallait passer. Un peu en-dessous de nous, nous tombions sur des barres rocheuses !

Donc ensuite, une journée de repos, et deux nuits consécutives passées au même camp. Nous profitons du soleil matinal et de l’altitude (un peu) plus clémente, pour aller nous laver dans un torrent (nous avons droit à une bassine d’eau chaude par personne). Une toilette par semaine, c’est une bonne moyenne ! Ensuite, les muletiers préparent une Pachamanca, un repas de fête qui était prévu au programme. Cela consiste à faire du feu sous une pyramide de cailloux (le combustible étant la crotte d’alpaga), puis, une fois que les pierres sont suffisamment chaudes, à placer la viande en-dessous et à recouvrir le tout de terre. Inutile de dire que la cuisson prend un certain temps ! D’autant plus que c’est une énorme quantité de viande qui est préparée : deux moutons entiers, pour dix personnes plus cinq muletiers. Moi qui ne suis pas très carnivore reçois une assiette de barbaque qui pourrait nourrir dix personnes !

Préparation d’une « Pachamanca » à Chillca, le 17 août 1996

Au réveil le lendemain matin, surprise ! Dix centimètres de neige recouvraient les tentes. C’était alors ma première expérience de ce genre, mais depuis je suis blasé !

Réveil enneigé à Chillca, le 18 août 1996

L’inconvénient d’une telle météo, c’est qu’il a fallu marcher dans la neige fraîche pendant une bonne partie de la matinée ! C’est le guide qui a fait la trace (c’est son rôle !), et il en a quelque peu bavé — du coup, il la ramenait moins… Nous avons ce jour là traversé une zone habitée (la vallée de la Qebrada Aucatauri), c’était d’ailleurs la seule fois du trek en dehors du point de départ, mais il faut dire aussi que nous avions descendu de cinq cents mètres par rapport aux jours précédents. Dans les villages, comme celui de Chillca que l’on voit sur la photo, il fallait énormément se méfier des chiens qui pouvaient être particulièrement dangereux (on racontait des histoires de villageois s’étant fait mordre, et ça ne datait que de quelques jours). Donc tout le monde ramassait son caillou puis le lançait pour éloigner les molosses.

Le village de Chillca, le 18 août 1996

La lente remontée de la vallée nous conduit au dernier grand col du trek (pas de nom), à 4900 m d’altitude. Nous avons effectué l’intégralité de cette ascension dans le brouillard et sous la neige. Dommage, parce que le panorama sur la face sud de l’Ausangate était paraît-il magnifique. Nous avons toutefois pu bénéficier in extremis d’une trouée dans les nuages, au moment même où nous étions au col, ce qui a pu nous permettre d’admirer— par morceaux ! — les glaciers de ce versant.

Les glaciers du versant sud de l’Ausangate aperçus entre les nuages (18 août 1996)

L’avant-dernière journée de trek, moins passionnante et parcourue sous une météo qui était ce qu’elle était, nous a fait à nouveau franchir la crête de la cordillère, et nous a conduits au camp d’Upis, au pied de l’Ausangate et à proximité de sources chaudes dans lesquelles certains se sont baignés (pas moi). Une éclaircie inespérée avant l’orage, nous a permis d’admirer entièrement la face nord de l’Ausangate (celle qu’on pouvait apercevoir au départ depuis Tinqui).

Le camp d’Upis, au pied de l’Ausangate, le 19 août 1996

Il ne restait plus ensuite qu’une demi journée de marche pour atteindre Tinqui, étape pour laquelle le guide a trouvé moyen de nous faire lever aux aurores ! Il est vrai que nous attendaient ensuite 100 km de minibus. Cette dernière étape a donc commencé dans le brouillard, avant que les sommets ne se dégagent de façon féérique. La photo suivante a été prise dans la « banlieue » de Tinqui et montre la fabrication de briques de boue séchée, un matériau de construction que l’on peut trouver sur tous les continents (en Amérique latine on appelle cela de l’adobe).

