Afrique australe : Namib, Okavango et chutes Victoria

Afrique australe : Namib, Okavango et chutes Victoria

Il s’agit d’un voyage effectué au moment des fêtes de la fin de l’année 2006 (mon troisième voyage international dans la même année !). Ma principale motivation à ce moment était de ne pas passer Noël à Paris, aussi étais-je peu regardant sur le choix de la destination. Ma préférence aurait été la Patagonie, mais le voyage que je souhaitais faire ne partait pas. J’ai finalement opté pour un voyage en Afrique australe. De fait, c’est probablement de tous mes voyages celui que j’ai le moins apprécié. Il y a d’abord mon aversion viscérale pour les pays anglo-saxons que j’ai ici dû mettre entre parenthèses. Ensuite la nature du voyage, très peu sportif (et a contrario avec beaucoup de kilomètres en voiture, effectués dans un camion peu confortable) ; un peu à l’instar de celui que j’avais effectué des années auparavant en Islande. Et comme ce n’était pas un voyage grand luxe, cela faisait qu’on se retrouvait le plus souvent confinés le soir dans des campings ou des parcs à touristes. Ensuite, le guide, dont je garde un souvenir assez mitigé : un homme d’une soixantaine d’années qui avait baroudé dans tous les pays d’Afrique sans exception (ce qui est tout de même un exploit), qui avait énormément de choses à raconter (pas toujours très politiquement correctes d’ailleurs ce qui n’était certes pas pour me déplaire). Néanmoins je ne trouvais assez arrogant et antipathique, et je n’ai guère apprécié qu’il ait pendant la moitié du voyage trimbalé avec nous sa dulcinée africaine, laquelle devait avoir un tiers de son âge, sans que cette dernière joue un quelconque rôle dans l’organisation.

Autre regret dans ce voyage, la saison qui n’était pas la meilleure : elle coïncidait avec l’été austral, ce qui en zone tropicale signifie saison des pluies. Certes, nous étions le plus souvent à l’abri dans le camion. Mais tant du point de vue des paysages que de la possibilité de voir des animaux, la saison des pluies est la mauvaise saison. Sans compter que je suis parti avec une autre contrariété ; je m’étais enfin décidé à remplacer l’appareil argentique hybride (Olympus IS 3000) avec lequel j’avais effectué tous mes voyages depuis le mont Blanc en 1993. Pendant des années j’avais pris avec cet appareil des diapositives que je trouvais fort belles. Mais les choses ont commencé à se dégrader avec l’arrivée du numérique : à ce moment la Fnac a visiblement changé de sous-traitant pour le développement des photos, et j’ai constaté que la qualité s’est fortement dégradée à partir de 2005. J’avais en outre acheté un petit appareil numérique, ce qui fait que je prenais beaucoup de photos en double, du moins quand la batterie de ce dernier me le permettait. Et je constatais alors que la qualité des photos numériques était toujours bien meilleure. Ce sont finalement des compagnons de voyage du Kamtchatka qui m’ont convaincu de me procurer un appareil réflex numérique. Le choix du modèle a été cornélien. Et quand je me suis enfin décidé, on arrivait à la période de Noël : rupture de stock. J’ai commandé l’appareil, mais il n’est arrivé qu’en février. J’ai donc dû, la mort dans l’âme, prendre à nouveau des diapositives pour ce voyage en Afrique australe.

Ce voyage s’est déroulé à travers trois pays : d’abord très brièvement le Zimbabwe (exclusivement pour la visite des chutes Victoria), puis le Botswana et la Namibie que nous avons traversés de part en part : deux pays grands comme deux fois la France et peuplés chacun de seulement deux millions d’habitants ! Nous avons pu visiter quelques parcs animaliers au Botswana (le parc de Chobe, le delta de l’Okavango), bien moins intéressants néanmoins du point de vue faune que ceux que j’ai pu voir deux ans après en Tanzanie. Toutefois ce voyage comprenait une petite particularité : le campement et la randonnée pédestre en pleine savane, au milieu des animaux ! Tout le monde est rentré intact. Ensuite, une visite ethnologique aux bochimans du Kalahari (beaucoup trop standardisée à mon goût). Et enfin, après le passage de la frontière namibienne, quelques randonnées dans le désert, plus classiques pour moi (et davantage ce qu’on attend d’un voyage Terdav). Le clou du voyage étant finalement un extra que nous nous sommes offert : le survol en petit avion du désert du Namib et de tout le sud de la Namibie.

 

Comme pour beaucoup de voyages Terdav nous a concocté un itinéraire quelque peu alambiqué pour rejoindre l’Afrique australe. Nous avons voyagé par la compagnie Swiss, via Zürich et Johannesbourg. C’est l’une des compagnies que j’ai le plus apprécié, avec ses petites gâteries (du chocolat suisse !), son vaste choix de films et son personnel parlant français (et toutes les annonces en trois langues). Il n’en a pas été de même, par contre, pour la troisième partie du vol entre Johannesbourg et l’aéroport des chutes Victoria, vol effectué par British Airways. Je n’ai jamais compris pourquoi la perfide Albion envoyait des avions si loin. En tout cas nous avons eu droit aux pâtes trop cuites avec sauce sucrée et à la djelly en dessert : miam !

Mais sitôt quitté cet avion, cela a été l’immersion brutale au cœur l’Afrique. Avec pour commencer les formalités d’entrée au Zimbabwe. Le visa est à la tête du client : 45 $US pour les Anglais et les Américains, mais seulement 30 pour les Français. C’est que la France d’alors (celle du président Chirac) donnait encore l’image d’un pays non aligné, tradition gaulliste peu après balayée d’un revers de main par Sarkozy sans que la moindre voix critique ne se fasse entendre dans nos médias. Cela étant, le Zimbabwe est un pays particulier, gouverné d’une main de fer par un potentat de 80 ans, le très peu démocratique Robert Mugabe. Mugabe tire sa légitimité du fait d’avoir œuvré pour l’indépendance du pays (l’ancienne Rhodésie du sud) et d’avoir confisqué les terres appartenant à des fermiers blancs. Lesquels fermiers ont quitté le Zimbabwe en emportant les semences. Résultat, les terres ont cessé d’être cultivées, apportant la famine dans ce pays de 40 millions d’habitants et occasionnant l’émigration en Afrique du sud de nombreux zimbabwéens. À cela s’ajoute une hyperinflation, la planche à billets devant visiblement tourner à plein régime… Toujours est-il que le Zimbabwe et son dictateur président (le plus vieux chef d’état en exercice, il est né en 1924 !) est placé au ban de la « communauté internationale ». Ce qui n’empêche pas ledit Mugabe, paradoxalement, d’être très populaire auprès des populations des pays voisins (il y a par exemple une avenue Robert Mugabe dans le centre de Windhoek, la capitale de la Namibie), à cause de l’image de libérateur qu’il se confectionne.

