Voyage en Mauritanie

Mauritanie : Ouadane, Chinguetti, Atar

Ce n’était à l’époque que la seconde fois que je me rendais au Sahara. L’Algérie étant alors fermée, la Mauritanie était la destination qui montait, avec depuis peu des charters atterrissant directement à Atar, en plein désert. C’est l’un de ces charters que j’ai emprunté à l’aller (départ très tôt, une escale technique à Rabat et aucune « prestation » à bord !), le retour s’étant fait sur vol régulier — air Afrique, ce qui était une autre sorte d’aventure…). Quatre heures d’avion jusqu’à Atar, le même temps qu’il m’avait fallu pour rejoindre Roissy de Bordeaux, en train (l’un des nombreux inconvénients d’habiter la province !). Cette ville de Bordeaux que nous avons survolée à plus de 10 km d’altitude, je me suis un temps demandé quelle pouvait bien être cette jolie petite bourgade…

C’est le seul de mes voyages où le Sahara était vraiment tel que se l’imaginent les néophytes : des dunes de sable à perte de vue ! Dunes dans lesquelles il est d’ailleurs assez malaisé de marcher, ce qui rendait ce trek assez physique. Étant données l’époque tardive (deuxième moitié de mars) et la latitude assez basse, la chaleur était assez conséquente ce qui nécessitait d’assez longues siestes en milieu de journée. Corollaire, beaucoup de photos ont été prises en lumière rasante ce qui les rend plutôt réussies. Exception faite du premier jour du voyage où j’ai réellement fait une erreur de débutant : oublier de charger la pellicule dans mon appareil ! Je m’en suis heureusement aperçu assez vite.

Le voyage constituait à relier à pied trois villes du Sahara mauritanien : Ouadane (quasiment en ruines), Chinguetti (شنقيط, célèbre pour ses manuscrits arabes médiévaux que possèdent nombre de ses habitants, dans des conditions de conservation pas toujours idéales), et Atar (أطار), la plus peuplée des trois, la capitale de la région (là où nous arrivions en avion). Tout ce voyage se déroulait en bordure de l’immense erg Ouarane, vaste zone inhabitée qui s’étend jusqu’au Mali. À l’exception toutefois des deux derniers jours (à proximité d’Atar), où nous rejoignons la région montagneuse de l’Adrar.

Je n’avais pas de GPS pour ce voyage, et ne possède pour toute carte que la carte IGN au 1/1 000 000e. Par ailleurs le terrain contient peu de points de repère facilement identifiables, si l’on excepte les trois ou quatre derniers jours (cordon de Zerga et Adrar), et les points fixes que constituent les villes d’Ouadane et de Chinguetti. La localisation de beaucoup de mes photos est donc très incertaine : je ne connais même pas l’emplacement de certaines oasis comme El Rhéouya, Tanouchert ou Lagueïla.

 

Venons-en maintenant à la chronologie du voyage, avec pour commencer, comme je l’ai dit, une journée sans photo. Quelques heures de 4 × 4 nous ont donc menés à Ouadane, avec en cours de route une nuit de bivouac à El Rhéouya. Nous nous sommes à deux reprises arrêtés pour prendre le thé sous la raïma (tente) des nomades. Ouadane est une ville datant du Xe siècle, très prospère au Moyen-Âge où elle était la rivale de Chinguetti. Mais elle fut quasiment abandonnée au XVIIe siècle, et il ne reste plus aujourd’hui que quelques centaines d’habitants. Les maisons de Ouadane, construites en pierre, sont le plus souvent en ruines, mais il arrive en se promenant dans les ruelles de trouver une maison habitée. À l’instar de Chinguetti, Ouadane contient de nombreux manuscrits médiévaux (une grosse majorité d’entre eux étant des commentaires du Coran, mais une petite partie traite aussi de sujets académiques). La plupart de ces manuscrits sont situés chez des particuliers, où il se conservent assez mal (sable, termites, humidité). Une association tente de les regrouper dans une bibliothèque pour mieux les conserver et essayer de les restaurer (et de les dater), mais il faut convaincre les propriétaires ce qui n’est pas évident.

Ce n’est pas de Ouadane que nous avons démarré le trek mais de la petite palmeraie de Tanouchert, à moitié envahie par les dunes. C’est là que j’ai pu prendre mes premières photos. Nous nous sommes baladés quelque temps dans l’oasis et dans le village, avant d’installer notre second bivouac dans les environs.

La palmeraie et le village de Tanouchert, le 13 mars 2000

Les choses sérieuses ont commencé le lendemain matin : deux semaine de randonnée chamelière dans le sable ! Nos chameaux nous ont rejoints au petit matin. Notre itinéraire suivait peu ou prou la lisière de l’erg Ouarane, à l’intérieur duquel très peu de monde s’aventure.