Fabrication de briques de boue séchée près de Tinqui, le 20 août 1996

On aura bien sûr une nouvelle fois reconnu le Nevado Ausangate en arrière-plan(6384 m).

Le trek était terminé et je n’ai plus de photo à vous présenter, mais le voyage, lui, ne l’était pas encore tout à fait. Tout d’abord à Tinqui, revue de tentes ! J’exagère un peu quand même, mais avec ce guide on se serait parfois cru face à un adjudant. En tout cas, il a fallu les faire sécher au soleil puis les ranger. Ensuite, pour nous remettre de nos fatigues et malgré l’heure un peu étrange (10 h du matin), un déjeuner nous a été servi. Au menu, du cobaye c’est à dire du cochon d’Inde. Ce qui chez nous est un animal de compagnie est ici un met de choix (ça ressemble un peu à du lapin).

Ensuite, transfert par la même route qu’à l’aller, quoiqu’avec un temps plus dégagé (on voit encore l’Ausangate pendant une bonne partie du trajet), et aussi quelques distractions : un mariage indien, la sortie des écoliers qui sont ici en uniforme (qu’attend Fillon pour faire de même ?). Et puis aussi, une petite panne qui nous fait perdre deux heures.

La journée suivante est entièrement passée à Cuzco : au programme, visites et achats de souvenirs. Puis le lendemain encore, transfert sur Lima par un vol direct cette fois-ci.

Je n’ai pris aucune photo de Lima. La raison : l’insécurité ambiante. Il est en effet vivement déconseillé de se promener en ville avec un quelconque sac, appareil photo, voire même une montre, sous peine de les voir disparaître dans les deux premières minutes. J’ai déjà fait un peu allusion à cette charmante spécificité péruvienne (même s’il paraît qu’en France on est sur la même voie), mais je vous conseille de lire le guide du Routard si vous voulez exacerber un peu votre paranoïa. Car il semblerait que l’imagination des voleurs péruviens est sans limite : organisation de sketches destinés à détourner votre attention, extinction des lumières des trains au bon moment (dans les tunnels), découpage au cutter du fond des sacs ou de l’abside des toiles de tente sans que l’on ne se doute de rien, j’en passe et des meilleures. Donc à Lima, nous nous sommes promenés en T-shirt en laissant tout (passeport compris) à l’hôtel, et nous sommes systématiquement restés groupés pendant tous nos déplacements en ville.

Que dire donc de Lima ? C’est une ville située dans le désert côtier mais pas immédiatement au bord de la mer. Fondée par les conquistadores, elle ne contient néanmoins pas de quartiers anciens à proprement parler, mais seulement quelques maisons coloniales anciennes (et en bois) isolées dans le tissu urbain. Ce n’est donc pas une très belle ville, même si la place centrale avec le palais du président est digne d’intérêt.

Quant à l’agglomération, elle est tentaculaire et digne du tiers monde. D’un côté, les inévitables bidonvilles dans lesquels nous n’avons évidemment pas mis les pieds. Et de l’autre côté, les quartiers résidentiels constitués de somptueuses villas, lesquelles sont toutes sans exception, entourées de hauts murs barbelés et surveillés en permanence par des caméras vidéo. Je n’ose imaginer que ce soit là ce qui nous attend en France, une fois que nos banlieues seront devenues encore un peu plus chaudes.

Et je terminerai avec le musée de l’or du Pérou qui se trouve près de ces quartiers résidentiels, et qui contient (entre autres choses) des tonnes d’objets en or extraits des tombes, parmi le faible pourcentage ayant échappé aux conquistadores espagnols puis aux pilleurs de tombes actuels. J’ai d’ailleurs trouvé que le musée n’était pas si bien gardé que cela eu égard à ce qu’il contenait. Les objets en or ne constituent que le sous-sol du musée, lequel contient par ailleurs une multitude d’objets en bois et de poteries (et aussi des momies) provenant de diverses civilisations précolombiennes (les Incas ne constituant qu’une culture parmi une multitude d’autres). Pour en citer quelques unes, Nazca, Mochica, Chavin, Chimú.