Nous avons passé moins de vingt-quatre heures au Zimbabwe, le temps d’aller admirer les célébrissimes chutes Victoria. Ce cours laps de temps ne nous a permis que très partiellement de nous rendre compte des énormes difficultés que traverse le pays. Il faut dire aussi que la région des chutes est la moins peuplée du Zimbabwe tout en étant la plus touristique. La population y est certes très pauvre, mais ne semble pas misérable. Tout juste peut-on s’étonner (mais non se plaindre !) de la très faible affluence touristique sur le site des chutes.

Panoramique des chutes Victoria, le 20 décembre 2006

Les chutes Victoria sont situées sur la frontière entre le Zimbabwe et la Zambie. Le fleuve Zambèze se jette brusquement au fond d’une gorge d’une centaine de mètres de profondeur (laquelle continue ensuite pendant des kilomètres). Ces chutes font 1,7 km de large, et sont paraît-il beaucoup plus spectaculaires que celles du Niagara ou celles d’Iguaçu (que je connais ni les unes ni les autres, tout juste puis-je évoquer les chutes de Gullfoss en Islande). C’est depuis le Zimbabwe que le point de vue est le plus remarquable (la partie des chutes qui se trouve en Zambie présente moins de débit). Le débit est aussi plus important pendant la saison estivale (mais a contrario, le temps couvert nous a privés d’arcs-en-ciels).

La première chute des chutes Victoria est appelée la chute du Diable. Ce n’est pas la plus haute ni la plus large mais c’est la plus puissante.

La chute du Diable aux chutes Victoria, le 20 décembre 2006

Il paraît qu’à la saison sèche certains touristes se baignent dans le Zambèze, juste en haut de la chute. Il faut quand même être marteau !

Ensuite on trouve les chutes principales (les plus hautes), puis les chutes de l’arc-en-ciel.

Vue partielle des chutes Victoria, le 20 décembre 2006

Au-dessus des chutes s’élève en permanence et sur plusieurs centaines de mètres, un nuage d’embruns : c’est d’ailleurs grâce à ce nuage que furent découvertes les chutes au XIXe siècle. Ce nuage induit localement, sur la rive d’en face, une végétation luxuriante de type équatorial, beaucoup plus dense que la savane de la région.

Il aurait été possible (moyennant un extra) d’effectuer un survol des chutes en avion, mais notre guide nous en a dissuadés (l’entretien des avions au Zimbabwe…). Nous n’avons donc pas fait grand chose la matinée suivante, à part nous balader dans les rues de la ville des chutes Victoria (laquelle n’a guère d’intérêt car elle est tout entière dédiée à l’industrie touristique, alors que les touristes sont très peu nombreux). Mes compagnons de groupe ont recherché un marché qui soit photogénique (les touristes français aiment bien les marchés) : en vain. La seule chose que nous ayons pu photographier, ce sont ces babouins qui se baladent au milieu des maisons. Il faut d’ailleurs faire attention car il leur arrive paraît-il de chaparder les appareils photo.

Babouins dans la ville des chutes Victoria, le 21 décembre 2006

Nous avons très rapidement quitté ce (charmant) pays pour le Botswana, dont la frontière n’était pas très éloignée. Nous avons photographié cette girafe sur le bord de la route (nous n’en reverrons plus d’aussi près au cours de ce voyage).

Une girafe photographiée au bord de la route, le 21 décembre 2006

Une fois passée la frontière, nous avons été surpris de la différence de niveau de vie entre les deux pays. Alors que le Zimbabwe est un pays du tiers monde où la pauvreté des habitants est manifeste, les Botswanais vivent quasiment à l’occidentale, font leurs courses au supermarché, etc. Différence en grande partie due au régime politique, mais pas uniquement : le Botswana est un pays plus grand, beaucoup moins peuplé et doté de pas mal de ressources (diamants…).

Nous avons campé près de la ville de Kasane (dans un camping aménagé, ce que je n’aime pas du tout mais qui a été notre lot pour la quasi-totalité de ce voyage). Nous dormions dans de grandes tentes, spacieuses et à la toile très épaisse. Le camp était situé non loin des rives de la rivière Chobé (qui est un affluent du Zambèze). Au beau milieu de la nuit, nous avons tous été réveillés par des mugissements assourdissants (qui ont duré un bon bout de temps). Il s’agissait en fait d’hippopotames, lesquels ont coutume, une fois la nuit tombée, de quitter les rivières pour se balader en pleine forêt. Ces animaux à l’allure débonnaire sont en fait, avec les buffles, les plus dangereux de la savane africaine. Car même s’ils ne sont pas carnivores, ils ont pour habitude de tuer le moindre hominidé qui passe à leur portée. Et ils courent extrêmement rapidement sur terre. Normalement, le risque est limité tant qu’on reste à l’intérieur des tentes, mais il n’y a pas intérêt à mettre le nez dehors !

La journée suivante était consacrée au safari photos : le matin en voiture dans le parc national de Chobe, et l’après-midi en bateau sur la rivière éponyme. J’ai été un peu déçu par ces visites, au cours desquelles nous avons finalement vu assez peu d’animaux. Mais il est vrai que la saison de ce voyage (la saison des pluies) n’est pas idéale pour les safari photos, à cause de la végétation qui limite la visibilité, et aussi de l’absence de rassemblement d’animaux aux points d’eaux. Nous avons aussi essuyé des averses pendant la matinée (les véhicules n’étaient pas couverts, mais on nous avait généreusement prêté des capes de pluie).