Les dunes de l’erg Ouarane, le 14 mars 2000

Nous avons vu une trace de vipère à cornes durant la matinée : il faut dire que la saison était déjà bien avancée !

La monotonie de ces dunes se trouve (fort peu !) brisée par le massif gréseux d’Herrour : quelques tas de cailloux émergeant avec peine des dunes de sable. Notre guide, assez féru en géologie (ce qui n’est pas si courant parmi les guides) nous a affirmé que ce massif aurait une origine glaciaire (la Mauritanie se serait retrouvée au pôle sud à l’ère primaire puis aurait dérivé). J’ai quand même trouvé cette théorie quelque peu fumeuse…

Le massif gréseux d’Herrour, le 14 mars 2000

Le jour suivant était une étape de liaison que j’ai trouvée un peu fastidieuse (avec beaucoup moins de relief). Nous avons campé en haut d’une dune isolée, sur laquelle nous avons failli avoir de la pluie. Les chameliers ont joué entre eux à un sorte de jeu de dames, dans le sable, en se servant brindilles et de crottes de chameau en guise de pions.

Camp en haut d’une dune isolée, le 15 mars 2000

Et j’ai encore moins aimé le jour d’après : après un passage dans les ruines d’un village du Xe siècle (photo) dont je n’ai pas retenu le nom, nous sommes revenus camper à El Rhéouya, au même emplacement que le premier soir. Ce 16 mars coïncidait avec la date de l’Aïd el Kébir. Les nomades du coin avaient organisé une grande fête à laquelle nous étions invités. Bizarrement, ce n’est pourtant pas du mouton que l’on nous a servi, mais de la chèvre. Les Mauritaniens nous avaient réservé ce qu’ils considéraient comme les meilleurs morceaux : les rognons et les tripes ! Une épreuve… Pour l’instant (je touche du bois) je n’ai jamais eu à renouveler pareille expérience, même si au Kamtchatka ce n’est pas passé loin… Après ce festin les hommes du village se sont mis à danser, accompagnés par les tambourins et les you-you poussés par les femmes. Ils ont bien essayé de nous faire participer à leur danse, mais personne dans le groupe ne s’est senti suffisamment motivé.

Ruines d’un village du Xe siècle près d’El Rhéouya, le 16 mars 2000

Le voyage a ensuite repris un cours plus normal. Nous avons rallié Chinguetti en trois jours, campant au milieu des dunes et le long de l’oued Chinguetti. Le guide nous avait parlé plusieurs jours à l’avance de la curiosité géologique que l’on peut rencontrer dans ce secteur : des dunes fossilisées (grésifiées) sur lesquelles viennent courir, selon une autre direction, des barkhânes vives. Mais il faut bien reconnaître qu’une fois sur place on est un peu déçu, la prodigiosité du site ne sautant pas aux yeux du néophyte.

Cordons de barkhânes vives recouvrant d’anciennes dunes grésifiées, le 17 mars 2000

Il y a peu à dire sur la journée suivante, au cours de laquelle nous avons longé l’oued Chinguetti en nous rapprochant de la cité éponyme. Seul évènement de la journée : la découverte par l’un d’entre nous d’un œuf de vipère.

Arrivée au camp le soir du 18 mars 2000

Il ne nous restait plus qu’une demi-journée de marche pour gagner Chinguetti (om nous allions passer une nuit en auberge, donc avec une douche…). Nous avons eu un peu de vent de sable avant d’arriver à la ville, que nous avons abordée par la palmeraie. Chinguetti est très célèbre pour ses manuscrits arabes médiévaux conservés chez des particuliers (comme à Ouadane mais dans des proportions encore plus importantes). Nous avons là encore eu droit à des explications, mais qui ne nous ont rien appris de plus qu’à Ouadane. La ville est coupée en deux par l’oued Chinguetti, qui sépare la partie historique de la partie moderne — entendez construite sous la colonisation. Cet oued n’a pas coulé depuis plusieurs années, il y a donc des dunes dans son lit — les dunes constituent d’ailleurs une menace pour la ville dans son ensemble. On trouve dans la partie moderne de Chinguetti les restes d’un fort colonial, qui avait servi de cadre au tournage du film Fort Saganne. La légende veut que les restes d’une baignoire que l’on peut distinguer dans une pièce serait celle de Sophie Marceau.

Vue générale de Chinguetti, le 19 mars 2000

Les jours qui ont suivi Chinguetti ont de mon avis constitué la plus belle partie de ce trek. Nous nous trouvions dans une zone de sable, avec des dunes très colorées et même parfois multicolores. Les dunes s’organisent comme des empilements successifs, c’est-à-dire que l’on gravit successivement, par leur pente douce, toute une série de dunes, sans trop redescendre d’une dune à l’autre ; puis tout à coup, on se trouve face à un ravin, et l’on dévale d’une cinquantaine de mètres d’un coup, de préférence en courant. Ces ravins correspondent en général à des oueds, dans l’un d’entre eux se trouve la toute petite palmeraie de Lagueïla. La progression dans ce terrain est assez éprouvante car le sable est plutôt mou, mais on est grandement récompensé par le paysage. Et le summum du plaisir est atteint lorsque vient le crépuscule, et que chacun peut choisir sa dune pour y passer la nuit.