Cette famille d’éléphants que j’ai photographiée à l’entrée du parc est ce qui m’a le plus plu dans cette visite (pourtant, nous n’avions pas encore franchi la grille du parc !). La photo est malheureusement un peu floue en raison du manque de lumière (l’heure était très matinale).

Éléphants dans le parc national de Chobé, le 22 décembre 2006

Quelques photos des autres animaux que nous avons pu apercevoir au cours de la matinée. Surtout (comme bien souvent) des herbivores, gazelles, impalas, phacochères… Et un unique lion, un jeune mâle qui était sans doute bien repu et qui n’a pas bougé d’un centimètre, malgré les quatre ou cinq véhicules de touristes qui lui tournaient autour.

Gazelles dans le parc national de Chobé, le 22 décembre 2006

Au cours de la croisière de l’après-midi, nous avons surtout aperçu des hippopotames (difficiles à photographier car seule la tête émerge en général), des crocodiles sur les berges. Et aussi, ce qui a été le plus intéressant, un troupeau d’éléphants en train de prendre son bain.

Combat d’éléphants sur les rives de la rivière Chobé, le 22 décembre 2006

Le lendemain, nous avons fait une longue route entre Kasane et Maun. Le trajet n’est pas direct en raison des routes, on passe par la ville de Nata qui se trouve à 300 km au sud-est de Kasane, avant d’obliquer plein ouest pour une distance à peu près équivalente. Peu de choses à raconter sur ce voyage. Une grande troupe de militaires botswanais qui couraient le long de la route en bloquant la circulation (sans doute des appelés, souvent très jeunes, la gent féminine du groupe ne pouvait résister à l’envie de les photographier — ce qui est pourtant, de manière générale, fortement déconseillé en Afrique). Ensuite sur la seconde partie, plusieurs éléphants dont un qui avait l’air assez menaçant : une jeep de militaires qui passait par là attendait à bonne distance que l’animal veuille bien dégager la route. Mais comme nous voyagions dans un énorme véhicule, un camion justement conçu pour résister aux éléphants, notre guide a forcé le passage ce qui nous a permis de prendre quelques petites photos sympathiques.

Éléphant assez agressif, sur la route aux environs de Maun, le 23 décembre 2006

On remarquera que les arbres ne font pas d’ombre sur la photo prise à la pause déjeuner. Car comme l’expliquait mon professeur de géographie M. Morillon : sous les tropiques le soleil est au zénith !

Nous avons dormi à Maun dans un camping attenant à un hôtel : notre budget était limité, mais nous avions tout de même le droit d’utiliser la piscine ! Ensuite, nous nous sommes rendus dans un endroit à la mode depuis une certaine émission de TF1 pour laquelle il m’enrage à chaque fois de devoir faire de la publicité : le delta de l’Okavango.

Comme chacun le sait en effet (ça aussi c’était M. Morillon qui le racontait !), l’une des caractéristiques du continent africain est la présence de reliefs sur ses bords qui font que les fleuves ont beaucoup de mal à rejoindre la mer. On pense au Nil qui doit monter des milliers de kilomètres vers le nord pour rejoindre la Méditerranée ; ou le Niger qui quitte le golfe de Guinée pour presque se perdre dans les sables du Sahara, avant finalement de retourner jusqu’au golfe. Et certains fleuves, même, n’arrivent jamais à rejoindre la mer : par exemple le Chari au Tchad qui se jette dans le lac éponyme ; ou l’Okavango au Botswana. L’Okavango se termine en effet par un delta, mais c’est un delta dans la terre : le cours se scinde en de multiples bras qui s’infiltrent finalement dans les sables du Kalahari.

Le delta de l’Okavango, peu peuplé, est réputé pour sa nature préservée et sa faune. C’est donc devenu l’un des hauts lieux touristiques du Botswana. Même si cette réputation est je pense un peu surfaite. Notre voyage prévoyait de passer deux journées et une nuit dans l’Okavango. Après un accès en 4×4, nous devions enfoncer dans le delta en utilisant un moyen de transport local, le mokoro (une sorte pirogue permettant de progresser dans les canaux, et dont la particularité est d’être manœuvrée par des femmes). Nous pourrions ainsi rejoindre le camp où nous devrions passer la nuit au milieu des bêtes sauvages (nuit qui au passage était la nuit de Noël). Étaient également prévues de petites randonnées autour du camp (un safari photo à pied, si si !). Car même si on avait peut-être un peu tendance à l’oublier, le slogan de Terdav c’est : le voyage à pied.

En fait j’ai moyennement apprécié le séjour de l’Okavango. Peut-être parce qu’une partie de la magie qu’on nous avait vendue… s’était pour moi effondrée comme un château de cartes parce que j’avais eu la mauvaise idée d’emporter un GPS. Ce qui m’a permis de me rendre compte, d’une part, que nous ne nous sommes pas véritablement rendus dans le delta de l’Okavango mais seulement à ses confins ; et d’autre part, que le trajet en mokoro était tellement bref que nous aurions tout à fait pu le court-circuiter et nous faire déposer en véhicule. Du coup, à part pour le folklore et pour payer les villageois je ne sais pas trop à quoi il sert !

Pour couronner le tout, notre peu sympathique guide n’a pas daigné nous accompagner dans le delta, préférant ouvertement l’hôtel et (malgré son âge avancé !) les boîtes de nuit de Maun, à l’inconfort d’une nuit dans la brousse… et au risque de se faire croquer par le lion !

À propos de lion, nous avons quand même eu la chance d’en apercevoir deux. Non pas au camp ni lors de la randonnée, mais pendant le trajet aller en véhicule. Deux jeunes mâles (que nous avions d’ailleurs failli ne pas voir), fatigués par la chasse de la nuit, et qui se sont laissé tourner autour sans trop réagir.

Deux jeunes lions photographiés en nous rendant au delta de l’Okavango, le 24 décembre 2006

Ensuite, nous avons traversé le village pour négocier la traversée en mokoro (des palabres assez longues qui m’ont rappelé le Tchad…). Pour ce qui est de la traversée, il n’y a qu’a s’affaler au fond de la barque (préalablement recouvert de paille) et se laisser guider… (après s’être copieusement enduit de crème solaire). Les batelières empruntent uniquement des canaux étroits et peu profonds (pour éviter les hippopotames) et le passage et encore plus le croisement (avec d’autres touristes) sont parfois un peu délicats.

Préparation des mokoros, le 24 décembre 2006

Nous avons rejoint le camp pour l’heure de midi. L’après-midi a ensuite été assez longue, car nous n’avons pas entrepris a randonnée avant que la chaleur n’ait diminué. Tout ce que j’ai pu trouver comme occupation, c’est photographier les termitières qui entouraient le camp.

Nous ne sommes pas partis sans avoir reçu quelques recommandations de sécurité. Première règle, marcher groupés et prévenir le groupe (afin que tout le monde s’arrête) si l’on souhaite prendre une photo. En cas de rencontre avec un fauve, surtout ne pas paniquer. Rester groupés, et ne jamais courir. Sauf quand le guide nous demande de courir, auquel cas il faut le faire sans réfléchir et le plus vite possible. Il peut aussi arriver qu’il faille nous réfugier dans un arbre. Les principaux dangers dans la savane sont : les lions bien sûr (il faut en principe toujours les regarder en face et ne jamais nous enfuir). Les éléphants (en rester éloignés, ne jamais se mettre sur leur passage). Les hippopotames (mais en principe ils restent dans l’eau quand il y a du soleil ce qui était le cas ce jour là). Les buffles (mais il n’y en avait pas semble-t-il dans ce secteur de l’Okavango).

En fait, il ne se passera pas grand chose pendant cette randonnée. Nous ne verrons ni fauves, ni éléphants. Juste une girafe mais d’assez loin, et un varan. Notre plus grande crainte viendra des hippopotames, qui certes resteront dans l’eau, mais en se rapprochant quand même progressivement de nous…

Hippopotame gueule ouverte, le 24 décembre 2006

Nous n’avons pas réveillonné très tard : 20h30 ! C’était l’une des deux seules nuits de voyage en pleine brousse (sans douche !), et exceptionnellement, j’ai eu un compagnon dans ma tente, dont la femme était restée à Maun. Comme ça nous aurions été deux pour nous défendre contre le lion.

Le lendemain, nous avons encore fait une petite randonnée très matinale. Mais elle n’a guère présenté d’intérêt. Nous n’avons vu aucun animal à part une girafe de très loin (et les restes d’un éléphant dévoré par des lions, ce qui peut arriver). Et nous ne nous sommes pas approchés des plans d’eau, donc n’avons pas revu d’hippopotames.

Troupeau de zèbres, le 25 décembre 2006

Le retour, en mokoro puis en véhicule, a été également moins intéressant que l’aller. Pas de lions, seulement quelques zèbres et girafes. Et puis, un orage qui a éclaté alors que nous avions retrouvé le goudron. La voiture était découverte, et le chauffeur roulait tellement vite que les gouttes de pluie nous faisaient mal au visage !

Le programme prévoyait aussi un survol facultatif du delta en petit avion. Malheureusement le temps instable nous a obligés à renoncer à ce projet. (Heureusement, je pourrai à la fin du voyage effectuer le survol des dunes du Namib). Nous sommes donc immédiatement partis en direction du Kalahari.

Bien que le Kalahari soit parfois présenté comme un désert, ce n’en est pas un au sens géographique. En effet les pluies y sont nombreuses et la végétation assez abondante (avec beaucoup d’arbres). Le paysage est en outre plutôt vert à la saison des pluies (photo ci-dessous), même s’il est plus sec pendant l’hiver austral. Par contre, c’est un désert d’un point de vue humain : il n’y a presque aucun cours d’eau (l’eau s’infiltre immédiatement dans le sol sableux) et l’adaptation y est très difficile. Les seules populations qui réussissent à survivre sont les Bochimans, qui ont notamment appris à trouver de l’eau dans les racines de certaines plantes. Les Bochimans ont été rendus célèbres par le film Les dieux sont tombés sur la tête.

Paysage du Kalahari, le 26 décembre 2006

Nous avons emprunté la route asphaltée qui traverse dorénavant le Kalahari de part en part, entre Maun et Swakopmund. Nous nous sommes néanmoins arrêtés en chemin pour une visite « ethnologique » : le genre d’attraction touristique que l’on trouve plutôt (je l’ai remarqué) dans les pays d’inspiration anglo-saxonne (par exemple en Tanzanie avec les Massaï ou encore au Vanuatu). Même si c’est parfois photogénique, je n’apprécie pas beaucoup en raison du manque manifeste d’authenticité. Car en fait de visites à des « tribus », on a systématiquement affaire à des individus qui ont vu passer des centaines de touristes au fil des années, et qui sont de ce fait totalement occidentalisés. Ils s’habillent en blue jean, boivent du coca-cola, parlent anglais et fréquentent des églises baptistes ou évangéliques… mais comme il faut bien vivre, ils font semblant de se souvenir (un peu) de la culture de leurs ancêtres. Donc, une fois que les touristes ont payé, ils ressortent d’un placard les tenues légères autrefois arborées (enfin, avec les adaptations de rigueur, puritanisme oblige). Ils commencent par faire un discours visiblement appris par cœur, sur la façon de chasser, ou comme ici au Kalahari de trouver de l’eau dans des racines. Puis, le spectacle se termine invariablement par des danses.

Bien sûr il ne faut pas se faire d’illusion, des cultures authentiques il n’en reste plus beaucoup de par le monde, sauf peut-être dans des coins très reculés où les voyagistes ne nous amèneront pas (par définition, sinon le serpent se mord la queue). Quand on fait du tourisme, en fin de compte on ne visite qu’un décor…

Bon, trève de réflexions pessimistes, voici maintenant quelques photos de la journée et de la soirée passées au Kalahari. D’abord, la présentation des racines aquifères(il faut parfois creuser assez profondément dans le sable pour les dénicher).