Nous avons à la sortie immédiate de Chinguetti rencontré ce puits dans lequel travaillaient deux hommes. Ce que l’on y puise n’est pas de l’eau mais de l’argile, historiquement employé pour confectionner les manuscrits de Chinguetti. Il est semble-t-il assez rare que ce puits soit en activité, il est d’ailleurs menacé par la dune voisine, un mur de pierres devant être édifié au fur et à mesure de la progression de celle-ci.

Puits d’argile à la sortie de Chinguetti, le 20 mars 2000

Derrière ces grandes dunes séjournait d’après notre guide une sorte de secte, dont les adeptes (occidentaux) étaient venus jusqu’ici pour passer des journées de méditation. Notre guide a fait en sorte que nous évitions de les rencontrer.

Nous avons ensuite atteint un secteur où des dunes de sable blanc venaient se mêler au jaune foncé plus habituel du Sahara. C’est je crois le seul endroit de mes voyages sahariens où j’ai rencontré du sable aussi blanc. Le guide n’a malheureusement pas fourni d’explication géologique à ce phénomène. Nous avons pique-niqué et fait la sieste dans ce secteur, sous quelques rares acacias qu’il nous aurait été bien difficile de dénicher tout seuls.

Dunes de couleurs variées dans les environs de Chinguetti (20 mars 2000)

Le camp suivant, au beau milieu des dunes de l’erg Ouarane, est l’un de ceux que j’ai préférés. Je crois que c’est à partir de cette nuit là que j’ai commencé à me placer très loin des autres, habitude que j’ai ensuite perpétuée lors de mes voyages ultérieurs au Sahara, ce qui étonne toujours quelque peu mes compagnons de voyage. Chacun pouvait ici dormir sur sa propre dune, avec rien que du sable autour : le paradis 

Arrivée au camp dans les dunes de l’erg Ouarane, le 20 mars 2000

C’est aussi ce soir là que la lune à commencé à redescendre. Nous avons donc commencé à disposer d’une petite période (une demi-heure le premier soir, puis cinquante minutes de plus à chaque fois) pendant laquelle l’obscurité permettait d’admirer le magnifique ciel étoilé du désert. Ce sont toujours les mêmes constellations que l’on observe lorsqu’on se rend au Sahara à la fin de l’hiver (Orion au zénith peu après le coucher du soleil, les Pléïades, les cornes du Taureau, etc.) mais il est clair que les conditions d’observation sont bien meilleures que de par chez nous. Pourvu que la lune ait la bonne phase ce qui malheureusement n’est le cas qu’une fois sur deux.

Le jour suivant s’est avéré presque identique : une succession de cordons de dunes à traverser. À une exception près toutefois, cette minuscule palmeraie de Lagueïla qui nous avons rejointe à l’heure de midi, blottie dans le lit d’un oued au cœur de l’erg. Il y avait un autre groupe de touristes dans le secteur, nous jouions à cache-cache avec eux !

La palmeraie de Lagueïla dans l’erg Ouarane, le 21 mars 2000

L’étape d’après était moins intéressante : il s’agissait essentiellement d’une étape de liaison, entre l’erg Ouarane et le cordon de Zerga. Les dunes se raréfiaient au fur et à mesure que nous progressions, il n’y avait pas grand chose à voir. Nous devions de toutes façons forcer le pas pour traverser cette zone le plus vite possible, en raison de l’assèchement des puits consécutif à la sécheresse. La photo suivante a été prise au camp du soir, à proximité du cordon de Zerga dont on aperçoit les reliefs à l’horizon. J’ai bien aimé ce camp également, parsemé de petites dunes dont nous pouvions choisir chacun la sienne pour nous installer. On aperçoit sur la photo (au centre, un peu vêtu à l’orientale) notre guide français, Marc Espinasse. Je l’ai retrouvé en 2006 à l’occasion d’un voyage en Algérie.

Installation du camp en vue du cordon de Zerga, le 22 mars 2000

Le cordon de Zerga est un massif de grès et de sable mêlés, à l’image des tassilis d’Algérie ou du Tchad. Il est néanmoins objectivement moins beau et moins spectaculaire que ces derniers. Le sommet du cordon mesure 730 m, on pouvait le voir sur la photo précédente (cette photo étant prise depuis le sommet). 