Femme bochiman déterrant une racine, le 26 décembre 2006

On remarquera que les Bochimans ont la peau très claire par rapport aux autres habitants autochtones de la région : ils sont aussi blancs que les Touaregs ! Je ne sais pas si c’en est la raison, mais les Bochimans ont toujours été persécutés.

Voici maintenant quelques photos des danses, qui ont été exécutées à la nuit tombée, autour d’un feu autour duquel toute la tribu s’était rassemblée :

Danses folkloriques bochiman, le 26  décembre 2006

Nous avons le lendemain quitté le Botswana pour la Namibie. Un voyage assez long et monotone sur une route asphaltée, toute droite. À gauche et à droite de la route, des clôtures délimitant des propriétés privées. Seule distraction durant ce voyage, ce gnou qui, on ne sait trop comment, s’était retrouvé piégé du mauvais de la clôture et se trouvait contraint à longer la route. Nous l’avons poursuivi un certain temps avec le camion.

Gnou s’étant retrouvé piégé du mauvais côté de la cloture, le 27 décembre 2006

Après le passage de la frontière, le paysage devient un peu plus accidenté. Nous avons directement gagné la capitale de la Namibie, Windhoek. Windhoek est une ville de taille assez modeste (250 000 hab. environ), et doté d’un centre-ville moderne et propret, mais fort peu africain. C’est qu’une partie importante de la population est blanche et parfois d’origine allemande, d’où d’ailleurs des noms de rue en straße que l’on peut découvrir dans certains quartiers. Comme en Allemagne d’ailleurs, les magasins ferment à 16 h, il faut se dépêcher pour faire ses courses ! C’est pour cette raison que nous avions le matin quitté le camp aux aurores.

Dans le centre de Windhoek, le 27 décembre 2006

Nous avons logé à Windhoek dans la maison de notre guide, située dans la banlieue résidentielle blanche de la ville : un quartier de maisons individuelles assez banales, si ce n’est que chaque propriété est protégée par des caméras et des clôtures électrifiées. Probablement, j’en ai peur, le régime qui nous attend en France d’ici quelques années. Le guide est sa très jeune compagne ont organisé une petite sauterie au cours de laquelle a été consommé le champagne normalement prévu par Terdav pour Noël (faute pour le guide d’avoir daigné nous accompagner ce soir là).

Nous étions à peu près à la moitié du voyage. Il nous restait environ une semaine au cours de laquelle nous devions visiter les principaux site de la Namibie (à l’exception du nord du pays et des fameux éléphants du désert). Nous avons commencé par nous rendre dans la localité Okahandja, à une centaine de kilomètres environ au nord de Windhoek. Au programme, le « marché artisanal ». En fait, un alignement de boutiques de touristes vendant toutes sortes d’objets en bois (des masques de divinités, des colliers, des sculptures d’animaux) se voulant typiquement africains (même si chacun sait que tout cela ne reflète aucune tradition artisanale africaine, et il est d’ailleurs douteux que ces objets soient véritablement fabriqués en Afrique). Toujours est-il que, l’heure assez matinale aidant sans doute, nous étions les seuls touristes et qu’il y avait trois fois plus de boutiques que de membres de notre groupe… Autant dire que les marchands nous attendaient de pied ferme et que la visite a duré ! Pour ma part qui n’achète jamais rien, j’ai regagné le camion bien avant les autres, au grand étonnement de notre guide.

Marchands d’« art africain » à Okahandja, le 28 décembre 2006

Au moment de repartir, le guide nous a fait une mise en garde un peu étrange : le camion avait stationné sur une fourmilière et il ne fallait surtout pas laisser les fourmis entrer. Effectivement c’étaient de grosses fourmis rouges, paraît-ils venimeuses. Nous nous sommes après le départ appliqués à exterminer celles qui avaient quand même réussi à entrer.

Ensuite nous avons (enfin, dirais-je !) gagné la partie désertique du voyage, même s’il s’agit plus d’une steppe que d’un désert. Nous avons aussi quitté la route pour la piste. Notons qu’en Namibie les pistes, qui sont assez nombreuses, sont en général de bonne qualité. On a coutume d’y circuler assez vite, notamment en raison de la tôle ondulée. Mais le grand danger, du moins quand ce sont des touristes qui conduisent, survient aux rares moment où l’on doit croiser un autre véhicule. Il y a en effet plusieurs décès chaque année parce que le chauffeur a oublié qu’en Namibie on roule à gauche !

Le premier site du désert namibien que nous avons visité (et où nous avons campé) s’appelle Spitzkoppe. Ce nom, qui signifie « tête pointue », n’est pas de l’allemand mais de l’afrikaans. L’afrikaans, langue dérivée du néerlandais et également répandue en Afrique du sud, est parlé par une communauté (blanche) assez importante en Namibie (où c’est même la communauté linguistique la plus importante, environ 7 % de la population). Elle a d’ailleurs failli devenir la langue officielle du pays au moment de son indépendance en 1990 (mais, malheureusement, le pays préféré céder aux sirènes mondialistes et adopter l’anglais, qui n’y est pourtant la langue maternelle de personne).

Pour revenir au Spitzkoppe, il s’agit d’un Inselberg, une montagne granitique isolée au milieu de la plaine. Son ascension est paraît-il très délicate (mais ça n’était pas notre propos…).

Arrivée à Spitzkoppe, le 28 décembre 2006

Nous avons quand même fait une petite balade à pied au pied de la paroi granitique, pas trop longue car il s’agissait d’un trek « zéro chaussure » ! Nous avions d’ailleurs très peur de faire une mauvaise rencontre : le fameux mamba noir, serpent très venimeux, se déplaçant à 15 km/h et qui paraît-il attaque l’homme. Par chance ce serpent est assez rare, mais notre guide avait une fois eu l’occasion d’en croiser un…

Balade au pied du Spitzkoppe, le 28 décembre 2006

Nous avons campé dans cet environnement remarquable : notre seul camping sauvage avec celui de l’Okavango. J’ai toutefois noté dans mes tablettes que la soirée avait tourné au vinaigre (je ne me souviens plus pourquoi, rédigeant ces pages six ans après le voyage).

Une dernière photo du Spitzkoppe, prise le lendemain matin au moment de repartir. Le guide m’avait invité à partir seul à pied sur la route et en avance, pendant que les autres finissaient de se préparer.

Quittant le Spitzkoppe, le 29 décembre 2006

Nous avons ensuite rejoint un autre site touristique de la Namibie, le massif du Brandberg et sa fresque de la Dame Blanche. Le massif du Brandberg est un autre Inselberg où se trouve d’ailleurs le point culminant du pays, le Königstein (2573 m). Nous avons effectué une randonnée de 45 minutes dans une vallée du massif pour rejoindre la fresque. Le sentier est suraménagé (comme souvent hélas dans les pays anglo-saxons), avec interdiction de s’en écarter ne serait-ce que d’un centimètre.

Randonnée dans une vallée du Brandberg, le 29 décembre 2006

Il y a paraît-il pas mal de faune dans ces vallées (dont accessoirement beaucoup de reptiles), mais nous avons dû nous contenter de quelques lézards.

La fresque de la Dame Blanche est assez connue à cause d’une polémique initiée par l’explorateur français Henri Breuil, qui leur trouvait une ressemblance avec des dessins d’athlètes du palais de Cnossos, en Crète. Il en a déduit toute une théorie abracadabrantesque selon laquelle ces peintures auraient subi une influence méditerranéenne. Cette théorie a été réfutée depuis, mais le fait est que la couleur blanche de peau des figures représentées est assez frappante. Ce qui en fait probablement l’œuvre des Bochimans, eux aussi de peau assez claire.

La fresque de la Dame Blanche du Brandberg, le 29 décembre 2006

Cette fresque m’a néanmoins déçu car je ne pouvais pas ne pas faire la comparaison avec une autre Dame Blanche que j’avais visitée cette même année 2006 : celle de Tin Zoumaïtek dans le Tasssili n’Ajjer en Algérie. Et franchement, les peintures du Sahara sont incomparables… tout en étant infiniment moins connues !

Après la visite, nous nous sommes attardés un moment devant un panneau situé à l’entrée du site, et rédigé dans une langue autochtone, le damara. À l’instar de quelques autres langues de la région, cette langue a une particularité : c’est une langue à clics. C’est à dire que pratiquement dans chaque mot, les locuteurs claquent de la langue d’une manière étrange et assez inimitable. Il y a plusieurs sortes de clics qui se transcrivent dans l’alphabet latin, par des points d’exclamation (ǃ), des croix de Lorraine (ǂ), des doubles traits verticaux (ǁ) ou encore des points noirs.

DÂURES
Dâures tsî ǁîs di !gō-aisa anǂuisa ī sigu ge sada !hūba ǀommixūse ī ba. ǁÎn ge a sada !hūb di ǁaedi di ǂâiǂâisensao, tsî ǂhanub !nâ a !khâikhomsa. Tā toxoba ǁnā !â!âba ǁgaiǁgai t.k.io !garedi !nâ a anǂuisa ī siga ǂkhôa-e dī. Aio, ǁnā ǀomisats ta !gâise !khōǂhomi tsî !goaxa ǁaeba sâuba !khaisa.

L’amie de notre guide qui parlait le damara nous a fait une démonstration, sans doute histoire de ne pas être venue pour rien.

Nous nous sommes ensuite dirigés vers la côte, le paysage devenant de plus en plus désertique. L’arrivée jusqu’à la côte est très longue : nous apercevions bien à l’horizon une teinte bleutée, mais elle semblait s’éloigner au fur et à mesure que nous nous en approchions, au point que nous finissions par nous demander si ce n’était pas un mirage.

Ce rivage de l’océan Atlantique austral recèle une curiosité touristique : la colonie d’otaries du cap Cross (Kreuzkap en allemand). Les otaries ressemblent à des phoques, mais ce ne sont pas des animaux polaires (même si c’est quand même un courant froid qui les amène ici). Ces otaries sont des milliers, et elles se rassemblent toutes sur la même plage (je ne sais pas pourquoi, d’ailleurs), dont elles recouvrent littéralement le sable. On observe les animaux d’en haut (il vaut d’ailleurs sans doute mieux ne pas trop les approcher…), et la visite est assez éprouvante en raison du bruit et surtout de l’odeur, absolument insoutenable.

Otaries du cap Cross, le 29 décembre 2006

Nous avons campé le soir dans les environs de Swakopmund, dont la visite était programmée pour le lendemain matin. Swakopmund est une petite ville assez charmante… et surtout assez unique en son genre. Car la population de Swakopmund est presque exclusivement blanche et de langue allemande. Donc on trouve des rues piétonnes à la propreté impeccable, des libraires vendant des ouvrages dans la langue de Gœthe, des Apfelstrudel dans les pâtisseries… On pourrait se croire en Bavière ou en Suisse allemande, mais certainement pas en Afrique ! Soyons honnêtes, tout le monde n’aime pas : ce n’est pas une destination pour les excités de l’anticolonialisme, ni pour les traumatisés de la dernière guerre. Mais je dois dire qu’en ce qui me concerne, Swakopmund ne m’a pas déplu.

Swakopmund, le 30  décembre 2006

Swakopmund signifie « l’embouchure du Swakop », du nom du fleuve qui se jette dans l’océan atlantique. C’était le port le plus important de la Namibie du temps de la colonisation allemande, mais il a depuis perdu son importance suite à l’ensablement qui l’a rendu impraticable. C’est un autre port situé une cinquantaine de kilomètres plus au sud, Walvis-baie (Walfischbucht, la baie des baleines, en allemand), qui a pris le relais. Walvis est dorénavant le seul port en eau profonde de toute la Namibie, et a longtemps été un comptoir britannique, puis une enclave sud-africaine (ce n’est qu’en 1994 que le port a été rétrocédé à la Namibie). Nous nous sommes rendus à Walfisch pour une excursion de quelques heures, dont le principal intérêt est la route d’accès, entre l’océan est les dunes. Lesquelles dunes sont maintenant exploitées à des fins touristiques, on y pratique tout un tas de sports à peine imaginables (des balades en quad, du parapente, du surf des neiges…). (La photo montre une colonie de flamants roses qui niche sur le rivage non loin de Walvis).