Une vue du cordon de Zerga, le 23 mars 2000

La remontée (vers le nord) du cordon de Zerga nous a pris un jour et demi en tout. L’extrémité du cordon est la partie la plus intéressante, en particulier cette grande dune que l’on dévale pour se retrouver d’un coup au niveau du plancher des chameaux. 

Sur le cordon de Zerga, le 24 mars 2000

En visionnant peu de temps après le film Fort Saganne, j’ai eu la surprise d’y retrouver ce paysage dans l’une des scènes.

La grande dune du cordon de Zerga, le 24 mars 2000

L’étape suivante était la plus longue du trek (7 h de marche), c’était aussi l’une des plus fastidieuse. Nous avons traversé une vaste hamada sans guère d’intérêt. Plus le moindre sable, tout était rocailleux. Seule distraction de la journée, un campement de nomades qui nous ont fait goûter au lait de chamelle. C’est la seule fois où j’en ai bu.

En soirée nous avons atteint le massif de l’Adrar, revirement à 180° par rapport aux paysages des jours précédents. Nous sommes maintenant en plein djébel, avec des cañons, des cols et des sommets. Ce paysage a constitué le cadre de notre dernier campement.

Progression dans le massif de l’Adrar, le 25 mars 2000

Mais la toute dernière étape du trek jusqu’à Atar (dont nous étions maintenant très proches) comportait un peu de piment : le franchissement d’un col ! Un col (alt. 700 m env.), certes aisé pour les randonneurs — d’autant que nous pouvions par endroits utiliser le tracé d’une piste de 4 × 4 jamais achevée — mais beaucoup moins pour les chameaux. Descendre le long d’un sentier muletier, bien tracé mais nettement en pente, au-dessus d’un ravin, constituait pour eux un véritable supplice : ils blatéraient, s’arrêtaient net jusqu’à ce qu’un chamelier vienne les chercher… On pouvait d’ailleurs deviner un squelette de camélidé au fond du trou ! J’ai déjà assisté à plusieurs scènes de ce genre, que ce soit au Tchad à l’Émi Koussi ou en Algérie dans le Tassili ; mais je crois vraiment que c’est ici dans l’Adrar que le passage a été le plus épique.

Descente par les chameaux d’un col de l’Adrar, le 26 mars 2000

Le trek s’arrêtait là, mais non le voyage. Mais je n’ai malheureusement plus pris la moindre photo, avec le recul je me demande d’ailleurs bien pourquoi. Le voyage aurait en fait normalement dû se terminer lui aussi puisqu’il était prévu de monter dans le charter sitôt achevé notre trek. Nous avions d’ailleurs vu atterrir ledit charter alors que nous étions au col. Mais le charter étant plein, l’agence a préféré dérouter le voyage de quinze jours plutôt que celui de huit. Au programme donc : une demie journée de route jusqu’à Nouakchott (نواكشوط), la capitale de la Mauritanie, suivi d’un retour par vol régulier.

La route d’Atar à Nouakchott est maintenant entièrement asphaltée : c’est une réalisation… des Chinois. Les Chinois commençaient déjà à s’implanter en Afrique en 2000, on sait que le mouvement s’est largement amplifié depuis. Plusieurs barrages de police sur cette route, le bakchich au policier étant la meilleure méthode pour ne pas y passer trop de temps. Quant au paysage, il est assez monotone. Sur le chemin se trouve la ville d’Akjoujt, sans grand intérêt.

À Nouakchott se trouve un vaste marché… assez semblable à ce qu’on trouve dans nombre de pays africains et/ou musulmans. Beaucoup plus intéressante, la plage aux pêcheurs. Chacun sait que la civilisation arabe tourne le dos à la mer, la Mauritanie ne fait pas exception ; aussi ne sont-ce pas les Maures qui pêchent mais les subsahariens. La pêche est artisanale, elle se fait à partir de barques qui sont hissées sur le sable à marée haute — ce qui nécessite pas mal de bras — comme c’était encore le cas au Portugal dans les années 60. Le poisson est ensuite vendu sur place.

Notre vol était prévu pour minuit par la compagnie… air Afrique — elle n’a fait faillite qu’en 2002. Chacun savait de toutes façons qu’avec air Peut-être il fallait s’attendre à tout. Et en effet, sitôt arrivés à l’aéroport on nous a annoncé que le vol ne partirait pas ce soir. Donc demi-tour, direction un grand hôtel du centre de Nouakchott, payé par la compagnie. Plusieurs Parisiens du groupe qui avaient prévu de travailler dès le lendemain n’étaient pas réjouis, j’avais pour ma part, à cette époque, la malchance d’habiter Bordeaux. Je me suis néanmoins trouvé partager une chambre avec la personne du groupe avec qui je m’entendais le moins, ce dont je me serais bien passé. Le vol (en provenance de Dakar) est finalement parti le lendemain sans nouvelles encombres, et surprise, l’avion était un Airbus flambant neuf.