Après une sieste dans notre hôtel de Swakopmund, a eu lieu un extra qui aura été ce que j’ai préféré dans ce voyage : une balade en petit avion au dessus du désert du Namib (c’était la seconde fois seulement que je montais dans un petit avion de tourisme). Ce survol du sud de la Namibie est vraiment une excursion extraordinaire, tant en raison de sa durée (2 h), de la variété et du caractère exceptionnel des paysages observés, et du fait que l’on puisse ainsi survoler les régions diamantifères dont l’accès terrestre est strictement interdit. Sans compter la propension du pilote de voler en rase-mottes, que ce soit dans le cañon de Kuiseb ou au-dessus des vagues de l’océan : très impressionnant ! (Et je n’ai pas été malade dans l’avion).

L’appareil a survolé je pense un bon quart de la Namibie, toute la partie sud-ouest qui est totalement inhabitée. Nous avons commencé par survoler la rivière Swakop vers l’est, ce n’était pas la partie la plus belle mais on pouvait bien visualiser comment le cours d’eau parvient à stopper l’avancée des dunes. Ensuite a commencé la partie cañon, sans doute ce qu’il y a de plus beau et de plus spectaculaire. Il a des contrastes de couleurs entre le rouge du sable, le vert de la végétation de fond de vallée et le gris des rochers. La vallée décrit de larges S dont l’appareil épousait les larges courbes, volant parfois plus bas que la ligne de crête. Parfois nous nous demandions s’il n’allait pas s’écraser sur les flancs de la vallée, mais non. Pas un chat non plus dans ce cañon. Mais si j’ai vraiment regretté une chose dans ce voyage, c’est que nous n’ayons pas eu l’occasion de retourner admirer ce paysage de plus près. Je pense qu’un trek dans le cañon de Kuiseb serait une destination à développer pour les tours-opérateurs.

Le splendide cañon de Kuiseb, le 30  décembre 2006

Nous nous sommes ensuite dirigés vers le désert du Namib et ses célèbres dunes orangées dont certaines dépassent les 300 m de haut (ce sont les plus hautes du monde). Ici, le site de Sossusvlei où nous aurons l’occasion de revenir deux jours plus tard.

Nous arrivons au-dessus de la vallée de Sossusvlei (30  décembre 2006)

Après le survol d’anciens camp de chercheurs de diamants (mais cela va tellement vite qu’on ne peut prendre de photo !), nous arrivons au-dessus de l’océan que le pilote a par moment survolé au ras des flots (peut-être à une dizaine de mètres des rouleaux ! Cela donnait l’impression d’être en bateau…). Nous avons survolé d’anciennes épaves (et là, j’ai réussi à prendre la photo !). Également, plusieurs colonies d’otaries (du genre de celle du cap Cross), à chaque fois séparées par des centaines de mètres de côte sans un seul animal : étrange. Puis, des marais salants et enfin le port de Walvis-baie.

La côte du Namib, le 30 décembre 2006

De retour sur terre, nous avons le soir dîné à Swakopmund dans un restaurant de bord de mer, et ne servant que du poisson. Au grand scandale de mes compagnons de voyage, j’ai tenu à goûter à la perche du Nil, et ce poisson est délicieux ! C’est que venait toujours juste de sortir en rapport avec ce poisson un « documentaire » qui avait attiré dans les salles obscures tous les professionnels de l’indignation, le Cauchemar de Darwin. Et que cette production soit un tissu de mensonges comme l’ont peu après révélé peu après quelques sites Internet, les médias bobos n’en ont pas parlé !

Nous avons repris le camion le lendemain pour nous diriger vers le sud de la Namibie et les fameuses dunes du Namib-Naukluft. Nous avons pour ce faire emprunté des pistes parfois assez mauvaises (à l’opposé de ce que nous avions jusqu’ici rencontré en Namibie). Les paysages traversés m’ont grandement déçu car on ne voit pas de dunes pendant le trajet, mais uniquement un terrain plat recouvert d’une sorte de steppe (qui me faisait un peu penser aux steppes d’alfa en Afrique du nord). Seule attraction de cette partie du trajet, quelques troupeaux d’autruches, malheureusement aperçus de loin et sans que le véhicule ne s’arrête. Ensuite le terrain s’accentue un peu à la hauteur du cañon de Kuiseb ; mais là aussi j’ai été très déçu, tout cela était bien moins spectaculaire que la veille vu d’avion ; sans doute n’étions-nous pas dans la même partie du cañon.

Paysage photographié en roulant, le 31 décembre 2006

Nous avons fait halte au camping de Sesriem, un lieu très touristique (le camping était d’ailleurs plein comme un œuf, la Saint-Sylvestre y étant aussi sans doute pour quelque chose). Les emplacements de tentes bénéficiaient d’un aménagement particulier (entourés d’un muret circulaire avec un arbre au centre) : il paraît que c’était pour éloigner les scorpions qui pullulent à cet endroit. (Je n’ai pas trop compris comment, d’ailleurs, au Sahara quand on couche dehors on nous explique qu’il faut s’éloigner des cailloux et de la végétation !).

Nous sommes arrivés tôt au camp et la soirée promettait d’être assez longue. Heureusement, deux minuscules balades pédestres étaient prévues dans les environs. Tout d’abord, la cañon de Sesriem : une toute petite gorge d’une dizaine de mètres de profondeur seulement et quelques centaines de mètres de long. Elle creusée dans un sol assez étrange fait de galets, je ne sais pas comment ça a bien pu se former (peut-être des sédiments maritimes ?). Au fond du cañon une petite guelta. Bref, un endroit assez sympathique même s’il n’est pas particulièrement exceptionnel.

Le cañon de Sesriem, le 31 décembre 2006

Étant grimpé sur un rocher au fond du cañon pour photographier la guelta d’en haut, j’ai découvert presque à mes pieds un serpent minuscule (dans les groupes, c’est presque toujours moi qui aperçois les serpents…). D’abord il était immobile, jusqu’à ce que je le fasse fuir en tapant des pieds sur le sol : il a alors rejoint la guelta dans laquelle il nageait sans problème. Je n’ai jamais su si ce petit serpent était venimeux.

La sortie du cañon de Sesriem, le 31 décembre 2006

J’ai particulièrement apprécié la seconde balade que nous avons effectuée en fin d’après-midi (en fait au coucher du soleil) : l’ascension de la dune de sable rouge qui est située derrière Sesriem. Cette dune est en partie recouverte de végétation, mais le contraste que forme le rouge du sable avec le jaune de la steppe et le gris des montagnes, est absolument exceptionnel et magnifié par la lumière rasante. Seule ombre au tableau, la foule des touristes…

Ascension de la grande dune près de Sesriem, le 31 décembre 2006

Cette dune est assez haute (j’ai gravi 180 mètres de sable ce qui n’est pas mal ! je n’étais jamais monté sur une dune aussi haute), mais mes compagnons de voyage ont vite fait demi-tour… Pourtant plus on monte, plus on est tranquille. La dune n’est pas d’un seul tenant, ce sont des montées successives que l’on effectue sur des crêtes (ce qui rend du coup l’ascension moins rude). Il est difficile de savoir où se trouve véritablement le sommet. J’ai attendu en haut que le soleil se couche.

Les dunes de Sesriem au crépuscule, le 31 décembre 2006

Nous avons eu droit pour le réveillon à un repas amélioré (surtout de la viande). C’était la seconde fois que je fêtais la nouvelle année en voyage, mais ce soir là je n’ai pas trop aimé l’ambiance. Nous n’avons du reste pas fait de folies (coucher à 23 h) car un départ très matinal était prévu le lendemain matin. Cette brève nuit a été assez perturbée, en partie par la faune locale mais surtout à cause de certains de mes compagnons de voyage qui n’ont rien trouvé de mieux à faire que d’appeler, bien évidemment à tue-tête, leurs proches en France sur leur téléphone portable pour leur souhaiter la bonne année (et les sans-gêne ont toujours beaucoup d’amis, allez savoir pourquoi). Quelle plaie ces téléphones portables ! Surtout quand on est au milieu de nulle part. Je fais à ce jour (2013) partie des quelques pour-cent de personnes qui continuent à ne pas en avoir, n’en voyant absolument pas l’utilité (ils sont du reste interdits sur mon lieu de travail) ; ce qui suscite une incompréhension totale à chaque fois que j’évoque le sujet autour de moi…

Nous nous sommes levés à 4h30 : pas mal pour un 1er janvier ! Tout le monde s’est levé, sauf le guide qui avait sans doute mieux à faire que nous accompagner. Nous étions tellement dans les vaps que nous avons oublié de dire bonne année.

Le but de la manœuvre était d’aller admirer à l’aube le site de Sossuvlei, là où se trouvent les plus hautes dunes du monde (300 mètres pour certaines). Il y a une heure de route depuis Sesriem, puis il faut faire la queue pour entrer dans le parc. Ensuite on arrive devant la dune la plus célèbre du site, la fameuse « dune 45 » (numéro qui se rapporte au kilométrage sur la route d’accès, et non à l’angle de sa pente comme je l’avais un temps cru naïvement). Ce n’est pas la plus haute dune, mais c’est paraît-il la plus belle. Mais quand nous sommes arrivés, il y avait tellement de véhicules garés à son pied que nous avons préféré aller voir ailleurs.

La « dune 45 » de Sossusvlei, le 1er janvier 2007

Le site de Sossusvlei se présente sous la forme d’une large vallée bordée de part et d’autres de cordons dunaires (voir la photo aérienne). Nous avons donc continué en véhicule pendant encore quelques kilomètres, puis l’accompagnateur (local) nous a laissé trois heures de quartier libre pour nous balader dans les dunes (une fille du groupe a trouvé moyen de rester dans la voiture !). Comme deux groupes d’allemands étaient déjà à l’assaut d’une grande dune située sur la rive droite, nous avons préféré nous diriger vers la rive gauche (il fallait toutefois marcher davantage pour trouver de grandes dunes, lesquelles semblaient d’ailleurs un peu moins hautes).

Sossusvlei au petit matin, le 1er janvier 2007

Tenant absolument à « faire » une grande dune, je me suis très vite séparé de mes compagnons de voyage qui préféraient batifoler dans les petites dunes. Après une demi-heure de marche d’approche, je suis arrivé dans une vallée que j’ai trouvée assez remarquable avec son arbre desséché.

Vallée desséchée (Hiddenvlei) au pied de la grande dune, le 1er janvier 2007

J’ai découvert grâce à Google Earth que cet endroit portait un nom : Hiddenvlei.

La dune que j’avais choisie mesure 200 mètres environ (mesurés a posteriori au GPS) : elle ne fait donc pas partie des hautes dunes de Sesriem. Il m’a fallu une heure pour la gravir et j’ai trouvé l’ascension assez éprouvante, car le sable était mou même en progressant le long de la crête. Le vent s’est en outre levé pendant la seconde moitié de l’ascension et j’ai alors évité de sortir le gros appareil argentique (dont c’était pourtant le dernier voyage). Mes compagnons ont atteint le pied de la dune quand j’arrivais en haut, mais aucun d’eux n’en a tenté l’ascension.GE

Ascension par la crête d’une dune de Sossusvlei, le 1er janvier 2007

La redescente de la dune est beaucoup plus facile (et plus jouissive !) que la montée. En seulement cinq minutes j’étais en bas. J’ai à nouveau photographié la vallée d’Hiddenvlei, dont l’éclairage avait totalement changé. Puis je suis retourné au véhicule en empruntant le même chemin qu’à l’aller (le vent avait presque entièrement effacé mes traces).

La grande dune vue du bas, le 1er janvier 2007

Le voyage se terminait là : nous sommes rentrés à Windhoek par des pistes secondaires (le col de Remkoogte, Klein Aub puis Rehoboth). Pendant le pique-nique on nous a montré de loin le fameux arbre à carquois, emblématique de la Namibie, mais je n’ai pas pu le photographier. Après une dernière nuit en Afrique (dans un hôtel protégé par une porte blindée à serrure électronique) nous avons repris l’avion pour la France.